Les nouveaux usages d'aujourd'hui seront les business de demain.
Revue de presse sur les tendances et évolutions technologiques utiles.
http://theitwatcher.fr/.
Oui, la technologie peut encore être à l'origine de business
florissants. Pour preuve, la société Shapeways, il y a encore cinq ans
simple start-up hébergée par Philips, prend déjà une envergure
industrielle avec la construction en cours de sa première usine à
New-York, et un parc de cinquante machines. A Eindhoven, sa ville
d’origine aux Pays-Bas, celui qui fait le pari de mettre l’impression 3D
à la portée du grand public envisage aussi d’augmenter sa capacité de
production.
C’est dans une cour ensoleillée située entre les bureaux et l’atelier
de fabrication que nous reçoit, sourire aux lèvres, Bart Veldhuizen,
community manager au sein de l’antenne hollandaise de Shapeways. La levée de 30 millions de dollars,
réalisée par la société quelques jours avant ma visite, n’est sans
doute pas étrangère à la bonne humeur qui règne dans les locaux.
Entouré de jouets et autres créations d'employés, Bart Veldhuizen nous
fait un rapide historique de la spin-off prospère de Philips. Et embraye
sur son activité principale, à savoir la fabrication sur commande
d’objets imprimés en 3D. « Nous sommes constamment à la recherche de
nouvelles matières pour nos clients, comme des matériaux flexibles. Nous
ne faisons pas de développements spécifiques, mais les fabricants nous
sollicitent régulièrement pour connaître nos besoins ».
La réparation de pièces, marché d’avenir
L’innovation en tant que telle ne fait pas partie du business model de
Shapeways. Par exemple, le hollandais ne s’intéresse pas au
développement d’applications ou de logiciels de personnalisation de
produits, à l’image de ce que peut faire le français Sculpteo, pour les
coques iPhone ou la poterie.
Dans la zone de production, ingénieurs et techniciens font tourner les
machines d’impression 3D, principalement de la marque Eos, avec les
paramètres standard. L’atelier comporte bien quelques spécificités, par
exemple une sorte de grande passoire blanche, conçue en interne par
prototypage rapide, pour faciliter le dépoussiérage d’objets sous les
hottes. Mais ce genre de création reste anecdotique.
Shapeways préfère se concentrer sur la création de valeur grâce à
l’impression 3D, comme le remplacement de pièces. « Il y a un marché
pour la réparation », tranche Bart Veldhuizen. « J’ai cet exemple d’un
client qui voulait remplacer une pièce de sa machine à pain. En nous
soumettant les dessins via Sketchup, il a pu la réparer pour une dizaine
d’euros. Depuis, 20 personnes ont commandé la même pièce ». La première
commande peut être le fait d’un connaisseur des procédés d’impression
3D, voire d’un hobbyiste, puis essaimer aux clients lambda par l’échange
de fichiers numériques, via le site de Shapeways.
« Dans le futur, les fabricants intègreront peut-être à leurs produits
des pièces fabriquées en 3D, qui deviendront alors plus faciles à
remplacer », prédit avec enthousiasme Bart Veldhuizen.
Des imprimantes 3D et des hommes
Shapeways compte aujourd’hui 90 personnes dans le monde. Mais
l’effectif pourrait rapidement croître, pour répondre à l’objectif de
cinq millions de produits fabriqués par an. « L’usine aux Etats-Unis
sera assez exigeante en main d’œuvre », confirme Bart Veldhuizen. Lors
de ma visite aux Pays-Bas, la plupart des employés étaient occupés non
pas à surveiller les imprimantes 3D, complètement autonomes, mais à
trier et préparer les commandes, dans l’entrepôt de la société.
A terme, Shapeways prévoit 50 personnes dédiées à la production dans
son usine new-yorkaise. La prochaine annonce pourrait bien être la
construction d’une usine de même envergure en Europe, à en croire Bart
Verdhuizen. Et pourquoi pas à Eindhoven en repoussant les murs de son
atelier actuel. Sa logistique ne serait alors pas sans rappeler celle
d’un autre acteur du e-commerce heureux en affaires, l’américain
Amazon.
Ludovic Fery
Après les polymères, Shapeways a rapidement ajouté les métaux, notamment l'acier inox, à son catalogue.
Après les polymères, Shapeways a rapidement ajouté les métaux, notamment l'acier inox, à son catalogue.
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