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dimanche 23 décembre 2012

Le Big Data est-il soluble dans le Cloud public ?

A lire sur:  http://www.lemagit.fr/technologie/datacenter-technologie/cloud-grid-computing/2012/12/20/le-big-data-est-il-soluble-dans-le-cloud-public/?utm_source=essentielIT&utm_medium=email&utm_content=new&utm_campaign=20121221&xtor=ES-6

Le 20 décembre 2012 (12:29) - par

Réuni au sein du prestigieux MIT, un groupe d’experts de l’industrie et de spécialistes de la donnée ont débattu sur le rôle, ainsi que sa fiabilité, du cloud dans le Big Data. Certains restent encore sceptiques, nous apprennent nos confrères de SearchCloudcomputing.
BigData
Un groupe de «  data scientists » et de ténors du IT d’entreprise se sont réunis la semaine dernière au très prestigieux MIT pour débattre de l’épineuse question de l’éthique et de la gestion de l’analytique des Big Data. Ces données en volume ont-elles oui ou non leur place au sein des clouds publics.
Lorsque la question fut posée à un panel de deux spécialistes de la donnée et un expert de l’industrie – quel rôle pour le Cloud dans le Big Data ? – le scepticisme était de rigueur, notamment autour de la confiance et de la fiabilité des nuages. « Nous allons continuer à investir dans notre infrastructure existante en interne », a ainsi affirmé Claudia Perlich, une responsable chez media6degrees, un société de recherche en marketing basée à New York. « Nos clients n’ont pas forcément confiance dans les fournisseurs de services Cloud, nous préférons contrôler autant que possible notre IT ». Elle ajoute que c’est dans l’intérêt de l’entreprise d’investir dans sa propre infrastructure, même si cela risque de coûter plus cher que de basculer vers un service de cloud public. Une entreprise, moins axée sur le traitement des données et qui utilise seulement les Big Data pour la prise de décision, pourrait certes avoir une autre vision, concède-t-elle.
Toutefois, de plus en plus d’entreprises ont commencé à placer les traitements de leurs Big Data dans le cloud, assure Mike Olson, le CEO de Cloudera, l’un des spécialistes des services et des applications bâtis sur Hadoop, présent lors de la conférence. Pas forcément parce que cela est moins cher – parfois c’est même l’inverse – mais de part les possibilités de scalabilité et de flexibilité que cela apporte, ajoute-t-il.
En fait, de nombreuses start-up du monde du Big Data sont nées en se reposant sur le cloud public, estimant que cela constitue le meilleur moyen pour conserver des coûts réduits d’administration et d’infrastructure, commente à son tour Tom Davenport, professeur à la Harvard Business School et au sien du Babson College. Il évoque également la prédominance des outils Open Source sur le marché des outils de Big Data comme une des raisons de l’adoption. Toutefois, il serait surpris de voir aujourd’hui de grandes entreprises externaliser leur traitement des Big Data sur le cloud public d’Amazon Web Services.
Un autre participant Rachel Schutt, statisticien chez Google Research, était quant à lui plus optimiste quant aux déploiements de Clouds privés pour supporter des projets atour du Big Data. Elle explique que le Big Data n’est généralement pas l’affaire d’une unique machine, mais nécessite une approche flexible (scale-out) pour assurer leur traitement. Une approche au sein de laquelle plusieurs modèles s’exécutent sur un parc de machines – ce qui accélère la notion de scalabilité. Les recherches menées sur le Big Data par Google reposent sur la propre infrastructure du groupe.
Un point sur lequel les membres du panel se sont accordés est la nécessité d’éduquer la prochaine génération de « data scientists », notamment en matière d’éthique. Alex « Sandy » Pentland, professeur au MIT Media Lab réfléchit avec l’Union européenne et les Etats-Unis à un « Data Bill of Rights ». « Ce doit être l’utilisateur qui contrôle ses propres données », affirme Pentland.
Mais il existe toutefois une forme de consensus lorsqu’il est question de confronter vie privée contre bien public et utilisation des techniques avancées de Big Data pour analyser l’information (comme l’enregistrement des données de santé ou le comportement des populations pour endiguer la propagation d’une maladie, par exemple). Avec l’accord des utilisateurs finaux évidemment, une approche plus invasive de l’analytique Big Data pourrait être très utile, soutient-elle enfin.

mardi 27 novembre 2012

Transformation digitale: "Atteindre un palier ne signifie pas que le tour est joué"

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/transformation-digitale-atteindre-un-palier-ne-signifie-tour-joue?utm_source=emv&utm_medium=mail&utm_campaign=alerte_us

