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mercredi 21 novembre 2012

Les députés vont se pencher sur le nouveau paysage des télécoms et du mobile

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/les-deputes-vont-se-pencher-sur-le-nouveau-paysage-des-telecoms-et-du-mobile-39784645.htm#EREC-103


Les députés vont se pencher sur le nouveau paysage des télécoms et du mobileLégislation - Une mission d’information "consacrée à l’impact de la régulation des télécommunications sur l’industrie de ce secteur" va être menée par les députées Corinne Erhel et Laure de la Raudière. Un rapport est attendu en janvier prochain.
Les télécoms vont une nouvelle fois être au centre des travaux parlementaires. Après avoir auditionné la plupart des acteurs du secteur, la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale entend aller plus loin et annonce la mise en place d’une mission d’information "consacrée à l’impact de la régulation des télécommunications sur l’industrie de ce secteur".
Traduction, il s'agira de mesurer l'impact de l'arrivée de Free Mobile sur le secteur (emploi, investissements), impact qui n'a pas été évalué par le précédent gouvernement.
La mission est confiée à deux spécialistes parlementaires du secteur : la députée socialiste Corinne Erhel (rapporteuse) qui sera aidée par Laure de la Raudière, députée UMP.
Si Corinne Erhel connaît bien les télécoms, son dernier 'avis' sur Free Mobile, particulièrement à charge et établissant un lien direct entre son arrivée sur le marché et les plans sociaux chez les opérateurs et même les équipementiers, a suscité la polémique.
Un rapport où "toutes les analyses" auront leur place
Un nouveau rapport, plus généraliste mais on l'espère aussi plus équilibré, est attendu pour janvier prochain. Il s'appuiera une nouvelle fois sur l'audition des "petits et grands acteurs de la filière télécoms", écrit Corinne Erhel sur son blog.
Et d'ajouter : nous "ferons une place à toutes les analyses, avant de publier notre rapport fin janvier", histoire d'éteindre les soupçons de parti-pris et de compléter un premier avis où quasiment tous les arguments visaient Free Mobile.
La députée précise d'ailleurs qu'elle prendra en compte l'étude commandée par Free à deux économistes qui contredit son analyse en soulignant le rôle de moteur dans l'économie nationale du nouvel entrant et sa capacité à créer des milliers d'emplois.
"Cette étude alimente de manière opportune la discussion lancée à la suite de mon rapport, dont l’objet était bien d’initier le débat sur  l’impact de l’entrée d’un quatrième opérateur sur la filière télécoms et sur les principes de régulation de ce secteur, qui selon moi doivent mieux intégrer l’emploi et l’investissement", écrit Corinne Erhel.

mardi 23 octobre 2012

OCDE : le modèle voulu par les opérateurs européens pour gérer le Net est "inefficace"

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/ocde-le-modele-voulu-par-les-operateurs-europeens-pour-gerer-le-net-est-inefficace-39783840.htm#xtor=EPR-100

