Affichage des articles dont le libellé est Concurrence. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Concurrence. Afficher tous les articles

mardi 7 février 2012

L'UFC Que-Choisir étrille à nouveau la notion d'illimité et met en demeure les opérateurs


Avis d'expert - L'association de défense des consommateurs épingle les conditions restrictives des opérateurs dans les offres illimitées, des restrictions qui souvent ne sont pas explicitement détaillées.
Malgré la pression des associations de consommateurs, le terme hautement marketing d'illimité continue à être utilisé dans les publicités pour des offres mobiles alors que les dites ne le sont jamais vraiment (limitations horaires, restriction d'usage, géographique, de Mo ou de Go etc...).
La loi impose seulement aux opérateurs de mentionner de façon "précise et visible" les restrictions à ce caractère "illimité" sur l'offre publicitaire, "sur la même page que la mention principale" et ne pas être reléguées "sous forme de note de bas de page".  Pourtant, l'opacité règne encore.
C'est la conclusion d'une étude de l'UFC Que Choisir sur la plupart des offres illimitées disponibles aujourd'hui, notamment en réaction aux offres de Free Mobile qui ont elles mêmes été analysées.
"Et le diagnostic est sans appel", se désole l'association.  "De grosses réparations sont nécessaires pour toutes les offres analysées. En conséquence, l’association met en demeure les opérateurs de réviser leurs contrats sous 3 semaines. Passé ce délai, elle se laisse la possibilité d’agir en justice pour suppression des clauses abusives et même, pour certains, au titre de pratiques commerciales trompeuses".
Illimité voix : 14 heures ou 200 heures par mois...
Les accusations sont graves. Les opérateurs pêchent sur les deux registres, souligne l'association. D'abord les limites cachées de l’illimité. "Que l’on parle d’appels ou de SMS, l’illimité n’existe pas ! Et les limites ne sont jamais clairement exposées… Une analyse des différents contrats montre ainsi qu’il faut être un expert pour comprendre ce qu’il est possible de faire ou pas avec ces forfaits", explique-t-elle.
Des exemples ? "La Poste Mobile confond ainsi « illimité » et « abondance », puisqu’il s’agit en fait d’un forfait de 200 heures. Et que dire de Numéricâble qui fait dans la caricature avec un forfait « illimité » comprenant… 14 heures d’appels seulement ! De même, à ces limites s’en ajoutent d’autres comme le nombre maximum de destinataires : cela peut aller de 99 (Coriolis) à 250 (Sosh) selon l’offre".
Et de poursuivre : "Mais, les limites ne sont pas exclusivement quantitatives. Free et SFR n’imposent ainsi pas de limites quantitatives mais se réservent le droit d’attenter à l’abonnement du consommateur de manière discrétionnaire à travers des notions floues du type « en bon père de famille », « mauvaise utilisation », « inappropriée »…"
L'association dénonce également "la prolifération sans limite de clauses abusives". "Alors même que ces nouveaux forfaits sacralisent le « sans engagement » sans téléphone subventionné, certains opérateurs se permettent de verrouiller (simlocker) les terminaux vendus nus au moment de la souscription d’un forfait. Les opérateurs n’hésitent pas non plus à prendre leurs libertés avec le numéro de téléphone de l’abonné. Par exemple, certains s’exonèrent de l’obligation de portabilité, d’autres vont même jusqu'à s’autoriser à changer, à tout moment, le numéro de téléphone d’un consommateur".
Chaque opérateur n'est pas logé à la même enseigne. L'association a ainsi publié sur son site internet des tableaux comparatifs des « limites de l’illimité » ainsi que le détail, offre par offre, des travers économiques et juridiques. Un bon réflexe avant de s'abonner donc mais il faudra que ses tableaux soient régulièrement mis à jour, les offres mobiles ayant tendance à évoluer de façon très régulière...
Par ailleurs, l'UFC met en demeure les opérateurs de ne plus utiliser le terme « d’illimité » pour les offres ayant une limite volumétrique (temps d’appels ou
nombre de SMS mensuel maximum, etc.) ; d’afficher clairement, dans leurs documents commerciaux et leurs sites internet, toute limitation chiffrée d’usage de leurs offres d’abondance ; et de purger leurs contrats des clauses abusives détectées.

