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mercredi 7 novembre 2012

"Les outils 2.0 sont cruciaux mais ne remplaceront jamais le médecin"

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/outils-20-cruciaux-ne-remplaceront-jamais-medecin?utm_source=emv&utm_medium=mail&utm_campaign=alerte_emea

Par Claire Cavret 07 novembre 2012 Pascal Lardier

Avec une demande provenant des patients, toujours plus d'outils orientés santé 2.0 voient le jour sur tablette, smartphone ou Internet. Une impulsion donnée à l'innovation qui reste souvent à attribuer aux startups.
Interview de Pascal Lardier, Directeur International de Health 2.0, rencontré à l’occasion du Health 2.0 Europe qui a lieu à Berlin du 6 au 7 novembre 2012.
L’Atelier : D’un point de vue technologique, quelles sont les tendances émergentes à venir dans le secteur de la santé ?
Pascal Lardier : Les tendances ne sont pas forcément les mêmes aux quatre coins du monde. Je ne veux pas comparer l’Europe aux Etats-Unis car je pense que ce n’est pas une question de vitesse. Il y a des choses que nous mettrons plus rapidement en place que les Américains car notre système plus centralisé le permettra. Toutefois, il y en a qui sont assez similaires. Prenons par exemple la gestion de la maladie chronique à qui l’ont peut attribuer 70% des dépenses d’un système de santé. On voit beaucoup d’outils sortir pour aider les patients à gérer leurs propres conditions. Pour un diabétique, cela peut être un outil qui rappelle de se piquer et calcule son taux de glucose et d’insuline. Cela peut s’étendre aussi à la santé mentale comme la schizophrénie ou la bipolarité avec un outil qui aide à tenir un agenda de ses humeurs. Ce sont des outils qui aident le patient, mais qui ne remplaceront jamais le médecin.
Tout cela concerne les capteurs physiologiques, mais on voit également pas mal d’outils qui fonctionne sur des mécanismes communautaires?
Tout à fait, les communautés de patients, ce n’est pas quelque chose de tout nouveau. Il y a du mouvement quand même. En France, il y a des plateformes comme entrepatients qui viennent de se lancer et qui sont intéressantes. Ce que l’on observe surtout, c’est une convergence des informations entre les communautés de patients, les communautés de médecins et toute l’information médicale qui peut être disponible sur le web. Le problème aujourd’hui, ce n’est pas tant de trouver l’information, mais plutôt de la filtrer, car il y en a pléthore et de trouver ce qui concerne le malade.
Qui conduit l’innovation dans le secteur ? Est-ce que ce sont les grands groupes ou plutôt les startups ?
 Les startups représentent le gros de l’innovation. Les grands groupes sont moins connus pour leur aspect créatif. Ils aident au niveau financier et achètent ces startups à un moment pour les intégrer dans leur panoplie d’outils. Je pense que toute l’innovation va venir des gens qui travaillent dans leur garage, qui n’ont pas beaucoup de moyens. Ce qui est en train de se passer avec la santé 2.0, cela me rappelle beaucoup ce qu’il s’est passé avec le .com.
Du point de vue de l’investissement, il y a une avance des Etats-Unis par rapport à l’Europe pour l’instant. Il y a des mécanismes d’investissement qui sont bien huilés outre-Atlantique. Que cela parte de la petite entreprise qui n’a pas encore un projet mais une idée, on a déjà les « angels investors ».  Ensuite l’idée est plus aboutie, la jeune pousse peut aller voir des « ventures capitalists » et ensuite la porte est ouverte aux autres investisseurs. En Europe, il y a des choses qui commencent à se mettre en place du point de vue de l’investissement, mais nous ne sommes pas encore tout à fait là.

Interview de Pascal Lardier Health 2.0 Europe à Berlin by L Atelier

vendredi 21 septembre 2012

Neutralité de l'Internet : UMP et PS dans une partie de Pong

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/neutralite-de-l-internet-ump-et-ps-dans-une-partie-de-pong-39782789.htm#xtor=EPR-100

Neutralité de l'Internet : UMP et PS dans une partie de PongLégislation - Faut-il être dans l'opposition pour proposer une loi sur la neutralité ? Corollaire : faut-il bloquer une loi dont on avait défendu le principe dès lors qu'on arrive aux affaires ?
La neutralité de l'Internet est-il un sujet législatif à intérêt variable ? Alors que l'an dernier, la majorité de droite à l'Assemblée rejetait une proposition de loi socialiste sur la question, ces derniers, désormais au pouvoir, traînent des pieds pour légiférer.
Les acteurs sont presque les mêmes, mais les raisons changent. La proposition de 2011, rapportée par le socialiste Christian Paul, semblait trop restrictive à la majorité, et arrivait avant un rapport sur la situation dans l'Union européenne.
Cette fois, estime la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, il n'y a tout simplement "pas d'urgence à légiférer," selon des propos rapportés par Ecrans.fr.
Ping : en 2011, le PS propose, l'UMP rejette
En février 2011, le président égyptien Hosni Moubarak démissionnait, la révolte débutait en Lybie, et l'Europe essayait déjà de sauver sa monnaie de sommet en sommet.
En France pourtant, le parti socialiste affirmait qu'il ne fallait pas laisser ces événements suspendre toute la politique d'un pays. Elle défendit, par la voix du rapporteur Christian Paul, une proposition de loi relative à la neutralité de l'Internet devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
La majorité était de droite, et la proposition de loi ne dépassa pas le seuil de ladite commission. Laure de la Raudière, députée UMP et rapporteure de la commission, estimait alors qu'elle posait problème.
"Si elle protège l'Internet d'aujourd'hui, c'est-à-dire d'hier tant les évolutions sont rapides, elle entrave le développement de celui de demain, notamment des services gérés comme il en existe déjà avec la téléphonie ou la télévision sur IP," expliquait-elle en séance de commission.
Corinne Ehrel, députée PS également en pointe sur ces questions, jugeait la proposition de loi bonne dans les débats de l'Assemblée. Cette dernière fut rejetée dans son intégralité, et la commission des affaires économiques de passer à l'étiquetage nutritionnel.
Pong : "Des dispositifs d'encadrement existent déjà dans la loi"
La semaine dernière, Laure de la Raudière a déposé une proposition de loi à son tour. Volontairement plus simple et recentrée sur une volonté de définir la neutralité de l'Internet, elle n'est évidemment pas parfaite. Mais moyennant quelques amendements, elle n'est pas éloignée de la position socialiste…
… de l'époque. Car désormais, Bercy ne voit plus l'opportunité de légiférer. Dans un entretien accordé à Ecrans.fr, la ministre déléguée estime qu'il y a "un sujet de principe et des engagements ont été pris pendant la campagne, mais des dispositifs d'encadrement existent déjà dans la loi et, pour nous, il n'y a pas d'urgence à légiférer. S'il y a des atteintes à la neutralité, l'Arcep peut-être saisie."
Ecrans rappelle que l'Arcep peut effectivement être saisie… Mais pas par les citoyens. Une question qui revient justement dans l'actualité, avec la saisine de l'Arcep et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes par l'UFC Que Choisir.
La déclaration de la ministre déléguée est étonnante, d'autant que le député socialiste Christian Paul, que nous avons pu interroger par téléphone, dit ne pas "imaginer un seul instant que le gouvernement soit indifférent aux enjeux de la neutralité de l'Internet."
Ping : c'est le bon moment, mais…
Certes, rappelle Christian Paul : "Les urgences sont nombreuses : le redressement économique, y compris celui du secteur numérique, une vraie stratégie de déploiement du très haut débit… C'est peut-être le plus urgent aujourd'hui, et ce n'est pas totalement déconnecté de la question de la neutralité. Les opérateurs télécoms peuvent être tentés d'apporter des limites à la neutralité du net pour mieux valoriser leur réseau, parce qu'ils doivent investir sur le très haut débit."
Pour autant, le député estime que la neutralité de l'Internet "doit figurer dans la loi," et que "ça doit être dans la période politique qui vient de s'ouvrir." Autrement dit, pendant le quinquennat de François Hollande.
D'autant que les sollicitations ne manquent pas. Il y a le rapport de l'Arcep sur la neutralité de l'Internet, publié hier soir, et que Christian Paul conseille de "lire sans tarder."
Il y a également les campagnes de communication sur le sujet, par la Quadrature du Net, entre autres. Cette association de fait, qui milite pour les libertés en ligne, a fait écho au rapport de l'Arcep dès hier dans un communiqué.
La Quadrature du Net estime que le rapport de l'Arcep "préfère ne prendre aucun risque et tend à minimiser la gravité de la situation."
Ce n'est pas l'avis de Christian Paul, qui trouve au contraire "plusieurs choses intéressantes" dans le rapport. La réaffirmation de l'importance de la neutralité d'une part, mais aussi l'indication que "les risques existent. Cela peut faire tomber une partie des reproches de Laure de la Raudière, quand elle disait qu'on allait figer l'Internet" avec la proposition de loi de 2011.
Le moment semble donc opportun, quoi qu'en dise Fleur Pellerin, mais pas forcément sous la forme prescrite par la députée UMP Laure de la Raudière. Pour Christian Paul, "c'est une initiative un peu isolée. Et sa position paraît à la fois insuffisante et porteuse de quelques risques."
Ainsi, "elle a une approche de l'Internet définie en terme d'envoi et de réception de contenus et d'utilisation de service. On oublie qu'un des aspects très important de l'Internet, c'est de faire d'une multitude d'acteurs des producteurs de contenus. Or sa proposition ne vise que les fournisseurs d'accès."
Le député, "sans faire de procès d'intention à Laure de la Raudière," voit aussi les notions de services gérés et de qualité suffisante comme risqués : "Elles sont porteuses du risque d'une privatisation substantielle de l'Internet. Or ça doit être un bien commun."
Pong : et si la vérité était ailleurs ?
Une stratégie semble tout de même se dessiner chez les députés PS, résumée par Christian Paul : "figer le principe dans la loi, et faire bouger les modalités en fonction de l'évolution."
Mais une loi sur la neutralité de l'Internet ne serait-elle pas au final un coup d'épée dans l'eau ? On pourrait penser que son avenir se joue en dehors du cadre français.
La Quadrature du Net relevait par exemple mercredi les risques liés à une proposition de l'Etno (association des Opérateurs de réseaux de télécommunications européens), pour modifier les règles de régulation au niveau mondial.
Cette contribution de l'Etno, qui sera présentée à l'occasion de la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales (WCIT) de Dubaï en décembre, veut "empêcher des décisions qui pourraient prévenir l'émergence de nouveaux modèles économiques." L'Etno met également en avant la notion de "qualité de service suffisante," au risque d'entrer dans la privatisation de l'Internet brandie par Christian Paul.
Dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux confier les clés de la neutralité de l'Internet au Parlement européen par exemple, qui a récemment montré son efficacité en rejetant le traité Acta ?
Christian Paul estime que "nous devons rester très attentifs à ce que l'UE ne soit pas en retard sur cette question. La France doit rattraper son retard, nous serons d'autant plus forts pour parler à Bruxelles que nous aurons pris une initiative sérieuse."
Si le flou demeure autour des intentions du gouvernement, la question de la neutralité de l'Internet, avec ses différences d'appréciations, montre une fois de plus son caractère transpartisan.
Le risque, c'est qu'il soit cantonné à quelques députés spécialistes, et repoussé de majorité en majorité, dans une lente partie de Pong. Christian Paul avait prophétisé en 2011 : "Il sera bientôt trop tard," ajoutant que "la paresse est proscrite autant que le retard."
Aujourd'hui, il "persiste et signe," mais laisse planer le doute sur le calendrier : "La rentrée parlementaire, c'est le 2 octobre."
Fusion Arcep-CSA, mauvais débat
Dans notre entretien, nous avons pu revenir avec le député socialiste Christian Paul sur la fusion éventuelle de l'Arcep, régulateur des télécommunications, et le CSA, régulateur de l'audiovisuel. Son avis est tranché.
"Cette fusion ne me paraît pas une urgence ou une priorité, et beaucoup de parlementaires qui travaillent sur cette question partagent mon point de vue.
Il y a plusieurs raisons à cela : cela réclamerait au moins deux ou trois ans de mécanos juridiques et administratifs, donc ça serait une perte de temps, et ce sont des métiers et des fonctions également nécessaires, mais différents.
Personne n'ignore qu'à l'heure de la convergence des réseaux, des contenus et des terminaux, les deux activités sont difficiles dans un monde numérique mouvant et avec des acteurs puissants.
Mais je reste dubitatif, et je crains une confusion qui ferait perdre la force et l'inventivité de la régulation française. On ira plus vite et plus loin sans passer par la fusion des régulateurs. Je regrette qu'on mobilise du temps et de l'énergie là-dessus."

