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jeudi 29 novembre 2012

Le numérique nous renvoie-t-il aux Temps Modernes... de Chaplin?

A lire sur:  http://www.usinenouvelle.com/article/le-numerique-nous-renvoie-t-il-aux-temps-modernes-de-chaplin.N186809
 
Par  - Publié le
Big tent Google
© Google
   "Avec les outils du numérique, dans les centres d'appel, les agents lisent sur un écran des dialogues pré-écrits pour eux, leurs pauses pipi sont minutées, ... Ce sont les nouveaux Temps Modernes !" A la provocante évocation par Christian Mathorel, secrétaire général CGT telecoms, au film de Charlie Chaplin sorti en 1936, Guy Mamou-Mani, président du Syntec numérique n'a pu réprimé un soupir... "La discussion était pourtant bien partie, sur la vision du numérique, et vous nous faites revenir dans la réalité!" a-t-il regretté.

Cette conversation entre Christian Mathorel et Guy Mamou-Mani a eu lieu à l'occasion d'une table ronde du forum Big Tent Paris, organisé par Google ce lundi 26 novembre. Le sujet : "l'industrie européenne sera-t-elle sauvée par le numérique ?" Et forcément, la discussion était plutôt partie sur le ton du "numérique, c'est fantastique." Et effectivement, comme le sujet est loin d'être au premier plan en France, tous les arguments qui risquent de freiner son développement sont contrariants... « Plutôt que de renationaliser les hauts-fourneaux, investissons dans le numérique, » a même lancé plein d'enthousiasme Guy Mamou-Mani. Et de plus en plus d'études prouvent que le numérique (qu'il s'agisse du secteur ou du moyen) est source de croissance pour les états, source de performance des entreprises, y compris industrielles (www.usinenouvelle.com/article/le-numerique-atout-de-performance-pour-les-industriels-aussi.N186722), et donc sources d'emplois.

Pour autant, faut-il se voiler la face ? Faut-il en particulier nier la dégradation des conditions de travail et la destruction d'emploi liées au numérique ? C'est bel et bien lui qui permet, dans les call centers, une automatisation des tâches peu humaines. Que dire de la disponibilité permanente des cadres, en particulier, depuis l'arrivée des smartphones, sujet de stress? Stress lié aussi à l'efficacité en temps réel exigée par les entreprises en contact permanent avec leurs employés.

On pourrait même évoquer les conditions de travail dans le monde du numérique, même si la situation est un peu plus complexe : dans le monde merveilleux d'Internet, les salles de gym, la nourriture et les boissons gratuites à volonté, les espaces de jeux sont aussi des moyens de garder les employés le plus longtemps possible sur leur lieu de travail. L'an dernier, des employés d'Amazon se sont plaints des cadences mais aussi d'une chaleur de l'ordre de 38°C dans certains entrepôts... et cela se passait aux USA...

Inutile d'aller plus loin en rappelant le plan de suppressions de postes chez Alcatel-Lucent, ceux de SFR et Bouygues Telecoms, les fermetures de boutiques chez The Phone House, ou l'impossible transfert de compétences entre les secteurs industriels historiques qui dégraissent et le numérique qui recrute... c'est encore un autre sujet.

Alors certes, Christian Mathorel use d'une rhétorique attendue de la part de la CGT : "toute révolution doit conduire au progrès social,» qui peut perturber les adeptes du numérique habitués à parler croissance et accélération. Pour autant, et sans remettre en cause l'importance d'aller de l'avant, faut-il éluder sa question : « quelle est aujourd'hui la véritable finalité du numérique?" Cette troisième révolution industrielle est inévitable et attendue. Et elle n'a aucun intérêt à rejouer les Temps Modernes.

Emmanuelle Delsol

Ce à quoi nous, la génération de l'internet, nous croyons, par Gilles Babinet

A lire sur:  http://www.usinenouvelle.com/article/ce-a-quoi-nous-la-generation-de-l-internet-nous-croyons-par-gilles-babinet.N186973#xtor=EPR-251

Mis à jour le 29 novembre 2012, à 08h40 - Publié le
Clavier d'ordinateur
© sudden inspiration - Flickr - C.C.
  Alors que s'ouvrent les Assises du numérique, qui se dérouleront les 29 et 30 novembre à Paris Dauphine, Gilles Babinet digital champion de la France au sein de l'Union européenne invective les participants : "Nous sommes dans un nouveau monde. Il ne tient qu'à nous de décider s'il faudra des décennies pour en hâter la venue, ou seulement quelques années."
Apparemment, il n'y a pas de raison d'espérer. Apparemment nous allons passer des années, si ce n'est des décennies à nous débattre avec la dette souveraine. Apparemment, il n'y a plus personne pour porter un vrai projet européen. Apparemment, l'énergie et les matières premières vont coûter de plus en plus cher, dans un monde de plus en plus fini. Apparemment, dans trop de pays, nous assistons à une montée des extrémistes qui ne présage de rien de bon. Apparemment encore, les Etats ? et le nôtre en particulier ? ne semblent pas avoir une quelconque recette magique pour nous sortir de ce marasme.
Rien n'indique pourtant que ces fatalités apparentes ne nous soient imposées. Nous sommes dans un monde nouveau. Un monde où le moindre smartphone dispose d'une puissance de calcul plus importante que l'ordinateur qui a emmené l'homme sur la lune. Un monde où la plus grande encyclopédie a été écrite par une collaboration de centaines de milliers d'humains, issue de tous les pays ; un monde où il n'est plus possible aux états de terroriser leurs populations sans que cela ne se sache presque immédiatement, un monde où des moyens éducatifs extrêmement puissants sont désormais gratuits ; un monde où la médecine est sur le point d'effectuer des avancées décisives grâce à la "big data", un monde où le savoir est justement sacralisé et déterminent ; un monde où la société civile a pris une place telle que les entreprises et les états sont obligés de reconsidérer leurs rôles ; un monde où chacun pourrait apprendre à son rythme ; un monde dont l'efficacité énergétique peut être émultipliée en optimisant l'utilisation des équipements en fonction des besoins immédiats et individualisés ; un monde dont la production agricole serait à la fois élevée et durable, grâce à une adaptation poussée des besoins grâce à des flux de données (satellite, capteurs, etc.) permanents.
Nous sommes dans un monde nouveau. Un monde où le moindre smartphone dispose d'une puissance de calcul plus importante que l'ordinateur qui a emmené l'homme sur la lune.