http://www.businessmobile.fr/actualites/l-ufc-que-choisir-etrille-a-nouveau-la-notion-d-illimite-et-met-en-demeure-les-operateurs-39768326.htm#xtor=EPR-100

mardi 27 septembre 2011

Paiements en ligne : Bruxelles ouvre une enquête sur la concurrence

par la rédaction, ZDNet France. Publié le lundi 26 septembre 2011

Paiements en ligne : Bruxelles ouvre une enquête sur la concurrenceJuridique - La Commission européenne veut savoir s'il y a ententes et abus de position dominante sur les paiements électroniques.

L'explosion du commerce en ligne, d'abord depuis un poste fixe mais désormais depuis un smartphone a provoqué la multiplication des moyens de paiements dématérailisés. Outre les solutions de pure-players comme PayPal, sont venus se greffer des moyens fournis par les opérateurs, les spécialistes des cartes et surtout les banques...

Finalement, le secteur ressemble aujourd'hui à une jungle assez opaque, trop opaque même pour la Commission européenne qui vient de décider de lancer une enquête officielle.

Objectif, "s'assurer que la concurrence n'est pas indûment restreinte, par exemple du fait de l'exclusion de nouveaux arrivants et des prestataires de services de paiement qui ne sont pas contrôlés par une banque', détaille un communiqué.

Les banques veulent-elles fermer le marché ?

La Commission veut se pencher sur le processus de normalisation des paiements en ligne entrepris par le Conseil européen des paiements (EPC) qui est l’instance de décision et de coordination du secteur bancaire européen pour les paiements.

Ce processus pourrait être anticoncurrentiel du fait de l’exclusion de nouveaux arrivants et des prestataires de services de paiement qui ne sont pas contrôlés par une banque.

Il s'agit donc de savoir s'il y a ou non ententes et abus de position dominante sur les paiements électroniques en Europe et notamment si un groupe de banques, parmi lesquelles on trouve Deutsche Bank, BNP Paribas et Crédit agricole, empêchent de nouveaux acteurs d'entrer sur le marché du paiement sur internet en Europe.

"Le verrouillage du marché des paiements en ligne pourrait entraîner une hausse des prix pour les cybercommerçants et, en définitive, pour les consommateurs", explique l'institution.

"En principe, les normes favorisent l'interopérabilité et la concurrence, mais nous devons veiller à ce que le processus de normalisation ne limite pas inutilement les perspectives offertes aux non-participants", déclare dans un communiqué Joaquin Almunia, commissaire européen à la Concurrence.

La Commission européenne a précisé que l'ouverture d'une enquête était liée au dépôt d'une plainte, sans identifier le plaignant.

Rappelons que le Conseil européen des paiements soutient et encourage la création d'un marché des paiements intégré, par l'intermédiaire d'un projet d'autoréglementation baptisé 'Espace unique de paiement en euros' (SEPA). La Commission, qui soutient le projet SEPA, 'va procéder à un examen approfondi de ce processus de normalisation', indique le communiqué.

mercredi 21 septembre 2011

Nouveau paysage du mobile : les opérateurs font tout pour retenir leurs clients

Nouveau paysage du mobile : les opérateurs font tout pour retenir leurs clientsBusiness - Un appel à témoignages lancé par l'UFC que Choisir montre que les opérateurs en place multiplient les actions commerciales pour éviter une fuite de leurs abonnés. En prenant certaines libertés...

L'offensive gagnante des MVNO et l'arrivée prochaine de Free laissent officiellement les trois grands opérateurs de glace. Chacun se garde bien d'afficher la moindre inquiétude face à la nouvelle donne du marché. Et répètent à l'envie qu'ils n'attendent pas la concurrence pour innover.

Un discours bien rôdé qui se heurte pourtant à la réalité. Comment alors expliquer la multiplication des offres agressives du côté de Bouygues Telecom, Orange et SFR ? Simple hasard du calendrier ? Pas vraiment, les trois opérateurs tentent avant tout de couper l'herbe sous le pied aux MVNO et à Free.