Par L'Atelier - San Francisco 27 novembre 2012 Maël Tannou
La transformation digitale est un processus de long terme, pas un simple cap à passer. Pour la réussir, l'entreprise doit se préparer à rester flexible et devenir réactive dans un environnement changeant.
Suite à l'entretien avec Patrick Ferraris, de Capgemini, au sujet de l'étude menée conjointement par Capgemini et le MIT, L'Atelier a rencontré Maël Tannou, Visiting Scientist au MIT Center for Digital Business, qui aborde un autre aspect de la transformation digitale: sa viabilité sur le long terme.
L'Atelier : La transformation digitale est une chose, mais elle doit être viable. Il s’agit donc d’un processus de long terme, n’est-ce pas?
Maël Tannou : La transformation correspond à un effort (et une période) durant lequel l’entreprise va transformer sa façon de travailler, de produire, d’interagir avec ses clients, ou pour développer de nouveaux produits et services – le tout en s’appuyant sur des technologies digitales. Cette transformation ne sera pas efficace si elle n’est pas accompagnée d’un ensemble de pratiques managériales : une vision définie et communiquée, des mécanismes de gouvernance mis en place, un changement accompagné, etc. Il ne s’agit pas uniquement, pour autant, de « passer un palier » une bonne fois pour toutes. D’une part, atteindre un palier de transformation ne signifie pas qu’il n’y a plus rien à gérer : les initiatives doivent toujours être gouvernées, les compétences doivent toujours évoluer, etc. D’autre part, l’environnement évolue, de nouvelles opportunités apparaissent, et donc il est sain de revisiter régulièrement sa vision digitale pour continuer à progresser et saisir de nouvelles opportunités.
Combien de temps faut-il pour accomplir cette transformation ? 
La durée dépend fortement du niveau d’ambition et  de la maturité initiale. Développer un « service digital » comme une application mobile ou une plateforme d’open innovation n’est en soi pas très long – probablement quelques semaines ou mois de travail. Mais ça n’est que la partie visible de l’iceberg du processus de transformation. Le niveau de maturité initial est donc clairement déterminant. Une entreprise qui a une vision claire, des relations IT-métiers  solides, une gouvernance en place et une culture de changement pourra rapidement récolter les fruits des initiatives digitales qu’elle met en place – pour une entreprise moins mature la transformation (dans son ensemble) prendra certainement quelque années. A titre d’exemple, Burberry a lancé sa transformation digitale en 2006 et excelle aujourd’hui sur des sujets comme l’expérience client ou l’usage des réseaux sociaux. Un prochain palier envisagé concerne les analytics.
Il faut donc laisser la place à la flexibilité et l’itération. Est-ce un défi pour les grandes entreprises et les groupes multi-nationaux ?
La transformation digitale n’est pas nécessairement quelque chose qui doit être géré de façon complètement centralisée. Certains investissements sont par nature plutôt « centraux », comme le développement de capacités pour les analytics ou la mise en place de réseaux collaboratifs. Mais pour autant trop de centralisation peut s’avérer contre-productif – chaque entreprise place donc le curseur là où c’est pertinent pour elle. Par exemple Nestlé (qui regroupe plusieurs centaines de marques) a un laboratoire digital (la « digital acceleration team ») qui accueille des personnes venues du monde entier pour qu’elles développent des savoir-faire, acquièrent des bonnes pratiques, etc. Mais le développement des applications mobiles a lieu près des marchés locaux.
Quels leviers l’entreprise peut-elle actionner a priori pour améliorer la viabilité de sa transformation digitale?
Nous avons identifié quatre leviers clés : premièrement, la définition d’une vision claire est nécessaire : que veut-on faire ? comment y va-t-on ? Cette vision ne doit pas nécessairement être finale : on apprend en marchant, de nouvelles opportunités apparaissent. Avoir une vision et la communiquer est important – la faire évoluer l’est tout autant.
Le second levier est la mise en place d’une gouvernance autour du digital. Certains risques nouveaux apparaissent et doivent être contrôlés. De nouvelles compétences ou façon de travailler peuvent être nécessaires. La coordination « cross-silos » est importante. Pour répondre à ces nouveaux besoin de gouvernance, plusieurs mécanismes existent. Certaines entreprises ont mis en place de nouveaux rôles : Starbucks a embauché il y a quelques mois un « Chief Digital Officer » ; des entités dédiées au digital peuvent aider à développer de nouvelles compétences ou répondre au besoin de transversalité (ce qu’a fait Nestlé par exemple) ; certains comités spécifiques peuvent être mis en place.
Un troisième levier est l’engagement des employés dans la transformation. Le changement culturel peut être un obstacle majeur pour certaines entreprises – il faut donc des leviers pour que les salariés se sentent engagés dans la vision qui aura été définie. Par exemple la compagnie minière chilienne Codelco – qui automatise entièrement ses opérations – a mis en place des concours d’innovation parmi ses employés pour initier une culture du changement et d’innovation. Enfin, un dernier levier est la solidité des relations entre les fonctions technologie et métier dans l’entreprise (« IT-Business Relationships »). Rares sont les initiatives qui peuvent apporter toute leur valeur si la technologie et le métier ne s’entendent pas, ne partagent pas les mêmes priorités, etc.