OCDE : le modèle voulu par les opérateurs européens pour gérer le Net est "inefficace"Business - L'OCDE a publié la semaine dernière un rapport démontant les propositions de l'association européenne des FAI pour modifier les règles internationales de gouvernance de l'Internet. Pour autant, l'organisation ne reprend pas l'idée de neutralité du net à son compte.
"Le nouveau rapport de l'OCDE apporte la preuve que le modèle existant de l'Internet fonctionne extrêmement bien, a stimulé la croissance et la concurrence, et a apporté des prix pour les données 100 000 fois inférieurs à ceux d'une minute de voix."
Pas d'équivoque dans le dernier rapport de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), finalisé le 17 octobre dernier et repéré par Les Echos. La copie du rapport, que nous nous sommes procurés, fait état d'une étude portant sur 4300 réseaux, représentant 140 000 échanges directs de trafic sur Internet, et livre des conclusions tranchées.
Toper reste jouer
Si le modèle actuel (universalité, égalité, neutralité) fonctionne si bien, selon l'OCDE, c'est grâce à son système de fonctionnement : "Depuis que l'Internet  été commercialisé au début des années 90, il a développé un marché efficace pour la connectivité, basé sur des accords contractuels volontaires."
Ce que l'OCDE met en exergue, ce sont les accords d'appairage, ou peering. Ceux-ci sont actuellement neutres entre opérateurs – au sens large – du réseau : l'information circule d'une boucle réseau à une autre, et sans que ça donne lieu à une différenciation.
En partant du principe que les volumes de données échangées sont comparables entre les réseaux, l'accord se fait généralement sur la base de la gratuité. Résultat, selon l'étude de l'OCDE, "99,5% des accords d'interconnexion sont conclus sans contrat écrit."
L'intérêt de ce modèle est relativement clair : il permet la mise en place d'une infrastructure neutre, sans différenciation entre les trafics en fonction de leur provenance ou d'intérêts commerciaux.
Un modèle que voudraient remettre en cause beaucoup d'opérateurs européens, regroupés dans l'association ETNO (European Telecommunications Network Operator).
Le problème, pour les opérateurs, c'est que le modèle non-régulé actuel a amené des disparités entre opérateurs, ou entre fournisseurs de contenus et opérateurs.
L'explosion de la vidéo, notamment, a donné lieu à quelques polémiques, comme les soucis d'interconnexion entre Free et Youtube, ou l'affaire Cogent-Orange liée à MegaUpload.
Les demandes de l'Etno sont donc limpides : l'association veut que ses membres puissent mettre en place des accords commerciaux. Avec les opérateurs d'autres pays, par exemple, mais aussi avec les fournisseurs de contenus.
YouTube, pour reprendre cet exemple, qui consomme beaucoup de trafic, devrait alors payer les opérateurs pour que son contenu soit délivré avec une qualité optimale. Dans le cas contraire, son accès serait alors dégradé... (ça ne vous rappelle rien ?)
Les opérateurs ne cessent de répéter qu'ils ne profitent pas de la manne des services Web malgré leurs investissements colossaux dans les réseaux, réseaux indispensables pour les géants du Web...
L'institut de recherche Idate, qui publie chaque trimestre des études sur les chiffres du monde numérique, a d'ailleurs montré à plusieurs reprises qu'un fossé se creusait entre les revenus générés par les services de télécommunications dans le monde et les investissements dans les réseaux.
Et la loi de Moore ?
Les Echos reprennent l'exemple de Netflix, et les 25% de bande passante que la plateforme de vidéo utiliserait aux Etats-Unis. Avec un tel chiffre, on peut comprendre en partie les craintes des opérateurs.
Sauf que pour de nombreuses associations – de consommateurs, de défense des libertés sur l'Internet, de promotion de l'innovation – ce raisonnement ne tient pas la route. D'abord parce que l'innovation a tendance à faire baisser le coût des données et de leur distribution.
Ensuite parce que cela pourrait mener à un Internet à plusieurs vitesses : des clients "Premium" des opérateurs bénéficieraient d'un accès prioritaire à la bande passante, les autres se contenteraient d'un "service best effort". Avec toutes les dérives possibles : difficultés de développement pour de nouveaux entrants, abandon de la neutralité de l'opérateur, etc.
L'intérêt du rapport de l'OCDE, c'est qu'il pose pour une fois le problème en termes d'efficacité économique. Preuve en serait, selon l'organisation, le développement d'économies émergentes "à un rythme plus soutenu que les pays de l'OCDE, ce qui a permis de réduire la "fracture numérique" entre eux."
Un positionnement libéral, plaidant pour l'auto-régulation
Les conclusions de l'OCDE ne sont pas étonnantes en soi, tant elles se positionnent dans sa ligne libérale et dans la sacro-sainte auto-régulation. "Quand ils y sont autorisés, les acteurs du marché vont s'auto-organiser efficacement pour que les points d'échange de trafic Internet, produisant une bande passante au bénéfice de l'économie locale et réduisant significativement leurs coûts."
Mais elles rappellent quelques points capitaux : "L'architecture de l'Internet a montré qu'elle était remarquablement adaptable. (…) C'est la flexibilité de la structure, plus que les changements fondamentaux en son sein, qui a permis de soutenir cette croissance pour l'instant. Le marché d'échange de trafic Internet a assuré une connectivité universelle dans le monde entier, soutenue par les investissements pour s'adapter aux besoins de la croissance, et a apporté un environnement qui encourage la diversité et l'innovation chez tous les acteurs de l'Internet."
Implacable, l'OCDE estime que l'utilisation de "la régulation pour intervenir sur les interconnexions Internet pourrait biaiser les résultats sur les marchés, alors que ceux-ci fournissent actuellement une plus grande diversité des réseaux et fournisseurs."
L'OCDE ne va pas jusqu'à proposer d'obliger l'interconnexion, mais précise que certains analystes y voient une solution acceptable. Pour autant, précise le rapport, cela poserait différents problèmes, liés au coût de construction d'un réseau maillé, ou aux interférences possibles avec le marché.
Sur ce dernier point, l'OCDE semble s'en tenir à sa ligne idéologique sans apporter d'éléments concrets. Il évoque seulement "de bonnes raisons de croire que" cela nuirait à l'efficacité du marché.
Montée en puissance des fournisseurs de contenus
Pour autant, l'étude ne nie pas les problèmes posés par la croissance des fournisseurs de contenus, et son impact sur la bande passante mondiale. Les disparités entre opérateurs aux Etats-Unis, qui se sont notamment révélées avec l'avènement de Netflix, auraient pu obliger un opérateur à investir beaucoup pour satisfaire les clients d'un concurrent. Ici encore, le système fonctionne bien si le volume de trafic entre les deux opérateurs est comparable.
Au final, le rapport présenté par l'organisation tient à maintenir le statu quo. Pas question d'aller plus loin sur la neutralité de l'Internet, mais il ne faudrait pas non plus accéder aux demandes des opérateurs de l'Etno.Après tout, précise l'OCDE, si les points d'appairage européens coûtent cher, c'est par manque d'efficacité : ces points "tendent à être plus chers que ceux d'autres régions."
En cause : plus de points d'interconnexion, une compétition accrue entre opérateurs, et des dépenses en marketing, en relations publiques et en participation à l'élaboration des stratégies publiques plus importantes.
On ne bouge pas, donc. Les économistes de l'OCDE estiment les propositions de l'Etno "très difficiles à appliquer." Et les prétentions de l'Etno risqueraient, selon eux, de tomber dans un modèle similaire à celui de la téléphonie avant l'avènement de l'Internet. Un modèle jugé "inefficace" par l'OCDE.
Pour savoir si son point de vue est retenu, il faudra attendre décembre et la conférence mondiale des pays de l'Union européenne des télécoms), qui doit entériner ou non une modification des règlements. Mais si l'on en croit la rumeur, les propositions de l'Etno auraient peu de chances de recevoir un accueil favorable.

