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mardi 23 octobre 2012

OCDE : le modèle voulu par les opérateurs européens pour gérer le Net est "inefficace"

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/ocde-le-modele-voulu-par-les-operateurs-europeens-pour-gerer-le-net-est-inefficace-39783840.htm#xtor=EPR-100

OCDE : le modèle voulu par les opérateurs européens pour gérer le Net est "inefficace"Business - L'OCDE a publié la semaine dernière un rapport démontant les propositions de l'association européenne des FAI pour modifier les règles internationales de gouvernance de l'Internet. Pour autant, l'organisation ne reprend pas l'idée de neutralité du net à son compte.
"Le nouveau rapport de l'OCDE apporte la preuve que le modèle existant de l'Internet fonctionne extrêmement bien, a stimulé la croissance et la concurrence, et a apporté des prix pour les données 100 000 fois inférieurs à ceux d'une minute de voix."
Pas d'équivoque dans le dernier rapport de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), finalisé le 17 octobre dernier et repéré par Les Echos. La copie du rapport, que nous nous sommes procurés, fait état d'une étude portant sur 4300 réseaux, représentant 140 000 échanges directs de trafic sur Internet, et livre des conclusions tranchées.
Toper reste jouer
Si le modèle actuel (universalité, égalité, neutralité) fonctionne si bien, selon l'OCDE, c'est grâce à son système de fonctionnement : "Depuis que l'Internet  été commercialisé au début des années 90, il a développé un marché efficace pour la connectivité, basé sur des accords contractuels volontaires."
Ce que l'OCDE met en exergue, ce sont les accords d'appairage, ou peering. Ceux-ci sont actuellement neutres entre opérateurs – au sens large – du réseau : l'information circule d'une boucle réseau à une autre, et sans que ça donne lieu à une différenciation.
En partant du principe que les volumes de données échangées sont comparables entre les réseaux, l'accord se fait généralement sur la base de la gratuité. Résultat, selon l'étude de l'OCDE, "99,5% des accords d'interconnexion sont conclus sans contrat écrit."
L'intérêt de ce modèle est relativement clair : il permet la mise en place d'une infrastructure neutre, sans différenciation entre les trafics en fonction de leur provenance ou d'intérêts commerciaux.
Un modèle que voudraient remettre en cause beaucoup d'opérateurs européens, regroupés dans l'association ETNO (European Telecommunications Network Operator).
Le problème, pour les opérateurs, c'est que le modèle non-régulé actuel a amené des disparités entre opérateurs, ou entre fournisseurs de contenus et opérateurs.
L'explosion de la vidéo, notamment, a donné lieu à quelques polémiques, comme les soucis d'interconnexion entre Free et Youtube, ou l'affaire Cogent-Orange liée à MegaUpload.
Les demandes de l'Etno sont donc limpides : l'association veut que ses membres puissent mettre en place des accords commerciaux. Avec les opérateurs d'autres pays, par exemple, mais aussi avec les fournisseurs de contenus.
YouTube, pour reprendre cet exemple, qui consomme beaucoup de trafic, devrait alors payer les opérateurs pour que son contenu soit délivré avec une qualité optimale. Dans le cas contraire, son accès serait alors dégradé... (ça ne vous rappelle rien ?)
Les opérateurs ne cessent de répéter qu'ils ne profitent pas de la manne des services Web malgré leurs investissements colossaux dans les réseaux, réseaux indispensables pour les géants du Web...
L'institut de recherche Idate, qui publie chaque trimestre des études sur les chiffres du monde numérique, a d'ailleurs montré à plusieurs reprises qu'un fossé se creusait entre les revenus générés par les services de télécommunications dans le monde et les investissements dans les réseaux.
Et la loi de Moore ?
Les Echos reprennent l'exemple de Netflix, et les 25% de bande passante que la plateforme de vidéo utiliserait aux Etats-Unis. Avec un tel chiffre, on peut comprendre en partie les craintes des opérateurs.
Sauf que pour de nombreuses associations – de consommateurs, de défense des libertés sur l'Internet, de promotion de l'innovation – ce raisonnement ne tient pas la route. D'abord parce que l'innovation a tendance à faire baisser le coût des données et de leur distribution.