“Digital Maturity is a Key Performance Factor for Companies”

A lire sur:  http://www.atelier.net/en/trends/articles/digital-maturity-key-performance-factor-companies?utm_source=emv&utm_medium=mail&utm_campaign=alerte_us_only

By L'Atelier - Paris November 26, 2012 Patrick Ferraris - Capgemini
Few companies have as yet embarked on a real digital transformation, but those that have are already reaping the benefits.
Interview with Patrick Ferraris, Global Leader of the Technology Transformation practice at Capgemini Consulting, on the sidelines of the Electronic Business Group (EBG) Mobile, Social & Big Data event in Paris. There he presented the findings of a study* published by Capgemini Consulting together with the MIT Sloan School of Management.
L'Atelier: It’s said that companies must embrace digital technologies if they want to remain competitive and innovative. But what has been the actual experience of those that have made the move?
Patrick Ferraris: We’ve seen that companies which succeed in moving to digital really benefit from the shift in comparison with those that haven’t done so. We’ve identified four levels of digital maturity. These are a combination of on the one hand, digital intensity – i.e. how much the company uses digital technology – and on the other, the intensity of its transformation management. Companies which are digital leaders are dubbed ‘Digirati’ in the study; these are firms which have benefitted most from their digital transformation. They’re on average 26% more profitable than their non-Digirati peers and enjoy a market value around 12% higher. Moreover, the study also indicates that all Digirati share the same digital DNA.
L'Atelier: What exactly is ‘digital DNA’? Is there a miracle recipe for creating digitally mature companies?
The study found that there was something different about the digital DNA of the Digirati companies that makes them stand out from other firms. People at the company tend to have a shared vision and there is strong involvement of the senior executives, the management and all departments in the transformation process. Another element which is common to these digital pioneers is the desire to become the benchmark in their industry. For example, Burberry, the iconic British brand, is the benchmark company in the luxury goods sector and also in terms of customer experience. For the last five years the company has been investing in its sales outlets, boosting its web presence and developing social and mobile.
Today, however neither media communications nor marketing will suffice. A company has to go beyond these efforts and thoroughly review its business model. All the Digirati we studied have tackled this challenge. These firms offer new services and target new markets using their digital technologies, but that doesn’t mean they give up their traditional business model entirely. They’ve managed to find the right balance.
L'Atelier: Which industries are leaders on the digital front?
The study found that there are three industries which lead the digital advance: High-tech (38%), Banking (35%) and Insurance (33%). Why do they outperform other sectors? Well, while every sector has a certain average level of digital maturity, the leading three have been forced to ‘go digital’ by fierce competition and a fast-changing environment, plus high customer expectations. So some industries have simply had no choice and have already taken the great leap forward into digital technology. By contrast, the manufacturing sectors have been much less affected by the digital revolution and can count only 12% Digirati. These are essentially B2B businesses, which operate at one remove from the end-customer, so their competitive environment is different and that’s mainly why they’ve been slow to shift to digital. However every industry and sector does have its examples of digitally mature companies.
*The Digital Advantage: How digital leaders outperform their peers in every industry, Capgemini Consulting and the MIT Centre for Digital Business at MIT Sloan School of Management


dimanche 18 novembre 2012

"La maturité numérique est un facteur de performance pour les entreprises"

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/maturite-numerique-un-facteur-de-performance-entreprises?utm_source=emv&utm_medium=mail&utm_campaign=alerte_emea

Par Claire Cavret 16 novembre 2012 Patrick Ferraris - Capgemini
Si peu d'entreprises ont encore entrepris leur transformation digitale, celles qui l'ont fait récoltent les fruits de leurs efforts.
Interview de Patrick Ferraris, Directeur Associé Senior chez Capgemini Consulting. Rencontré à l'occasion de l'événement Mobile, Social & Big Data organisé par l'EBG à Paris, il présentait les résultats d'une étude* menée conjointement par Cagemini et le MIT Slogan Management.

L'Atelier : On parle de l'obligation des entreprises à se tourner vers le digital pour rester compétitives et innovantes. Qu'en est-il réellement de celles qui ont réalisé cette mue?

Patrick Ferraris : Nous avons constaté que les entreprises ayant accompli leur transformation digitale ont une réelle supériorité sur les autres. Nous avons identifié quatre niveaux de maturité, qui sont une combinaison de l'intensité digitale, c'est-à-dire l'usage par l'entreprise des technologies et l'intensité du processus de transformation. L'un de ces niveaux appelé "Digirati" dans l'étude est considéré comme leader digital, pour les entreprises qui ont su tirer le meilleur parti de leur transformation digitale. Celles-ci seraient 26% plus performantes que la moyenne de leur industrie et se révèleraient mieux valorisées de 12% par les marchés financiers. Mais l'étude nous montre aussi que tous les leaders partageraient un même ADN digital.

Qu'est-ce que l'ADN Digital ? Y a-t-il une recette miracle pour faire parti des leaders du numérique ?

On trouve dans l'ADN Digital des entreprises étudiées une excellence du pilotage de la transformation, une implication du management, le partage d'une vision, une implication de tous les départements et la gouvernance. Un autre point commun entre ces entreprises, c'est la volonté de devenir l'entreprise référente. Par exemple, le référent dans l'univers du luxe et l'expérience client aujourd'hui, c'est Burgers. Elle a investi pendant cinq ans sur ses points de vente, sur le web, sur le social, sur le mobile. Mais aujourd'hui, la communication dans les médias et le marketing ne suffisent plus. Il faut aller au-delà et passer par la transformation en profondeur du business model. Tous les leaders du digital que nous avons étudiés ont attaqué ce sujet-là. Ces entreprises offrent de nouveaux services et adressent de nouveaux marchés avec le digital mais cela ne veut pas dire qu'elles renoncent à leur business model historique. Elles ont réussi à trouver un équilibre.

