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mardi 7 février 2012

Guardian Angels : un projet européen sur les capteurs du futur

Le 06 février 2012 par Hugo Leroux
Guardian angels
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Consortium de recherche réunissant 28 partenaires européens, Guardian Angels développe de nouvelles générations de capteurs pour la surveillance de l’environnement et de la santé. Mais pour démocratiser des capteurs miniaturisés et auto-alimentés, des progrès drastiques restent à effectuer en matière de récupération d’énergie ou d’intégration électronique.


Hurlement du réveil. Il est sept heures, ce 06 février 2040. Vous vous arrachez à votre lit et enfilez vos vêtements. En un clin d’œil, les fibres du textile effectuent un diagnostic de santé : pouls, température corporelle, taux de sucre. Bon à savoir –spécialement si votre santé n’a plus la constance vos jeunes années, ou si vous souffrez d’une maladie chronique. Sur le trajet jusqu’au travail, votre voiture ''scrute'' sur votre visage des signes d’endormissement pour prévenir tout accident. Vous préférez marcher ? Quelques capteurs, disséminés dans votre accoutrement et dans la rue, évaluent la qualité de l’air, et transmettent sur votre téléphone une cartographie de la pollution.

Ce quotidien relève-t-il de la pure science fiction ? A discuter avec les membres du consortium de recherche européen "Guardian Angels for a smarter life", on en douterait presque. Ses vingt huit partenaires, composés à parts égales entre organisme de recherche publics, instituts européens et laboratoires industriels, veulent produire des capteurs miniatures, intégrables sur tout type de support, et capables de s’auto-alimenter à partir de l’énergie environnante. Niveau applications, la surveillance de divers paramètres liés à la santé et à l’environnement est en première ligne.

Objectifs ambitieux

Des capteurs de ce type - autonomes et sans fil - commencent déjà à apparaître. Mais ils monitorent des procédés industriels isolés, où la difficulté d’accès induit des coûts d’entretien excessifs. Pour sortir de ces marchés de niches et conquérir le quotidien du grand public, chaque brique technologique de ces capteurs devra subir une métamorphose radicale : récupérateurs d’énergie photovoltaïques ou thermoélectriques, gestion de très bas niveaux d’énergie (Ultra Low Power), protocoles de communication sans fil. Et s'abaisser à des coûts compatibles avec un déploiement massif.

« Les objectifs que l’on se fixe sont extrêmement ambitieux », reconnaît Mihai Adrian Ionescu, directeur l’école doctorale en microsystèmes et microélectronique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et coordinateur du programme. « Par rapport aux systèmes actuels, cela veut dire diviser la consommation énergétique des circuits électroniques d’un facteur 1 000 et multiplier la récupération d’énergie par 100. Imaginez qu’au lieu de recharger votre téléphone tous les deux jours, vous le rechargiez 2 fois l’an. Ou que votre voiture qui consomme cinq litres au cent n’en consomme plus que … cinq millilitres ».

Rupture technologique

Une telle évolution implique de véritables ruptures technologiques. Côté récupération d’énergie à petites échelles, une discipline aussi appelée Energy Harvesting, l’EPFL travaille par exemple sur des cellules solaires à colorant, dites ''de Graetzel''. La fabrication de cette technologie photovoltaïque souple, à partir de procédés d’impression classique, s’avérerait bien moins coûteuse que les technologies actuelles. Sont également à l’étude des récupérateurs thermoélectriques ou piézoélectriques, capables de convertir respectivement un différentiel de chaleur ou des vibrations en courant électrique. ST Microélectronics cherche par exemple à s’affranchir des matériaux thermoélectriques classiques à base de tellure, un métal rare. Les partenaires planchent également sur des batteries souples, plates, pour stocker durablement de faibles quantités d’énergie. Le spécialiste français des composants de micro-électronique s’est ainsi fait une spécialité du développement de ces micro-batteries en couche mince.

Du côté de l’électronique, le ratio taille/performance sera le grand cheval de bataille. Le processeur silicium CMOS, développé par Intel et IBM, impliqués dans le projet, présenterait un fort potentiel d’optimisation. La recherche sur des fils électriques d’échelle nanométrique, menée par IBM, pourrait s’enrichir des travaux de l’EPFL, du CEA-Leti ou de l’Institut belge IMEC sur les transistors à effet tunnel. La conception de ces composants diffère radicalement des paradigmes établis jusqu’alors en micro-électronique car elle repose sur des principes de physique quantique. Cette physique quantique est également à l’œuvre dans la spintronique, hypothétique eldorado de la miniaturisation en gestation dans les laboratoires du CNRS et de Thalès.