Et face à cette double menace, tous les moyens sont bons pour retenir leurs clients. Evidemment, les opérations commerciales visant à renouveler les contrats des abonnés est légitime face à un environnement concurrentiel plus tendu.

SFR, le plus "actif" ?

Mais il apparaît que certains acteurs abusent de l'outil et prennent également des libertés avec les règles du jeu notamment en réengageant leurs clients de manière abusive. C'est en tout cas le constat de l'association UFC Que Choisir qui a mené un appel à témoignages sur la question. Et les résultats semblent sans appel.

450 témoignages ont été collectés en moins de 10 jours, ce qui illustre l'inquiétude (la panique ?) des acteurs en place. "Ces témoignages soulignent que les opérateurs craignent l’évolution que connaît le marché mobile ces derniers mois. D’une part, ils redoutent l’arrivée du nouvel entrant, ce qui les conduit à enchaîner leur clientèle pour éviter toute fuite… D’autre part, ils s’angoissent du mouvement, qu’ils ont pourtant initié, vers des forfaits sans engagement et sans terminaux", explique l'UFC.

Et de détailler : "Les commerciaux tentent, par des appels et des SMS répétés, de réengager à tout crin les consommateurs pour des durées de 12 à 24 mois, en échange de petits cadeaux (des minutes supplémentaires d’appels, une réduction sur la facture, etc.). Le grand champion de notre classement est SFR avec 44,4% des plaintes, suivis de Bouygues Télécom avec 24,3%, Orange avec 20,8% et Virgin mobile avec 8,1%."

"Cependant, il faut noter que les chiffres de Bouygues Télécom et de Virgin mobile sont, compte tenu de leur part de marché (plus faible), très élevés. En tenant compte du nombre d’abonnés, ces deux opérateurs pourraient être dans la tête du classement (et Bouygues Telecom serait premier)", précise l'association.

Le réengagement de 24 mois par téléphone ou par SMS est durement dénoncé par l'association. D'autant plus que selon certains témoignages recueillis, le client ne sait pas toujours que les cadeaux offerts impliquent la reconduite du contrat. Quand ils s'en aperçoivent, il est déjà trop tard.

Des réengagements sans accord préalable

180 témoignages de consommateurs dénoncent ainsi un réengagement sans accord préalable. Encore une fois, SFR semble être le champion en la matière avec 34,5% des plaintes, suivi par Orange (29,9%), Bouygues Telecom avec 21,8% et Virgin mobile avec 3,4%.

Il est donc temps de cesser ces pratiques, exige l'UFC. "Avec l’arrivée du quatrième opérateur, les consommateurs ont enfin l’opportunité de bénéficier de prix représentatifs d’un marché concurrentiel. Peut-on prendre le risque que cette dynamique soit cassée par l’inadmissible stratégie des opérateurs pour rendre les consommateurs captifs pour 24 mois ? L’UFC-Que Choisir demande aux députés de libérer définitivement les consommateurs en soutenant, lors des discussions relatives au projet de loi « consommation », les amendements qui proposent de plafonner les durées d’engagement à 12 mois".

Si les opérateurs multiplient, par la force des choses, les offres sans engagement, ils soulignent néanmoins que les contrats à 24 mois permettent de subventionner les smartphones. Reste qu'à travers ces opérations commerciales, l'engagement à 24 mois n'est pas lié à un quelconque nouveau smartphone mais bien un moyen de retenir le client en échange de menus cadeaux.

http://www.zdnet.fr/actualites/nouveau-paysage-du-mobile-les-operateurs-font-tout-pour-retenir-leurs-clients-39764081.htm#xtor=EPR-100

samedi 10 septembre 2011

Edouard Barreiro, UFC Que Choisir : "Les rouages de la concurrence dans le mobile se sont enfin mis en action"

Edouard Barreiro, UFC Que Choisir : "Les rouages de la concurrence dans le mobile se sont enfin mis en action"Avis d'expert - Le directeur adjoint du département Etudes de l'association de consommateurs revient pour ZDNet.fr sur les dernières annonces des opérateurs.

"Le marché du mobile est de plus en plus compétitif, c'est même le plus compétitif d'Europe aujourd'hui. Nous sommes passés d'un oligopole bourgeois à un champ de bataille terrible, un bain de sang".