mercredi 12 septembre 2012

Vie privée et réseaux sociaux : les bons élèves de la CNIL (et les autres)

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/vie-privee-et-reseaux-sociaux-les-bons-eleves-de-la-cnil-et-les-autres-39782442.htm#xtor=EPR-100

Vie privée et réseaux sociaux : les bons élèves de la CNIL (et les autres)Réglementation - La CNIL rappelle les règles de bonne conduite dans la collecte des données sur les réseaux sociaux. L'occasion pour la Commission de distribuer de bons points à des services moins connus que Facebook ou Twitter, mais plus respectueux des données personnelles.
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), notamment en charge de la protection de la vie privée sur les réseaux, vient d'apporter son soutien aux réseaux sociaux qui s'engagent pour le respect de la confidentialité des données personnelles. Le communiqué est daté du 10 septembre.
Partant du constat que "le fonctionnement de la majorité des réseaux sociaux repose sur la mise à disposition d'un service gratuit en contrepartie d'une collecte d'informations pour une utilisation commerciale," la CNIL met en garde sur le risque pour la vie privée : "Il est difficile de déterminer le devenir de ces informations une fois qu'elles sont sur le réseau."
Accompagnement de la CNIL
Chacun connait les débats liés à l'utilisation des données personnelles par Facebook ou Twitter, par exemple. La CNIL estime qu'en dehors de ces géants, épinglés à un moment ou à un autre sur leur politique en matière de vie privée, on trouve de bons élèves, plus protecteurs pour les données de l'internaute.
Parmi ces réseaux plus vertueux, la CNIL met en avant le réseau familial Famcity, ou encore Diaspora, l'alternative Open Source et décentralisée à Facebook. Si le second n'est pas d'origine européenne, et porte cette protection des données dans sa proposition de départ, le premier est un cas qui intéresse particulièrement la CNIL.
En effet, Famcity a bénéficié d'un accompagnement de la CNIL. Celui-ci visait à mettre le réseau social en conformité avec un avis déposé en 2009 par le G29, qui regroupe les CNIL d'Europe.
Cet avis recense un certain nombre de préconisations en vue de protéger la vie privée, comme permettre un droit de rectification et de suppression, même lorsque l'internaute qui en fait la demande n'est pas membre du réseau, ou encore autoriser l'anonymat et renforcer la protection des mineurs.
L'appel du 10 septembre
Autres réseaux félicités par la CNIL pour l'engagement en faveur de la protection des mineurs : Mondokiddo et l'Univers de Wilby, des réseaux sociaux pour enfants, et Leminiréseau et Yoocasa à destination des familles. Deux niches où le besoin de protection de la vie privée est généralement perçue comme particulièrement critique.
Pour étendre ces bonnes pratiques à plus de réseaux sociaux - la CNIL liste également certains services qui ont fait des efforts sur la protection des mineurs - le gendarme de la vie privée lance un appel à s'en inspirer aux autres éditeurs.
Elle rappelle qu'outre les avis et contrôles réalisés, elle est aussi en charge d'un programme d'accompagnement pour la mise en conformité des services en ligne.

jeudi 6 septembre 2012

Fleur Pellerin rappelle les engagements du PS sur le haut débit

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/fleur-pellerin-rappelle-les-engagements-du-ps-sur-le-haut-debit-39775501.htm#EREC-103

Fleur Pellerin rappelle les engagements du PS sur le haut débitRéglementation - Lors du dernier Séminaire des élus, la ministre déléguée à l’Economie numérique a confirmé les engagements pris par le PS durant la campagne. Elle évoque notamment un débit minimum de 3 à 5 Mb/s pour tous en 2017.
Le gouvernement réaffirme ses visées en matière de haut débit. Lors du Séminaire des élus qui s’est tenu la semaine dernière, la ministre déléguée à l’Economie numérique, Fleur Pellerin, s’est exprimée sur les objectifs en matière d’aménagement numérique  du territoire. Les propos sont rapportés par Jean-Pierre Jambes, ex-directeur du développement économique de Pau et blogueur spécialisé.
Selon la ministre, une proposition de loi arrivera d’ici la fin de l’année pour revoir en profondeur le plan national très haut débit. L’objectif : assurer un débit minimal pour tous en 2017, possiblement de 3 à 5 Mb/s… En ligne avec les annonces de campagne du Parti socialiste (PS).
Sa réussite passera par « un mix technologique adapté aux différentes situations géographiques ». La complémentarité technologique, qui exploite les technologies filaires et sans-fil, peine dans les faits, autant techniquement qu’économiquement. La couverture des zones blanches et grises est actuellement un objectif difficile avec le « mix » en place.
Une structure d’Etat… et une taxe sur le cuivre ?
Pour réviser cet aménagement numérique, Fleur Pellerin a évoqué la création d’une « petite équipe de mission » dédiée au soutien des collectivités territoriales dans l’élaboration de leur schéma directeur territorial d'aménagement numérique (SDTAN). Plusieurs experts seraient ainsi mobilisés pour appuyer les élus dans le travail de maîtrise d’ouvrage, soit la définition des besoins, moyens et objectifs. Cela notamment, selon Jean-Pierre Jambes, pour les réseaux d’initiative publique (RIP).
Le programme du PS (PDF) mentionnait un « un opérateur national public "France Très Haut Débit" ». « Le périmètre et les compétences » de cette équipe d’assistance, semble-t-il bien moins ambitieuse, resteraient toujours à définir, sûrement dans la proposition de loi. A voir dans quelle mesure cette initiative fera concurrence aux cabinets spécialisés (privés) qui accompagnent déjà les collectivités sur ces problématiques.
Concernant le financement des réseaux, la péréquation (évoquée dans le programme du PS) semble une solution appréciée du gouvernement. Le financement d’un réseau en zone peu dense par les bénéfices d'un autre (rentable) en zone dense est ainsi rappelé par la ministre. Une taxe sur le réseau cuivre serait ainsi envisageable selon elle, même si à discuter.
D’autres sources de financement sont aussi dans les tuyaux. Les deux milliards d’euros du Grand emprunt dévolus aux infrastructures, pour l’instant en zones denses et moyennement denses, pourraient ainsi être utilisés pour des RIP. La ministre a également rappelé l’engagement de la Banque européenne d’investissement (qui vient de confier 200 millions d’euros à Free) dans le financement des infrastructures réseau.
La réussite de la montée en débit ne serait enfin pas qu’une question technique mais d’usages, ce qui devra mobiliser plusieurs ministères pour assurer sa réussite.