Pour optimiser l’intégration des matériaux, les partenaires envisagent, entre autres solutions, de recourir à moyen terme au stacking 3D. Dans cette architecture, perfectionnée notamment par Infineon, les éléments sont empilés les uns sur les autres plutôt que juxtaposés. Enfin, la couche logicielle et les protocoles de communication seront également au régime énergétique sec, avec le concours de l’Institut de recherche en sciences du numérique INRIA.

Innombrables applications

Des industriels français sont engagés au côté de ces acteurs pour prospecter le terrain applicatif. Ainsi, PSA Peugeot Citroën envisage à moyen terme la surveillance physiologique du conducteur. « C’est une des premières applications auxquelles on pense », confirme Sylvain Allano, directeur scientifique du groupe. Et de poursuivre : « comme les capteurs se multiplient dans l’automobile, ces systèmes communicants permettraient aussi de s’affranchir en partie des réseaux de câbles et de simplifier les ensembles. » De son côté, Sanofi s’intéressera à la définition de besoins pour les technologies de la santé.

Guardian Angels fait partie des six consortiums en lice pour décrocher les subventions FET Flagship. Ce programme lancé par la commission européenne vise à stimuler des projets de recherche associant laboratoires publics et industriels sur les technologies émergentes. L’enjeu est de taille : les heureux élus se verront attribuer, à compter du début 2013, une subvention annuelle de 100 millions d’euros pendant 10 ans.

Hugo Leroux

Pour en savoir plus : http://www.ga-project.eu/ga_project

http://www.industrie.com/it/guardian-angels-un-projet-europeen-sur-les-capteurs-du-futur.12667?emv_key=AJ5QmugnaTq78yA9MA#xtor=EPR-25

mardi 13 décembre 2011

L’Europe encourage l’ouverture des données publiques

Le 12 décembre 2011 par Ridha Loukil
Ce qui a été payé par le public doit être accessible au public
Ce qui a été payé par le public doit être accessible au public
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La Commission européenne invite les administrations à ouvrir leurs données pour favoriser le développement de services numériques innovants. Et elle donne l’exemple en préparant un portail sur les données des institutions de l'Europe. Il sera mis en ligne au printemps 2012.
L’Open Data, c’est le nouveau crédo de la stratégie numérique de l’Europe. Peu de temps après que le gouvernement français ait ouvert son portail data.gouv.fr mettant à la disposition de tout le monde près de 350 000 jeux de données publiques, la Commission européenne met en place un programme d'ouverture des données qui doit soutenir l'économie de l'Union à hauteur de 40 milliards d’euros par an.

Les administrations publiques européennes ont sous les pieds une véritable mine d'or, au potentiel économique inexploité, que constituent les énormes volumes d'informations recueillies par les divers organismes et services publics. Bruxelles les encourage à valoriser ce potentiel en en ouvrant l’accès, à l’instar de que font déjà certains États membres, comme la France ou le Royaume-Uni.

La Commission européenne montre l'exemple en donnant au public librement accès à ses informations par l'intermédiaire d'un portail, qui existe aujourd’hui au stade béta et qui sera mis en ligne au printemps 2012. Par ailleurs, elle a décidé d’allouer 100 millions d’euros, sur la période 2011-2013, au financement de la recherche dans le domaine des technologies de gestion des gros volumes de données.

Ces mesures visent le développement de services numériques innovants basés sur la réutilisation des informations du secteur public. Le principe est de transformer des données brutes en matériel utile aux utilisateurs des technologies de l’information : applications de cartographie pour smartphones ; informations en temps réel sur le trafic ou la météo ; outils de comparaison des prix, etc. Les journalistes et les universitaires figurent parmi les grands bénéficiaires potentiels.

L’ouverture des données publiques s’impose aux Etats membres de l’Union européenne comme une obligation par la directive 2003/98/CE adoptée en 2003. La Commission européenne veut étendre le champ d'application de cette directive, afin d'y inclure les bibliothèques, les musées et les archives.

Ridha Loukil

http://www.industrie.com/it/l-europe-encourage-l-ouverture-des-donnees-publiques.12378?xtor=EPR-25&emv_key=AJ5QmugnaTq78yA9MA

mardi 25 octobre 2011

Les entreprises européennes ont boosté leurs dépenses de R&D en 2010

Le 24 octobre 2011 par Ridha Loukil
Tableau de bord de l'Union européenne sur les investissements en R&D industrielle - Edition 2011
Tableau de bord de l'Union européenne sur les investissements en R&D industrielle - Edition 2011
R&D Scoerboard 2011
Selon l’édition 2011 du Tableau de bord de l’Union européenne sur les investissement en R&D industrielle, les entreprises européennes ont augmenté leur effort de 6,1 %. Mais elles restent à la traîne par rapport aux entreprises américaines et asiatiques.
C’est une bonne nouvelle pour l’innovation. Les investissements en recherche et développement  reprennent dans le monde. Après une baisse générale de 1,9 % en 2009, ils repartent à la hausse avec une augmentation de 4 % en 2010. C’est ce qui ressort de l’édition 2011 du Tableau de bord de l’Union européenne sur les investissements en R&D industrielle, qui vient d’être publié par la Commission européenne. Cette étude passe au crible les données des 1 400 premières entreprises mondiales.