Ce monde est à portée de main. Il a déjà commencé à exister. Il ne tient qu'à nous de décider s'il faudra des décennies pour en hâter la venue, ou seulement quelques années. Nous pouvons courir après de vieilles lunes ou construire une société du savoir, où les universités seront utilement réformées pour former les informaticiens, les data scientistes, les designers et tant d'autres métiers qui nous manquent déjà tant. Nous pourrions disposer d'une vraie volonté politique pour qu'enfin le dossier médical personnalisé voie le jour, sans être un ersatz du projet initial. Nous pourrions être les citoyens actifs d'un Etat moderne qui leur permettrait de contribuer fortement à la vie de la cité en ne s'en méfiant plus mais en les écoutant et en collaborant avec eux. Nous pourrions dès à présent mettre en place des mesures pour favoriser l'émergence d'une filière industrielle et de service dédiée aux enjeux de la dépendance. Nous pourrions repenser notre système éducatif, l'un des plus inefficaces au monde si l'on compare les moyens que l'on y met avec les résultats pitoyables qui en découlent, nous pourrions supprimer nombre de tracasseries administratives pour les entreprises et les citoyens en les automatisant et les numérisant. Voici ce à quoi, nous, la génération de l'internet nous croyons. Voici pourquoi nous croyons en l'avenir. Voici ce à quoi nous enjoignons notre classe politique de se saisir sans tarder. Voici l'opportunité d'un monde nouveau.
Gilles Babinet,
Entrepreneur et ancien président du Conseil National du Numérique,
Digital Champion, représentant la France au sein de l’Union européenne


jeudi 8 novembre 2012

Musique : le numérique passe la barre des 30% en France

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/musique-le-numerique-passe-la-barre-des-30-en-france-39784320.htm#xtor=EPR-100

Musique : le numérique passe la barre des 30% en FranceBusiness - Le marché de la musique tend toujours plus vers le numérique, mais les ventes de ce secteur, encore faibles en chiffre d'affaires, ne compensent pas la chute des supports physiques en 2012.
Le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) tenait ce matin une conférence de presse pour dévoiler les chiffres du marché de la musique sur les neuf premiers mois de l'année 2012 en France. Dans une étude publiée sur son site, le SNEP détaille les évolutions du marché.
La tendance est toujours sensiblement la même. Le numérique prend de plus en plus de place en termes de parts de marché, mais ne parvient pas tout-à-fait à combler, en ventes, la baisse continue et massive du marché des supports physiques.
Progression importante du numérique
Ainsi, en comparant les chiffres de janvier à septembre 2012 à ceux de la même période de l'année 2011, on observe une baisse globale du marché de la musique (en ventes) de 7,8%. En passant de 242,1 à 206 millions d'euros, c'est le marché physique qui est responsable de la baisse.
Le numérique contrebalance avec une hausse de 79,1 à 90 millions d'euros, mais sa faiblesse relative ne permet pas de combler l'écart de chiffre d'affaires.
Au final, le numérique dépasse désormais désormais les 30% de parts de marché, avec exactement 30,4% (24,6% en septembre 2011). Les plateformes de streaming, qu'elles soient financées par la publicité (+29,7%) ou par un abonnement (+29,6%) sont les deux segments qui progressent le plus sur la période.
Assez loin derrière, la progression du téléchargement s'établit à 17,3%. Il faut cependant noter que c'est le mode le plus utilisé, et de loin, pour la consommation de la musique en ligne.
Dégringolade des supports physiques
A la fin septembre 2012, le téléchargement représente en effet 52,7% du marché numérique, contre 51,1% un an plus tôt. Les abonnements passent dans le même temps de 22,5% à 25,6%, et le streaming gratuit financé par la publicité (Deezer, Spotify...) de 12,4% à 14,2%.
 