L'Australie veut accélérer son intégration du numérique

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/australie-veut-accelerer-integration-numerique

Par L'Atelier - Paris 28 août 2012 Australie
La croissance australienne serait en retard comparée aux autres pays industrialisés. La faute à un trop lent passage à l'ère numérique. Pourtant, l'économie du pays pourrait être stimulée par Internet.
Pour pousser son économie vers le haut, l'Australie doit tirer davantage parti de l'industrie numérique et notamment des infrastructures de télécommunications. Que ce soit les consommateurs, les entreprises ou encore le gouvernement, les Australiens seraient trop lents à s'adapter à la réalité numérique par rapport aux autres pays développés, et en subiraient les conséquences. En effet, les entreprises qui ne s'adapteraient pas à Internet en souffriraient. Pourtant, pour le ministère chargé des télécommunications et de l'économie numérique qui a rassemblé les résultats de plusieurs études, l'Australie a le potentiel pour devenir un acteur majeur de l'Internet d'ici à 2020.
 Le ministère encourage ainsi son gouvernement ainsi que les entreprises du pays à innover, conscient que le web a fait tomber de nombreuses barrières et notamment exposé ses entreprises à la concurrence sur les marchés internationaux.

Les frontières s'abaissent



Selon une étude menée par Boston Consulting Group, le cabinet a estimé qu'en 2012, Internet générait 3,3% du PIB du pays, comparativement à une moyenne de 4,3% pour les pays industrialisés. En effet, la performance en ligne serait pauvre comparée au niveau de vie des Australiens. Quant à la croissance, elle se développe à seulement 3,7% par rapport à la croissance moyenne de 5,5%.
Reste que le pays semble avoir saisi l'ampleur des enjeux. Le ministère cite ainsi une étude d'IBIS world, qui estime que des améliorations en matière de technologie de l'information et de la communication à haut débit permettraient à l'Australie de revenir jouer les premiers rôles. Et ça tombe bien, puisque début 2013, la construction d'un réseau national à haut débit devrait être en chemin et accessible à une grande partie du territoire d'ici 2015.

Un avenir à prendre en main



Selon le cabinet, cela permettra de faciliter la croissance de l'exportation de services, que ce soit sous la forme du tourisme, de l'éducation, des services de santé et d'affaires, de l'Internet. Le pays pourrait voir sa croissance à long terme revenir à 1,7% en 2020. Et en 2011, Access Economics Deloitte estimait que la contribution directe d'Internet à l'économie australienne était d'environ 50 milliards de dollars par an et devrait progresser pour atteindre plus de 70 milliards par an d'ici 2016. Mais construire des réseaux ne suffit pas. Le ministère rappelle également que le pays doit former et assister sa population active, ses consommateurs et ses entreprises pour les doter de compétences en matière de numérique. Cela, afin de sensibiliser et rattraper un retard d'usage. Une autre étude d'Access Economics Deloitte datant de 2011 constatait ainsi que l'Australie ne disposait que d'environ la moitié du taux de télétravail du Canada et des États-Unis.

samedi 21 juillet 2012

Google inaugurera son réseau très haut débit à Kansas City le 26 juillet

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/google-inaugurera-son-reseau-tres-haut-debit-a-kansas-city-le-26-juillet-39774350.htm#xtor=EPR-100


Google inaugurera son réseau très haut débit à Kansas City le 26 juilletTechnologie - Cette ville américaine a été choisie en mars 2011 parmi plus de 1 000 candidatures de municipalités. Les habitants pourront profiter d’un accès à 1 Gbit/s.
Deux ans et demi après avoir lancé son projet de réseau fibre optique à très haut débit, Google vient d’annoncer sa mise en service pour le 26 juillet. L’inauguration aura lieu à Kansas City, la ville américaine choisie l’année dernière parmi 1 100 municipalités qui s’étaient portées candidates pour accueillir ce réseau fibre optique à 1 Gbit/s.
Pour l’occasion, Google breveté une technique pour un système de fourreau permettant d’acheminer la fibre optique à domicile (Fiber To The Home ou FTTH) de façon simple et discrète. La firme de Mountain View n’a pour le moment donné aucun détail sur le déploiement de ce réseau à Kansas City (nombre de foyers desservis, équipement, tarifs) qui va servir de laboratoire à ce projet qui prévoit au final d’apporter le très haut débit dans d’autres villes des États-Unis pour toucher jusqu’à 500 000 personnes. (Eureka Presse)

mardi 17 juillet 2012

Pays émergents : les jeunes préfèrent la consommation dématérialisée

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/pays-emergents-jeunes-preferent-consommation-dematerialisee
Par L'Atelier - Paris 16 juillet 2012 Young asian in front of a computer

La génération Y de certains pays émergents se tourne de plus en plus sur Internet pour les affaires bancaires. Jusqu'à passer par ce biais avant un spécialiste pour un conseil. Et bien sûr, à y consommer. Avec toutefois des différentes entre les régions.
Dans certains pays émergents, la génération Y réaffirme la position que prend Internet dans les achats et les affaires financières. En effet, 61% des jeunes personnes âgées de 18 à 28 ans utilisent leur ordinateur personnel pour la banque en ligne. Et cela se vérifie notamment en Chine (85%), en Afrique du Sud (78%), et à Singapour (75%). Un ordinateur qui distance toujours le mobile qui toutefois progresse puisque cet appareil est utilisé à cet effet par 23% de ces jeunes, comme le montre une étude de Visa Asie*. Malgré tout, leur moyen de paiement préféré demeure la carte bancaire. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas besoin de garder du liquide sur eux (63%). On assiste donc clairement, pour cette génération, à un intérêt grandissant pour la dématérialisation. D'autant plus que huit personnes sur dix considèrent qu'un jour, elles pourront faire tous leurs achats et payer toutes leurs factures en ligne. Parmi ces jeunes, 73% pensent que cela sera possible via mobile.
 

Internet, conseiller écouté

Cette tendance se retrouve également lorsque l'on interroge cette population sur les sources utilisées pour obtenir des conseils en matière financière. Les premières sources demeurent bien sûr les proches de chaque individu. Avec en premier lieu les parents, source de conseil pour 78% d'entre eux, suivis par les amis écoutés par 45% des personnes interrogées. Internet tient ensuite la troisième position puisqu'il est la source de conseils pour 40% d'entre eux. Cela pourrait sembler peu élevé, mais l'importance de la recherche sur internet prend tout son sens lorsque l'on remarque que seuls 17% des individus participant à l'étude cherchent à être conseillés par un conseiller financier. Autre rapport grandissant des jeunes des pays émergents et d'internet : la consommation en ligne. Et pour cause, plus de huit jeunes sur dix ont consommé en ligne (82%) entre juin et juillet 2011.
 

Une e-consommation à deux vitesses

Avec des différences toutefois, qui peuvent être importantes. En effet, 99% des individus recourent à la e-consommation en Corée du Sud, contre seulement 36% au sein des Émirats Arabes Unis. Autre différence entre les pays, la fréquence de consommation en ligne. Si la moitié de ceux qui consomment en ligne le font mensuellement, certaines populations le font bien moins souvent. C'est le cas des EAU, des Philippines et de l'Afrique du Sud où respectivement 44%, 36% et 32% le font moins d'une fois tous les six mois. Ils dépenseraient, d'ailleurs, 15% de leurs revenus sur Internet (contre 21% en Chine et 24% en Corée du Sud), recourant majoritairement à la carte de crédit (40%) et à la carte bancaire (37%). A noter que la place du téléphone mobile dans l'achat en ligne progresse mais n'est toujours pas unanimement approuvé puisque, parmi la génération Y de l'ensemble des pays étudiés, ils ne sont que 13% à l'avoir fait via leur mobile.
 