Quelles industries sont considérées comme leader en matière de digital ?

Les résultats de l'étude montre qu'il y a trois secteurs d'activités qui sont leaders dans le digital : la high-tech (38%), la banque (35%) et l'assurance (33%). Pourquoi sont-ils plus performants que les autres aujourd'hui ? On constate un phénomène de maturité moyenne d'un secteur d'activité, mais que les trois secteurs leaders ont été poussés à effectuer leur transformation digitale par des jeux concurrentiels, un environnement évolutif mais aussi les attentes spécifiques des consommateurs. Certaines industries n'ont donc pas eu le choix et ont déjà fait un saut important dans les technologies. A contrario, les entreprises manufacturières (12%) ont été moins touchées par le digital. C'est un secteur Bot plus éloigné du consommateur, avec des jeux concurrentiels différents et donc  elles se sont moins transformées. Toutefois, il existe des leaders du digital dans chacune des industries.
*Capgemini Consulting, MIT Sloan Management, The Digital Advantage : How digital leaders outperform their peers in every industry

Les entreprises qui ont pris le virage du numérique, plus performantes en tous points

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/entreprises-ont-pris-virage-numerique-plus-performantes-points?utm_source=emv&utm_medium=mail&utm_campaign=alerte_emea

Par L'Atelier - Paris 16 novembre 2012 entreprises digitalisation
Globalement, le nombre de sociétés ayant intégré le digital à leurs processus n'est pas encore important. Mais les bons résultats qu'elles affichent devraient créer l'émulation.
Dans l'interview accordée à L'Atelier à l'occasion de l'événement Mobile, Social & Big Data à l'EBG, Patrick Ferraris, de Capgemini Consulting, revenait sur les résultats de l'étude publiée par le cabinet, avec le MIT Center for Digital Business. Selon lui, le nombre des entreprises ayant amorcé leur transformation digitale n'est pas encore élevé. Dommage, car celles qui se sont lancées enregistreraient d'ores et déjà de véritables bénéfices, en termes de profitabilité et de compétitivité. Et ce, quelle que soit l'industrie. En effet, la recette fonctionne pour tout secteur d'activité, de la high-tech aux industries les plus traditionnelles. Les secteurs des hautes technologies (38% d'entre elles), de la banque de détail (35%), du voyage, de l'assurance et des télécoms se démarquent cependant du lot. Suivis de ceux des produits de grande consommation, de l'énergie, du détail, de la fabrication, le secteur public et celui pharmaceutique. Dans le détail, le rapport a étudié les cas de plus de quatre cents entreprises, qui ont permis de faire émerger quatre catégories, dont le facteur commun est l'intégration de l'innovation. Dans un ordre décroissant, il y a les "Digirati", qui figurent comme les sociétés dont l'assimilation est la plus importante. Puis les "Fashionistas", les "Beginners" et enfin les "Conservatives", dont l'adoption est quasi nulle.

Plus profitables et compétitives

Les analystes ont constaté que globalement, les deux premières catégories font respectivement 9 et 6% de chiffre d'affaires de plus que les autres. En revanche, seule la première, les Digirati, est en moyenne 26 % plus profitable que ses pairs qui ne sont pas au même niveau, et engrange une valeur de marché environ 12% plus élevée. L'autre avantage est aussi la flexibilité et l'adaptabilité de l'entreprise. Selon le rapport, 62% des Digirati ont réussi à apporter des changements partiels à importants à leur business model, qui leur ont permis de transformer le fonctionnement de leur entreprise. Contre 30% des Fashionistas et, étonnamment, à peu près autant des Conservatives. Selon l'étude, c'est cette maturité qui paie, et non pas un talent de départ particulier ou une culture d'entreprise tournée depuis toujours vers l'innovation. Une maturité qui prend plusieurs années à acquérir. L'ingrédient crucial, alors ? Le management. Les responsables senior de ces entreprises ont en effet en général saisi les opportunités d'une telle transformation et s'en sont emparé.

Partager une vision

Cela, en faisant partager une vision avant une technologie. Puis en construisant une relation entre les départements technologiques et décisionnels, et en faisant des choix sur les secteurs à transformer, afin de concentrer les investissements. Et enfin en mettant en place les solutions adaptées. Selon l’étude, les Digirati ont su reconnaître les domaines dans lesquels l’introduction d’innovations était nécessaire, comme avec l’utilisation des réseaux sociaux, des terminaux mobiles mais aussi des processus de numérisation, ou encore des données de clients, que leur audience soit B-2-B, soit B-2-C. L’étude souligne également les investissements conséquents effectués en termes de digitalisation par les Fashionistas. Cependant, les analystes perçoivent une nette différence avec les entreprises pionnières. En effet, si les innovations sont nombreuses, elles ne servent pas nécessairement à créer de la valeur, mais permettent souvent de présenter un aspect attrayant et moderne de l'entreprise.

dimanche 9 septembre 2012

L'imagerie médicale, en open source et crowdsourcée ?