Seule la vente de musiques sur téléphones mobiles chute, conséquence directe de la poursuite de la baisse des téléchargements de sonneries de portable, de titres de musique ou de vidéos musicales. De 14% à la fin septembre 2011, elle se replie de 38,4% pour atteindre 7,6% du marché numérique cette année.
La vente de supports physiques confirme son statut de monde en déclin. Si la baisse est de 14,9% sur l'année, ce chiffre masque en fait une situation assez diverse. Les chiffres des albums (-14,3%) et des DVD (-17,6%) sont en effet mauvais, alors que les ventes de singles sont tout bonnement catastrophiques. La baisse est de 54,7% sur un an pour ce segment, qui ne représente plus que 972 000 euros sur les neuf premiers mois.

mardi 6 novembre 2012

Compétitivité : le rapport Gallois effleure le numérique

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/competitivite-le-rapport-gallois-effleure-le-numerique-39784229.htm#xtor=EPR-100

Compétitivité : le rapport Gallois effleure le numériqueAvis d'expert - Très attendu, le rapport rédigé par l'ancien patron de la SNCF livre 22 propositions pour relancer l'économie française. Le numérique est à peine abordé.
Relancer la compétitivité de l'économie française est un vaste défi, tant la situation s'est dégradée depuis plusieurs années. Autant dire que le rapport Gallois commandé par le gouvernement était attendu comme le Messie.
Le document, après un constat assez sévère de la situation, livre 22 propositions visant à relancer cette compétitivité et donc renforcer l'attractivité et les fondamentaux de l'économie française.
Cette relance peut-elle se faire sans l'apport du numérique ? On peut le croire à la lecture de ce rapport, tant la question des nouvelles technologies y est effleurée, voire zappée.
Le mot "numérique" n'est ainsi cité que 5 fois dans ce document de 74 pages, le terme "technologies", 9 fois et le secteur ne fait pas l'objet d'une proposition en tant que telle. Néanmoins, le rapport évoque bien l'apport des NTIC dans l'économie.
"La politique technologique, celle qui prépare l’avenir, est clairement interministérielle. L’innovation prend une place grandissante dans les stratégies de compétitivité des pays avancés. Les politiques qui la soutiennent dépassent les clivages entre administrations et doivent conduire au dialogue de toutes les parties prenantes : Universités, organismes de recherche et de transfert de connaissance, BPI, entreprises", peut-on lire.
Deux propositions
Et de poursuivre : "les révolutions technologiques – aujourd’hui celle du numérique et d’internet, demain celle liée à la transition énergétique – modifient très profondément la manière dont sont conçus et fabriqués les produits, comme elles modifient la manière dont fonctionnent les collectifs de travail".
En termes de proposition, le rapport préconise que le numérique doit ainsi être pris en compte dans les prêts accordés par la nouvelle BPI (Banque publique d'investissement). "Elle aura à s’engager pour que certains de nos fleurons technologiques ne soient pas rachetés par des entreprises étrangères et devrait pour cela pouvoir détenir des participations majoritaires temporaires lorsque l’intérêt national le justifie."
"La BPI, enfin, devra s’équiper pour mettre en oeuvre soit directement, soit par les fonds qu’elle gère, les priorités de la politique industrielle et technologique, notamment, le financement de grands programmes d’innovation, la structuration des filières et la diffusion des technologies génériques et du numérique dans les entreprises".
Il s'agira également de "doubler en cinq ans la capacité de France Investissement (BPI) à développer des partenariats public-privé dans le domaine du capital-investissement pour soutenir les entreprises ayant de forts besoins d'investissement au moment de l'industrialisation de leurs innovations" (19e proposition).
Pour le rapport, le Commissariat Général à l’Investissement doit également devenir l’instrument de l’État au service de la préparation de l’avenir. "Au-delà de son action « générale » en faveur de la recherche et de l’innovation, le CGI pourrait être porteur de trois priorités techniques et industrielles qui nous paraissent décisives : le développement et la diffusion des technologies génériques (numérique et microélectronique, photonique, nanotechnologies, biotechnologies, matériaux, systèmes…) qui
sont vitales pour toutes les industries." (20e proposition).
Bref, le sujet est effleuré et aurait peut-être mérité mieux tant il est source de croissance. Mais le gouvernement pourra toujours se pencher sur cet autre rapport, focalisé sur le soutien aux TIC et rédigé par l'Inspection générale des finances (IGF). Très riche en enseignements, il est pourtant très peu repris depuis sa publication...

dimanche 16 septembre 2012

Cloudwatt, le cloud de Thales et Orange, veut croquer 10% du marché en 5 ans

A lire sur:  http://www.usinenouvelle.com/article/cloudwatt-le-cloud-de-thales-et-orange-veut-croquer-10-du-marche-en-5-ans.N181465#xtor=EPR-192

Par  - Publié le

Serveurs Cloud Computing
© Lawrence Berkeley National Laboratory - Flickr
Après Numergy de SFR et Bull, c’est au tour de Cloudwatt, la coentreprise de Thales et Orange, de démarrer ses services de Cloud sécurisés. Objectif : 500 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2017.
Après le lancement par SFR et Bull de leur coentreprise de Cloud computing sous le nom de Numergy, c’est au tour de Thales et Orange d’introduire la leur. Elle s’appelle Cloudwatt et est dirigée par Patrick Stark, l’ancien patron de CA Technologies en France.
Cette société démarre ses services en s’appuyant sur l’infrastructure informatique et réseaux de Thales et Orange. Elle utilise en particulier les deux datacenters flambant neuf d’Orange à Val de Rueil, en Normandie. Les offres de démarrage correspondent à celles commercialisées jusqu’ici par Orange et Thales.
Contrairement à Numergy, qui prévoit de construire 38 unités de datacenters en France, en plus des deux datacenters mis à sa disposition par SFR, Cloudwatt n’envisage pas d’investir dans des Datacenters en propre. Elle privilégie la location de surfaces chez des hébergeurs informatiques, ce qui lui permet de concentrer son investissement sur le développement de sa plateforme de Cloud computing sur la base de logiciels Open Source.
Les trois actionnaires, Orange, Thales et La Caisse des Dépôts et Consignations, ont assigné à Cloudwatt un objectif ambitieux : la réalisation d’un chiffre d’affaires de 500 millions d'euros à l’horizon 2017, soit 10% du marché estimé à près de 5 milliards d’euros à cette date en France. A terme, la société, qui revendique une vocation européenne, table sur la création de 1000 emplois directs.

