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jeudi 12 juillet 2012

Le gouvernement lance une mission sur la fiscalité numérique

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/le-gouvernement-lance-une-mission-sur-la-fiscalite-numerique-39774098.htm#xtor=EPR-100

Le gouvernement lance une mission sur la fiscalité numériqueRéglementation - Les ministères de l’économie, de l’économie numérique et du redressement productif ont annoncé le lancement d’une étude de la fiscalité des entreprises françaises du numérique, pour évaluer leur compétitivité.
La mission est délicate. Quatre ministres, Pierre Moscovici (économie), Arnaud Montebourg (redressement productif), Jérôme Cahuzac (budget) et Fleur Pellerin (économie numérique), viennent d’annoncer la mise en place d’une enquête sur la fiscalité des entreprises du numérique en France.
« La mission dressera un inventaire des différents impôts et taxes qui concernent aujourd’hui ce secteur, effectuera sur ce sujet une comparaison internationale et évaluera la situation des sociétés au regard de cette fiscalité », indique le communiqué. Le but ? Créer des conditions fiscales équivalentes pour les entreprises numériques en France, peu importe leur nationalité.
« Une exaspération vis-à-vis de l’optimisation fiscale »
L’enquête est confiée à Pierre Collin, conseiller d’Etat, et Nicolas Colin, inspecteur des Finances et entrepreneur, co-auteur d’un livre sur cette économie avec Henri Verdier, président de Cap Digital.
Interrogée par Le Monde, Fleur Pellerin explique : « On sent monter une forme d'exaspération vis-à-vis du comportement d'optimisation fiscale de ces acteurs. Par conséquent, nous estimons qu'il nous faut être créatifs pour trouver des solutions, y compris en anticipant d'éventuelles évolutions du droit communautaire ».
Facturer le peering de YouTube et les livraisons d’Amazon
Les pistes explorées ? Le paiement de l’interconnexion (peering) pour YouTube ou l’interdiction des livraisons gratuites pour Amazon et les acteurs du e-commerce français. Des mesures hypothétiques qui risquent de ne pas plaire aux acteurs français. Le peering est un sujet sensible dans les télécoms, quand une régulation sur la livraison sera sûrement mal vécue par les magasins en ligne français.
Le sénateur UMP Philippe Marini s’est déjà fixé cet objectif d’équité fiscale, avec la seconde version de la « taxe Google » actuellement en discussion. L'élu estime qu’obliger les entreprises américaines à déclarer leur activité en France et taxer progressivement les régies publicitaires et acteurs du e-commerce aiderait à harmoniser la fiscalité numérique sur le territoire. Des propositions qui ne sont pas du goût des services Internet, représentés par l’Asic, qui évoquait à ZDNet.fr la semaine dernière un « piège » dont il sera difficile de sortir.

dimanche 27 mai 2012

L'Arcep ouvre une procédure contre Free Mobile. En cause l'accueil des MVNO

A lire sur:  http://www.businessmobile.fr/actualites/l-arcep-ouvre-une-procedure-contre-free-mobile-en-cause-l-accueil-des-mvno-39771591.htm#xtor=EPR-10010