mercredi 18 juillet 2012

Télécoms : les mesures du gouvernement mettront à contribution les clients

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/telecoms-les-mesures-du-gouvernement-mettront-a-contribution-les-clients-39774292.htm#xtor=EPR-100


Télécoms : les mesures du gouvernement mettront à contribution les clientsLégislation - Suite à la réunion de ce mardi avec les opérateurs, le gouvernement dit "travailler à un nouveau modèle économique pour le secteur". Une augmentation du prix des forfaits n'est pas écartée.
Après le constat, les actes ? Ce mardi, le gouvernement a convoqué les représentants des quatre opérateurs télécoms afin de mettre à plat les problèmes d'emploi et d'investissements dans le secteur.
Si aucune décision n'a été prise suite à cette rencontre visiblement consensuelle, le gouvernement annonce qu'il proposera des mesures à la rentrée. "Les ministres ont rappelé leur volonté de voir ce secteur renouer avec la création d'emplois, l’investissement, l’innovation et l’aménagement des territoires. Un échange s’est engagé et chaque opérateur a pu faire part de ses propositions et de ses attentes dans un climat constructif, notamment dans le but de faire abandonner les plans de destruction d’emplois chez les opérateurs et leurs sous-traitants", peut-on lire dans un communiqué.
"Une phase de concertation s’engage désormais, qui doit aboutir à l’adoption par le Gouvernement d’un train de mesures favorables à l’emploi et l’investissement.
Cette concertation associera dès les premiers jours les associations de consommateurs ainsi que l’autorité de régulation, l’ARCEP."
Interrogée sur cette question à l'Assemblée nationale, Fleur Pellerin, ministre en charge de l'Economie numérique a confirmé les ambitions du gouvernement. "Le gouvernement ne tolérera pas que ce secteur détruise ou délocalise des emplois", a-t-elle martelé.
"Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est parce que le secteur des télécoms a été soumis à un empilement de taxes et à une réglementation fluctuante, pour ne pas dire erratique, au cours des dernières années. L'arrivée sur le marché du quatrième opérateur a été gérée par le précédent gouvernement sans aucune réflexion sur ses conséquences en matière d'emploi", a-t-elle accusé.
On se souvient en effet que c'est la concurrence qui avait été mise en avant. Mais comment anticiper les conséquences en matière d'emploi sans connaître le modèle économique de Free Mobile ? Et il semble un peu facile d'accuser le nouvel entrant alors que les effectifs dans les télécoms sont en baisse régulière depuis des années...
Consommateur mis à contribution
Si rien n'est décidé, il semble bien que c'est le consommateur qui sera mis à contribution pour mener à bien cet objectif. Un retour aux hotlines payantes serait envisagé.
Cette piste est néanmoins jugée inefficace par l'UFC Que Choisir. Interrogé par ZDNet.fr, Edouard Barreiro, responsable des technologies de l'information au sein de l'association est clair : "c'est totalement illusoire de croire qu'en faisant payer le consommateur, on sauvera des emplois, ça n'a pas de sens".
"Les délocalisations de hotlines ne datent pas du passage au gratuit, c'est un mouvement bien plus ancien. Pour les opérateurs, il n'y a pas de petits profits".
On sait également que le gouvernement pourrait retoucher la loi Chatel qui permet à un abonné engagé deux ans de quitter plus tôt et à moindre frais son opérateur. Le gouvernement a estimé que "beaucoup de choses avaient été faites pour le consommateur" dans le secteur des télécoms, a indiqué Stéphane Roussel.