Ensuite parce que cela pourrait mener à un Internet à plusieurs vitesses : des clients "Premium" des opérateurs bénéficieraient d'un accès prioritaire à la bande passante, les autres se contenteraient d'un "service best effort". Avec toutes les dérives possibles : difficultés de développement pour de nouveaux entrants, abandon de la neutralité de l'opérateur, etc.
L'intérêt du rapport de l'OCDE, c'est qu'il pose pour une fois le problème en termes d'efficacité économique. Preuve en serait, selon l'organisation, le développement d'économies émergentes "à un rythme plus soutenu que les pays de l'OCDE, ce qui a permis de réduire la "fracture numérique" entre eux."
Un positionnement libéral, plaidant pour l'auto-régulation
Les conclusions de l'OCDE ne sont pas étonnantes en soi, tant elles se positionnent dans sa ligne libérale et dans la sacro-sainte auto-régulation. "Quand ils y sont autorisés, les acteurs du marché vont s'auto-organiser efficacement pour que les points d'échange de trafic Internet, produisant une bande passante au bénéfice de l'économie locale et réduisant significativement leurs coûts."
Mais elles rappellent quelques points capitaux : "L'architecture de l'Internet a montré qu'elle était remarquablement adaptable. (…) C'est la flexibilité de la structure, plus que les changements fondamentaux en son sein, qui a permis de soutenir cette croissance pour l'instant. Le marché d'échange de trafic Internet a assuré une connectivité universelle dans le monde entier, soutenue par les investissements pour s'adapter aux besoins de la croissance, et a apporté un environnement qui encourage la diversité et l'innovation chez tous les acteurs de l'Internet."
Implacable, l'OCDE estime que l'utilisation de "la régulation pour intervenir sur les interconnexions Internet pourrait biaiser les résultats sur les marchés, alors que ceux-ci fournissent actuellement une plus grande diversité des réseaux et fournisseurs."
L'OCDE ne va pas jusqu'à proposer d'obliger l'interconnexion, mais précise que certains analystes y voient une solution acceptable. Pour autant, précise le rapport, cela poserait différents problèmes, liés au coût de construction d'un réseau maillé, ou aux interférences possibles avec le marché.
Sur ce dernier point, l'OCDE semble s'en tenir à sa ligne idéologique sans apporter d'éléments concrets. Il évoque seulement "de bonnes raisons de croire que" cela nuirait à l'efficacité du marché.
Montée en puissance des fournisseurs de contenus
Pour autant, l'étude ne nie pas les problèmes posés par la croissance des fournisseurs de contenus, et son impact sur la bande passante mondiale. Les disparités entre opérateurs aux Etats-Unis, qui se sont notamment révélées avec l'avènement de Netflix, auraient pu obliger un opérateur à investir beaucoup pour satisfaire les clients d'un concurrent. Ici encore, le système fonctionne bien si le volume de trafic entre les deux opérateurs est comparable.
Au final, le rapport présenté par l'organisation tient à maintenir le statu quo. Pas question d'aller plus loin sur la neutralité de l'Internet, mais il ne faudrait pas non plus accéder aux demandes des opérateurs de l'Etno.Après tout, précise l'OCDE, si les points d'appairage européens coûtent cher, c'est par manque d'efficacité : ces points "tendent à être plus chers que ceux d'autres régions."
En cause : plus de points d'interconnexion, une compétition accrue entre opérateurs, et des dépenses en marketing, en relations publiques et en participation à l'élaboration des stratégies publiques plus importantes.
On ne bouge pas, donc. Les économistes de l'OCDE estiment les propositions de l'Etno "très difficiles à appliquer." Et les prétentions de l'Etno risqueraient, selon eux, de tomber dans un modèle similaire à celui de la téléphonie avant l'avènement de l'Internet. Un modèle jugé "inefficace" par l'OCDE.
Pour savoir si son point de vue est retenu, il faudra attendre décembre et la conférence mondiale des pays de l'Union européenne des télécoms), qui doit entériner ou non une modification des règlements. Mais si l'on en croit la rumeur, les propositions de l'Etno auraient peu de chances de recevoir un accueil favorable.