Réglementation - Cette procédure en manquement peut conduire à une sanction à l’encontre de Free Mobile. Les tarifs de gros proposés par le nouvel entrant sont dénoncés par les opérateurs virtuels.
L'Arcep s'en prend pour la première fois à Free Mobile. Non pas sur la question de la couverture qui a tant défrayé la chronique mais sur les conditions d'accueil du nouvel entrant réservées aux opérateurs virtuels.
Rappel des faits. En février dernier, Free Mobile a publié les composantes de ses offres pour les MVNO, conformément à ses engagements liés à sa licence 3G. Il s'agit de permettre à un MVNO de louer le réseau du nouvel entrant pour lancer ses propres offres et in fine d'animer la concurrence.
Outre un ticket d'entrée de 2 millions d'euros, puis 2 euros par carte SIM et par mois, Free Mobile facturera à peu près les mêmes prix aux MVNO light et aux Full MVNO avec une minute de voix à 5 centimes et le Mo de data à 5 centimes également.
Par contre, la différence est plus grande pour les SMS avec 4,35 centimes par messages pour les MVNO classiques (3,35 cts à partir du 1er juin) contre 1 centime par message pour les Full MVNO.
Mascarade
Une grille qui a très vite scandalisé Alternative Mobile qui regroupe plusieurs MVNO dont Coriolis, NRJ Mobile, Prixtel, Virgin Mobile. L'association parle même de "mascarade".
"Ces tarifs constituent un véritable camouflet infligé à l’ARCEP, qui avait accordé à Free Mobile sa meilleure note sur le critère de l’animation de la concurrence, compte tenu de ses engagements en direction des MVNO", lance l'association.
Et de poursuivre : "les tarifs de l’offre de gros proposés par Free Mobile aux MVNO sont nettement supérieurs à l’offre de détail, puisque l’abonnement mensuel d’accès revient déjà à 2€ HT aux MVNO alors que Free Mobile propose au détail un abonnement à 2€ TTC par mois. Cette proposition tarifaire limite de fait tout espace économique pour les MVNO qui souhaiteraient rejoindre le réseau de Free Mobile et vide de sa substance les engagements pris par Free Mobile lors de sa candidature".
"Ces tarifs démontrent que Free Mobile, loin de vouloir animer la concurrence, veut l’annihiler. Sa stratégie consiste à vouloir évincer massivement et rapidement les acteurs qui ont introduit la concurrence en France, qu’il s’agisse de tous les MVNO ou même au-delà. Peut-être est-ce cela le « change(ment) de paradigme du marché » que Free Mobile annonçait dans sa candidature ?" s'interroge Alternative Mobile.
Très vite, l'association décide de saisir l’ARCEP (le régulateur des télécoms) et l’Autorité de la Concurrence "pour s’emparer sans attendre de cette situation, pour que la lettre et l’esprit des engagements souscrits par Free Mobile, qui conditionnaient la délivrance de sa licence, soient respectés dans les meilleurs délais".
Début avril, l'Autorité de la concurrence est la première à réagir en indiquant ouvrir une enquête sur la question.
Interrogé peu après, le régulateur des télécoms admet qu'il y a un problème. Les conditions d'accueil ont été fixées avant l'obtention de la licence de Free et étaient compétitifs à l'époque.
Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui : "dans les faits cette offre est médiocre compte tenu de l'évolution du marché, cela peut poser un problème concurrentiel qui pourrait être examiné par l'autorité de la concurrence", explique Jean-Ludovic Silicani, président de l'Autorité.
Cette dernière passe aujourd'hui de la parole aux actes et ouvre une procédure en manquement qui peut conduire à une sanction à l’encontre de Free Mobile.
"Alternative Mobile se félicite de cette décision de l’Arcep, et espère que cette procédure permettra d’amener Free Mobile à respecter les engagements souscrits devant l’Arcep", commente l'association.
"Par cette procédure, l’Arcep pourra contraindre Free Mobile à respecter ses engagements, et à rétablir ainsi une concurrence effective et loyale qui bénéficie au consommateur et préserve le rôle dévolu aux MVNO", conclut-elle.
Il s'agit en effet de savoir si l'arrivée de Free Mobile, combinée à ses offres d'accueil et aux réactions commerciales des opérateurs de réseau ne risquent pas de freiner l'essor des MVNO français. Reste à savoir si cette procédure pourra in fine modifier les prix de gros proposés par Free Mobile aux MVNO.
Lors des derniers trimestres, ces derniers ont récolté les fruits de leur agressivité commerciale pour se hisser à 12% du marché résidentiel (à fin 2011).