* Etude menée auprès de 5 500 personnes âgées de 18 à 28 ans à Singapour, aux Philippines, en Indonésie, en Chine, à Hong Kong, à Taiwan, en Corée du Sud, en Russie, en Afrique du Sud et aux Emirats Arabes Unis.

mardi 10 juillet 2012

CNIL : un nombre « record » de plaintes et une culture de la cybersurveillance

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/cnil-un-nombre-record-de-plaintes-et-une-culture-de-la-cybersurveillance-39773988.htm#xtor=EPR-100

CNIL : un nombre « record » de plaintes et une culture de la cybersurveillanceChiffres - Illustration des dérives des entreprises en matière d’exploitation des données personnelles ou plus grande sensibilité des citoyens, le nombre de plaintes enregistrées par la Cnil en 2011 a été de 5.738, un « record ». L’autorité pointe une hausse de 59% des plaintes liées à de la « cybersurveillance ».
Dès mars, le gendarme français des données personnelles annonçait un bond du nombre de plaintes reçues en 2011 par rapport à l’année précédente. Cette inflation a été confirmée par la Cnil à l’occasion de la présentation de son rapport d’activité.
Sur le terrain de la confidentialité, le bilan n’est donc pas fameux. La Cnil parle en effet d’un « nombre record de plaintes ». Au cours de l’année dernière, l’autorité en totalise 5.738. C’est 19% de plus qu’en 2010.
Droit à l'oubli : une préoccupation des internautes français
La Cnil explique en partie cette hausse par « l'intérêt de plus en plus marqué des personnes pour la protection de leurs données et de la sensibilité de cette question à l'ère du numérique » ainsi que par la facilitation de la démarche pour déposer une plainte via un service en ligne.
« 26% des plaintes ont été reçues via cnil.fr en 2011, chiffre désormais supérieur à 40% depuis le début de l'année 2012 » indique d’ailleurs la Cnil.
L’examen de l’objet de ces plaintes permet par ailleurs de relever des tendances : l’attachement des citoyens au « droit à l’oubli » avec +42% de plaintes (pour un total de 1.000 plaintes enregistrées en 2011) et un penchant des employeurs pour la cybersurveillance.
Les dispositifs « mis en œuvre par l'employeur pour contrôler l'utilisation des outils informatiques et l'accès à la messagerie électronique » ont été visés par un nombre croissant de plaintes en 2011 (+59%).
A ces dernières s’ajoutent des plaintes liées à la gestion des ressources humaines (670 plaintes), dont la moitié « concerne spécifiquement la surveillance des salariés. » La Cnil précise enfin recevoir un nombre important de plaintes dans les secteurs de la banque, du crédit, et en lien avec la gestion de fichiers commerciaux.

mardi 3 juillet 2012

La difficile survie des opérateurs Internet ruraux à l’heure de la montée en débit

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/la-difficile-survie-des-operateurs-internet-ruraux-a-l-heure-de-la-montee-en-debit-39773728.htm#xtor=EPR-100

La difficile survie des opérateurs Internet ruraux à l’heure de la montée en débitAnalyse - Les difficultés de l’opérateur Altitude Infrastructure soulignent les nombreux problèmes d’un secteur tenu par les promesses technologiques et politiques… Des défis renouvelés dans la transition vers le très haut débit.
Le haut débit en zones peu denses n’est pas de tout repos. Les délégations de service public, la construction d’un réseau pour le compte d’une collectivité dans le but de desservir les abonnés distants des villes, peuvent se heurter à de nombreux obstacles.
Problèmes techniques, désintérêt des grands opérateurs ou manque d’information peuvent créer des difficultés dans des zones prometteuses. Discussion avec David El Fassy, président d’Altitude Infrastructure (opérateur Internet Wimax, fibre…), et avec Patrick Vuitton, délégué général de l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel (Avicca).
Des promesses du Wimax en région
En juin, les problèmes d’une délégation de service public (DSP), la filiale Net 64 d’Altitude Infrastructure, a pointé la fragilité des réseaux. Un billet de notre blogueur Pierre Col retrace cette affaire, causée par un manque d’abonnés : 1 338 sur les 6 000 nécessaires à l’équilibre de la structure. Une différence qui met Net 64 en danger.
« Au lancement des travaux, en 2007, nous tablions sur 10 000 personnes éligibles. Les chiffres que nous avons eus de France Télécom en septembre dernier sont tombés à 3 380, soit un tiers du potentiel de départ. Après 18 mois d’exploitation ‘pleine’, nous avons donc atteint un taux de pénétration de 40%. Ce qui n’est pas si mal, étant donné que la pénétration dans ces secteurs ruraux, en ADSL et radio, est bien moindre qu’en zone dense » argumente David El Fassy, président d'Altitude Infrastructure.
« Le problème [des technologies] radio est général, mais ça ne veut pas dire que toutes nos DSP sont dans la situation de Net 64. Si la filière va mal, ce n’est pas Altitude qui va mal. Si on sent qu’une DSP ne peut pas se redresser, on va pas investir dedans » explique-t-il. « On a bénéficié d’un climat de déploiement difficile, entre Béarnais et Basques, avec des poteaux sciés et des menaces sur les collaborateurs ».
Les soucis rencontrés ne sont pas isolés. Selon des informations d’ITespresso datant de mars 2011, des stations de base Wimax seraient mises hors services faute d’avoir atteint un taux d’abonné suffisant. Dans l’Aveyron, d’autres soucis ont également été relevés.
Une « survente » globale du Wimax
La technologie Wimax, qui promettait une couverture large pour du haut débit, a vite déçu les exploitants. Les difficultés de Net 64 illustrent les trop grands espoirs portés sur cette méthode.
Pour Patrick Vuitton, délégué général de l’Avicca, « le marché de la zone blanche [évalué à 300 000 clients] est un secteur avec un gros potentiel. Il y a un nombre important d’acteurs, même si ce marché s’est consolidé, ce qui est un mouvement assez naturel. Au bout du compte, nous avons trois, quatre acteurs au lieu d’une dizaine ».
« Le Wimax a sûrement été survendu, en termes de débits et de portée, en particulier dans les mains de l’opérateur TDF [dont la filiale HDRR s’est retirée du Gard en 2008]. Le bilan est contrasté : quand c’est bien mis en oeuvre, ça convient aux collectivités qui le préfèrent au satellite », indique Patrick Vuitton.
La concurrence des grands FAI
Les opérateurs, délégataires de service public, comme Altitude, ont pour certains une offre grand public associée. Dans le cas présent, Wibox vise à fournir les services classiques ADSL à des clients Wimax. Même s’il dispose d’une telle offre, le délégataire de la collectivité doit rester neutre vis-à-vis des offres de détail.
« Il faut toute une infrastructure, des points hauts à maintenir, un service client pour les offres de détail… Par rapport aux prévisions, s’il n’y a pas d’adhésion au système, l’économie est difficile » estime l’Avicca. Surtout si les FAI nationaux font concurrence.
« France Télécom a un programme sur les NRA [répartiteurs] multiplexés. On a le sentiment que FT a plus mis en œuvre là où il y avait du Wimax qu’où il n’y avait rien. Ce qui est un peu aberrant, vu que le besoin est moindre » s’indigne Patrick Vuitton. « Les opérateurs nationaux ne sont pas intéressés par ce marché. Il faut convaincre les abonnés potentiels de ne pas prendre un grand FAI… » ajoute le spécialiste.
Les coûts d’exploitation d’un réseau d’intérêt public (RIP) peuvent être amortis par la combinaison avec un réseau classique. « Des RIP ont péréqué [été associés] entre ADSL et zones blanches. Avec des opérateurs comme SFR, on peut retomber sur ses pattes, même s’il n’est pas évident de les rentabiliser » explique encore David El Fassy.
Du Wimax à la 4G pour le très haut débit (THD)
Reste que la situation va évoluer. « Les zones grises d’aujourd’hui [limitées à 512 kbits/s] sont les zones blanches de demain » estime David El Fassy, à l’heure où le très haut débit et la fibre sont sur toutes les lèvres.
« Il faut faire preuve de pragmatisme face à ce qui arrive, comme le VDSL [qui exploite les lignes cuivre de l’ADSL]. Durablement, on aura besoin des technologies hertziennes. Il y a des territoires où le réseau cuivre se prête facilement à la montée en débit, d’autres où c’est compliqué » poursuit le responsable.
Selon Altitude, qui compte beaucoup commercialement sur le hertzien, « il faut une montée en débit des réseaux radio, que nous préparons pour 2013. Si je regarde le potentiel commercial des zones grises [plus peuplées que les zones blanches], cela devient plus intéressant. Le but est de retrouver un cercle vertueux ».
Un concurrent du Wimax arrive sur la radio, poussé par des acteurs comme le chinois ZTE : la 4G LTE, qui existe en mobile (900 Mhz) et fixe (3,5 Ghz). Selon les deux acteurs interrogés, les deux bandes de fréquence sont bien séparées. « Nous effectuons des expérimentations sur la bande 3,5 Ghz. Personne ne se contentera d’un réseau mobile pour une connexion fixe » estime David El Fassy.
Le LTE présenterait pourtant des risques pour l’exploitant Wimax. « Les débits annoncés en LTE aujourd’hui sont ceux annoncés sur le Wimax [en 2007]. Avec 5 ou 10 Mhz de spectre disponible, il n’y a pas de miracle. Peut-être qu’à terme, la 4G LTE supplantera les réseaux Wimax, une solution transitoire, qui durera au moins 10 ans » estime-t-il.
« Certains opérateurs exploitant le Wimax s’interrogent si des stations seront compatibles pour une transition vers la 4G, qui bénéficiera d’un effet d’échelle sur les composants. Les opérateurs constatent c’est une technologie très stable » complète Patrick Vuitton de l’Avicca.
La montée en débit pourrait aussi signer le retour en grâce du satellite, la solution de la dernière chance pour les abonnés privés d’autres technologies. Cela à cause notamment d’une latence élevée. « Le satellite a aussi évolué, avec KA-SAT d’Eutelsat. Au lieu d’être un énorme faisceau européen, des faisceaux spécifiquement sont dirigés sur la France.Nous n’avons pas encore de recul dessus, mais la réception est meilleure que sur les technologies précédentes », estime le délégué général de l’Avicca.
Le mélange technologique sera nécessaire, l’avenir dira quelles solutions en profiteront et comment s’en sortiront les technologies radio, en mutation.