vendredi 21 septembre 2012

Neutralité de l'Internet : UMP et PS dans une partie de Pong

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/neutralite-de-l-internet-ump-et-ps-dans-une-partie-de-pong-39782789.htm#xtor=EPR-100

Neutralité de l'Internet : UMP et PS dans une partie de PongLégislation - Faut-il être dans l'opposition pour proposer une loi sur la neutralité ? Corollaire : faut-il bloquer une loi dont on avait défendu le principe dès lors qu'on arrive aux affaires ?
La neutralité de l'Internet est-il un sujet législatif à intérêt variable ? Alors que l'an dernier, la majorité de droite à l'Assemblée rejetait une proposition de loi socialiste sur la question, ces derniers, désormais au pouvoir, traînent des pieds pour légiférer.
Les acteurs sont presque les mêmes, mais les raisons changent. La proposition de 2011, rapportée par le socialiste Christian Paul, semblait trop restrictive à la majorité, et arrivait avant un rapport sur la situation dans l'Union européenne.
Cette fois, estime la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, il n'y a tout simplement "pas d'urgence à légiférer," selon des propos rapportés par Ecrans.fr.
Ping : en 2011, le PS propose, l'UMP rejette
En février 2011, le président égyptien Hosni Moubarak démissionnait, la révolte débutait en Lybie, et l'Europe essayait déjà de sauver sa monnaie de sommet en sommet.
En France pourtant, le parti socialiste affirmait qu'il ne fallait pas laisser ces événements suspendre toute la politique d'un pays. Elle défendit, par la voix du rapporteur Christian Paul, une proposition de loi relative à la neutralité de l'Internet devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
La majorité était de droite, et la proposition de loi ne dépassa pas le seuil de ladite commission. Laure de la Raudière, députée UMP et rapporteure de la commission, estimait alors qu'elle posait problème.
"Si elle protège l'Internet d'aujourd'hui, c'est-à-dire d'hier tant les évolutions sont rapides, elle entrave le développement de celui de demain, notamment des services gérés comme il en existe déjà avec la téléphonie ou la télévision sur IP," expliquait-elle en séance de commission.
Corinne Ehrel, députée PS également en pointe sur ces questions, jugeait la proposition de loi bonne dans les débats de l'Assemblée. Cette dernière fut rejetée dans son intégralité, et la commission des affaires économiques de passer à l'étiquetage nutritionnel.
Pong : "Des dispositifs d'encadrement existent déjà dans la loi"
La semaine dernière, Laure de la Raudière a déposé une proposition de loi à son tour. Volontairement plus simple et recentrée sur une volonté de définir la neutralité de l'Internet, elle n'est évidemment pas parfaite. Mais moyennant quelques amendements, elle n'est pas éloignée de la position socialiste…
… de l'époque. Car désormais, Bercy ne voit plus l'opportunité de légiférer. Dans un entretien accordé à Ecrans.fr, la ministre déléguée estime qu'il y a "un sujet de principe et des engagements ont été pris pendant la campagne, mais des dispositifs d'encadrement existent déjà dans la loi et, pour nous, il n'y a pas d'urgence à légiférer. S'il y a des atteintes à la neutralité, l'Arcep peut-être saisie."
Ecrans rappelle que l'Arcep peut effectivement être saisie… Mais pas par les citoyens. Une question qui revient justement dans l'actualité, avec la saisine de l'Arcep et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes par l'UFC Que Choisir.
La déclaration de la ministre déléguée est étonnante, d'autant que le député socialiste Christian Paul, que nous avons pu interroger par téléphone, dit ne pas "imaginer un seul instant que le gouvernement soit indifférent aux enjeux de la neutralité de l'Internet."
Ping : c'est le bon moment, mais…
Certes, rappelle Christian Paul : "Les urgences sont nombreuses : le redressement économique, y compris celui du secteur numérique, une vraie stratégie de déploiement du très haut débit… C'est peut-être le plus urgent aujourd'hui, et ce n'est pas totalement déconnecté de la question de la neutralité. Les opérateurs télécoms peuvent être tentés d'apporter des limites à la neutralité du net pour mieux valoriser leur réseau, parce qu'ils doivent investir sur le très haut débit."
Pour autant, le député estime que la neutralité de l'Internet "doit figurer dans la loi," et que "ça doit être dans la période politique qui vient de s'ouvrir." Autrement dit, pendant le quinquennat de François Hollande.
D'autant que les sollicitations ne manquent pas. Il y a le rapport de l'Arcep sur la neutralité de l'Internet, publié hier soir, et que Christian Paul conseille de "lire sans tarder."