jeudi 6 septembre 2012

Alstom introduit le numérique au coeur du poste électrique

A lire sur:  http://www.industrie.com/it/alstom-introduit-le-numerique-au-coeur-du-poste-electrique.13610?emv_key=AJ5QmugnaTq78yA9MA#xtor=EPR-25

Le 28 août 2012 par Hugo Leroux

A l’occasion du Conseil international des grands réseaux électriques (CIGRE) 2012, l’industriel français a présenté son nouveau poste électrique. Equipé de technologies numériques, il permet une automatisation et une surveillance en temps réel pour prévenir les coupures de courant.
Alstom Grid a dévoilé ses nouvelles solutions intelligentes pour les réseaux électriques du futur lors du CIGRE 2012, qui se tient à Paris du 27 au 31 août au Palais des Congrès. Parmi celles-ci, un nouveau poste de transport électrique. Baptisé Agile, il est présenté comme le premier équipé de technologies numériques faisant le lien complet entre l'apareillage et le poste de contrôle national.

« Alstom Grid propose maintenant toute les briques numériques de la chaîne reliant l’appareillage à la salle de dispatching », explique Laurent Schmitt, vice président smart grid chez Alstom. Le premier exemplaire de ce poste a été vendu à l’opérateur russe FSK pour une sous-station de transport d’électricité à haute tension (220 kV)  située non loin de Moscou.

L’innovation principale réside dans le remplacement des bus de communication en cuivre par de la fibre optique, qui offre une capacité de transmission d’information plus élevée. L’ensemble de la sous-station a ainsi pu être truffée de capteurs numériques qui relèvent en permanence ses paramètres de fonctionnement. Analysées via une couche logicielle appropriée, ces informations sont transmises en temps réel à l’opérateur. Ce dernier peut ainsi mieux prévoir  une surcharge depuis le centre de distribution nationale.

Une sécurité accrue

Pour Alstom, cette solution devrait permettre des sécuriser les points névralgiques du réseau électrique.  « Surveiller les sous stations critiques, pouvoir intervenir à temps est d’un intérêt capital pour éviter des blacks-outs massifs », explique Laurent Schmitt, vice-président smart grid. Les distributeurs d’électricité sont en effet confrontés à une instabilité croissante des réseaux, due au développement conjugué de la demande électrique et de la production fluctuante des énergies renouvelables.

Les risques d’attaques informatiques visant des installations industrielles – incarnées par l’affaire du virus Stuxnet – sont également pris de plus en plus au sérieux. « Une attaque sur le réseau électrique national pourrait avoir des conséquences néfastes », souligne Laurent Shmitt. « Il y a donc une demande pour une surveillance accrue des installations ».

Hugo Leroux

dimanche 2 septembre 2012

La publicité doit désormais être multicanale

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/publicite-desormais-etre-multicanale

Par L'Atelier - Paris 13 août 2012 business man reseaux
Chaque année, plus de 2,5 milliards de dollars sont investis dans la publicité en ligne, sur les moteurs de recherche, les mobiles, les tablettes et mêmes les réseaux sociaux tel Facebook.
Le mobile est un des secteurs qui offre les perspectives les plus prometteuses pour les responsables marketing. En 2010, aux USA les revenus publicitaires en ligne ont dépassé ceux de la presse. Une étude réalisée par Adobe au deuxième trimestre 2012 abonde dans ce sens et recense les principaux vecteurs de ces revenus. En effet, les connections Internet effectuées depuis les mobiles et smartphones représentent 16 à 20% des connections à travers le monde. Pour David Karnstedt, vice-président du Digital Marketing Business d'Adobe, « avec l'accélération de la consommation des smartphones, ainsi que la croissance de marketing social, les responsables marketing devraient se tourner vers une approche multi-canal de la publicité numérique pour atteindre leurs publics cibles. » Le marketing numérique pourrait également utiliser le support des tablettes comme nouveau canal de diffusion.

Moteurs de recherche toujours efficaces

Les moteurs de recherche représentent également l'un des principaux axes stratégiques pour les entreprises. Une autre étude, réalisée fin 2011 par WebMarketing123 auprès de plus de 500 entreprises, réaffirme les deux principaux objectifs : pour 46% d'entre elles, il s'agit de générer des prospects, et pour 22%, générer des ventes. Aux Etats-Unis, cette statistique s'inscrit dans cette logique puisque le nombre de publicités sur ces canaux augmentent de 13% chaque année. Avec le développement de l'Internet mobile mais également des réseaux sociaux, ces chiffres pourraient prendre une autre mesure.