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/imagerie-medicale-open-source-crowdsourcee

Par L'Atelier - Paris 06 septembre 2012 IRM

Le MIT a mis au point une plateforme collaborative pour assister les entreprises et les laboratoires dans le développement d'applications en imagerie biomédicale. Les contributeurs seraient des scientifiques travaillant depuis des années dans le domaine.
Pour améliorer le traitement et l'analyse de l'imagerie biomédicale, il est nécessaire de pouvoir développer et tester des applications. Pour les diffuser et les améliorer, le mieux est de se baser sur la collaboration entre scientifiques. Un groupe de chercheurs du Laboratory of Computational Neuroscience du Massachussets Institute of Technology (MIT) a mis en place Fiji, une plateforme open source permettant de partager des applications. Mise au point par une vingtaine de développeurs volontaires, Fiji a été conçue un peu à l'image de pages web à la façon Wikipédia où chacun peut contribuer, partager des codes source, et utiliser ses connaissances pour aider les autres. L'objectif avant tout est de capitaliser sur les travaux déjà effectués et de les exploiter, pour les laboratoires et les entreprises spécialisées dans les microscopes, comme bases pour le développement de produits plus précis. Selon les fondateurs de la plateforme, celle-ci serait ainsi utilisée dans le domaine de l'inscription de l'image, sa segmentation ou également de sa reconstruction et de sa visualisation en 3D.

En faire profiter le milieu professionnel

En effet, la plateforme répondrait à l'un des obstacles que rencontrent les entreprises du secteur, à savoir le manque d'accès à des solutions existantes. Concrètement, les scientifiques volontaires peuvent partager leurs travaux sur le site, et rendre ces derniers modifiables et exploitables. Les entreprises qui y trouvent un intérêt peuvent alors utiliser tout ou partie des développements - après négociation - pour développer leur propre application. C'est de cette façon qu'Ignacio Arganda, un chercheur de San Sebastián de los Reyes à Madrid qui travaillait sur un projet impliquant l'étude du développement des glandes mammaires et le cancer du sein chez la souris, a été contacté par une entreprise spécialisée dans les microscopes, en partageant son travail sur Fiji. Intéressée par sa solution sur les images élastiques qui corrige les déformations sur les microscopes, la société lui a demandé une version spécifique du programme, mais ayant développé ce projet durant sa thèse, il était difficile de pouvoir le vendre.

Une collaboration fructueuse ?

A la fin, la société et le chercheur ont trouvé un arrangement permettant l'utilisation du programme à la seule condition de communiquer à son créateur toute amélioration afin d'en faire un projet open source. Les chercheurs du MIT croient au succès de la plateforme qui, selon eux, pourrait stimuler l'innovation dans le secteur et jouer sur les coûts. En effet, pour les entreprises, voir ces solutions déjà développées représente soit la possibilité de s'en inspirer pour mettre au point leurs propres applications (mais cela est plus coûteux), soit de collaborer. Quant aux scientifiques contributeurs, c'est une opportunité pour donner de la visibilité à leur travail auprès des entreprises, créer et entretenir leurs propres plug-in sur la plateforme et les vendre s'ils devenaient plus spécifiques.

samedi 28 juillet 2012

Pour construire la voiture de demain, il faut améliorer la technologie d'aujourd'hui

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/construire-voiture-de-demain-faut-ameliorer-technologie-aujourd-hui

Par L'Atelier - Paris 27 juillet 2012 voiture
La technologie d'avenir n'est pas nécessairement le fruit d'une création nouvelle. En revanche, elle peut s'appuyer sur des technologies améliorées afin de servir un objectif plus ambitieux à long terme, à l'instar de l'amélioration de la précision sur GPS au service de la voiture autonome.
Si la voiture autonome est un projet sérieux, elle n'est pas prête de voir le jour dans les semaines qui viennent. Non pas que la technologie soit incapable de résoudre la question, mais certains critères ne sont pas entièrement réglés. Comme la question de la localisation, ou plutôt de son coût. C'est la question à laquelle s'emploient à répondre des chercheurs du MIT et de la Nanyang Technological University dans le cadre du programme Future Urban Mobility. Afin d'autonomiser un véhicule à un coût raisonnable, ceux-ci cherchent en effet à "développer une technologie qui permette d'améliorer la collecte de l'information permettant cette autonomisation sans une multitude de capteurs onéreux, quelques capteurs qui communiquent entre eux", explique à L'Atelier Hock Beng Lim Directeur, Recherche et Développement de l'Intelligent Systems Centre de la Nanyang Technological University. Pourquoi ? Simplement pour permettre de maximiser la précision de localisation d'un GPS installé dans une voiture. Car l'idée de ce dispositif est de mettre en relation des voitures via un GPS traditionnel.
 

Des voitures connectées

Plus précisément, le GPS doit permettre au dispositif encore à l'état de projet de définir la position d'un véhicule, "avec une précision de trois à quatre mètres, contre parfois plus de 10 mètres aujourd'hui et sans nécessiter de trop d'informations sur l'environnement ou de trop améliorer les infrastructures", explique Hock Beng Lim. En effet, un ensemble de voitures autonomes ne pourraient pas évoluer "si sa trajectoire était évaluée avec une erreur possible supérieur à la distance moyenne entre des véhicules", ajoute t-il. Aussi, grâce à un algorithme ad hoc, les chercheurs sont parvenus à améliorer la localisation. Concrètement, deux véhicules sont équipés chacun de leur propre GPS communicant entre eux grâce à réseau dédié, par exemple via wi-fi. Mathématiquement, cela permet notamment de préciser la position par confrontation des données.
 