Il y a également les campagnes de communication sur le sujet, par la Quadrature du Net, entre autres. Cette association de fait, qui milite pour les libertés en ligne, a fait écho au rapport de l'Arcep dès hier dans un communiqué.
La Quadrature du Net estime que le rapport de l'Arcep "préfère ne prendre aucun risque et tend à minimiser la gravité de la situation."
Ce n'est pas l'avis de Christian Paul, qui trouve au contraire "plusieurs choses intéressantes" dans le rapport. La réaffirmation de l'importance de la neutralité d'une part, mais aussi l'indication que "les risques existent. Cela peut faire tomber une partie des reproches de Laure de la Raudière, quand elle disait qu'on allait figer l'Internet" avec la proposition de loi de 2011.
Le moment semble donc opportun, quoi qu'en dise Fleur Pellerin, mais pas forcément sous la forme prescrite par la députée UMP Laure de la Raudière. Pour Christian Paul, "c'est une initiative un peu isolée. Et sa position paraît à la fois insuffisante et porteuse de quelques risques."
Ainsi, "elle a une approche de l'Internet définie en terme d'envoi et de réception de contenus et d'utilisation de service. On oublie qu'un des aspects très important de l'Internet, c'est de faire d'une multitude d'acteurs des producteurs de contenus. Or sa proposition ne vise que les fournisseurs d'accès."
Le député, "sans faire de procès d'intention à Laure de la Raudière," voit aussi les notions de services gérés et de qualité suffisante comme risqués : "Elles sont porteuses du risque d'une privatisation substantielle de l'Internet. Or ça doit être un bien commun."
Pong : et si la vérité était ailleurs ?
Une stratégie semble tout de même se dessiner chez les députés PS, résumée par Christian Paul : "figer le principe dans la loi, et faire bouger les modalités en fonction de l'évolution."
Mais une loi sur la neutralité de l'Internet ne serait-elle pas au final un coup d'épée dans l'eau ? On pourrait penser que son avenir se joue en dehors du cadre français.
La Quadrature du Net relevait par exemple mercredi les risques liés à une proposition de l'Etno (association des Opérateurs de réseaux de télécommunications européens), pour modifier les règles de régulation au niveau mondial.
Cette contribution de l'Etno, qui sera présentée à l'occasion de la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales (WCIT) de Dubaï en décembre, veut "empêcher des décisions qui pourraient prévenir l'émergence de nouveaux modèles économiques." L'Etno met également en avant la notion de "qualité de service suffisante," au risque d'entrer dans la privatisation de l'Internet brandie par Christian Paul.
Dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux confier les clés de la neutralité de l'Internet au Parlement européen par exemple, qui a récemment montré son efficacité en rejetant le traité Acta ?
Christian Paul estime que "nous devons rester très attentifs à ce que l'UE ne soit pas en retard sur cette question. La France doit rattraper son retard, nous serons d'autant plus forts pour parler à Bruxelles que nous aurons pris une initiative sérieuse."
Si le flou demeure autour des intentions du gouvernement, la question de la neutralité de l'Internet, avec ses différences d'appréciations, montre une fois de plus son caractère transpartisan.
Le risque, c'est qu'il soit cantonné à quelques députés spécialistes, et repoussé de majorité en majorité, dans une lente partie de Pong. Christian Paul avait prophétisé en 2011 : "Il sera bientôt trop tard," ajoutant que "la paresse est proscrite autant que le retard."
Aujourd'hui, il "persiste et signe," mais laisse planer le doute sur le calendrier : "La rentrée parlementaire, c'est le 2 octobre."
Fusion Arcep-CSA, mauvais débat
Dans notre entretien, nous avons pu revenir avec le député socialiste Christian Paul sur la fusion éventuelle de l'Arcep, régulateur des télécommunications, et le CSA, régulateur de l'audiovisuel. Son avis est tranché.
"Cette fusion ne me paraît pas une urgence ou une priorité, et beaucoup de parlementaires qui travaillent sur cette question partagent mon point de vue.
Il y a plusieurs raisons à cela : cela réclamerait au moins deux ou trois ans de mécanos juridiques et administratifs, donc ça serait une perte de temps, et ce sont des métiers et des fonctions également nécessaires, mais différents.
Personne n'ignore qu'à l'heure de la convergence des réseaux, des contenus et des terminaux, les deux activités sont difficiles dans un monde numérique mouvant et avec des acteurs puissants.
Mais je reste dubitatif, et je crains une confusion qui ferait perdre la force et l'inventivité de la régulation française. On ira plus vite et plus loin sans passer par la fusion des régulateurs. Je regrette qu'on mobilise du temps et de l'énergie là-dessus."

