mardi 23 avril 2013

Le Siècle numérique : think tank ou lobby ?

A lire sur:  http://www.linformaticien.com/actualites/id/28833/le-siecle-numerique-think-tank-ou-lobby.aspx

Le Siècle numérique est un nouveau think tank fondé par de jeunes entrepreneurs du web : il vise à créer des passerelles entre le secteur public et le secteur privé, via le numérique, avec un clin d’œil assumé au réseau opaque mais désormais connu : le Siècle.
Le Dîner du Siècle a fait des p’tits : le « Siècle numérique », un think tank tout juste créé pour dépoussiérer le milieu et réunir tout le gratin 2.0. A l’initiative de ce projet : Geoffrey La Rocca, également cofondateur de MadeleineMarket. Il nous explique comment est née l'idée : « le principe était de réunir des personnes capables d’avoir des idées pour faire avancer la société sur le numérique et le mettre sur le devant de la scène, comme un vecteur de croissance. Ce secteur est encore largement sous-estimé en France. »

Buzzness is buzzness

Sept autres personnalités sont également à l'origine de ce réseau : Alexandre Malsch, créateur de Melty, Benoît Raphaël, ancien rédacteur en chef du Post.fr et désormais « chasseur de buzz » chez Trendsboard (un outil qui prédit les sujets aptes à buzzer, grâce à un système d’algorithmes analysant la toile, les conversations des internautes, notamment sur Twitter) dont il est le créateur, Frédéric Sitterlé, fondateur du guide des programmes Myskreen, Anne-Laure Constanza (Envie de fraises, un magasin de vêtement de grossesse), Stéphanie Pelaprat (Restopolitan), Valérie Decamp qui dirige l’agence de publicité Media Transports et Gilles Babinet (qui présentait dernièrement son « new deal » numérique et affirmait que la CNIL est l’ « ennemi de la nation »).

Sélection par cooptation


Le postulat de base : « ce sont aux initiatives privées d’insuffler des idées aux pouvoirs publics ». Ainsi, chaque mois, une poignée de personnalités triées sur le volet sera invitée pour échanger. Des professionnels de tous horizons, des politiques (Fleur Pellerin, ministre en charge du numérique ; Neelie Kroes, commissaire européenne à l’innovation…), du monde de entrepreneuriat (Xavier Niel, Marc Simoncini…), et même des industriels (Henri Proglio…)... et bien sûr, des journalistes, pour relayer le tout.
On ne sait pas encore qui parmi ces personnalités répondra présent aux prochains dîners du numérique, mais ce sont en tout cas quelques personnes auxquelles ont pensé Geoffrey La Rocca et son équipe. Une chose est sûre et assumée : « les invités seront choisis par cooptation des membres. Un numerus closus sera instauré, on essayera de ne pas dépasser une trentaine de personne. » Pour le coup d’envoi, les organisateurs ont réservé une table Chez Pramil, dans le quartier de la République, à Paris, pour le mardi 30 avril prochain.
L’un des thèmes chers à Geoffrey La Rocca est l’éducation au numérique : « comment insuffler le numérique dans l’enseignement aujourd’hui ? Au niveau de l’État, c’est plus difficile de faire bouger les choses, mais des initiatives privées comme l’École 42, se créent de plus en plus », continue Geoffrey. 

Le Siècle, sans ses travers ?

IRL*, nous vivons dans un monde où la communication est partout et les dîners de ce type sont désormais monnaie courante : le Siècle, les Dîners de l’Atlantique etc.  Et bien, URL, c'est exactement la même chose. Le Siècle numérique est bien sûr une référence au Dîner du Siècle, qui réunit régulièrement des personnalités de l’industrie, de la politique et des médias. Un réseau très critiqué pour son côté « élitiste », sur les secrets qu’il conserve (personne ne parle de ce qui se dit dans ces dîners) et sur les conflits d’intérêt que ce genre de réunion peut entraîner.
Plus qu’un clin d’œil, le Siècle numérique souhaite aller plus loin et pourquoi pas, créer des passerelles aussi, entre les « grands » et les « petits » du numérique : « Aujourd’hui, le Siècle a une influence certaine. Mais ils n’ont pas forcément trouvé, dans le domaine du numérique, un relais de croissance. On a déjà rencontré des personnalités du Siècle, on connaît, tous dans nos propres réseaux, des gens de là-bas. On souhaite leur apporter notre expérience et bénéficier de la leur. » Geoffrey La Rocca précise qu’ils comptent aller plus loin sur certains aspects : « Notre initiative est basée sur la transparence : il n’y aura pas de membres cachés. De plus, on relayera tout ce qui se dit sur notre site à venir et sur Twitter (@sieclenumerique), sur lequel d’ailleurs les internautes pourront nous interpeler pour nous proposer des idées de personnalités à inviter, par exemple. »

Un lobby du numérique ?

Aujourd’hui, l’initiative est financée uniquement par ses membres, mais à l’avenir, l’équipe du Siècle numérique sera « très heureuse de bénéficier de subventions d’entreprises. » Peut-on alors parler d'un « lobby du numérique » ? « Je n’aime pas cette expression. Pour nous, l’intérêt est de se mettre d’accord sur des valeurs communes, qu’on appliquera chacun au quotidien. » conclut La Rocca.
Un manifeste sera également publié prochainement, expliquant « officiellement » la démarche et les valeurs de ce nouveau réseau du secteur digital.

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