Entreprise 2.0, entreprise étendue, deux mots qui
sont présentés comme synonymes, mais quand on regarde la réalité du
fonctionnement des entreprises et les derniers mouvements stratégiques
des éditeurs, il semble qu’il y ait un écart entre ces deux notions.
Pour le moment, interne et externe demeure un mur difficilement
franchissable. Certaines entreprises font le choix de déployer dans un
premier temps un réseau social d’entreprise, d’autres de privilégier une
présence sur les médias sociaux en premier, mais il est rare que les
deux se fassent
simultanément. Quand à la collaboration avec les partenaires, cela est souvent un vœu pieux, même si comme le montre
l’étude
d’IBM sur les CEO, cela devrait changer. Quoiqu’il en soit, ce besoin
de rendre les frontières de l’entreprise plus poreuses devient une
véritable nécessité, notamment face à la montée en puissance des
interactions avec les clients/prospects externes avec les entreprises.
En cela, développer une meilleure coordination notamment entre le
marketing et la communication devient essentiel, comme le mette en avant
de plus en plus de spécialistes. C’est dans ce cadre, lors du
Dreamforce 2012, que Jeremiah Owayang a
expliqué
que la gestion de la relation client ne pouvait plus se concevoir sans
l’organisation d’un hub digital interne, visant à organiser ces flux
entrants et sortants en permanence de l’entreprise.
Interne, externe une frontière à conquérir ?
Dans le même temps, Dion Hinchcliffe, toujours lors de la même conférence, a
mis en avant
l’idée que le prochain challenge du social business serait le social
marketing, répondant à ces mêmes enjeux d’interaction avec les
collaborateurs. Dans ce cadre, il a mis en avant la question des
collaborateurs comme ambassadeurs de l’entreprise comme une nécessité.
Là encore, sans rentrer dans des détails organisationnels, les
interactions entre les collaborateurs et les parties prenantes externes
de l’entreprise deviennent de plus en plus prégnantes et importantes,
dépassant la simple présence sur les médias sociaux. Cette nouvelle
dimension n’a pas échappé aux éditeurs. Réunir dans un même espace
collaboratif les collaborateurs et les parties prenantes externes,
devient central dans la stratégie des éditeurs. Ainsi, certains en
France comme Yoolinkpro dans sa nouvelle version,
annonce
la mise en place de communautés externes. Les majors n’échappent pas à
ce mouvement puisque c’est ainsi que Microsoft explique le rachat de
Yammer, afin de permettre cette ouverture vers l’extérieure, cette
dernière étant moins évidente avec sa solution collaborative Sharepoint.
De nouveaux entrants sur le marché des réseaux sociaux d’entreprise
Cependant deux « nouveaux acteurs », et pas des moindres, viennent
renforcer cette tendance, visant à inclure les parties prenantes externe
au sein d’un réseau social d’entreprise. Ainsi, Linkedin, premier
réseau social professionnel, a
annoncé
qu’il développait son application, afin de simplifier la gestion de
communauté de collaborateurs de l’entreprise, complétant ainsi son offre
tournée vers l’externe. Peu de temps après, c’est Google+ qui annonce
une orientation de plus en plus réseau social d’entreprise, renforçant
aussi le collaboratif entre communauté de collaborateurs, vision que
nous étions un certain nombre à
pressentir,
dès son lancement l’année dernière. Dans ce cadre là, Google fluidifie
aussi les interactions entre collaborateurs et parties prenantes
externes. Cette dimension du collaboratif interne avec les parties
prenantes externes a longtemps été de l’ordre du discours, il semble
qu’elle prenne de plus en plus forme. Alors, l’externe, dernière
frontière de l’entreprise 2.0 et du social business ?