lundi 10 septembre 2012

Cloud Computing : c’est la désillusion

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/cloud-computing-c-est-la-desillusion-39782366.htm#xtor=EPR-100

Cloud Computing : c’est la désillusionAnalyse - D’après le « Hype Cycle » 2012 de Gartner, qui mesure la maturité des technologies, le Cloud Computing en est désormais à la phase de désillusion. Mais pas de quoi s’inquiéter selon l’hébergeur Claranet, pour qui il ne s’agit nullement d’une remise en cause des bénéfices des technologies Cloud.
Comme chaque année, Gartner évalue, au travers de son « Hype Cycle », la maturité de différentes technologies, dont notamment les imprimantes 3D, le NFC, les tablettes tactiles, le BYOD, et aussi le Cloud Computing. Le Cloud, qui selon le cabinet, se situe désormais dans la phase de « désillusion. »
Une phase qui succède à celle des « attentes excessives ». Gartner rappelle ainsi que le soufflé est retombé, mais surtout que la maturité du Cloud doit encore progresser. Le cabinet donne ainsi entre deux et cinq ans pour atteindre l’étape de la « productivité ».
Des inquiétudes bien réelles et de la confusion
Pour les nombreux fournisseurs de services Cloud, ce « Hype Cycle » 2012 sonne un peu comme un rappel à l’ordre. Du côté de l’hébergeur Claranet, qui s’est fendu d’un communiqué, il n’y a ici pas de quoi s’angoisser. Le Cloud poursuit naturellement son parcours le long de la courbe de maturité définie par Gartner, interprète ainsi Claranet.