Cette déclaration du jour n'est pas issue d'un roman de science-fiction mais bien d'un patron d'un opérateur virtuel, à savoir Geoffroy Roux de Bézieux, p-dg de Virgin Mobile. Car l'arrivée prochaine de Free Mobile et la baisse des tarifs de gros de la voix ont provoqué ces derniers temps une vraie lame de fond dans le secteur.

Les offres low-cost sans engagement se sont multipliées, les historiques ont lancé des marques spécifiques pour s'aligner sur cette tendance. La concurrence a du bon et le consommateur semble enfin profiter d'une véritable offre variée.

Un constat partagé par Edouard Barreiro, directeur adjoint du département Etudes de l'UFC Que Choisir qui milite depuis des années pour déverrouiller le marché du mobile. "Je comprends cet enthousiasme, on assiste enfin à une vraie transformation du marché, c'est comme si les rouages de la concurrence s'étaient enfin mis en branle. Mais le régime de croisière n'est pas encore atteint. On y arrivera certainement avec le 4e entrant".

Pas de miracle tarifaire chez Free ?

Si les baisses de prix sont très sensibles, l'évolution des structures des offres est également significative. "Les profils de consommation se multiplient enfin, ce qui apporte plus de visibilité et permet au consommateur de trouver une offre qui répond à ses besoins.", poursuit le responsable.

Reste que le secteur du mobile n'est pas brutalement entré dans le monde des Bisounours en quelques semaines. L'émergence du concept de low-cost est piégeuse selon Edouard Barreiro.

"On parle beaucoup de low-cost ce qui dans la tête des consommateurs est synonyme de qualité inférieure. Or ce n'est pas le cas, on vise simplement d'autres consommateurs qui n'ont pas besoin par exemple d'assistance physique. Les opérateurs historiques entendent bien attirer de nouveaux clients avec leurs nouvelles marques (B&You, Sosh) mais ils ne veulent surtout pas faire migrer leurs clients actuels dont certains payent d'anciens forfaits bien plus chers que le marché. Proposer du low-cost c'est aussi une façon de justifier leurs propres offres plus onéreuses auprès de leurs parcs".

Autre question face à ces secousses : quelle est désormais la marge de Free Mobile qui promet toujours de diviser par deux la facture des Français ? "Il y a encore de la marge, c'est certain car Free est moins dépendant de ses actionnaires. Mais il ne faut pas s'attendre à un miracle tarifaire après les dernières offensives de la concurrence. Par contre, Free pourra se distingué par ses innovations et sa créativité en proposant des choses jamais vues : offres familiales, convergence box/mobile, mobile Wi-Fi etc...", estime le spécialiste.

Xavier Niel, patron de Free a d'ailleurs déjà son idée sur la question : "B&You, une offre dont Bouygues a honte dans ses boutiques, reste chère et mal goupillée. Les offres de SFR, si elles sont Carrées maintenant, c’est qu’elles étaient de traviole avant", ironise-t-il.

Enfin, autre évolution importante, celle de la consommation data qui commence sérieusement à évoluer. Les offres illimitées deviennent un lointain souvenir, saturation du réseau oblige. Les offres commencent à être segmentées en fonction de la consommation.

Virgin Mobile vient ainsi de lancer des forfaits bloqués avec 100 ou 250 Mo de data. "Pourquoi offrir à tous le même volume alors que 25% de la consommation data est réalisée par 1% de nos clients, cela veut bien dire que la grande majorité des abonnés n'ont pas des besoins énormes en Internet mobile", s'interroge le MVNO.