Roaming : les eurodéputés votent plusieurs baisses de tarifs jusqu'en 2014

A lire sur:  http://www.businessmobile.fr/actualites/roaming-les-eurodeputes-votent-plusieurs-baisses-de-tarifs-jusqu-en-2014-39771601.htm#xtor=EPR-100

Réglementation - Les baisses de prix concernent la voix mais surtout la data facturée à prix d'or par les opérateurs lorsque l'abonné est à l'étranger.
Ce n'est pas un scoop : téléphoner depuis l'étranger (pire, oser surfer sur Internet) reste une activité de riche. Malgré les baisses imposées aux opérateurs.D'ailleurs, de plus en plus de mobinautes éteignent tout simplement leurs terminaux lorsqu'ils sont hors de leurs frontières. Quant aux salariés nomades, ils doivent pour ne pas voir leurs factures exploser, souscrire à des forfaits internationaux ou changer de carte SIM sur place (et donc de numéro).
"Les consommateurs en ont assez de se faire voler à cause des tarifs du roaming", tonne Neelie Kroes, vice-président de l'agenda numérique à la Commission. Cette dernière et le Parlement européen sont ainsi parvenus  à un accord de principe sur une réforme des tarifs pratiqués.
Ce jeudi, les eurodéputés ont massivement adopté plusieurs baisses des tarifs maximum de la voix et de la date pour la période 2012-2014. Les mobinautes pourront en profiter dès le 1er juillet prochain.
Accent sur la data
"Utiliser son téléphone portable à l'étranger reste onéreux. Lors des vacances d'été, nos citoyens pourront bénéficier de tarifs plus avantageux. Le Parlement est parvenu à faire entendre son appel en faveur de tarifs d'itinérance moins onéreux pour les consommateurs, et en particulier pour les données en itinérance", s'est félicitée le rapporteur du texte, l'Allemande Angelika Niebler.
Dès juillet, les frais applicables aux appels émis en itinérance au sein de l'UE ne pourront dépasser 29 cents par minute, et 19 cents en 2014, tandis que les appels reçus hors du pays d'origine seront facturés au maximum 9 cents par minute puis 8 centimes en 2013 et 6 centimes en 2014..
Aujourd'hui, ces tarifs sont respectivement de 35 cents HT et de 11 cents HT.

Les SMS émis en itinérance ne pourront être facturés plus de 9 cents (contre 13 cents aujourd'hui), ils passeront à 8 centimes et 6 centimes en 2014.
Du côté de l'accès à Internet, de plus en plus utilisé par les mobinautes mais source de factures explosives en roaming, les tarifs de détail seront plafonnés à 70 cents par méga-octet (contre 80 cents). Le plafond passera à 45 cents, puis 20 cents les 1er juillet 2013 et 2014.
Selon les estimations de la Commission, "les Européens dépenseront près de cinq milliards d'euros pour les tarifs en itinérance, qui représentent une économie de près de 15 milliards d'euros par rapport à ce que les mêmes services auraient coûté selon les prix pratiqués en 2007", avant que l'UE n'introduise le plafonnement des tarifs d'itinérance.
Mais Bruxelles veut aller encore plus loin. Outre des baisses, l'objectif est bien de faire disparaître toute forme de roaming dans quelques années. On le sait, cette question commence sérieusement à agacer les autorités européennes compte tenu de la mauvaise volonté des opérateurs.
Car si Bruxelles a imposé plusieurs baisses des tarifs de gros, les prix de détail (hors forfaits spécifiques) ont de leur côté assez peu bougé, pour le grand malheur des utilisateurs nomades