« Cette phase de désillusion initiée depuis l'année dernière, n'a rien de nouveau », tout comme les inquiétudes des utilisateurs (« souveraineté des données », « sécurité » et « fiabilité ») concernant le Cloud, assure Olivier Beaudet, DG France de Claranet.
« Notre enquête souligne qu'un tiers des décideurs interrogés ont retardé de 12 mois en moyenne l'adoption du Cloud, précisément en raison de toutes ces inquiétudes » ajoute-t-il.
Olivier Beaudet évoque par ailleurs une confusion « sur la nature exacte des services proposés ». Confusion qui tient en partie à la communication et au marketing de certains acteurs du marché.
« Coller l'étiquette Cloud sur les offres de services ne suffit pas » déclare le patron de Claranet, qui appelle les industriels à « répondre concrètement aux interrogations légitimes des utilisateurs » : lieu et processus pour le stockage de données (souveraineté des données), responsabilité des fournisseurs, disponibilité (y compris réseau), etc.

samedi 8 septembre 2012

Cloud Computing : personne n’y comprend rien. Mais c'est formidable néanmoins

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/cloud-computing-personne-n-y-comprend-rien-mais-c-est-formidable-neanmoins-39775576.htm#xtor=EPR-100

Cloud Computing : personne n’y comprend rien. Mais c'est formidable néanmoinsAnalyse - Une étude américaine de Wakefield Research pour le compte de Citrix illustre l’ignorance, parfois comique, des individus à l’égard des technologies du Cloud. Mais pour l’éditeur, il y a néanmoins une bonne nouvelle : les utilisateurs ont une perception positive du Cloud.
Le terme Cloud Computing fait son chemin. Il a même fait depuis quelques mois son apparition dans une publicité d’un célèbre opérateur français. Le Cloud maîtrisé. Pas sûr toutefois que ce spot contribue à rendre compréhensible le Cloud auprès du grand-public.
Et à en croire une étude réalisée par Wakefield Research pour le compte de Citrix, en effet, le commun des mortels a globalement assez peu idée, voire pas du tout, de ce que recouvre concrètement l’appellation Cloud Computing.
16% associent le Cloud à de l'informatique en ligne
Les fournisseurs de services Cloud ont du pain sur la planche pour clarifier le sujet. Et il faudra en effet brasser un peu plus que la notion de Cloud maîtrisé si on se réfère à certains des résultats de cette étude menée auprès de 1.000 américains.
Une part non négligeable des répondants prennent ainsi l’expression Cloud Computing au pied de la lettre, allant ainsi pour 29% d’entre eux jusqu’à associer le Cloud [Ndlr : nuage en anglais] aux nuages. Au sens propre oui.
59% des personnes interrogées pensent que le mauvais temps peut interférer avec le Cloud Computing – ce qui n’est pas totalement faux, puisqu’une tempête peut effectivement avoir des conséquences sur les datacenters des fournisseurs Cloud et ainsi perturber leurs services. Amazon a par exemple vu sa plate-forme d’IaaS être perturbée par la foudre en août 2011.
« Seuls 16% pensent à un réseau informatique pour stocker, accéder et partager des données depuis des terminaux connectés à Internet » lorsqu’ils sont questionnés sur le Cloud indique Citrix. En clair, le Cloud reste obscur pour la grande majorité des personnes, qui pourtant se connectent quotidiennement à des infrastructures de ce type, ajoute l’éditeur.
Pour 68% de sondés, le Cloud est bon financièrement
« Une majorité d’américains (54%) affirme ne jamais utiliser le Cloud Computing. Pourtant, 95% de cet échantillon utilisent le Cloud. En détails, 65% font de la banque en ligne, 63% achètent sur Internet et 58% utilisent un réseau social comme Facebook ou Twitter » illustre Citrix.
Oui, un service en ligne, comme il en existe depuis des années, c’est donc du Cloud Computing considère l’éditeur américain. C’est sans doute aller un peu vite en besogne, mais cela à le mérite de la simplicité pour décrire concrètement le Cloud à des fins marketing.
Si l’étude de Wakefield Research illustre la parfaite méconnaissance des individus quant au Cloud Computing, Citrix se félicite malgré tout de la perception de ces mêmes sondés à l’égard des atouts de celui-ci. 68% d’américains associent ainsi au Cloud des bénéfices économiques. Pour 35%, le Cloud permettrait de baisser les coûts.
Ces arguments en faveur du Cloud restent cependant à apprécier, au cas par cas. Par ailleurs, quel crédit accorder à ces résultats après avoir démontré dans un premier temps la perception nébuleuse des utilisateurs vis-à-vis du Cloud ? Si une chose paraît acquise, c’est peut-être d’abord la victoire du Cloud sur le terrain marketing.
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jeudi 6 septembre 2012