"C'est une évolution inévitable car la valeur économique de la voix a été détruite. L'attractivité c'est la data et la voix sera de l'habillage. Pour valoriser la data, on va découper en fonction de la consommation. Ceux qui voudront plus, paieront plus. La question est désormais de connaître la réaction des clients qui ont été habitués à ne pas se soucier de leur consommation de données", conclut Edouard Barreiro.

http://www.zdnet.fr/actualites/edouard-barreiro-ufc-que-choisir-les-rouages-de-la-concurrence-dans-le-mobile-se-sont-enfin-mis-en-action-39763689.htm#EREC-103

mardi 26 juillet 2011

Le nouveau paysage du mobile pousse Bouygues Telecom et SFR à s'adapter

Le nouveau paysage du mobile pousse Bouygues Telecom et SFR à s'adapterAnalyse - Agressivité des opérateurs virtuels, baisses de prix, explosion de l'Internet mobile, arrivée de Free Mobile et de la 4G..., autant de facteurs qui poussent les opérateurs 'historiques' à s'adapter et à anticiper. ZDNet.fr a interrogé Frédéric Ruciak, Directeur Général Adjoint, Marché Grand Public de Bouygues Telecom et Patrick Asdaghi, Directeur Marketing Grand Public de SFR.

Depuis quelques mois, le paysage du marché français du mobile a profondément changé. Profitant notamment de la baisse des prix de gros sur les appels, les opérateurs mobiles virtuels ont multiplié les offres très agressives (Prixtel, Numericable, LaPoste..) en pariant notamment sur l'illimité voix ou encore la fin du sacro saint engagement ou de la subvention des terminaux.

Dans le même temps, l'arrivée de Free Mobile se précise de plus en plus, angoissant quelque peu les acteurs en place avec des promesses de prix encore jamais vus. Enfin, l'explosion de la consommation de data mobile rebat les modèles tarifaires des opérateurs.

Autant d'éléments qui poussent les acteurs 'historiques' comme Bouygues Telecom et SFR à s'adapter. Et vite. Les deux groupes ont ainsi multiplié les initiatives pour accompagner ces évolutions. Bouygues Telecom a lancé la marque B&You visant les 'digital natives' tandis que SFR a remis à plat sa stratégie de relation client et de fidélisation avec ses formules 'Carrées'.

L'occasion pour ZDNet.fr de faire un point sur ces évolutions (et sur les nouveautés à venir) avec Frédéric Ruciak, Directeur Général Adjoint, Marché Grand Public de Bouygues Telecom et Patrick Asdaghi, Directeur Marketing Grand Public de SFR.

"Nous n’avons pas attendu Free pour répondre à l’attente de nos clients"

Pour les deux responsables, l'accélération des évolutions dans le secteur est en effet une réalité. « Le rythme s’accélère. Cela est du en partie à la baisse de la terminaison d’appel mobile qui permettent aux petits acteurs comme les MVNO d’être plus dynamiques. Il s’agit, pour le marché, également d’anticiper l’arrivée du 4e acteur », commente Frédéric Ruciak.

« Il y a en effet une vraie excitation qui s’accélère depuis peu. Mais il faut dire que la concurrence s’intensifie déjà depuis deux ans. On observe une vraie pression sur les prix, notamment du côté des MVNO, mais aussi sur l’engagement et la fidélité. La multiplication des acteurs et la baisse de la terminaison d’appel expliquent notamment cette tendance. Mais pas seulement, l’internet mobile stimule la demande et impose donc de nouveaux modèles », ajoute Patrick Asdaghi.

Pour autant, BouyguesTel et SFR refusent d'être perçus comme cherchant à 'limiter la casse' en s'adaptant au coup par coup. Même si leurs dernières annonces marketing ont été lancées après les offensives d'acteurs plus petits comme les MVNO.

« La nouvelle structure du marché nous pousse à mieux travailler notre cycle client. Vu de l’extérieur, nos nouvelles propositions paraissent récentes mais cela fait plus d’un an que nous travaillons dessus : éco avantage, les multi Packs (formules Carrées, ndlr) », tente de justifier le directeur de SFR.

Même tonalité de la part du dga de Bouygues Telecom : « Notre stratégie n’est pas de s’adapter au coup par coup. Fondamentalement, on fait ce qu’on a toujours fait, à savoir innover, même si le rythme s’accélère chez nos concurrents Nous n’avons pas la même force de frappe que nos concurrents, nous devons donc innover. Et à chaque fois, nous sommes finalement copiés comme avec neo et ideo ».

Quant à l'arrivée de Free Mobile, qui pourrait-être plus précoce que prévu, elle n'aurait pas joué, selon les opérateurs, un rôle déterminant dans les dernières annonces des opérateurs historiques.