lundi 23 avril 2012

Google : fermeture de plusieurs services dont One Pass

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/google-fermeture-de-plusieurs-services-dont-one-pass-39771008.htm#xtor=EPR-100


Google : fermeture de plusieurs services dont One PassApplication - Google se lance dans son ménage de printemps et annonce la fermeture de plusieurs de ses services dont Picasa pour Linux et le service d’abonnements à la presse One Pass.
L’objectif annoncé de cette mesure : délaisser les services peu populaires pour mieux se concentrer sur les succès de Google.
Ainsi, Google abandonne Google Related, une extension pour le navigateur Chrome qui donnait des informations supplémentaires à vos recherches sur le web relatives aux pages que vous visitiez. Un outil qui, semble-t-il n’a pas trouvé son public chez les internautes. Adieu, Google Related.
Au revoir One Pass, à bientôt Picasa...
Adieu également, Google Sync pour BlackBerry. L’outil qui permettait de synchroniser ses mails, contacts et calendriers entre ses smartphones RIM ne sera plus disponible en téléchargement à partir du 1er juin, de même que sa section support. Google invite les utilisateurs actuels de Google Sync pour BlackBerry à utiliser à la place BlackBerry Internet Service (BIS).
On annonce également la fermeture de l’application web mobile Google Talk. Ici aussi Google propose une alternative : « Pour les utilisateurs qui souhaitent continuer à utiliser Google Talk sur leurs mobiles, nous les invitons à utiliser l’application native Google Talk sur Android, ou n’importe quelle application compatible XMPP sur les autres terminaux. »
La plateforme One Pass ferme également ses portes. Rappelons que One Pass était une plateforme d’abonnements pour des titres de presse. Les offres à la journée, au mois ou même à l’article n’ont pas su convaincre. Parmi les titres de la presse française, seul le Nouvel Observateur était présent.
Période d'observation des API réduite
Du côté de Picasa, la version supportée par Linux ne recevra plus aucune mise à jour mais reste fonctionnelle. Les plugins Picasa Web Albums Uploader pour Mac et Picasa Web Albums Plugin pour iPhoto ne seront, eux, plus disponibles au téléchargement. Google invite leurs utilisateurs à migrer vers Picasa 3.9 pour Mac.
Enfin, d’après le blog des développeurs, le calendrier d’observation de plusieurs APIs passe de trois ans à un an. Sont concernés : Google App Engine, Google Cloud Storage, Google Maps/Earth APIs et YouTube API. En clair, ces APIs seront revues tous les ans au lieu de tous les trois ans. Il sera alors question de les fermer, ou de les mettre à jour.

jeudi 19 avril 2012

Un village pilote anglais exclusivement connecté en fibre optique pour 2013

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/un-village-pilote-anglais-exclusivement-connecte-fibre-optique-2013

Par L'Atelier - Paris 19 avril 2012 Fibre optique
Au Royaume-Uni, BT a décidé de faire de Deddington la première ville connectée uniquement grâce à la fibre. Un objectif européen clairement affiché qui n'est pas encore vraiment celui de la France.
Et le gagnant est ... Deddington, village de campagne choisi par Openreach, filiale de British Telecom (BT) qui s'occupe, entre autre, d'administrer les réseaux locaux, pour devenir la première ville pilote connectée uniquement par la fibre optique. La construction, impliquant le remplacement des câbles de cuivre, devrait commencer au printemps. Le réseau devrait, lui, être utilisable par les 2200 habitants reliés par 1400 lignes téléphoniques en 2013. A ce moment là, la population devrait avoir accès à une vitesse de téléchargement comprise entre 40 et 300 Mbps au lieu des 8Mbps actuels. Le village a la taille idéale pour permettre à Openreach de se faire la main et d’apprendre quelle est la meilleure manière de remplacer un réseau cuivré par la fibre optique.

Un objectif européen, une France mauvaise élève

En Europe, le développement de la FTTH (fibre optique jusqu'à l'abonné) est un objectif clairement affiché. Le rapport du Conseil Européen consacré au sujet note qu'en 2011, le développement de la FTTH en Europe* a progressé de 41% avec 600 000 nouveaux souscripteurs**, pour atteindre 5,1 millions d'abonnés FTTH ou FTTB et 28 millions de foyers connectés. En tête, les pays scandinaves comme la Norvège (taux de pénétration de 14,7%) et la Suède (13,6%). Suivie par l'Europe méridionale et orientale. La Commission européenne propose d’affecter un budget de 9,2 milliards d'euros à la large bande haut débit, dont 7 milliards d'euros pour les infrastructures. L’enjeu ? Répondre à la demande croissante en débit des utilisateurs à la fois plus nombreux et plus gourmands - notamment avec la télévision, le téléphone, et autres services sur internet.

La France, mauvaise élève

Ou simplement permettre d'en augmenter la puissance, par principe. Il n'en demeure pas moins que la France reste en retrait. Si le pays dispose d'un Programme national très haut débit (PNTHD) doté de 2 milliards d'euros, on ne dénombrait, en 2011, que 175 000 utilisateurs sur le territoire à en croire un rapport*** du Sénateur (UCR) de l'Eure Hervé Maurey et actuel vice-président de la commission du développement durable, des infrastructures, de l'équipement et de l'aménagement du territoire. Le rapport juge ainsi que le taux de progression des abonnements est peu élevé du fait d'une faible progression des raccordements. Et de citer la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) pour qui pas moins d’un siècle serait nécessaire pour que la France soit couverte en FTTH au rythme actuel. Avec le risque de voir se créer une nouvelle fracture numérique, entre les plus grandes zones urbaines et les zones plus isolées.
* Europe des 27 + 8 pays (Andore, Croatie, Islande, Israël, Norvège, Serbie, Suisse et Turquie)
**Etude Idate pour le FTTH European Council citée dans le rapport
*** Rapport n° 321 (2011-2012) de M. Hervé MAUREY, fait au nom de la commission de l'économie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, déposé le 1er février 2012

lundi 19 décembre 2011

Eurostat : près d’un quart de la population européenne n'a jamais utilisé Internet


Eurostat : près d’un quart de la population européenne n'a jamais utilisé InternetChiffres - Selon les chiffres de l’office statistique de l'Union européenne, l’écart se creuse entre les populations des pays du Nord les plus connectées et celles du Sud et de l’Est.
Eurostat, l’office statistique de l'Union européenne a publié hier les chiffres sur l’accès Internet au sein des 27 pays membres. Il en ressort que 24% des personnes âgées de 16 à 74 ans n’ont jamais utilisé Internet. Un pourcentage encore très élevé mais qui a tout de même fortement diminué depuis l’enquête de 2006 où il était de 42%.
"Seulement" 76% de connectés en France
Comme c’était déjà le cas il y a 5 ans, les pays du nord arrivent en tête des nations les plus connectées avec les Pays-Bas (94%), le Luxembourg et la Suède (91%) et le Danemark (90%). À l’autre bout de l’échelle on trouve des pays du sud et de l’est avec la Bulgarie (45%), la Roumanie (47%) et la Grèce (50%).
La France est à 76% de personnes connectées contre 41% en 2006, mais elle devancée par l’Allemagne (83%) et l’Angleterre (85%).
L’Union européenne s’est fixé comme objectif de ramener le pourcentage de personnes de 16 à 74 ans n'ayant jamais utilisé internet de 24 à 15% en 2015. (Eureka Presse)

http://www.zdnet.fr/actualites/eurostat-pres-d-un-quart-de-la-population-europeenne-n-a-jamais-utilise-internet-39766554.htm#xtor=EPR-100

mardi 13 décembre 2011

L’Europe encourage l’ouverture des données publiques

Le 12 décembre 2011 par Ridha Loukil
Ce qui a été payé par le public doit être accessible au public
Ce qui a été payé par le public doit être accessible au public
DR
La Commission européenne invite les administrations à ouvrir leurs données pour favoriser le développement de services numériques innovants. Et elle donne l’exemple en préparant un portail sur les données des institutions de l'Europe. Il sera mis en ligne au printemps 2012.
L’Open Data, c’est le nouveau crédo de la stratégie numérique de l’Europe. Peu de temps après que le gouvernement français ait ouvert son portail data.gouv.fr mettant à la disposition de tout le monde près de 350 000 jeux de données publiques, la Commission européenne met en place un programme d'ouverture des données qui doit soutenir l'économie de l'Union à hauteur de 40 milliards d’euros par an.

