Les nouveaux usages d'aujourd'hui seront les business de demain.
Revue de presse sur les tendances et évolutions technologiques utiles.
http://theitwatcher.fr/.
Quelle est la prochaine étape ?
La
suite découlera de la demande de Jean-Marc Ayrault à tous les
ministères de fournir leur feuille de route détaillée en matière
d'ouverture des données publiques. Le SGMAP travaillera quant à lui avec
le ministère du Budget à l'évaluation des redevances existantes et
remettra une série de recommandations au premier ministre d'ici à la fin
du premier semestre 2013.
Quelles sont les grandes orientations de la mission Etalab ?
"Notre objectif est de libérer les données les plus stratégiques pour la communauté des utilisateurs"
Jusque-là
beaucoup de travail a été accompli mais la démarche de l'Etat en la
matière était encore pionnière. Nous souhaitons passer à la phase
d'industrialisation et faire un open data natif, c'est-à-dire en
intégrant la démarche open data à tous les échelons de l'administration
française. Cette démarche doit être sensée et au cœur d'un écosystème
rassemblant divers acteurs. Notre objectif n'est pas de rendre
disponible les données les plus faciles à produire mais de faire en
sorte de libérer les données les plus stratégiques et les plus
pertinentes pour la communauté des utilisateurs.
Comment allez-vous convaincre certaines institutions de libérer ces données dites "stratégiques" ?
D'ici
à fin 2013, nous allons lancer six débats thématiques qui nous
permettront de rassembler les acteurs concernés, par exemple dans le
secteur de la santé, des transports ou de l'environnement. Nous allons
également ouvrir ces débats en ligne à la communauté d'utilisateurs.
L'objectif de ces concertations est de définir des zones de consensus
sur des jeux de données qui jusque-là faisaient débats c'est-à-dire
d'évaluer l'opportunité et les éventuels inconvénients de l'ouverture au
public d'un jeu de données. Ces discussions seront organisées avec
l'appui des ministères concernés et nécessiteront un rapporteur expert.
Dans votre feuille de route, vous évoquez la refonte de Data.gouv.fr. A quoi ressemblera cette seconde mouture ?
"Data.gouv.fr doit se donner les moyens de s'adresser à tous les publics et de proposer des API"
Je
ne sais pas encore à quoi elle va ressembler. Je considère qu'aucun
site "open data" qui existe dans le monde n'est encore parfait. Ils
s'adressent principalement à l'écosystème de l'open data alors qu'ils
devraient être conçus pour tous les publics et fournir également des
outils permettant d'appréhender les données, comme des modules de
datavisualisation. En ce sens Data.gouv.fr doit se donner les moyens de s'adresser à tous les publicset
également de proposer des API. Cela rentre dans une stratégie à long
terme puisqu'il faut promouvoir la démocratisation des flux de données
dans les systèmes de l'administration publique en amont.
Certaines administrations sont encore réticentes quant à l'ouverture de leurs données ? Quels sont vos pouvoirs ?
On
ne peut pas aller voir toutes les administrations et leur demander de
tout ouvrir. Reste que l'Etat doit assumer sa responsabilité et accepter
de motiver ses décisions et ses actionsquand il
s'engage à adopter une politique plus transparente. Certaines
administrations rechignent à ouvrir leurs données de crainte qu'on
découvre des erreurs dans leurs bases de données ce qui est pourtant
commun à tout système d'information. Or moins une administration ouvrira
ses données, plus on a de chances que sa base contienne des erreurs.
Quoi qu'il en soit la statistique est une science qui permet de prendre
de bonnes décisions même avec des données imparfaites.
De toutes les institutions avec qui vous travaillez, qui sont les bons élèves en matière d'open data ?
Je
dirai qu'il y a différents cas de figure. La production de données fait
partie des missions de certains ministères depuis longtemps comme il en
est le cas pour celui de l'Agriculture. D'autres ministères ont besoin
de davantage de confiance de la part des citoyens comme le ministère de
l'Intérieur qui a très tôt réfléchi à construire ses données. Enfin
certains ministères sont dans une situation plus complexe dans le sens
où ils manquent eux-mêmes d'informations.
Diplômé
de l'ENS, Henri Verdier rejoint Lagardère Active comme directeur de
l'innovation en 2007 pour devenir deux années plus tard directeur de la
prospective de l'Institut Télécom. Cofondateur de MFG-Labs et d'Odile
Jacob Multimédia, il est également membre fondateur du pôle de
compétitivité Cap Digital qu'il préside jusqu'à prendre ses fonctions de
directeur d'Etalab service du Premier ministre au sein du secrétariat
général à la modernisation de l'action publique, début 2013.
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