jeudi 8 décembre 2011

Externalisation de l’informatique de la SNCF auprès d’IBM : l’échec et le divorce


Externalisation de l’informatique de la SNCF auprès d’IBM : l’échec et le divorceStratégie - Un contrat et une co-entreprise avec IBM devaient permettre de réaliser d’importantes économies et d’améliorer l’informatique de la SNCF. Finalement les promesses n’ont pas été tenues et le contrat est rompu. Les syndicats se réjouissent, mais critiquent toujours les centres de services.
Il était ambitieux ce vaste programme d’externalisation voulu par la direction de la SNCF. Trop assurément comme en témoignent ses errements et enfin sa conclusion : l’abandon d’un partenariat, qui s'était accompagné de la création d’une co-entreprise pour piloter ces activités de sous-traitance IT.
Critiqué depuis le début par les syndicats et les informaticiens de la SNCF, la direction aura finalement dû y renoncer. Déjà cet été, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, reconnaissait que l’avenir du contrat de sous-traitance faisait l’objet d’un débat.
Pas d'accords possibles avec IBM
D’après l’AFP, le débat est clos et le partenariat avec IBM interrompu. Dans une lettre aux informaticiens de l'entreprise ferroviaire, Gilles Albertus, DSI de la SNCF, l’annonce officiellement :
« La conclusion des accords définitifs n'a pas été possible, SNCF et IBM ont donc convenu de ne pas poursuivre ensemble la coentreprise. » En cause notamment « des difficultés contractuelles » et « l'inapplicabilité du contrat initial. »
Ces difficultés découlent principalement de l’incapacité à atteindre les objectifs fixés initialement, à savoir une économie de 290 millions d’euros sur six ans. Une note d’information présentée lors du conseil d’administration du 30 juin soulignait déjà un net décalage entre les prévisions et les réalisations.
Ainsi, à cette date, les volumes d’activité étaient inférieurs d’environ 50% à ce qui était prévu. Impossible dès lors de prétendre réaliser les économies annoncées. Le document faisait état de retards dans l’atteinte des gains qualitatifs, de surcoûts, et d’économies « moins importantes et obtenues plus tardivement que dans le Business Plan initial. »
Des volumes d'activité inférieurs de 50% aux prévisions
De la sous-estimation de « la diversité et la complexité opérationnelles » a résulté « un optimisme excessif des anticipations possibles ainsi que des taux cible de productivité » était-il encore mentionné.
Plusieurs pistes s’offraient à la direction de la SNCF : une modification de son contrat avec IBM ou une rupture. C’est finalement ce second scénario qui a été retenu faute d’un accord avec le prestataire américain.
Les deux partenaires avaient jusqu'au 30 octobre pour s'entendre, sans quoi le contrat serait annulé rapportait le 28 juillet le site Cortis. Pour autant, la SNCF n’entend pas renoncer à sa stratégie visant à la création de centres de services.
Son programme, piloté via Noviaserv, se fera donc désormais sans l’appui d’IBM. « A cette occasion, une plus grande présence de collaborateurs SNCF sera nécessaire au sein de l’écosystème Stelsia/Noviaserv qui proposera des postes aux personnels du groupe » annonce Gilles Albertus.
Pas sûr que cela suffise à répondre aux préoccupations des syndicats et des personnels. Les risques pour l’emploi n’étaient en effet pas les seuls soulevés. Et la mise en place même des centres de services est critiquée.

http://www.zdnet.fr/actualites/externalisation-de-l-informatique-de-la-sncf-aupres-d-ibm-l-echec-et-le-divorce-39766338.htm#xtor=EPR-100

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