Même si cela est difficile à croire, Bouygues Telecom assure la main sur le coeur : « Nous n’avons pas attendu Free pour répondre à l’attente de nos clients. Nous y répondons en regardant la concurrence actuelle, pas future. Et il faut savoir que nous animons le marché avec des offres agressives et innovantes depuis 1996, notamment avec ideo et des forfaits sans mobile ».

B&You semble pourtant viser exactement la même cible que Free, à savoir des technophiles capables de se débrouiller seuls. « On ne mime pas, on n’imagine pas ce qu’ils feront. Nous sommes dans l’innovation permanente, on se bouge pour nos clients même si en effet, il y a une proximité entre B&You et Free Mobile en termes de cible. Mais c’est le marché qui est comme ça ».

Chez SFR, la perspective Free Mobile serait également étrangère aux dernières annonces de l'opérateur. « Comme la plupart des acteurs, nous nous sommes d’abord battus sur le tarif. Mais désormais, la focalisation se fait sur le client. Tout simplement parce que la maturité du marché pousse à travailler sur le parc des clients. On passe d’une stratégie de conquête à une stratégie de fidélisation. C’est une tendance lourde qui n’est pas la conséquence d’un nouveau venu sur le marché », affirme Patrick Asdaghi.

Reste que les opérateurs sont sur la défensive. Et vont encore se montrer offensifs dans les prochains pour couper l'herbe sous le pied à Xavier Niel, le patron de Free. « Nous proposons déjà des programmes très généreux en renouvellement. D’ores et déjà la majorité de nos clients peuvent renouveler leur mobile au prix de l’acquisition en attendant la fin de leur engagement de 24 mois. Mais peut-être que le marché ne le sait pas assez. Dans un avenir proche, ces promesses seront plus clairement présentées », plaide Frédéric Ruciak de Bouygues Telecom.

SFR devrait également faire de nouvelles annonces dans les prochaines semaines, toujours autour de la relation client et de la fidélisation, leviers hautement stratégiques à l'heure où le marché est mâture.

Vers une segmentation des offres Internet mobile au volume ou à la vitesse

Autre dossier où les opérateurs historiques entendent se démarquer : l'Internet haut débit mobile. La 4G est certes sur toutes les bouches (les licences seront distribuées dès la fin 2011). Mais elle ne sera pas une réalité commerciale avant plusieurs années, 2014 si tout va bien et si les terminaux compatibles sont suffisamment nombreux.

« C’est une obligation d’augmenter la capacité des réseaux quand la consommation data augmente de 100% par an. Mais il est encore trop tôt pour parler de disponibilité, : il n’y aura pas de terminaux ni de lancement en 2012. En attendant, on SFR travaille activement à la montée des débits en 3G+ qui pourrait être comparée à de la 4G puisque nous proposons dans plus en plus de villes un débit théorique de 40 Mb/s », explique Patrick Asdaghi de SFR.

Un constat partagé par Bouygues Telecom : « Nous sommes évidemment intéressés car il faut répondre à la croissance exponentielle de la data mobile. Il faut plus de fréquences pour se projeter dans le temps. Mais il faut aussi s’appuyer sur la 3G qui en a encore sous le pied. Nous allons continuer à capitaliser la 3G en modernisant notre réseau. D’autant plus que les terminaux 4G sont encore inexistants ».

Pour autant, l'opérateur est inquiet du possible brouillage de la TNT par la 4G. Et demande clairement une clarification auprès de l'Etat. « On achète une fréquence pour un usage mais on ne peut pas investir s’il y a incertitude sur cette question du brouillage. Un brouillage de la TNT à cause la 4G nous ferait porter une lourde responsabilité juridique et financière. Il y a donc un enjeu financier induit par ce risque et nous demandons donc une clarification. L’Etat doit prendre ses responsabilités par rapport à un bien qu’il vend ».

En attendant la 4G, la consommation data continue à exploser. Et les opérateurs doivent se rendre à l'évidence : les modèles tarifaires actuels (la même abondance pour tous) ne sont plus économiquement viables. La tarification au volume ou à la vitesse pourrait très vite devenir une réalité comme aux Etats-Unis ou dans certains pays d'Europe comme l'Espagne.