Les administrations publiques européennes ont sous les pieds une véritable mine d'or, au potentiel économique inexploité, que constituent les énormes volumes d'informations recueillies par les divers organismes et services publics. Bruxelles les encourage à valoriser ce potentiel en en ouvrant l’accès, à l’instar de que font déjà certains États membres, comme la France ou le Royaume-Uni.

La Commission européenne montre l'exemple en donnant au public librement accès à ses informations par l'intermédiaire d'un portail, qui existe aujourd’hui au stade béta et qui sera mis en ligne au printemps 2012. Par ailleurs, elle a décidé d’allouer 100 millions d’euros, sur la période 2011-2013, au financement de la recherche dans le domaine des technologies de gestion des gros volumes de données.

Ces mesures visent le développement de services numériques innovants basés sur la réutilisation des informations du secteur public. Le principe est de transformer des données brutes en matériel utile aux utilisateurs des technologies de l’information : applications de cartographie pour smartphones ; informations en temps réel sur le trafic ou la météo ; outils de comparaison des prix, etc. Les journalistes et les universitaires figurent parmi les grands bénéficiaires potentiels.

L’ouverture des données publiques s’impose aux Etats membres de l’Union européenne comme une obligation par la directive 2003/98/CE adoptée en 2003. La Commission européenne veut étendre le champ d'application de cette directive, afin d'y inclure les bibliothèques, les musées et les archives.

Ridha Loukil

http://www.industrie.com/it/l-europe-encourage-l-ouverture-des-donnees-publiques.12378?xtor=EPR-25&emv_key=AJ5QmugnaTq78yA9MA

lundi 12 décembre 2011

Déploiement du (Très) Haut Débit en zones rurales : le point de vue d'un expert


Le déploiement du haut et très haut débit en zone rurale, ce sont beaucoup de projets menés par des collectivités locales qui s'appuient sur l'expertise de consultants spécialisés. Interview de l'un d'entre eux, Michel Lebon.
Michel Lebon se définit lui-même comme « un consultant des villes installé à la campagne »  et aussi « défenseur des Causses perdus et d'une ruralité qui se bat » : il vit en effet depuis 4 ans dans le Lot, et son activité l'amène à sillonner le territoire pour intervenir sur des projets de raccordement à Internet de collectivités locales très variées.

Je l'ai rencontré pour la première fois en avril 2010 lors du Colloque de l'ARCEP sur la Neutralité du Net et il m'a semblé intéressant de recueillir le témoignage de cet homme de terrain, dont vous pouvez aussi lire le blog « (Très) Haut Débit et Ruralité »
Michel Lebon, quelle est exactement votre activité, et depuis quand l'exercez-vous ?
Bonjour, je suis « Consultant en Aménagement Numérique Territorial ». Je me suis positionné sur ce créneau depuis fin 2007, lors de mon installation dans le Lot...  J'ai créé mon « entreprise individuelle » (j'ai un statut de libéral) de conseil, dans ce département au tout début 2008. Naturellement, et avec un clin d’œil à  mon patronyme, je  présente mes activités sous la marque « LEBON-Conseil » :-)
Après un passage chez un opérateur local Wifi intervenant sur les zones blanches de l'ADSL en Midi-Pyrénées, je me suis « immergé » dans la problématique du Très Haut Débit sous ses aspects réglementaires, législatifs, économiques... en capitalisant sur mon approche des territoires ruraux du grand sud-ouest et des constats que j'avais pu faire sur le terrain : quasi-abandon de certains territoires par l'opérateur historique, dégroupage balbutiant, mauvais niveau de service des offres haut-débit pouvant aller jusqu'à une dégradation inacceptable du service téléphonique … et des lignes de cuivre support de celui-ci !
Ma fréquentation des colloques et autres Assises, dont RURALiTIC, le suivi attentif de la « montée en charge » de l'ARCEP en terme de production de documents supports, recommandations, décisions sur des sujets comme le FTTH, la Montée en Débit sur le cuivre, m'ont permis d'exprimer sur mon blog mes « prises de positions liées » et de « recouper » mon constat avec celui effectué par d'autres sur d'autres territoires que le Sud-Ouest...
L'installation du concept de SDAN (devenu SDTAN) c'est à dire de Schéma Directeur d'Aménagement du Territoire par la Loi dite Pintat « contre la fracture numérique » du 17 décembre 2009 a contribué à démultiplier mes missions de conseil, jusque là menées de façon autonome auprès de Communes et Communautés de Communes, notamment en position de « partenaire local » du groupement  de cabinets de conseils parisien E-RESO / Stratégic-Scout dans le cadre de schémas directeurs du Très Haut-Débit.
C'est ainsi que je suis intervenu et interviens encore, sur les SDTAN du Lot et de l'Aveyron, initiés par leurs Conseil Général et Fédération d’électricité respectifs, la Stratégie de Cohérence (SCoRAN) de la Région Languedoc-Roussillon puis son SDTAN.
Et, je tiens à le préciser, dans ces missions de conseil et assistance, les besoins de mes clients et le cadre en place (réglementaire, législatif) sont prioritaires par rapport à mes « états d’âmes et réflexions » au sujet de ce qui pourrait être fait différemment ou mieux, PNTHD en premier !

Pour vous qui êtes sur le terrain, quelles sont aujourd'hui les préoccupations des collectivités locales quant au déploiement d'Internet sur les territoires ?
Globalement, les préoccupations des Collectivités se placent sur différents plans :
  • « service » : disponibilité, cohérence, qualité de l'accès à Internet, ie en Haut-Débit aujourd'hui, à Très Haut Débit demain... et pour ce dernier, rares encore sont les collectivités que je rencontre, dans les « ruralités » où j'interviens, de niveau inférieur au Conseil Général (communautés de communes, communes) qui expriment des besoins forts de THD pour leurs entreprises, points de Service Public et résidentiels... Le plus souvent, ce sont des préoccupations de « Montée en Débit » sur leur territoire qui sont exprimées, même si de temps en temps on trouve un « visionnaire » qui comprend ou a intuité les avantages de la fibre (symétrie des débits, QoS, faible latence, « scalabilité »
  • « financement » : les collectivités territoriales ont souvent des budgets restreints ou soumis à des incertitudes, du moins l'affirment elles, en relation avec la crise, la réforme territoriale, la suppression de la Taxe Professionnelle, etc. Elles estiment que la part de l'état (via le FSN) est insuffisante au regard des montants à investir pour déployer le très haut débit, en FTTH, sur leurs territoires. Elles déplorent de ne pas avoir de certitudes sur le financement de leurs projets, au delà de la phase 1 de lancement (via le FSN), et focalisent sur l'absence d'information sur les modalités d'abondement du FANT qui en prendra le relais.
  • « économique » :au sens de la  préservation de l'économie de leurs territoires, de son développement.
  • « sociétal » : au sens de ne pas laisser se développer une fracture numérique :
    • entre ceux qui disposent et maîtrisent l'accès à Internet et ceux qui, déjà, ne peuvent pas y accéder soit parce que cela coûte trop cher, soit parce qu'Internet n'est pas accessible pour eux du fait de leur "distance au NRA"  ou parce qu'ils refusent telle ou telle technologie d'accès (radio, satellite, ...)
    • entre ceux qui vont disposer à l'horizon ~2015 d'un accès THD, et ceux qui resteront une décennie encore à Haut-Débit/
  • la « ligne conductrice » étant de ne pas fragmenter un peu plus leurs populations d' administrés sur des critères arbitraires : géographiques, techniques, financiers e de garantir une péréquation optimale de l'accès à Internet...
  • « existentiel » : versus la priorité octroyé aux opérateurs privés pour préempter leurs territoires, de fait sur les fractions les  plus rentables de ceux-ci, avec la sensation de ne plus être maître chez elles... en étant considérés comme des « supplétifs ». Le débat entre le président de l'ARCEP et celui de la région Aquitaine a d'ailleurs été très vif, avec des mots lourds lors des Assises du Numérique, en une forme d'affrontement entre Jacobins et... Girondins !
Remarque au passage : rares encore (la Gironde fait justement exception) sont les collectivités locales ayant la préoccupation de développer pro-activement les usages « résidentiels et service public » du Très Haut-Débit (au delà de comptabiliser et géoréférencer les sites publics et privés potentiellement consommateurs de Mbits/s dans la phase d'expression des besoins de leur SDTAN). Des programmes nationaux et régionaux existent, sur les thématiques Télétravail, Espaces de Médiations numériques (EPN, Cyberbases, PIMMs), mais restent pour l'instant encore au stade des intentions sur la télé-médecine, l'aide au maintien au domicile, la e-education...  Le THD est encore par trop assimilé à un accélérateur de consommation (et production pour les plus geeks) de flux vidéos, Haute Définition autant que possible...
Quelle est la situation dans votre département du Lot ?
Avec une densité de population de 33 habitants par hectare et 175.000 habitants, un « taux de ruralité » (au sens de la DATAR) qui amène le taux de subvention à la prise FTTH à 385 € (pour un maximum de 435 € - seule la Creuse fait mieux), et 5 centraux dégroupés parmi 126 (dont 2 seulement par 2 opérateurs), 61 sous-répartitions rendues non éligibles à l'ADSL, pour cause de gros MUX en transport... le département du Lot « part de loin »...
Certes, au vu du passif de « zones blanches », une majorité d'entre elles ont été traitées en Wifi dans le cadre des appels à projets de la Région Midi Pyrénées (marchés de travaux suivis de DSP en affermage, pour des communes, groupements de communes et/ou EPCI... avec subvention jusqu'à 60% du budget global des travaux).
Certes, l'opérateur historique a entrepris de travailler sur la résorption des « gros MUX » (8 ont déjà été neutralisés), et poursuit son effort d'opticalisation des petits NRA et de rénovation de portions de boucle locale en mauvais état : cuivre, protections surtensions, mises à la terre...
Par ailleurs, avant de décider de lancer son SDTAN, le département  avait engagé environ 9 M€ pour créer un réseau de fourreaux (2 axes nord-sud, 1 axe ouest-est), infrastructure support d'un futur réseau de collecte, dont seul celui allant de Cahors au sud de Brive est aujourd'hui équipée de fibres optiques (faisant appel à des IRU - location sur 20 ans de fibres prises chez E-Tera, Arteria, ASF). Objectif : apporter du Très Haut-Débit dans les principales zones d'activité et contribuer à accélérer le dégroupage.
Mais trop de communes sont encore desservies par un ADSL à faible débit, quand il ne s'agit pas de Re-ADSL, avec un débit descendant entre 380/420 Kbits/s et 2 Mbits/s... pas toujours disponible, « les jours de pluie et de vent » (sic) pour certains ! (voir mon blog).
Orange et SFR on signé récemment un « traité de Yalta du Très Haut Débit », se répartissant à 3/4 – 1/4  le raccordement de près de 10 millions de foyers. Est-ce une bonne nouvelle ?
Oui, pour les communes retenues (majoritairement celles des communautés de communes ou agglomérations « phares » de leur département (en dehors des éventuelles communes classées parmi les 148 laissées en pâture aux privés). Enfin, oui et non, parce que apprendre qu'on fait partie des zones d'AMII - Appel à manifestations d'intentions d'investissement - et découvrir qu'il faudra attendre 2016 pour voir se commencer le déploiement du THD ça refroidit quelque peu.Certes, cela va alléger leur « budget déploiement » d'autant, mais avec quelles garanties de « bon achèvement » ?!
Bref, les Collectivités auraient bien aimé avoir un rôle « plus égal » intégrant leurs priorités en terme d'Aménagement Numérique Territorial, dans ce processus de concertation « à venir » dans  le cadre des  Commissions Consultatives Régionales d'ANT... où elles vont partir pour négocier des aménagements et obtenir des garanties... et en direct pour celles qui disposent des ressources, humaines, financières nécessaires à conduire une négociation elles même avec leur Assistant Maître d'Ouvrage, afin de boucler leur SDTAN au plus vite et surtout déposer leur projet dans la foulée.
Par ailleurs, il importe de « décliner » l'accord, territoire par territoire... le « poids » en populations concernées par cet accord de co-investissement étant bien plus fort dans les départements les plus denses (ou les moins ruraux)… des zones moins denses ! Pour exemple à peine 23% des foyers lotois sont concernés par cet accord... On est loin du communiqué de satisfaction de l'ARCEP qui parle de 60% des foyers !! Le président de l'ARCEP vient certes, par 2 fois donc, devant les Sénateurs et lors du dernier GRACO, d'affirmer que les collectivités territoriales pouvaient toujours tenter l'option SIEG étendu aux zones d'AMII, permise par les directives de l'UE relatives aux aides d'état, mais il reste de mon point de vue à « homogénéiser leur cadre d'action» entre ce que dit l'UE, ce que la réglementation de l'ARCEP permet, et ce que l'état accepte de financer dans le cadre du Plan National THD.
En tout état de cause, ceci ne fait que rajouter une couche supplémentaire de « concertation » lourde, au périmètre des SDTAN, que les collectivités n'avaient pu anticiper lorsqu'elles se sont lancées et retenus leurs AMO, dans l'élaboration de ceux-ci.
Que pensez-vous de la réalisation de Patrick Darlot, maire de Saint Bresson, et des difficultés qu'il a rencontrées ?
D'abord je dis : chapeau !