Les réseaux sociaux ne sont pas en reste

Le marketing sur les réseaux sociaux, comme évoqué précédemment, serait également une opportunité de premier ordre. En effet, l'étude révèle que les pages de grandes marques sur Facebook continueront d'augmenter de 45 %, jusqu'à la fin de l'année. Ce réseau reste le plus efficace pour 36 % des entreprises interrogées.

dimanche 12 février 2012

Financement du numérique : le gouvernement déshabille le FSN


Financement du numérique : le gouvernement déshabille le FSNPolitique - Si Eric Besson s’est réjouit d’une dotation supplémentaire de 200 millions d’euros pour le Fonds national d’amorçage (FNA), le ministre a omis de préciser que 450 millions seraient retirés du FSN au profit de la banque de l’industrie voulue par Nicolas Sarkozy.
En période électorale, les annonces politiques, plus encore que d’habitude, doivent être scrutées avec attention. Ainsi lors de ses vœux au CNN, le Conseil national du numérique, le très twitterien Eric Besson s’est-il réjouit de pouvoir annoncer une rallonge de 200 millions d’euros au profit du Fonds national d’amorçage (FNA).
Pour rappel, le FNA, comme l’indique la CDC sur son site, vise « les PME qui se créent dans les secteurs technologiques stratégiques. » Sauf que cette rallonge dévoilée par le ministre en charge du numérique pourrait se résumer de la façon suivante : « déshabiller Pierre pour habiller Paul ».
Pas de baisse des engagements en faveur du numérique assure Eric Besson
Car pour financer la dernière initiative du gouvernement, la banque de l’industrie voulue par Nicolas Sarkozy, 450 millions d’euros sont prélevés sur le FSN, le Fonds national pour la Société Numérique, qui vise lui aussi à financer le numérique.
En clair, c’est donc 250 millions d’euros en moins qui permettront de financer l’économie numérique en France. Cité par Ecrans.fr, Eric Besson se défend de toute baisse des financements.
Il affirme ainsi qu’il « ne s’agit en aucun cas d’une réduction des engagements en faveur du numérique, l’économie numérique faisant partie des priorités d’Oséo Industrie. »
CNN : "la politique est très mal menée"
Cette banque de l’industrie étant la réponse du gouvernement à la délocalisation de l’industrie française, il paraît peu probable que l’intégralité de ces 450 millions reviennent aux entreprises du numérique. Et les 200 millions supplémentaires vantés par le ministre font dès lors figure de compensation partielle.
Pour autant, le FSN dispose encore de sommes à allouer. Sur les 1,4 milliard d’euros mobilisables au profit des projets innovants, deux tiers ne sont pas encore affectés confie à Libération un membre du CNN.
Mais cette non allocation n’est cependant pas le résultat d’une absence de besoins de financement. « Il reste de l’argent parce que la politique est très mal menée, que le FSN se perd en débats » ajoute ainsi le représentant du Conseil du numérique.
Un autre dispositif dont bénéficient notamment les entreprises du numérique, le CIR (crédit impôt recherche), fait lui aussi l'objet de déclarations élogieuses, mais erronées de la part d'Eric Besson. Des propos qui valent au ministre un Desintox en bonne et due forme de la rubrique du même nom de Libération. 

http://www.zdnet.fr/actualites/financement-du-numerique-le-gouvernement-deshabille-le-fsn-39768462.htm#xtor=EPR-100

jeudi 1 décembre 2011

Plan France Numérique 2012-2020 : entre auto-satisfaction et absence de budget


Plan France Numérique 2012-2020 : entre auto-satisfaction et absence de budgetStratégie - Le ministre en charge de l'Economie numérique a donc présenté le bilan du premier volet du Plan France Numérique et a annoncé les axes pour les huit prochaines années. Sans financement...
Présent lors des Assises du Numérique qui se tiennent aujourd'hui, Eric Besson, le ministre en charge de l'Economie Numérique a présenté les grandes lignes du deuxième volet de son fameux Plan France Numérique pour les années 2012 à 2020.
Mais avant cela, le ministre s'est attaché à faire le bilan "très positif" du premier volet lancé en 2012. 700 000 emplois nets auraient été créés depuis 2000 (vraiment ?), et 95% des propositions avancées sont réalisées ou en passe de l'être. On pourra d'abord s'interroger sur la notion assez vague de "en passe de l'être".
Certes, des choses ont été faites (la TNT, la 3G notamment) mais la mémoire d'Eric Besson est bien sélective. Sur les 151 mesures présentées en 2008, de nombreux objectifs n'ont pas été atteints. Loin de là. On peut ainsi évoquer le semi-échec de la fibre au niveau des abonnements finaux mais surtout de la couverture en zones peu denses où le financement n'est toujours pas bouclé.
La radio numérique est toujours à l'état de projet, le dossier médical personnalisé n'avance toujours pas, quant à la TV mobile "un sujet à ne pas rater", elle a tout simplement été abandonnée.
On peut également s'interroger sur le succès de l’opération Ordi 2.0 qui organise une filière de récupération, retraitement et redistribution d’ordinateurs, sur la réforme de la copie privée qui ne satisfait pas grand monde à part les ayants droit.
450 000 emplois d'ici 3 ans
Mêmes réserves pour la mise en place des "conseillers au numérique PME", censés doper l'équipement de ces petites entreprises mais dont les résultats ne semblent pas convaincants.
Reste que le ministre affiche une haute satisfaction du travail accompli. Et à quelques mois des élections présidentielles, il n'hésite donc pas à présenter les grands axes de développement pour les prochaines années avec 57 objectifs identifiés. Pour peu que la majorité soit reconduite...
Surtout, il s'agit de mener à bien ces réformes "sans accroître les dépenses de l’Etat". Traduction, les mesures présentées n'ont pas été financièrement évaluées et se feront sans budget supplémentaire. On peut alors s'interroger sur la possibilité de les mettre en oeuvre.
Exemple avec la fibre optique. Eric Besson a en effet promis qu'en 2025, 100 % des Français seront connectés au très haut débit fixe et mobile. La question de la couverture des zones peu denses et son financement reste toujours d'actualité... Autre promesse, qu'en 2013, 100 % des démarches administratives soient réalisables en ligne contre 78% aujourd'hui. Le papier aura complètement disparu, promet le ministre...