Des capteurs supplémentaires

Qui plus est, chaque GPS est lui même connecté au même satellite, ce qui permet d'estimer plus efficacement la distance séparant les véhicule. Enfin, quelques capteurs supplémentaires sont ajoutés au dispositif. Ces capteurs ont "pour fonction de recueillir des informations sur l'environnement afin d'améliorer encore la précision de la localisation fournie par le GPS", développe Hock Beng Lim. Ces capteurs peuvent, par exemple, être des caméras. Celles-ci, fournissant des images pouvant être analysées, permettraient également de calculer la différence de distance entre deux véhicules. Mais pas seulement puisque qu'elles offriraient la possibilité de mieux connaître l'environnement, et par exemple de détecter des obstacles. Néanmoins, conclut-il, "un environnement comprenant trop de bruits, par exemple une ville avec beaucoup d'immeubles, affecterait tout même la précision du dispositif".   

lundi 23 juillet 2012

France : une culture de l'innovation qui peine encore à émerger

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/france-une-culture-de-innovation-peine-emerger

Par Aurore Geraud 23 juillet 2012 innovation in France har
L'innovation en France, encore douloureuse ? Pour beaucoup, oui. Les responsabilités sont nombreuses, mais les projets et initiatives à venir pour tenter de changer la donne également.
La France n'aurait pas produit d'entreprises véritablement innovantes depuis plus de 40 ans. C'est le constat plutôt dur effectué récemment par Terra Nova, un think tank dédié à la réflexion sur des solutions politiques innovantes, dans son rapport intitulé "L'innovation en France : un système en échec". Un constat d'ailleurs partagé par Pascal Morand, directeur général de l'ESCP Europe et intervenant à l'Institut pour l’Innovation et la Compétitivité, un autre think tank consacrée cette fois à l'innovation en Europe. Selon celui-ci, "le sujet n'est pas nouveau, car il manque à la France une véritable culture d'innovation qui nécessiterait, en fait, une innovation sociétale". Qui pourrait avoir lieu, selon les analystes de Terra Nova, si, dans un premier temps, les chiffres de l'investissement en recherche et développement et en innovation en France se rapprochaient un peu plus des autres pays.

Un retard conséquent dans les dépenses en R&D

Car en effet, l'étude montre que la moyenne de la Dépense Intérieure en Recherche et Développement rapportée au PIB pour l'OCDE en 2008 se situait autour de 2,3%, alors que la France n'atteignait alors que 2%. Elle se plaçait ainsi en dessous de l'Allemagne qui atteignait 2,6% et bien loin derrière les États-Unis et le Japon qui pour leur part comptabilisaient respectivement 2,8% et 3,4%. A ces chiffres s'ajoute une donnée inquiétante, la France se positionne parmi les très rares pays ayant vu leur ratio de recherche et développement diminuer sur les dix dernières années. Des chiffres donc alarmants mais qui n'expliquent pas tout, selon Pascal Morand : "évidemment plus il y a de R&D, plus il y a d'innovation, mais je regrette que de nombreuses études ne s'appuient que sur ces données économiques pour justifier le retard". Car pour celui-ci, il est très réducteur de ne pas prendre en compte
d'autres facteurs comme le design, la démarche globale des entreprises ou même la diversification des équipes.

Des initiatives qui devraient changer la situation à l'avenir

Alors comment faire émerger l'innovation dans un pays qui ne possède pas une telle culture de croissance ? "Tout n'est pas actuellement négatif en France mais il est nécessaire de se poser la question de qui apporte des idées nouvelles, et proposer des initiatives en accord", explique-t-il. Comme c'est le cas des pôles de compétitivité, qui sont actuellement un véritable facteur de mobilisation. Et par le biais d'un changement dans l'enseignement supérieur.
Ce que prodigue également le rapport de Terra Nova qui, encore une fois, compare la France aux États-Unis. Rappelant qu'à la différence d'Harvard, Yale ou du MIT, les établissements et universités françaises ne sont pas reconnues internationalement. De plus, alors qu'en moyenne les universités américaines emploient 1100 post-doctorants, en France le chiffre tombe à un chiffre entre 50 et 120. "Il faut donc accorder plus de confiance aux étudiants,
leur permettre de se diversifier, d'effectuer un développement personnel, leur donner les outils pour être partie prenante
", conclut-il.

lundi 11 juin 2012

Big Data peut avoir un impact important pour l'industrie de la santé

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/big-data-un-impact-important-industrie-de-sante

