A lire sur: http://www.lemagit.fr/projets/externalisation/2012/12/18/le-secteur-public-nouvel-eldorado-des-ssii-indiennes/?utm_source=essentielIT&utm_medium=email&utm_content=new&utm_campaign=20121219&xtor=ES-6
Très présentes sur le secteur des services financiers, les SSII
indiennes chercheraient activement à se développer sur le secteur
public, afin d’y trouver un relais de croissance sur leurs marchés
historiques des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Des efforts qui ne
porteront pas leurs fruits instantanément.

C’est un pari risqué que les SSII indiennes prennent là, comme le
souligne
le Financial Times. Celles-ci entendraient en effet développer leurs
activités dans le secteur public, non seulement sur leur marché
domestique mais aussi sur leurs marchés traditionnels que sont les
Etats-Unis et le Royaume-Uni, notamment. Un pari risqué parce
qu’extrêmement sensible dans une période marquée par la crise économique
et un marché de l’emploi en berne. Mais cela ne suffit semble-t-il pas à
décourager les SSII indiennes.
Natarajan Chandrasekaran, Pdg de TCS, a ainsi expliqué à nos
confrères que la SSII entend réaliser, d’ici 5 ans, plus de 400 M$ de
chiffre d’affaires annuel sur le secteur public : «un marché
potentiellement très vaste », explique-t-il à nos confrères, marqué par
des systèmes vieux de «10 à 20 ans» et nécessitant d’être renouvelés. Au
troisième trimestre, TCS a réalisé 356 M$ de CA sur le secteur de la
banque, des services financiers et de l’assurance (BFSI), contre 180 M$
dans «autres», une dénomination qui recouvre notamment le secteur
public. Le BFSI comptait au final pour près de 43 % de son CA en roupies
au troisième trimestre.
Fin novembre, TCS a annoncé avoir remporté un contrat de plusieurs
«millions de livres» sur 5 ans (renouvelable) avec le ministère de
l’Intérieur britannique pour «gérer les besoins technologiques et les
services de support du nouveau service Disclosure and Barring Service
(DBS) ». Le contrat porte notamment sur le lancement et l’amélioration
de services au public en ligne et sur la modernisation des processus
métiers.
Infosys et Wipro auraient adopté la même stratégie. Le premier a
notamment souligné, lors de la présentation de ses derniers résultats
trimestriels, s’être associé à «des organisations majeures du secteur
public aux Etats-Unis et au Canada pour les aider à mettre à profit des
solutions et services technologiques ». C’est d’ailleurs au cours de son
exercice fiscal 2010 qu’Infosys a fondé une division dédiée au secteur
public aux Etats-Unis : Infosys Public Services. Mais dans son dernier
rapport au gendarme des marchés boursiers américains, la SSII
reconnaissait des difficultés, soulignant par exemple que le
gouvernement de l’état de l’Ohio a interdit «aux entités
gouvernementales de dépenser des fonds publics pour des services fournis
offshore ». Surtout, Infosys précise que «[son] activité croissante
avec des administrations est susceptible de [l'] exposer à des risques
additionnel », soulignant que «les contrats gouvernementaux sont souvent
sujets à une attention et à une publicité plus grandes que d’autres
contrats. Une publicité négative [...] est susceptible de pénaliser
[ses] activités ou [sa] réputation ».
Ces efforts surviennent alors que les SSII indiennes font l’objet
d’une pression accrue. Nos confrères de l’Economic Times of India
anticipent ainsi qu’Infosys
révise à la baisse
ses prévisions de chiffre d’affaires «alors que ses clients aux
Etats-Unis reportent leurs dépenses ou rechignent à signer de nouveaux
contrats ». Des craintes qui ne lui sont pas exclusives et qui
s’expriment sur les marchés boursiers indiens, aussi bien pour Infosys que pour TCS, HCL, ou encore Wipro.