Il entend également continuer à soutenir les PME innovantes à travers le crédit impôt recherche qui aurait profité en 2009 à 12 000 entreprises ont profité. Objectif : "faire du numérique le moteur n°1 de notre compétitivité, de notre croissance, de nos créations d'emplois". Et d'estimer que ces mesures pourraient déboucher sur la création de 450 000 emplois d'ici 3 ans. Ambitieux.
Il s'agit encore de pousser les PME du pays à adopter les outils numériques. Eric Besson parie ainsi sur le cloud computing qui pourrait accélérer les évolutions. Mais quid des outils d'accompagnement pour ces entreprises qui n'ont ni le temps, ni les ressources pour mener à bien ces projets. 
Rappelons que la France se situe encore au 20e rang mondial en termes de ratio numérique/PIB. Il y a donc en effet énormément d'efforts à accomplir. Mais dans un contexte de dépenses publiques en forte baisse, la France se donne-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions en se contentant, comme le ministre vient de le faire, de simples déclarations d'intention ?

mardi 29 novembre 2011

Présidentielle 2012 : patrons et entreprises des TIC veulent se faire entendre


Présidentielle 2012 : patrons et entreprises des TIC veulent se faire entendrePolitique - Organisations patronales et entités représentatives des entreprises de l’industrie numérique veulent faire entendre leurs recommandations en prévision des élections de 2012, avec des thèmes centraux, et traditionnels : la fiscalité, les coûts du travail et la flexibilité.
Si la campagne pour l’Elysée n’est encore officiellement lancée (au moins du côté de l'UMP), les prétendants dévoilent déjà, peu à peu, leur programme, y compris en matière de numérique. L’occasion pour les futurs candidats de formuler des promesses ou simplement de tisser des liens avec les différents lobbies.
Dans les TIC, une autre échéance mobilise sans doute également les entreprises et organisations représentatives du secteur : la loi de finances 2012. Une réforme de la JEI, rabotée en 2010 par le gouvernement, revient ainsi dans les débats au Parlement.
CIR, JEI, Pacte PME et TEPA ISF soumis à consultation
Le Manifeste des PME des TIC vise lui à porter des réclamations auprès des « décideurs économiques et politiques, ainsi qu'aux candidats aux prochaines échéances électorales. »
Initiative conjointe de 5 pôles de compétitivité (Systematic Paris-Region, Cap Digital, Images & Réseaux, Minalogic et Solutions Communicantes Sécurisées), de Syntec Numérique, du Comité Richelieu et de la CGPME, ce manifeste est un appel à contributions destiné aux dirigeants des « PME innovantes » de la filière TIC.
Ces entreprises sont donc invitées « à s’exprimer » sur quatre dispositifs français « jugés essentiels et nécessaires à la croissance des PME innovantes » : le CIR (crédit impôt recherche), la JEI (jeune entreprise innovante), le SBA (ou Pacte PME) et enfin la loi TEPA ISF (ouvrant droit à des déductions pour l’impôt sur la fortune).
Pour donner du poids à leurs demandes aux dirigeants politiques, les organisations partenaires (dont trois représentent le patronat) ont besoin de rallier un nombre suffisant d’entreprises du secteur à cette initiative.
Une réforme du statut de la JEI se dessine
« Ces contributions seront synthétisées par les partenaires dans le Manifeste des PME des TIC qui sera publié en début d'année 2012 » indiquent les organisations sur leur site Internet. Pour autant, ces dernières n’ont pas attendu le bouclage de ces doléances pour formuler des propositions.
Elles appellent ainsi à un retour sur la réforme du statut de la JEI – un projet porté notamment à l’Assemblée par la députée UMP Laure de La Raudière. Fin 2010, ces mêmes organisations avaient déjà protesté contre le rabotage du dispositif, arguant d’un risque sur les investissements et l’emploi.
En décembre, le syndicat patronal Syntec Numérique entend lui aussi défendre ses propositions. Lors de la présentation de son bilan 2011, le syndicat a pu roder certaines de ses revendications : « Ce n’est pas d’aller encore une fois taper sur la haute valeur ajoutée, en nous submergeant de taxes et de contraintes supplémentaires » que l’industrie sera sauvée selon son président, Guy Manou-Mani.
12 recommandations présentées aux candidats par Syntec Numérique
Le programme du syndicat sera présenté dans sa globalité le 12 décembre. Celui-ci entend ensuite, en «one-to-one », exposer ses recommandations aux candidats à la présidentielle.
« Nous avons fait un programme de 12 recommandations et on aimerait bien faire signer à tous les candidats un engagement en ce sens. Mais comme il y a un boulot tellement énorme, déjà pour les sensibiliser, même s’ils signent sur un ou deux points je serais content » commentait Guy Manou-Mani lors d’une conférence de presse le 17 novembre.
La conférence fut l’occasion pour Syntec Numérique de dénoncer une nouvelle fois la suppression de la taxe professionnelle, remplacée par une nouvelle contribution assise sur la valeur ajoutée. La fiscalité, comme souvent dans les demandes patronales, sera donc au cœur du programme du syndicat.
« Dans nos propositions, la réduction du coût du travail va se placer au premier niveau, avec une originalité par rapport à tout ce qu’on entend partout : pour une fois, nous allons essayer de parler du coût du travail à forte valeur ajoutée (…) Il faut baisser le coût du travail sur les emplois que nous représentons parce que comme cela nous pourrons les multiplier » assure Guy Manou-Mani.
Quid d'un accord de branche sur le chômage partiel
Autre revendication traditionnelle du patronat : la flexibilité du travail. Sur ce point, Syntec Numérique n’a pas fait d’annonce quant à son programme. Le syndicat a néanmoins affirmé négocier sur le régime de chômage partiel, qui selon lui aurait permis d’éviter « pas mal de licenciements en 2009. »
La fédération espère aboutir à un accord avant la fin de l’année. « J’ai la conviction que nous avons besoin de cette petite flexibilité dans l’intérêt général, des travailleurs, des entreprises et des pouvoirs publics. Et il nous faut cette flexibilité » milite le président de Syntec Numérique.
Mais la signature d’un accord avant la fin de l’année suppose toutefois que les profonds désaccords exprimés en 2009 aient été résolus. Car comme le rapportait ZDNet.fr, en juillet 2009, les négociations étaient dans l’impasse, en raison notamment de certaines tentatives opportunistes du patronat, par exemple en plaçant les salariés en intercontrat en chômage partiel.

