Chiffres
- Syntec Numérique prévoyait +3,5% de croissance pour le secteur
(services IT, logiciels, conseil) en 2011, elle est finalement de 3,6%.
Mais pour 2012, la prévision tombe à +1%. Dans un exercice qui tenait
parfois du grand écart, le syndicat patronal a minimisé les effets
possibles de la crise sur le secteur.
En début d’année, le syndicat patronal des acteurs du logiciel, des
services informatiques et du conseil en technologies, Syntec Numérique,
tablait en 2011 sur une croissance du secteur de l’ordre de 3,5%.
A l’occasion de
la conférence
de presse sur la conjoncture 2011-2012, le syndicat a confirmé ses
prévisions avec une croissance effective de 3,6% - même si un
ralentissement au 4e trimestre dû à la conjoncture économique n’est pas
écarté.
Un optimiste sans cesse tempéré
Si
le ton lors de la présentation se voulait résolument optimiste, les
documents remis à la presse par Syntec Numérique sont moins
catégoriques. Si les SSII, l’édition logicielle et le conseil sont en
progression par rapport à 2010 (année de récupération) avec
respectivement +2,7%, +3,8% et +7%, le syndicat reconnaît un « léger
ralentissement au 4e trimestre sur fond d’inquiétude. »
Mais Syntec Numérique écarte un risque immédiat de retournement pour le secteur, tout en relevant des signaux d’alerte,
en particulier
pour le domaine du conseil en technologies. Selon une enquête Syntec
Numérique/IDC, 84% des entreprises interrogées ne constatent pas de
dégradation des conditions du marché. Oui, mais au 3e trimestre.
L'enquête
souligne néanmoins que « 30% des acteurs constatent un allongement du
cycle de décision et 21% des reports de projets. » Ces indicateurs
pourraient préfigurer des tensions sur le marché.
Pour conserver son optimisme, Syntec numérique se raccroche à un sondage effectué fin octobre
auprès des DSI.
« Ils nous ont confirmé qu’ils avaient toujours une volonté
d’externaliser et que la volonté de rationaliser, d’industrialiser,
d’optimiser était toujours dans leur feuille de route. C’est plutôt bon
pour nous » juge Eric Tirlemont, co-président de la commission
marchés-tendances.
2012 envisagée avec "plus de réserves"
Ce
dernier relativise en revanche la part des DSI faisant état de dépenses
en baisse. « Pour une quantité de répondants qui n’est finalement pas
très importante, seulement 26% à fin octobre, ils ont confirmé qu’ils
auraient plutôt des dépenses externes en baisse. Alors que 74% sont soit
stables (42%) soit en augmentation (32%). »
Ces « dépenses
globales de moindre intensité, signe de prudence » obligent néanmoins
Syntec Numérique à envisager 2012 avec « plus de réserves ». D’ailleurs
l’indicateur de confiance des dirigeants du secteur IT français est en
baisse en septembre 2011, se situant légèrement au-dessus du niveau de
septembre 2009,
année de crise.
Encore
une fois, la donnée est relativisée puisque l’indice de confiance est
qualifié de « plutôt bon ». « Ce n’est pas quelque chose qui aujourd’hui
nous inquiète » assure Eric Tirlemont. Pourtant, entre mars et
septembre, cet indicateur perd plus de 15 points.
Car dans
les faits, le ralentissement est bien attendu et Syntec Numérique
prévoit pour 2012 une croissance du secteur de 1%, soit moins qu'en 2010
(
+1,5%), période de
redressement après la crise de 2009 (
-4%).
Le SaaS comme levier de croissance, mais à moyen et long terme
Pour
l’année prochaine, le syndicat espère ainsi une croissance de 0,9% pour
les services informatiques, de +1,2% pour le logiciel et de +1,1% pour
le conseil en technologies. Analyse et chiffres apparaissent donc
contradictoires.
Mais pour expliquer cet écart, Syntec
Numérique met en avant le SaaS (composante du Cloud), source de revenus
récurrents, et la transformation du secteur qui lui permettrait d’être «
résistant ». Mais si le Cloud « s’affiche comme un levier de croissance
», les perspectives de chiffres d’affaires sont « limitées à court
terme », c’est-à-dire sur 12 mois et donc 2012.
Enfin,
le SaaS,
s’il croît rapidement (+52%), ne représente encore pas même 10% du CA
de l’édition logicielle en France. D’après IDC, les revenus générés en
2011 en France par les éditeurs grâce au SaaS sont de 521 millions
d’euros. C’est 5,2% du marché des logiciels.
http://www.zdnet.fr/actualites/economie-du-numerique-francais-la-satisfaction-en-2011-des-reserves-pour-2012-39765738.htm#xtor=EPR-100