"Il faut qu'il y ait un rééquilibrage, le consommateur a été beaucoup favorisé et il faudrait revenir à un état des lieux plus normal, au fait que les télécoms ne soient plus une exception de ce point de vue", a renchéri à l'AFP un responsable sous couvert d'anonymat.
Cette clause de libération pourrait ainsi être revue en faveur des opérateurs. Ces derniers estiment qu'elle n'est plus d'actualité notamment raison de l'arrivée de Free Mobile et ses forfaits sans engagement sur la durée.
"Dire qu'on en fait trop pour le consommateur alors qu'on permet juste à la concurrence de jouer un minimum, c'est indigne. Pour les opérateurs, le modèle idéal est un consommateur otage", lance Edouard Barreiro.
L'idée d'une augmentation du prix des forfaits n'est pas non plus écartée. "Pour 10.000 emplois relocalisés sur le territoire, cela coûterait en moyenne par forfait et par mois une vingtaine de centimes de plus pour les consommateurs", a affirmé Arnaud Montebourg à l'antenne de RTL ce matin .
"Donc est-ce que les consommateurs sont prêts à accepter une légère hausse de prix en contrepartie de la relocalisation d'emplois qui sont en train d'être détruits? Cette question mérite d'être posée au plan national", a estimé le ministre.

mardi 3 juillet 2012

La difficile survie des opérateurs Internet ruraux à l’heure de la montée en débit

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/la-difficile-survie-des-operateurs-internet-ruraux-a-l-heure-de-la-montee-en-debit-39773728.htm#xtor=EPR-100