http://www.zdnet.fr/actualites/presidentielle-2012-patrons-et-entreprises-des-tic-veulent-se-faire-entendre-39766046.htm#xtor=EPR-100

samedi 10 septembre 2011

Contrefaçon : Gallimard, Flammarion, Albin Michel et Google se réconcilient

Contrefaçon : Gallimard, Flammarion, Albin Michel et Google se réconcilientJuridique - Selon LivresHebdo.fr, Gallimard, Flammarion, Albin Michel suspendraient leurs poursuites pour contrefaçon, se déclarant ainsi prêtes à rediscuter d’un accord de numérisation des œuvres avec Google.

Et de cinq. Après Hachette Livre et La Martinière/Le Seuil en août, trois autres maisons d’édition accepteraient de revenir à la table des négociations avec le géant américain Google dans la perspective d'un accord.

Selon LivresHebdo.fr, Gallimard, Flammarion et Albin Michel renonceraient ainsi à leurs poursuites pour contrefaçon à l’encontre de Google. Elles l’avaient assigné en mai dernier, lui reprochant la numérisation non autorisée de milliers de titres de leurs catalogues.

Contrefaçon : procédure suspendue

En réparation, elles réclamaient 9,8 millions d'euros de dommages et intérêts. Fin août, c’est La Martinière, engagé dans un différend juridique avec Google depuis 2006 qui enterrait la hache de guerre et annonçait un accord sur la numérisation des livres épuisés.

LivresHebdo.fr rapporte que Gallimard, Flammarion et Albin Michel ont suspendu leur procédure pour contrefaçon. Un geste indispensable pour discuter avec Google des conditions de la numérisation de leurs ouvrages.

« Je pense que les négociations vont maintenant reprendre au stade où Google les avait suspendues quand nous l'avions assigné pour contrefaçon » commente auprès de l’AFP le directeur juridique de Gallimard, Brice Amor.

Les négociations peuvent reprendre

Google, par l’intermédiaire du patron de Google Livres France, avait ouvert la porte à une reprise des négociations dès le mois dernier - il est vrai après une condamnation en mars de Google aux Etats-Unis et le rejet du principe de l'"opt-out" pour la numérisation.

« Nous souhaitons continuer à dialoguer durablement avec le monde de la culture, afin de faciliter l’accès à la connaissance et mettre à disposition des internautes l’immense patrimoine culturel français » déclarait Philippe Colombet. Message reçu ?

http://www.zdnet.fr/actualites/contrefacon-gallimard-flammarion-albin-michel-et-google-se-reconcilient-39763682.htm#xtor=EPR-100

mercredi 20 juillet 2011

Hadopi, licence globale, fibre, blocage... Les propositions numériques du PS et d'Aubry

Hadopi, licence globale, fibre, blocage... Les propositions numériques du PS et d'AubryPolitique - Abrogation des lois Hadopi et Loppsi, augmentation du budget de la CNIL, couverture à 100% en très haut débit d’ici 10 ans, gestion collective des droits d’auteurs… Le parti socialiste dévoile son programme numérique pour 2012. Quid du financement des promesses et de la volonté politique ?