En France, France Telecom s'est à mainte reprise prononcé pour la mise en place de nouvelles structures tarifaires. Les gros consommateurs devront sûrement passer à la caisse. Une perspective confirmée à demi-mot par nos interlocuteurs même si aucun calendrier n'est encore fixé.

« Il faut s’adapter à la réalité des usages. En septembre 2010, nous avons déjà supprimé le terme d’illimité dans nos offres. Désormais, il s’agit d’organiser de manière compréhensible et pédagogique la valorisation des usages data. Car on ne peut pas rester statiques sur ce dossier. Les tendances de fond nous conduisent à construire un modèle pérenne, généreux mais pérenne. On voit donc se profiler des modèles basés sur la vitesse et la quantité d’usage comme dans d’autres secteurs. Certains veulent aller vite, d’autres très vite et certains se contenteront d’aller doucement », commente Frédéric Ruciak de Bouygues Telecom.

« L’illimité a permis le développement des usages qu’il faut maintenant encadrer pour répondre à l’explosion des débits. Segmenter par la vitesse, le volume, il est encore trop tôt pour le dire. Ce dont je suis sur c’est qu’à l’avenir le choix des forfaits se fera plus par l’usage de l’Internet mobile que par la voix. Ce changement s’opère déjà sur notre marché », ajoute SFR.

« Segmenter par la data répond à deux réalités : une réalité économique et une réalité d’usages : Tous les clients n’ont pas besoin d’1 ou 2 Go par mois. Ca ne sert à rien de leur fait payer pour une offre maximale qu’ils n’utiliseront pas. Mais il faudra faire simple. Nous allons beaucoup travailler sur l’éducation », ajoute Patrick Asdaghi.

Traduction : les futures offres des opérateurs, et de SFR en particulier, seront d'abord orientées data, avec peut-être des paliers de consommation. Et la baisse du prix de la voix compensera 'peut être' une nouvelle structure tarifaire de la data. Une chose est néanmoins sûre : le client choisira de plus en plus son forfait en fonction de propositions data que d'offres voix.

Evolution des usages mais aussi évolution des supports. Si les opérateurs ont profité du succès des smartphones, ils peinent dans le domaine des tablettes tactiles. Là encore, la faute à une offre mal pensée obligeant l'utilisateur à souscrire un nouvel abonnement 3G.

Tablettes : pas de concurrence à l'iPad viable ?

Mais pour Bouygues Telecom, le problème se situe avant-tout au niveau de l'offre. "Les conditions de diffusion ne sont pas bonnes, notamment à cause du prix élevé du modèle le plus populaire. En réalité, il va falloir attendre la sortie des nouvelles tablettes des concurrents pour voir la compétition venir challenger l’Ipad. Il faut pouvoir offrir une expérience similaire à moins de 300 euros sans subvention », explique Frédéric Ruciak.

« C’est allé moins vite que nous l’avions anticipé, non pas à cause d’une demande faible mais parce que beaucoup de fabricants ont pris du retard. Par ailleurs, il n’est pas facile de vendre un abonnement supplémentaire. Les choses vont vite évoluer avec l’arrivée de nouvelles tablettes à la hauteur de l’iPad, comme les machines sous Android 3.0 », complète Patrick Asdaghi.

La souscription d'un abonnement 3G supplémentaire semble également passer à la trappe : offre modem chez Bouygues Telecom, offre Multi-Surf chez SFR. « Avec les deux conditions réunies : un large choix de tablettes et des offres tarifaires pertinentes, le marché des tablettes décollera réellement », estime le directeur général.

Reste que la tablette a-t-elle vraiment vocation à se connecter en 3G ? « L’usage est mobile mais pas nomade. Notre conviction est donc que le cœur de marché se concentre autour des tablettes Wi-Fi », affirme Bouygues Telecom. « Nous sommes au tout début de l'histoire, nous pensons que la tablette à vocation à être utilisée en 3G », pense de son côté SFR.

http://www.zdnet.fr/actualites/le-nouveau-paysage-du-mobile-pousse-bouygues-telecom-et-sfr-a-s-adapter-39762668.htm#xtor=EPR-100