La difficile survie des opérateurs Internet ruraux à l’heure de la montée en débitAnalyse - Les difficultés de l’opérateur Altitude Infrastructure soulignent les nombreux problèmes d’un secteur tenu par les promesses technologiques et politiques… Des défis renouvelés dans la transition vers le très haut débit.
Le haut débit en zones peu denses n’est pas de tout repos. Les délégations de service public, la construction d’un réseau pour le compte d’une collectivité dans le but de desservir les abonnés distants des villes, peuvent se heurter à de nombreux obstacles.
Problèmes techniques, désintérêt des grands opérateurs ou manque d’information peuvent créer des difficultés dans des zones prometteuses. Discussion avec David El Fassy, président d’Altitude Infrastructure (opérateur Internet Wimax, fibre…), et avec Patrick Vuitton, délégué général de l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel (Avicca).
Des promesses du Wimax en région
En juin, les problèmes d’une délégation de service public (DSP), la filiale Net 64 d’Altitude Infrastructure, a pointé la fragilité des réseaux. Un billet de notre blogueur Pierre Col retrace cette affaire, causée par un manque d’abonnés : 1 338 sur les 6 000 nécessaires à l’équilibre de la structure. Une différence qui met Net 64 en danger.
« Au lancement des travaux, en 2007, nous tablions sur 10 000 personnes éligibles. Les chiffres que nous avons eus de France Télécom en septembre dernier sont tombés à 3 380, soit un tiers du potentiel de départ. Après 18 mois d’exploitation ‘pleine’, nous avons donc atteint un taux de pénétration de 40%. Ce qui n’est pas si mal, étant donné que la pénétration dans ces secteurs ruraux, en ADSL et radio, est bien moindre qu’en zone dense » argumente David El Fassy, président d'Altitude Infrastructure.
« Le problème [des technologies] radio est général, mais ça ne veut pas dire que toutes nos DSP sont dans la situation de Net 64. Si la filière va mal, ce n’est pas Altitude qui va mal. Si on sent qu’une DSP ne peut pas se redresser, on va pas investir dedans » explique-t-il. « On a bénéficié d’un climat de déploiement difficile, entre Béarnais et Basques, avec des poteaux sciés et des menaces sur les collaborateurs ».
Les soucis rencontrés ne sont pas isolés. Selon des informations d’ITespresso datant de mars 2011, des stations de base Wimax seraient mises hors services faute d’avoir atteint un taux d’abonné suffisant. Dans l’Aveyron, d’autres soucis ont également été relevés.
Une « survente » globale du Wimax
La technologie Wimax, qui promettait une couverture large pour du haut débit, a vite déçu les exploitants. Les difficultés de Net 64 illustrent les trop grands espoirs portés sur cette méthode.
Pour Patrick Vuitton, délégué général de l’Avicca, « le marché de la zone blanche [évalué à 300 000 clients] est un secteur avec un gros potentiel. Il y a un nombre important d’acteurs, même si ce marché s’est consolidé, ce qui est un mouvement assez naturel. Au bout du compte, nous avons trois, quatre acteurs au lieu d’une dizaine ».
« Le Wimax a sûrement été survendu, en termes de débits et de portée, en particulier dans les mains de l’opérateur TDF [dont la filiale HDRR s’est retirée du Gard en 2008]. Le bilan est contrasté : quand c’est bien mis en oeuvre, ça convient aux collectivités qui le préfèrent au satellite », indique Patrick Vuitton.
La concurrence des grands FAI
Les opérateurs, délégataires de service public, comme Altitude, ont pour certains une offre grand public associée. Dans le cas présent, Wibox vise à fournir les services classiques ADSL à des clients Wimax. Même s’il dispose d’une telle offre, le délégataire de la collectivité doit rester neutre vis-à-vis des offres de détail.
« Il faut toute une infrastructure, des points hauts à maintenir, un service client pour les offres de détail… Par rapport aux prévisions, s’il n’y a pas d’adhésion au système, l’économie est difficile » estime l’Avicca. Surtout si les FAI nationaux font concurrence.
« France Télécom a un programme sur les NRA [répartiteurs] multiplexés. On a le sentiment que FT a plus mis en œuvre là où il y avait du Wimax qu’où il n’y avait rien. Ce qui est un peu aberrant, vu que le besoin est moindre » s’indigne Patrick Vuitton. « Les opérateurs nationaux ne sont pas intéressés par ce marché. Il faut convaincre les abonnés potentiels de ne pas prendre un grand FAI… » ajoute le spécialiste.
Les coûts d’exploitation d’un réseau d’intérêt public (RIP) peuvent être amortis par la combinaison avec un réseau classique. « Des RIP ont péréqué [été associés] entre ADSL et zones blanches. Avec des opérateurs comme SFR, on peut retomber sur ses pattes, même s’il n’est pas évident de les rentabiliser » explique encore David El Fassy.
Du Wimax à la 4G pour le très haut débit (THD)
Reste que la situation va évoluer. « Les zones grises d’aujourd’hui [limitées à 512 kbits/s] sont les zones blanches de demain » estime David El Fassy, à l’heure où le très haut débit et la fibre sont sur toutes les lèvres.
« Il faut faire preuve de pragmatisme face à ce qui arrive, comme le VDSL [qui exploite les lignes cuivre de l’ADSL]. Durablement, on aura besoin des technologies hertziennes. Il y a des territoires où le réseau cuivre se prête facilement à la montée en débit, d’autres où c’est compliqué » poursuit le responsable.
Selon Altitude, qui compte beaucoup commercialement sur le hertzien, « il faut une montée en débit des réseaux radio, que nous préparons pour 2013. Si je regarde le potentiel commercial des zones grises [plus peuplées que les zones blanches], cela devient plus intéressant. Le but est de retrouver un cercle vertueux ».
Un concurrent du Wimax arrive sur la radio, poussé par des acteurs comme le chinois ZTE : la 4G LTE, qui existe en mobile (900 Mhz) et fixe (3,5 Ghz). Selon les deux acteurs interrogés, les deux bandes de fréquence sont bien séparées. « Nous effectuons des expérimentations sur la bande 3,5 Ghz. Personne ne se contentera d’un réseau mobile pour une connexion fixe » estime David El Fassy.
Le LTE présenterait pourtant des risques pour l’exploitant Wimax. « Les débits annoncés en LTE aujourd’hui sont ceux annoncés sur le Wimax [en 2007]. Avec 5 ou 10 Mhz de spectre disponible, il n’y a pas de miracle. Peut-être qu’à terme, la 4G LTE supplantera les réseaux Wimax, une solution transitoire, qui durera au moins 10 ans » estime-t-il.
« Certains opérateurs exploitant le Wimax s’interrogent si des stations seront compatibles pour une transition vers la 4G, qui bénéficiera d’un effet d’échelle sur les composants. Les opérateurs constatent c’est une technologie très stable » complète Patrick Vuitton de l’Avicca.
La montée en débit pourrait aussi signer le retour en grâce du satellite, la solution de la dernière chance pour les abonnés privés d’autres technologies. Cela à cause notamment d’une latence élevée. « Le satellite a aussi évolué, avec KA-SAT d’Eutelsat. Au lieu d’être un énorme faisceau européen, des faisceaux spécifiquement sont dirigés sur la France.Nous n’avons pas encore de recul dessus, mais la réception est meilleure que sur les technologies précédentes », estime le délégué général de l’Avicca.
Le mélange technologique sera nécessaire, l’avenir dira quelles solutions en profiteront et comment s’en sortiront les technologies radio, en mutation.