Par L'Atelier - San Francisco 08 juin 2012 doctors in front of a screen Envoyez à un amiImprimer
Ginger.io est une plateforme de santé qui collecte les données à partir du téléphone mobile du patient. Fournisseurs et chercheurs espèrent ainsi améliorer la prise de décisions médicales et la recherche.
Comme c’est le cas pour de nombreuses industries, celle de la Santé a recours au « data tracking » pour récolter une masse critique de données. Les patients étant toujours équipés d’un smartphone, la collecte de données avec des appareils mobiles augmente les perspectives possibles pour Big Data. Ginger.io  exploite ainsi la pénétration des appareils mobiles dans le but d’aider les professionnels de la santé à conduire leurs recherches, repérer de nouveaux motifs et prendre des décisions médicales informées. L'application mobile de Ginger.io collecte des informations « passives » à travers le capteur du téléphone et d'autres « actives » avec la contribution du patient. Elle se connecte à un tableau de bord sur le web, destiné à l’utilisation des fournisseurs et chercheurs qui peuvent ensuite manipuler ces données.
Des données pour la recherche et le « microtargeting »...
Les fournisseurs peuvent facilement inciter leurs patients à utiliser l’application et identifier les individus à haut risque sans avoir à faire appel à d'autres appareils. Les patients ont un meilleur contrôle de leurs données en utilisant leur téléphone mobile et peuvent partager plus facilement leurs symptômes et d'autres informations avec le médecin. Le système encourage un engagement mutuel dans lequel le patient peut envoyer des alertes à son équipe médicale mais aussi recevoir les résultats d'une intervention par mail, téléphone ou texto. Quant aux chercheurs, Ginger.io a récemment lancé un projet avec le Collaborative Chronic Care Network (C3N) pour tester un nouveau modèle de soins chroniques. Les Smartphones seront utilisés pour enregistrer les expériences de jeunes patients atteints de la maladie de Crohn, et utiliser ces données afin de créer un outil pouvant aider les patients à détecter les symptômes et à éviter la douleur.
Eviter les erreurs médicales et réduire les dépenses en santé
Les carnets de santé électroniques et des données approfondies sur le patient pourraient profondément modifier l'industrie des soins de santé. Permettre aux hôpitaux d'accompagner et d'éduquer les patients est l'objectif de Ginger.io, ce qui pourrait contribuer à réduire les complications et de diminuer les coûts des soins de santé. En outre, si les patients à risque peuvent être mieux suivis, même à domicile, on assistera à une amélioration de l'efficacité et à une diminution du coût des erreurs médicales.  « Les réponses aux enquêtes et les mesures prises occasionnellement ne donnent pas une image complète » a déclaré le professeur Alex Pentland, co-fondateur et conseiller de Ginger.io et professeur au MIT Media Lab. Ces réponses peuvent être erronées ou incomplètes, et des décisions de recherche équivalentes à 1 million de dollars peuvent être prises, au contraire, sur des données plus complètes.

jeudi 24 mai 2012

L'hologramme se généralise pour la vidéoconférence

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/hologramme-se-generalise-videoconference

Par L'Atelier - Paris 09 mai 2012 homme vert
Pour améliorer les interactions entre des interlocuteurs qui discutent par le biais de vidéoconférence, plusieurs projets misent sur une projection par hologramme. Dernier en date : un système à taille humaine.

Pourquoi choisir d'organiser une conférence par téléphone lorsque l'on peut le faire en discutant avec une représentation de son interlocuteur grandeur nature ? La question a été posée par les chercheurs de l'Human Media Lab de la Queen Université du Canada. Ces derniers ont développé un pod permettant la vidéoconférence en 3D via une image holographique à taille humaine. Dans les faits, deux personnes utilisant cet outil se retrouvent toutes deux face à un cylindre de 170 cm de hauteur posé sur un socle pour atteindre environ 200 cm et 75 cm de diamètre. Un individu y voit la représentation de la personne avec qui il discute comme si celle-ci était devant lui, et peut à loisir le voir de face, sur les côtés ou de derrière puisqu'il s'agit d'un outil fonctionnant à 360°. Selon les chercheurs, le dispositif ne serait pas particulièrement onéreux.

Des technologies existantes

Et pour cause, il utilise des outils existants, notamment provenant de chez Microsoft. Par exemple, la technologie Kinect. Six de ces appareils, déposés au dessus de l'appareil, permettent d'enregistrer une vidéo en 3D de l'utilisateur en capturant chacune 30 images par seconde. L'enregistrement est alors transféré instantanément à l'autre utilisateur. Ce dernier, pour pouvoir bénéficier de la représentation du premier individu projeté sur le cylindre d'acrylique sablé pour en faire une surface de projection, doit porter des lunettes à obturateur afin de bénéficier de la stéréoscopie. Représentation identique qui fonctionne également grâce à la mise en place d'un miroir convexe en haut de chaque appareil afin de diffuser une projection sur l'ensemble de la surface. Autre technologie utilisée pour la projection : une application 3D XNA, à savoir l'application qui permet de générer la représentation par la création de chaque pixel de l'utilisateur pour former un hologramme.

Une utilisation médicale

Du reste, cette technologie n'a pas été testée que pour des vidéoconférences, mais également pour le secteur de la santé. En effet, les chercheurs ont également développé BodiPod, un système qui repose sur la même technologie. Avec une petite différence toutefois, le cylindre permet cette fois d'interagir avec l'anatomie d'une personne en épluchant les différentes couches d'un corps, par exemple d'enlever la peau par un mouvement de doigts pincés pour accéder aux muscles, ou en demandant à voir un organe en particulier. Ceux-ci étant représentés par un système identique auquel s'ajoute deux faisceaux lasers numérisés permettant de représenter l'anatomie interne. Intéressant, donc, mais qui n'est pas sans rappeler le système de vidéoconférence via hologramme développé par une équipe du MIT qui utilisait lui aussi la Kinect.

mardi 24 janvier 2012

Batteries semi-liquides : révolution pour le stockage d’énergie ?