Nous sommes typiquement là dans le schéma de la rencontre sur un territoire « sinistré de l'ADSL » entre un leader entouré d'une équipe de bénévoles avec le soutien d'un opérateur local « très agile », soutenu par une communauté de Wifistes ruraux (cherchez sur Google le concept de Rural Area Network …) qui fournit une réponse quasi immédiate en Do It Yourself aux attentes d'une commune...  et qui plus est à la hauteur du budget, forcément modeste de ce village.

Au delà de faire la genèse de cette situation, et d'en  rechercher les coupables... les deux questions qui se posent sont
  1. la pérennité de cette réalisation, conditionnée à mon humble avis à la longévité de l'équipe,
  2. la reproduction du modèle dans d'autres situations, sur d'autres sites !
On aura noté de plus à la lecture de votre billet l’engagement à garder un comportement responsable, auto-régulé, de chacun de la petite vingtaine d'abonnés de ce réseau... Qu'un  loup « netgoinfre » arrive dans cette bergerie... et c'est la « cata » ! Certes on peut le virer, résilier,  en espérant qu'il n'ait pas en plus un bon avocat...  C'est du vécu, et c'est d'ailleurs la stratégie qu'utilise un autre élu local du côté du Lauraguais !

Mais finalement si cela leur permet d'attendre les 5, 10 à 15 ans qui les séparent d'une hypothétique arrivée d'un conduit de collecte adapté, fibré, à une distance acceptable de Saint Bresson, ou d'un RIP gardois FTTH...
Car comme le dit P. Darlot, je les imagine capables de fibrer leur village comme des grands, de se constituer un PM (Point de mutualisation) activé avec un bon switch installé à la Mairie, et de replonger pour quelques années de plus avec un beau réseau AON (Active Optical Network) et leur AS (Autonomous System) et le « range d'adresses IP »  qui va avec, leur routeur BGP... etc etc... bien à eux !!! Le tout en priant que l'équipe reste en place, sinon se renouvelle... et en leur disant au passage qu'il ne leur faut pas rêver que Orange, Free, SFR viennent délivrer leurs services sur cette poche ! Mais comme ils en sont bien conscients...

Avez-vous connaissance d'exemples similaires et si oui lesquels ?
Saint Bresson n'est pas un « cas » isolé... Un tour sur la « liste RAN-Group » vous permettra de découvrir d'autres initiatives Wifi-libristes en Dordogne, en Bretagne (« Le Net du Kermeur »), ou plus près dans le Tarn avec « Carbodebit » à Carbes à proximité de Castres, ou encore à Ferrières où le réseau « déserté » par un opérateur local défaillant, a été repris en « régie municipale » avec une exploitation confiée à une compétence locale experte des solutions WIFI 2,4 GHz et 5,4 Ghz (avec la chance de l'avoir « à la maison »). Tous ont pour « point commun » un leader local, élu ou technicien, qui porte le projet !
Et la liste n'est pas exhaustive !! Il en existe d'autres … dont un en Lozère (Lafage Saint Julien et environs), dans la Saône et Loire et certainement plein d'autres qui ont répliqué les solutions documentées et partagées sur le net dans leur coin, sans bruit...

Est-il imaginable qu'un petit village s'occupe seul de son raccordement à Très Haut Débit en fibre optique ? Si oui, quelle serait pour vous la meilleure démarche ?
Question de fond à rajouter, de mon point  de vue à la « liste de courses » des points à intégrer au Plan National THD pour en sortir une Version 2. Ce modèle DIY, plus ou moins, est-il réplicable aux déploiements de « poches FTTH » à plus ou moins grande échelle comme d'autres l'ont fait à l'étranger (ville de Nuenen en Hollande... voir mon blog et celui de JM Billaut). Le concept de « barning »  étendu au FTTH et siglé B4RN (Barn for Rural Network) chez nos amis de l'autre côté de la Manche a-t-il un avenir chez nous ? L'idée est à creuser, avec un jeu de mot à peine voilé...

Personnellement je pousse les groupes de réflexion où je m'active pour que cette possibilité soit approfondie et accompagnée (professionnalisation des intervenants, formation, coopératives pour l'achat de matériel, normalisation de processus, règles d’ingénierie). Mais il est encore un peu tôt pour en parler...
Jean-Michel Billaut, que vous connaissez, participe au projet de raccordement en très haut débit de son village de Villiers le Mahieu, à 45 km à l'ouest de Paris. Connaissez-vous ce projet, et qu'en pensez-vous ?
Oui, je le connais. Mais le projet semble un peu s'engluer et se dénaturer par l'intervention de personnes qui n'étaient pas au démarrage du projet... Mais bon, cela peut se débloquer !

Il existe un petit opérateur, Wibox, positionné sur le haut débit en zones rurales : est-ce une alternative au « do it yourself » ? A-t-il selon vous  les moyens de ses ambitions ? 
Je connais bien son directeur, Thomas Gassilloud, également issu, au tout début, de la mouvance RANiste, avec un réseau du côté de Pomeys, dans les Monts du Lyonnais... et nous avons même fait un court chemin ensemble fin 2007/2008.

