http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67583.htm
Comme on le sait, l'AUTM regroupe l'ensemble des responsables universitaires de la valorisation de la recherche. Dans un communiqué de presse paru récemment, l'organisation livre un aperçu de son rapport annuel sur l'activité de transfert de technologie au sein des universités et institutions de recherche aux Etats-Unis. Le rapport complet sera publié au cours de l'automne.
Nous avons pour habitude de relater les grandes évolutions du transfert de technologie. Transformer les découvertes et les inventions des chercheurs en produits commercialisables est en effet une étape nécessaire pour non seulement développer l'innovation mais aussi favoriser la création de valeur et la croissance économique. L'intérêt de couvrir la question du transfert de technologie est également lié au fait que les Etats-Unis possède une avance reconnue dans ce domaine.
L'AUTM ne manque pas d'exploiter cette situation. Elle fait ses choux gras en proposant des services marchands de formation et de consultation auprès des opérateurs de la valorisation des autres pays. L'AUTM réalise aussi de bonnes affaires en commercialisant la plupart des manuels et monographies destinés aux professionnels américains. Résultat : l'AUTM tend à s'ériger comme un ordre professionnel en plus d'être un point focal pour l'activité de transfert de technologie aux E.-U..
Avant de livrer les chiffres parus, rappelons la réalité de cette activité aux E.-U.. Elle est protéiforme. Cette dernière s'appuie sur des bureaux de transfert ayant une taille, des missions et des objectifs différenciés. Chaque bureau possède son modèle propre : certains se consacrent à la négociation de licences (e.g. MIT), d'autres encouragent l'entrepreneuriat (e.g. Université de Columbia). On trouve également des bureaux qui réalisent toutes les étapes du transfert de technologie (e.g. université de Tufts). Malgré des indicateurs nationaux jugés excellents par les experts (nombre de brevets américains, montant de licences, etc.), les résultats au sein de des bureaux apparaissent assez mitigés.
Autre constat, les grosses machineries telles que l'OTL [1] du MIT, de l'université de Stanford, l'CTV [2] de l'université de Columbia, l'OTM [3] de l'université de l'Illinois, l'INVO [4] de l'université de Northwestern (plus de 20 employés à temps plein et des redevances de plus de 1 million de dollars) masquent les difficultés des petits bureaux de transfert, pour la plupart en sous-effectifs et à la peine pour tirer profit des inventions de leurs chercheurs.
Mais, à ce stade, les premiers chiffres pour 2010 sont plutôt satisfaisants (voir tableau 1). En 2010, la conjoncture économique était en effet plutôt favorable après une année 2009 placée sous le signe de la récession. L'activité de transfert a par ailleurs bénéficié en 2010 d'un budget fédéral de la R&D en légère hausse (+0,3%) [5] ainsi que des premiers effets du plan de relance qui contenait quelque 27 milliards de dollars de crédits exceptionnels pour la recherche et les infrastructures scientifiques. Au total, les universités et institutions de recherche ayant participé à l'enquête de l'AUTM [6], ont dépensé 10% de plus pour la R&D, soit 59,1 milliards de dollars.
Par ailleurs, les redevances versées aux universités (licences, options) ont également augmenté (+4%) après avoir connu 32% de baisse en 2009. Mais il faut relativiser cette progression de 4% en prenant en considération l'origine de ce retour sur investissements. Les redevances courantes [7] ont en effet accusé une diminution de 14,6% tandis que les parts dérivées (en général venant des entreprises dérivées) ont augmenté de 160%.
L'indicateur ayant le plus fortement augmenté est le nombre de brevets délivrés aux E.-U.. Celui-ci a bondi de 31% : reste à savoir si ce chiffre est dû à l'augmentation du nombre de demandes déposées ou aux tentatives de désengorgement des 1,2 million de brevets en instance d'examen par l'USPTO.

Après une année 2009 marquée par une tendance à la consolidation [8], 2010 apparaît donc comme une année de croissance de l'activité de valorisation. Pour autant, le nombre de produits commercialisés stagne, voire baisse très légèrement.
Seul le rapport annuel nous permettra de prendre toute la mesure de l'activité de transfert de technologie en 2010. Il sera en particulier intéressant de connaître les résultats des petites unités de transfert (moins de 10 ETP) face à la sortie de crise. Rendez-vous à l'automne !
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[1] "OTL" ou "Office of Technology Licensing".
[2] "CTV" ou "Columbia Technology Ventures".
[3] "OTM" ou "Office of technology Management".
[4] "INVO" ou "Innovation and New Ventures Office".
[6] 307 institutions américaines ont été sollicitées (236 universités et collèges, 65 hôpitaux et établissements de recherche, deux laboratoires nationaux, et quatre sociétés d'investissement technologique) et 183 ont répondu aux questionnaires pour un taux de réponse de 59,6%.
[7] Somme rapportée à la production réelle d'une unité, payée par annuités sur la validité des brevets.
Pour en savoir plus, contacts :
- [5] BE Etats-Unis 182 "Budget fédéral 2010 de R&D : hausse à prix courants, baisse à prix constants" - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61023.htm
- [8] BE Etats-Unis 222 du 15/10/2010 "La valorisation de la recherche universitaire aux Etats-Unis : 2009 est une année de consolidation" - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64785.htm
Code brève
ADIT : 67583
Source :
- AUTM - US Licensing activity survey highlights: FY2010" - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/WY3mL
- "AUTM reveals first peek at FY2010 licensing activity survey" - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/EJlBm
Rédacteur :
Lynda Inséqué, deputy-inno.mst@consulfrance-boston.org
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67583.htm
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