Dans un contexte de crise financière exacerbée, les entreprises européennes se démarquent par une performance supérieure à la moyenne, en gonflant leur effort de R&D de 6,1 %, après une chute de 2,6 % en 2009. Mais elles font moins bien que les entreprises américaines qui ont boosté leurs investissements en recherche et développement de 10 %. Sans parler des entreprises chinoises qui ont littéralement fait exploser ce poste de dépenses de 29,5 %, ou des entreprises sud-coréennes qui ont l’augmenté de 20,5 %.

Les disparités existent aussi au sein de l’Union européenne. L’Allemagne, favorisée par ses constructeurs automobiles, affiche une croissance des dépenses de R&D de 8,1 %, devant la Grande-Bretagne (5,8 %) ou la France (3,8 %).

En France, où les dépenses de R&D atteignent 25,1 milliards d’euros en 2010, parmi les entreprises ayant donné le plus grand coup de pouce à leurs investissements en recherche et développement figurent Gameloft (+78 %), Boiron (+66 %), Nexter (+43,5 %), Vivendi (+27 %), Soitec (+39 %), Parrot (+34 %), Alstom (+26 %) et JC Decaux (+29 %). Parmi les plus fortes baisses, on note Bull (-62 %), Akka Technologies (-42 %), Bouygues (-20 %), CS Communication & Systèmes (-14 %), Safran (-14 %), Renault (-11 %), Alcatel-Lucent (-6 %), Neopost (-7 %) et  Sanofi-Aventis (-4%)

Ridha Loukil

Pour plus d’informations, cliquez ici ou consultez le document PDF ci-dessous .


 

Tableau de bord de la R&D européenne - édition 2011

 http://www.industrie.com/it/recherche/les-entreprises-europeennes-ont-booste-leurs-depenses-de-rd-en-2010.12091

mardi 27 septembre 2011

Recherche et innovation : la Commission européenne plaide pour le partenariat

Le 22 septembre 2011 par Ridha Loukil

Europe
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Pour relever les grands défis sociétaux avec davantage d’efficacité, Bruxelles veut favoriser le partenariat public-public et public-privé dans la recherche à l’échelle européenne.

Partenariat, c’est désormais le mot d’ordre de la Commission européenne dans les domaines de la recherche et de l’innovation. Pour relever les grands défis sociétaux tels que le vieillissement de la population, les effets du changement climatique ou la diminution des ressources disponibles, Bruxelles invite les acteurs des secteurs public et privé à unir leurs efforts à l'échelon européen. Il en va de l’efficacité de la recherche européenne à long terme.

A cet effet, la Commission propose de simplifier et d'assouplir le dispositif administratif pour les partenariats noués à l'échelle de l'Union dans des domaines jugés nécessaires et utiles. Elle demande la suppression des obstacles et entraves aux activités de recherche transfrontières et invite tous les partenaires, y compris les États membres et le secteur privé, à prendre des engagements financiers à long terme pour ces projets.

Les défis sociétaux posent des problèmes trop importants pour pouvoir être résolus par un seul État membre ou une seule entreprise, en raison notamment de la pression exercée actuellement sur les finances publiques. Les activités de recherche et d'innovation les concernant sont d'une telle ampleur et d'une telle complexité qu'elles nécessitent d'être coordonnées à l'échelle européenne pour éviter les doubles emplois et l'utilisation inefficace des fonds publics et privés. Les partenariats s’imposent comme une obligation pour faire en sorte que les idées soient transformées en produits et services utiles plus rapidement et plus efficacement.

En février 2011, la Commission européenne a lancé un partenariat européen d’innovation pilote sur le thème du vieillissement actif et en bonne santé, dont l'objectif est de prolonger de deux ans la durée moyenne de vie en bonne santé dans l’Union européenne d’ici à 2020. Trois objectifs complémentaires sont visés: améliorer la santé et la qualité de vie de la population de l'Union ; soutenir la viabilité à long terme et l'efficience des systèmes de soins de santé médicaux et sociaux ; et améliorer la compétitivité des entreprises européenne. Ce programme est en cours de définition. Les modalités de mise en œuvre devraient être dévoilées à la fin de l’année.

Ridha Loukil

http://www.industrie.com/it/recherche/recherche-et-innovation-la-commission-europeenne-plaide-pour-le-partenariat.11937?xtor=EPR-25