mercredi 14 septembre 2011

VolvoIT économise grâce à un poste utilisateur sous Linux

VolvoIT économise grâce à un poste utilisateur sous LinuxOpen Source - La branche informatique du constructeur Volvo teste auprès de ses utilisateurs chinois un poste de travail Open Source basé sur la distribution Ubuntu. Un poste qui couvre 80% des fonctionnalités d’un poste Windows classique, mais pour un coût de 20%.

Volvo IT est une entité à part au sein du constructeur Volvo. L’entreprise, forte d’environ 5000 salariés, délivre en effet des services informatiques à l’ensemble des filiales du groupe. Elle dispose pour cela, notamment, de trois datacenters.

Suite au rachat par Volvo d’une entreprise chinoise peu en règle sur le plan des licences, VolvoIT a défini un poste de travail alternatif composé de briques Open Source et baptisée prosaïquement « WorkPlace OpenSource ».

Une combinaison de logiciels libres ou en mode SaaS

L’objectif du projet était de délivrer un poste moins coûteux en termes de TCO (même si le poste Windows reste la référence sur le parc de 50.000 ordinateurs de Volvo), tout en restant flexible. La cible était ainsi un poste qui puisse couvrir environ 80% des fonctionnalités pour un coût de 20%.


Volvo IT a confié à la société canadienne Revolution Linux le développement d’un package distribution complète. Celle-ci doit être opérée dans les datacenters de la filiale IT de Volvo. Ce poste de travail Open Source comprend, outre l’OS, différents logiciels libres (OpenOffice, Firefox, Zimbra, Gimp…).

« Les outils de productivité, c’est-à-dire le collaboratif, la bureautique ou par exemple la messagerie, devaient être basés sur de l’Open Source pour n’avoir aucun coût de licence. A défaut, nous opterions pour des solutions de type SaaS. C’est ce que nous avons fait sur des domaines très spécifiques comme la messagerie avec une offre de service chinoise, pour des questions de support des caractères et de législation » liste Rémi Decorps, directeur des services utilisateurs chez Volvo IT.

Côté infrastructure, ce poste de travail libre repose sur la distribution Ubuntu. Il est décliné en plusieurs versions : totalement managée, client lourd (par exemple pour les lignes de production) et du client léger (avec Linux Terminal Server).

L'acceptation utilisateur : véritable frein

La complexité du projet ne fut pas d’ordre technique. « La difficulté que nous n’avions pas forcément mesurée à l’origine était l’acceptation utilisateur. Nous avions considéré que le véritable frein serait la compatibilité des applications business. Cela a été un problème, et le reste à ce jour, mais moins que l’acceptation utilisateur » souligne le responsable de Volvo IT.

La taille réduite du parc applicatif en Chine – une trentaine d’applications business, contre 3000 pour Volvo IT – a en revanche permis de répondre à la problématique de la compatibilité applicative. Par ailleurs, les progiciels SAP, exploités au sein du groupe, sont supportés par Linux. Du développement a cependant été réalisé autour de SAP, et les sources reversées à la communauté.

« Le niveau d’automatisation des usines et d’intégration du système d’information est assez faible aujourd’hui. Les solutions métiers sont peu intégrées, très verticales. Il est donc toujours possible de les remplacer une par une, ce qui n’est pas le cas dans des SI plus ancien, plus legacy » précise Rémi Decorps.

Un ROI bien tangible

Le pilote Linux a été lancé il y a désormais un peu moins d’un an auprès d’une population test de 150 utilisateurs. La cible visée est de 750 utilisateurs. 600 déploiements devaient être finalisés à la fin du mois d’août.

En termes de coûts, le poste Open Source représente 29% du coût d’un poste Windows de Volvo en Suède, pris comme référence. Les 20% visés initialement ne sont donc pas encore atteints. En ce qui concerne le ROI, Volvo IT évalue l’économie générée à 29% sur cinq ans.


« Pour le moment nous sommes toujours sur cette tendance. Si pour les déploiements nous avons pris du retard, notamment du fait de l’acceptation utilisateur, en revanche sur le plan financier nous sommes globalement dans les clous » estime Rémi Decorps.

« Pour une infrastructure basée sur du Microsoft, l’ajout de tout nouveau poste se traduit par l’ajout de toutes les CAL associées [Ndlr : licence d’accès client] à ce poste. Sur une plate-forme Open Source, vous n’êtes plus du tout dans cette mécanique. Vous investissez sur une infrastructure et ensuite chaque poste devient marginal en termes de coûts. Vous avez donc des effets de volume très intéressants » insiste-t-il encore.

Propos recueillis à l'occasion de la convention annuelle du CRIP qui se tenait les 21 et 22 juin au CNIT.


http://www.zdnet.fr/actualites/volvoit-economise-grace-a-un-poste-utilisateur-sous-linux-39763834.htm#xtor=EPR-100

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