Les membres du PS ont encore quelques jours pour se porter candidats, ou non, aux primaires du parti. Dans la dernière ligne droite avant cette échéance, Martine Aubry prend position sur la politique numérique et dévoile ainsi le programme du PS.

Le parti d’opposition avait déjà présenté en avril quelques propositions sur le numérique. Les grandes lignes se retrouvent dans la tribune de la première secrétaire publiée sur Rue89 et dans son offre électorale pour 2012.

Le budget de la Hadopi alloué intégralement à la Cnil

Des députés PS le promettaient déjà, c’est désormais une promesse de campagne : l’abandon de la loi Hadopi ainsi que de la Loppsi. Le budget de la Haute autorité serait ainsi affecté en totalité à la Cnil afin de garantir les droits à l’oubli, au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles

Parallèlement à la suppression de la Hadopi, le PS propose de « reconstruire les modèles économiques durables de la création », au travers notamment de la gestion collective des droits d’auteurs, une promesse non tenue de Nicolas Sarkozy.

Au cœur de cette refonte, la mise en place de la licence globale, baptisée ici « contribution individuelle au financement de la création ». Celle-ci est décrite comme devant être modeste. A l'avenir, elle pourrait même être « socialement progressive ». En 2006, le PS n’avait pourtant pu se rassembler derrière la licence globale.

Toujours sur le volet création, le PS propose une contribution sur les FAI et opérateurs télécoms – des prélèvements qui tendent à être répercutés sur le consommateur final. Sur le volet répressif, le PS se déclare pour une intensification de la lutte contre la contrefaçon commerciale en ligne via un accroissement des effectifs et moyens consacrés.

Pas de retrait, filtrage ou coupure d'accès sans juge

Solution privilégiée cependant, et qui distingue le PS de la droite : le retrait des contenus à la source, et ce après décision de justice. « Si s'instauraient des coupures par simple décision administrative, je reste convaincue que, très vite, la liberté d'expression serait mise en cause » écrit ainsi Martine Aubry.

Le PS s’efforce en effet de se démarquer de la majorité sur la question du filtrage et des coupures d’accès décidées par des autorités administratives. Une position qui va notamment de pair avec la défense de la neutralité du Net et des libertés.

Dans le cadre d’un rapport d’information parlementaire sur la neutralité du Net, la députée PS Corinne Erhel proposait déjà d’inscrire le principe de neutralité dans le droit français et d’établir une procédure unique faisant intervenir le juge sur la question du blocage légal.

13 milliards de financement sur 10 ans à trouver pour le THD

Autre grand domaine abordé par le programme 2012 du PS : le très haut débit. Sur ce terrain, « les choix récents du gouvernement renvoient à vingt ans au moins l'achèvement de ce grand chantier » fustige Martine Aubry. Le parti socialiste souhaite une couverture universelle, c’est-à-dire pour tous, d’ici dix ans.

Pour accompagner, ce chantier, le PS propose la « création d'un opérateur national public "France Très Haut Débit", responsable du déploiement des infrastructures et du co-investissement public/privé, pour le THD fixe et mobile. » Quid alors des financements ?

En septembre 2010, l’Arcep évaluait à 25 milliards d’euros sur 15 ans les besoins de financement nécessaires pour équiper la France, dont la moitié payés par les opérateurs privés - peu enclins à couvrir les zones peu denses et donc moins rentables.

Le gouvernement, au travers de son plan national très haut débit, a affecté dernière 2 milliards d’euros. En revanche, il n’a toujours pas arbitré sur le reste de la facture. Selon le sénateur Hervé Maurey, auteur d’un rapport sur le sujet, il manque 660 millions d’euros par an pour financer la fibre optique.

Fiscalité et aide aux entreprises : des promesses à concrétiser

Toujours en termes d’accès à Internet, le PS propose un tarif social pour un Internet seul à moins de 10 euros. Si le gouvernement a convenu avec les opérateurs mobiles d’un tarif social, jugé timide, pour la téléphonie, il n’a en revanche pas finalisé de proposition pour l’accès Internet. Le dossier a été ouvert en janvier 2011 et le prix évoqué se situait aux alentours des 20 euros, soit le double de celui préconisé par le parti socialiste.

Enfin, dans le domaine de l’entrepreneuriat et l’aide au financement, la gauche se déclare pour la création d’une Banque publique d’investissement ou BPI, dont le but serait d’aider à la constitution du capital des start-up. Cette entité peut cependant paraître redondante avec le FSI et le FSN PME, officialisé lui en tout début de mois.

Quant au Small Business Act à la française permettant de réserver une partie de l’achat public à des PME, le projet est sur la table depuis plusieurs années. Il tarde cependant à se concrétiser, y compris à l’échelon européen.

Le PS souhaite par ailleurs mener un débat européen sur la fiscalité du numérique et revenir sur la réforme de la JEI, voté par l'UMP fin 2010. Les deux sujets sont également discutés à droite. Pour séduire les entrepreneurs du Web, le gouvernement a notamment accepté de rediscuté de la taxe sur la publicité et du statut de la jeune entreprise innovante.

http://www.zdnet.fr/actualites/hadopi-licence-globale-fibre-blocage-les-propositions-numeriques-du-ps-et-d-aubry-39761881.htm#xtor=EPR-100