Wibox est multi-technologies (au sens des réseaux supports : WiMax, Wifi, DSL, FTTH) et s'appuie sur des infrastructures déployées par des tiers (à l'exception de la partie interconnexion Internet, pour laquelle j'ai cru comprendre qu'elle faisait appel à des partenaires, comme Lasotel) dont sa maison mère Altitude Infrastructure. Wibox a une politique commerciale très « active » sur le réseau FttH SIEA de l'AIN (où d'ailleurs Luxinet avait déployé ses premiers réseaux WIFI, en propre pour ce coup), sur les plaques expérimentales FTTH d'Aumont-Aubrac, Chevry-Cossigny..., sur des réseaux WIMAX déployés par Altitude Infrastructure I et d'autres « opérateurs aménageurs ».

Altitude Infrastructure est-elle prête à investir en dehors du cadre de délégations de service public ? Il faudrait interroger leurs dirigeants ! Serait-elle prête à accompagner/encadrer des initiatives locales en mode DIY ? Même réponse... Il y a un risque financier certain pour une entreprise ! A moins que ce risque soit « délégué » à Wibox directement ?

Un autre point est à considérer également : celui de la concentration, inévitable, des acteurs « FAI Locaux » Cet été par exemple Nomotech a racheté Numéo, et c'est aujourd'hui sous la marque Ozone que Nomotech intervient en position de FAI. Il y a un cap à dépasser de « seuil d'abonnés » pour que toute la chaîne de relation client et de déploiement / maintenance ne constitue pas un risque lourd, déjà de dégradation de la qualité du support client, ensuite financier. pour l'entreprise ! Surtout avec une vocation « nationale » affichée d'opérateur de la « ruralité ». Bref, à la question sur les « moyens de son ambition », je préfère répondre « joker » !

Vous avez participé à la consultation sur le plan « France Numérique 2020 » : quelles sont les grandes lignes de vos préconisations ?
Ma contribution a été essentiellement centrée sur l'axe 1, ie la thématique « Permettre à tous les français d'accéder aux réseaux numériques ».
En premier, j'ai voulu insister sur la composante « territoriale » de cette action, en rappelant que derrière les mots « France » et « tous les Français », il y a, au moins, deux grandes notions :
  • l'approche « population » :quel % de la population toutes catégories (d'âge, de culture, de formation, de niveau social...) confondues, ayant accès aux « réseaux numériques »,
  • l'approche « territoriale » : celle qui distingue les zones urbanisées et industrielles à forte densité de population des zones à faible densité de population d'une économie plus tirée par l'agriculture et le tourisme...
Sur cette base, en alternative à la ré-industrialisation, j'ai affirmé que le « numérique » permettrait d'envisager un certain rééquilibrage de ces deux niveaux de « fracture », par le potentiel de développement économique des territoires ruraux (repopulation, développement du « tertiaire ») par les activités de télétravail, de e-commerce et de façon connexe de services de proximité (distribution, commerce local, …). Et en guise de clin d’œil à mon ami Pierre Ygrié, j'ai cité une de ses interventions auprès d'élus :
« ce n'est pas l'attrait au Très Haut Débit des Lozériens (ou des Lotois pour ce qui me concerne) d'aujourd'hui qui me préoccupe, mais bien celui des Lozériens de demain » !!

Sinon, en premier, j'ai formulé 8 propositions, en deux documents (le premier est le seul en ligne sur le site France Numérique) dont certaines d'ailleurs recoupent le projet de loi Maurey / Leroy déposé au Sénat..., pour tenter de « tenir l'objectif 2025 »  d'une France à Très Haut Débit, propositions visant à la définition d'une Version 2 de ce PNTHD qui fait tant débat dans les colloques et milieux politiques :
  1. un choix clair, régionalisé et cadencé d'un seuil de « switch-off » Cuivre → Fibre Optique , intégré dans les SDTAN, rendus opposables, avec en corollaire un travail à mener  avec les acteurs du service universel de téléphonie, pour qu'il soit décliné dès que possible SUR la fibre !
  2. des modalités d’abondement du FANT enfin déterminées, et conséquence du point précédent, une taxe sur le cuivre, directement prélevée sur les revenus du « dégroupage » (les 9 €, avec une modulation fonction de l'avancée des déploiements fibre optique)
  3. la Compétence A.N.T. reconnue pour les C.T., introduite par la loi dans le C.G.C.T (L1425-2 ou 1425-3 à créer) et le C.P.C.E. avec description des droits et devoirs associés, dont le statut d'opérateur d'opérateur... et d'opérateur d'immeuble à l'échelon communal et EPCI,
  4. la « parité de priorité » reconnue aux C.T. versus les opérateurs privés sur les territoires « zones denses et zones d'AMII dans le cade de projets intégrés ou de SIEG, permettant ab initio de lancer des projets de RIP péréqués...
  5. un travail de normalisation portant sur les matériels et process industriels encadrés permettant d'envisager un déploiement des réseaux FTTH « par le bas » à l'initiative des communes dans le cadre de leurs PLU élargis ANT, dans une optique de réduction des coûts,
  6. un cadre de Montée en Débit sur le cuivre, strictement régulé, ne laissant pas la place comme aujourd'hui, à l'oligopole de l'ADSL pour  faire perdurer plus longtemps que de raison, le cuivre sur certains territoires, y compris des communes déclarées FTTH dans les  réponses à l'AMII, par substitution en THD cuivre, basé VDSL2 par exemple...
  7. en corollaire, un cadre de Montée en Débit sur le cuivre vraiment adapté à la ruralité, ciblée sur les sous-répartiteurs de petites tailles (< 150 lignes, y compris les sous-répartiteurs secondaires), pour éviter un recours « plus que de raison » aux technologies radio, ou pire satellitaires...
  8. à l'autre extrémité, la mise en œuvre des moyens ad hoc (législation, réglementation, régulation) permettant de garantir un « tarif de péréquation » de l'IP collecté, quelque soit le territoire.
A ces préconisations fortement orientées « infrastructures », j'ai recommandé de porter l'effort sur la « médiation numérique dans les territoires » (accompagnement des acteurs et de la profession, renforcement des infrastructures intégrant l'apport du THD) qui est/sera  de plus une solution pour la réduction de la fracture numérique sociale ET territoriale !

Avez-vous un message à faire passer à l'ARCEP, qui régule le secteur des télécoms, ou au ministre Eric Besson, en charge de ces dossiers ?
Le premier message est que l'on veuille bien dépasser le seuil de l'écoute polie des acteurs de la « société civile » porteurs d'une vision décalée par rapport à celle des grands acteurs ! Nous étions 3 de ce « profil », aux côtés des représentants des « grands » industriels, lors du tour de table organisé le 27/9 au Ministère, et la phase de concertation nous a oubliés ! Pour l'ARCEP cela veut dire être plus transparent dans les synthèses de « consultation des acteurs » et faire remonter les divergences d'opinion de façon claire. Le rapport au Parlement sur les coûts de la boucle cuivre est un contre-exemple de transparence alors que des réponses (Caisse des Dépôts, AVICCA, Numéricable…) avaient formulé des avis divergents de la position « jacobine » autorisée, en recommandant des solutions pour l’alimentation du FANT !
Ainsi, j'ai noté dans les 4 pages du document de synthèse France Numérique 2020, que seuls les points 10 à 13 traitent en moins de 10 lignes des aspects infrastructures et ANT... J'attends de voir si  un « How To », un document plus détaillé sera publié pour y découvrir l'ébauche du PNTHD v2 que nous sommes nombreux à réclamer, et qu'on ne vienne pas me sortir l'histoire du « train en marche qu'on n'arrête pas » ! J'ai noté aussi que les mots « médiation numérique » sont absents du document, l'axe  « réduction de la fracture numérique sociale » ayant même disparu ?!

Le second, c'est que l'on veuille bien descendre d'un cran, dans l'observation des territoires, en allant jusqu'au niveau de statistiques régionalisées (voire départementalisées) pour prendre en compte les disparités de couverture, services, classes de débit... en fixe comme en mobile ! Et ça, je l'ai dit en aparté au président Silicani lors du GRACO ! Ce serait une garantie de discours, avec un référentiel non contestable,  moins en écart avec ce que vivent au quotidien certains territoires comme l'a affirmé le sénateur Maurey dans son dernier rapport. Je note que le cahier des charges des licences 800 Mhz LT est une avancée sur ce point... nous verrons bien la régulation qui s'exercera !
Le troisième message, dédié à l'ARCEP, est de réfléchir, au delà des données statistiques déconcentrées (tiens au fait, j'ai posé la question de l'open-data et des télécoms au GRACO !), à ce que l'ARCEP fasse descendre ses équipes dans les CCRANT ou les préfectures de région voire des collectivités de niveau conseil généralou communautés d'agglomération, au démarrage de leur carrière, pour une bonne prise de conscience initiale que « tout n'est pas comme à Paris » ... Je pense que cela serait formateur et éviterait bien des blocages dogmatiques que je rencontre : la montée en débit est un dossier remarquable de ce point de vue.

Au delà, j'ai plein de « Mind the Gaps » mais mon blog en est le recueil et reflet !

http://www.zdnet.fr/blogs/infra-net/deploiement-du-tres-haut-debit-en-zones-rurales-le-point-de-vue-d-un-expert-39766404.htm#xtor=EPR-100