Les opérateurs européens défendent l'idée d’un Internet premium

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/les-operateurs-europeens-defendent-l-idee-d-un-internet-premium-39775530.htm#xtor=EPR-100

Les opérateurs européens défendent l'idée d’un Internet premiumQualité de service - Les opérateurs européens rassemblés derrière l’ETNO soutiennent l’idée d’un Internet à plusieurs vitesses ou d’une différenciation dans la gestion du trafic en fonction d’accords commerciaux conclus avec les fournisseurs de services en ligne.
Les opérateurs de réseaux européens souhaitent-ils appliquer aux fournisseurs de services en ligne une contribution financière fonction de leur trafic Internet ? C’est en tout cas ainsi qu’à été perçue l’idée déposée par la fédération européennes des opérateurs, l’ETNO, à l'UIT (Union internationale des télécommunications).
Interrogé par CNet.com, Luigi Gambardella, président de l’ETNO, précise la proposition des FAI européens, mal accueillie jusqu’à présent par les fournisseurs de services en ligne, dont Google. Gambardella se défend ainsi de vouloir appliquer une taxe à ces acteurs.
Des accords commerciaux, pas une obligation
Il précise que ces entreprises n’auraient aucune obligation, mais la possibilité, pour bénéficier d’un meilleur service, ou Internet premium, de conclure un accord commercial avec des opérateurs.
Le président de l’ETNO retient ainsi l’exemple d’une plate-forme de VOD diffusant un film auprès d’un internaute européen.
« Un fournisseur de service – qui peut être européen – veut vendre un film. Il souhaite être certain que ce film bénéficie d’une qualité de service et d’une certaine vitesse. Ainsi, par conséquent, nous concluons un accord avec eux et leur permettons d’offrir ce service » explique Luigi Gambardella, assurant vouloir permettre aux fournisseurs de services de s’affranchir des limites de l’Internet « best-effort ».
Pour le fournisseur de contenus, cette qualité de service a cependant un prix. Un prix amorti juge néanmoins l’ETNO. « Le fournisseur de service peut bénéficier de revenus supplémentaires auxquels il ne peut accéder aujourd’hui du fait de la limitation du réseau et du best-effort » avance-t-il ainsi.
Une classe premium, à l'image de la classe business du trafic aérien
Mais si les opérateurs souhaitent conclure des accords financiers, pourquoi dès lors en faire la proposition auprès d’un organe international et soutenir son inscription dans les principes de régulations internationaux (ITR), en pleine refonte ?
« Nous ne voulons pas que l’ITU l’autorise. Nous considérons les ITR comme des principes, des principes de haut niveau. L’ITR nous apparaît comme une constitution. Nous souhaiterions donc inscrire le principe selon lequel les opérateurs sont libres de négocier des accords commerciaux au-delà du meilleur-effort » justifie Luigi Gambardella.
Pour l’ETNO, il s’agit bien de promouvoir la différenciation en matière de trafic Internet. « Au bout du compte, le client aura plus de choix. C’est comme voyager en classe économique. Mais pourquoi ne pas autoriser aussi la classe affaire, une classe premium, pour différencier le service ? C’est plus de choix. Le client décide ce qui est le meilleur pour lui » argue le représentant des opérateurs européens.