jeudi 26 avril 2012

Alcatel-Lucent toujours plombé par la frilosité des opérateurs

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/alcatel-lucent-toujours-plombe-par-la-frilosite-des-operateurs-39771192.htm#xtor=EPR-100


Alcatel-Lucent toujours plombé par la frilosité des opérateursBusiness - L'équipementier télécoms français accuse une baisse de 14% de ses revenus au premier trimestre et voit sa marge s'effriter.
On le sait, le contexte économique et concurrentiel pèse sur les investissements des opérateurs télécoms. Ces derniers ont fortement réduit la voilure, eux mêmes concurrencés par les géants du Web qui aspirent la plupart des revenus de l'Internet mobile. Une frilosité qui impacte directement les finances des équipementiers comme Alcatel-Lucent.
Au premier trimestre, l'entreprise franco-américaine Alcatel-Lucent a vu son chiffre d'affaires reculer de 14,8%. Les ventes de sa division "Réseaux" ont ainsi dégringolé de plus de 18%.
Les espoirs de la 4G
Plus inquiétant, la marge brute de l'entreprise s'est fortement repliée à 30,3% des ventes, au plus bas depuis la fusion d'Alcatel et de Lucent en 2006, contre 35,3% il y a un an et 34,4% au quatrième trimestre 2011. Ce jeudi, l'action du groupe perdait encore 12% à 1,2860 euros, contre 4,42 euros le 2 mai 2011.
"Nous avons eu un début d'année lent dans un environnement difficile", a commenté le directeur général Ben Verwaayen lors d'une conférence téléphonique.
Pour autant, Alcatel-Lucent et ses concurrents parient sur un rebond rapide. Les déploiements de la 4G un peu partout dans le monde donnent un peu d'espoir. Mais ces déploiements sont encore limités, et ils rapportent moins de revenus que les déploiements 3G (donc moins de marges). D'autant plus les opérateurs cherchent d'abord à optimiser leurs réseaux HSxPA avant de mettre le paquet en LTE.
Concurrence des acteurs chinois comme Huawei
Par ailleurs, même sur ce terrain, les équipementiers occidentaux sont violemment concurrencés par les groupes chinois (Huawei qui est devenu le numéro 2 mondial des infrastructures mobiles, et ZTE) qui gagnent trimestre après trimestre des contrats et des parts de marché.
"Le contexte est compliqué avec des opérateurs qui ont du mal à trouver l’équilibre entre valorisation de la data et investissements réseaux. Les opérateurs ont besoin de se réinventer pour profiter de la manne de la data qui pour le moment ne profitent qu’aux acteurs du Web. Il y a donc un décalage, nous sommes tributaires de cette pression sur les opérateurs", nous expliquait il y a quelques mois, Philippe Keryer, président du segment opérationnel Réseaux de l'équipementier.

dimanche 8 avril 2012

Télécoms : la baisse des revenus des opérateurs se confirme. Quelles solutions ?