Le 23 janvier 2012 par Hugo Leroux
Un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s’y méprendre… à du pétrole brut !
Un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s’y méprendre… à du pétrole brut !
DR
Des chercheurs du MIT travaillent sur de nouvelles batteries dont les électrodes sont dispersées en minuscules particules dans un liquide conducteur. Le concept est révolutionnaire : il permettrait de recharger une voiture électrique en lui injectant un liquide de batterie ''frais''… de la même manière qu’une voiture à essence.
Les batteries lithium-ion actuellement utilisées dans les voitures électriques présentent un inconvénient : leur recharge prend entre 4 et 8 heures, selon la puissance électrique appelée et leur capacité. C’est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses équipes de chercheurs travaillent sur des batteries liquides. Objectif : remplacer les électrodes solides - les deux pôles entre lesquels s’opèrent les échanges électrochimiques - par des matériaux liquides. La solution idéale pour recharger sa batterie à la pompe - et déléguer la régénération du liquide usagé aux stations-service.

Jusque là, les prototypes de batteries liquides présentaient des densités énergétiques bien trop faibles pour concurrencer les batteries solides. C’est ce qui a poussé des chercheurs du MIT à trouver un compromis. L’équipe dirigée par les professeurs W. Craig Carter et Yet-Ming Chiang est parvenue à ''moudre'' les électrodes solides sous forme de minuscules particules en suspension dans l’électrolyte, le liquide conducteur des charges électriques. Résultat : un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s’y méprendre… à du pétrole brut ! Grâce à cette approche ''semi-liquide'', les chercheurs affirment décupler la densité énergétique de leur batterie par rapport à la solution tout-liquide.

S’il n’y a pas encore de quoi inquiéter les batteries solides, Chiang et Carter semblent confiants sur la marge de progrès de cette architecture originale. Pour la développer, les deux chercheurs ont fondé une start-up, 24M Technologies, subventionnée depuis septembre 2010 par l’hyperactive Arpa-E, organe de financement de la recherche liée aux technologies énergétiques, rattaché au département de l’énergie américain. D’après les objectifs affichés, un prototype pré-commercial devrait voir le jour fin 2013.

Hugo Leroux

http://www.industrie.com/it/batteries-semi-liquides-revolution-pour-le-stockage-d-energie.12563?emv_key=AJ5QmugnaTq78yA9MA#xtor=EPR-25

mardi 29 novembre 2011

Le MIT invente la diode optique

Le 28 novembre 2011 par Ridha Loukil

Caroline Ross au MIT
Caroline Ross au MIT
Cette découverte apporte une pièce maitresse au puzzle de la photonique sur silicium. De quoi ouvrir la porte à la réalisation de puces capables de traiter le signal lumineux sans conversion à l'électronique.
Vous connaissez la diode, un composant électronique qui laisse passer le courant électrique dans un sens et le bloque dans l’autre. Voici son équivalent optique. Il vient d’être inventé par des chercheurs MIT. Il est présenté comme une pièce cruciale du puzzle nécessaire à la création de puces photoniques sur silicium qui seront au cœur des appareils électroniques de demain.

Dans de nombreux systèmes de communication optique actuels, les données transitent sous forme de signal lumineux via des fibres optiques. Une fois le signal optique arrivé à sa destination, il est converti sous forme électronique, traité par des circuits électroniques et ensuite reconverti en signal lumineux à l’aide d’une diode laser. Le nouveau dispositif créé par les chercheurs du MIT pourrait éliminer ces étapes de conversion, permettant au signal lumineux d'être traité tel quel.

A l’instar de la diode électronique, la ''diode optique'' crée un passage à sens unique pour le signal lumineux. « Cela est essentiel, explique Caroline Ross, professeur au MIT et coauteur de la publication scientifique en ligne sur cette découverte dans le journal Nature Photonics. Sans un tel dispositif, des réflexions parasites pourraient déstabiliser les lasers utilisés pour produire les signaux optiques et réduire l'efficacité de la transmission de données. Actuellement, un dispositif discret appelé isolateur est utilisé pour exécuter cette fonction, mais le nouveau système permettrait à cette fonction de faire partie de la même puce qui effectue d'autres tâches de traitement du signal ».

Pour développer le dispositif, les chercheurs ont dû trouver un matériau à la fois transparent et magnétique, deux caractéristiques rarement réunies. Ils ont fini par utiliser une forme d'un matériau appelé grenat, qui est normalement difficile de pousser sur les plaquettes de silicium utilisées pour les puces électronique. Le grenat présente la caractéristique de transmettre de façon différente la lumière dans une direction et dans l'autre, à cause d’une différence d’indice de réfraction. Un film mince de grenat a été déposé pour couvrir la moitié d'une boucle reliée à un canal transmission lumineuse sur la puce. Résultat : dans un sens, la lumière passe librement, tandis que, dans l'autre sens, elle est détournée dans la boucle.

Ridha Loukil

http://www.industrie.com/it/le-mit-invente-la-diode-optique.12300?xtor=EPR-25&emv_key=AJ5QmugnaTq78yA9MA