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/telecoms-la-baisse-des-revenus-des-operateurs-se-confirme-quelles-solutions-39770496.htm#xtor=EPR-100


Télécoms : la baisse des revenus des opérateurs se confirme. Quelles solutions ?Chiffres - Selon les derniers chiffres de l'Arcep, le régulateur des télécoms, le chiffre d'affaires des services télécoms s'est replié de 3% au dernier trimestre 2011. Et cette tendance devrait se poursuivre.
Comme prévu, la situation se tend pour les opérateurs télécoms français. Malgré l'explosion de la vente de smartphones et de forfaits dédiés, les revenus ne suivent pas. Pire, ils se replient, une situation alarmante pour un secteur habitué à une croissance soutenue.
Ainsi, selon les derniers chiffres de l'Arcep, le régulateur des télécoms, le chiffre d’affaires des services télécoms en France a atteint 11,136 milliards d’euros au 4e trimestre 2011, soit une baisse de 3% sur un an.
Si le fixe sauve les meubles (-1,7% à 4 milliards), le mobile boit le bouillon avec un repli de 5,3% à 4,6 milliards d'euros.
Plusieurs éléments expliquent ce recul. En premier lieu, il est du à la modification de la TVA que les opérateurs ont en partie gardé à leur charge, notamment dans le mobile. On peut également avancer l’augmentation de la fiscalité, la croissance des volumes et la baisse continue des prix de gros de la voix.
Changements structurels
Mais au-delà de ces facteurs conjoncturels, le secteur est confronté à des changements structurels qui lui échappent. A part l'infrastructure réseau, les opérateurs perdent la main sur les domaines à forte valeur ajoutée qu'ils contrôlaient jalousement depuis des années : les plates-formes (de facturation par exemple avec iTunes ou logicielles avec iOS et Android), et les services (Skype, Viber, What's App et les autres).
Ces transferts se traduisent par une équation insoluble : la data représente désormais 80% du trafic des opérateurs mais seulement 20% de leurs revenus.
Et la tendance n'est pas prête de s'inverser. Les prix de gros vont continuer à baisser et les de nouvelles taxes pourraient arriver. Par ailleurs, la pression concurrentielle sera plus forte en 2012 avec les effets de la lame de fond Free Mobile qui oblige les opérateurs de réseaux à baisser leurs prix tout en maintenant leurs dépenses commerciales.
Le tout dans un contexte d'investissements en hausse, les opérateurs de réseau devant multiplier les dépenses massives dans les infrastructures comme la fibre optique et la 4G.
Bref, les finances des trois grands que sont Bouygues Telecom, France Télécom et SFR risquent de souffrir cette année. Le dernier trimestre 2011 de l'opérateur historique était d'ailleurs déjà sous pression.
Quelles sont alors les pistes de rebond pour les opérateurs ? Deux leviers sont à coup sûr actionnés. Le premier visera à faire des économies. France Télécom a ainsi annoncé la baisse du montant des dividendes versés aux actionnaires et un plan de réduction de coûts.
Certains programmes de dépenses seront ainsi retardés ou ajustés même si l'opérateur souligne qu'il ne touchera pas aux dépenses stratégiques (fibre et 4G) considérées comme "sanctuarisées".
Deux leviers pour rebondir
De son côté SFR, qui a débarqué son président Frank Esser après voir perdu 200 000 abonnés à cause de Free Mobile, a annonce qu'il remettait à plat sa stratégie et chercherait à optimiser ses coûts.  Des réductions de postes ne sont pas à exclure.
Le second consistera à valoriser la data qui est en train de devenir le coeur des offres des opérateurs. Conscients qu'il leurs sera impossible de venir concurrencer les géants du Web, ces fameux acteurs 'over-the-top', les opérateurs doivent revoir leurs modèles tarifaires.
"La donnée c'est l'avenir de notre industrie, son prix doit refléter les investissements dans le réseau et le spectre", soulignait il y a quelques mois Michel Combes, patron Europe de Vodafone.
Traduction : les plans de facturation différenciés vont devenir la norme. Elles ne reposeront pas seulement sur le volume mais surtout sur la qualité de service, l'expérience client, les services.
Les opérateurs entendent donc s'appuyer sur le très haut débit mobile pour appliquer des classes de services. Et cela commence dès aujourd'hui chez Bouygues Telecom Entreprises qui associe 'Internet prioritaire' à ses forfaits HSPA+ dont le débit peut atteindre 42 Mb/s dans certaines villes.
Dans son communiqué, l'opérateur précise : "En cas d’affluence sur le réseau 3G+ de Bouygues Telecom dans les zones de forte densité, les clients de Bouygues Telecom Entreprises profitent d’un accès prioritaire et continuent à bénéficier de débits confortables".
En d'autres termes, les offres 3G/4G les moins onéreuses ou 'best effort' donneront accès à une qualité de service parfois dégradée (en heures de pointe par exemple), alors que les offres premiums plus coûteuses qui permettront de générer plus de valeur ajoutée, offriront le meilleur débit, en tout lieux et à tout moment.
De quoi écorner le sacro-saint principe de Neutralité du Net qui assure le même accès à tous à la toile ? Pour Jean-Bernard Lévy, patron de Vivendi et aujourd'hui à la tête opérationnelle de SFR : "La Neutralité est un concept sympathique mais qui privilégie les grands acteurs mondialisés qui investissent peu". Il n'y a donc plus de place au doute.

jeudi 15 mars 2012

Bruxelles enquête sur un nouveau Yalta des opérateurs en Europe


Juridique - La Commission européenne s'interroge à nouveau sur des éventuelles ententes entre les géants des télécoms et pourrait ouvrir une enquête.
Les opérateurs télécoms européens ont-ils une nouvelle fois été pris en flagrant délit d'entente pour protéger leurs positions ? La Commission européenne a des doutes et pourrait ouvrir une enquête.
Selon le Financial Times, Bruxelles a demandé des informations à France Telecom, Deutsche Telekom, Telecom Italia, Telefonica et Vodafone soupçonnés d'avoir organisés des rencontres au sommet en 2010 afin de s'entendre autour de sujets comme l'harmonisation technologique dans le domaine du paiement mobile mais surtout pour les mesures à prendre contre les géants du Web à l'origine de l'explosion de la consommation de bande passante sur leurs réseaux.
La Commission s'interrogerait sur le fait que ces mesures ne soient pas issues du jeu de la concurrence mais bien de programmes élaborés en communs qui faussent donc la concurrence.  Elle soupçonne également les cinq grands opérateurs d'avoir appliqué des clauses secrètes issues de ces réunions qui donnent pourtant lieu à des comptes-rendus.
Leur première réunion, en octobre 2010 avait en effet été suivie d'une lettre adressée à la commissaire européenne Neelie Kroes en charge des questions numériques. Les opérateurs s'inquiétaient de la flambée des volumes de données vidéo émanant de groupes Internet américains comme Google, Apple et Facebook.
Contre-attaque commune contre les géants du Web
L'association GSMA (qui regroupe la plupart des acteurs du secteur) confirme avoir été contactée par la Commission pour en savoir plus sur la teneur de ces réunions. La demande de renseignements constitue traditionnellement la première étape avant l'ouverture d'une enquête formelle anti-trust. Mais rien ne dit que cette collecte débouche finalement sur une enquête, rappelle le quotidien.
Rappelons que les opérateurs télécoms, de par leurs poids et leur influence, sont surveillés de près par la Commission. Il faut dire que certains se sont fait prendre la main dans le sac.
En 2005, Bouygues Telecom, Orange et SFR ont été condamnés à une amende record de 534 millions d'euros par l'ex-Conseil de la concurrence pour avoir pratiqué entre 1997 et 2002 des échanges réguliers d'informations.
Les trois opérateurs avaient également été sanctionnés pour avoir établi un accord secret portant sur une stabilisation, au cours des années 2000 à 2002, de leurs parts de marché autour d'objectifs définis en commun.
Des pratiques d'entente qualifiées de "particulièrement graves" qui ont entraîné "un dommage à l'économie très important". Malgré leurs dénégations, les trois opérateurs ont vu leur condamnation validée en appel et en cassation. 

Source: http://www.businessmobile.fr/actualites/bruxelles-enquete-sur-un-nouveau-yalta-des-operateurs-en-europe-39769610.htm#xtor=EPR-10010