dimanche 29 janvier 2012

Protection des données : la Cnil pas emballée par le projet de Bruxelles


Protection des données : la Cnil pas emballée par le projet de BruxellesDébat - Autorités nationales cantonnées à un rôle de boîte aux lettres, système pas optimum, régression des droits des citoyens… La Cnil ne mâche pas ses mots envers le projet de réforme de la protection des données personnelles présenté par la Commission européenne.
Le ton est rapidement donné : «  la défense de la vie privée s'éloigne du citoyen » titre la Cnil sur son site Internet, en réaction à la présentation par la commissaire européenne, Viviane Reding, de ses propositions en matière de protection des données personnelles.
Le débat ne se situe pas sur la nécessité de moderniser le cadre juridique actuel. Fondé sur une directive de 1995, Internet et le développement des services en ligne l’ont rendu obsolète. Mais du côté de la Cnil, ce n’est pas l’enthousiasme qui prévaut.
Des avancées, mais "attendues et nécessaires"
Il faut dire que les principales propositions faites par la Commission étaient connues depuis plus de 2 ans. La Cnil parle d’ailleurs d’avancées « substantielles », mais  qui étaient « attendues et nécessaires ». Le service minimum ?
Peut-être, mais le gendarme français de la protection des données personnelles a de sérieuses réserves sur « l'application effective de ces nouvelles avancées ». Donc oui des avancées, mais dont la mise en œuvre serait restreinte par le fonctionnement d’un système qui de l’avis de la Cnil « n'est pas optimum ».
Principal grief soulevé par la Cnil, le fait que « l'autorité compétente soit celle où se situe l'établissement principal d'une entreprise ». En définitive, cela « conduit les autorités nationales à ne jouer qu'un rôle de boîte aux lettres ».
« Concrètement, cela signifie qu'en cas de problème pour un internaute sur un réseau social dont l'établissement principal est implanté dans un autre Etat membre, cette plainte sera traitée par l'autorité de ce dernier » précise la Cnil - ce qui n’est pas le cas en droit de la consommation, rappelle-t-elle.
Des citoyens privés de la protection de l'autorité nationale
Pour les citoyens, cela abouterait à les priver largement « de la protection offerte par leur autorité nationale » ajoute-t-elle, qualifiant dès lors ce projet européen de « régression vis-à-vis des droits des citoyens. »
De manière générale, la réforme proposée par Bruxelles vise, juge la Cnil, à une « centralisation de la régulation de la vie privée au profit d'un nombre limité d'autorités, au profit également de la Commission qui dispose d'un pouvoir normatif important. »
Un avis que n’aurait sans doute pas renié Alex Türk, l’ancien président de la Cnil et du groupe Article 29, regroupant les différentes autorités de protection des données de l’UE. Fin 2010, il s’insurgeait contre le peu de cas fait du sujet par les responsables de l’Europe.
Alex Türk souhaitait ainsi un G29 doté d’un budget autonome afin d’organiser auditions et contrôles, en clair une collaboration plus poussée au niveau européen entre les Cnil des différents Etats membres.

http://www.zdnet.fr/actualites/protection-des-donnees-la-cnil-pas-emballee-par-le-projet-de-bruxelles-39767890.htm#xtor=EPR-100

lundi 12 décembre 2011

Déploiement du (Très) Haut Débit en zones rurales : le point de vue d'un expert


Le déploiement du haut et très haut débit en zone rurale, ce sont beaucoup de projets menés par des collectivités locales qui s'appuient sur l'expertise de consultants spécialisés. Interview de l'un d'entre eux, Michel Lebon.
Michel Lebon se définit lui-même comme « un consultant des villes installé à la campagne »  et aussi « défenseur des Causses perdus et d'une ruralité qui se bat » : il vit en effet depuis 4 ans dans le Lot, et son activité l'amène à sillonner le territoire pour intervenir sur des projets de raccordement à Internet de collectivités locales très variées.

Je l'ai rencontré pour la première fois en avril 2010 lors du Colloque de l'ARCEP sur la Neutralité du Net et il m'a semblé intéressant de recueillir le témoignage de cet homme de terrain, dont vous pouvez aussi lire le blog « (Très) Haut Débit et Ruralité »
Michel Lebon, quelle est exactement votre activité, et depuis quand l'exercez-vous ?
Bonjour, je suis « Consultant en Aménagement Numérique Territorial ». Je me suis positionné sur ce créneau depuis fin 2007, lors de mon installation dans le Lot...  J'ai créé mon « entreprise individuelle » (j'ai un statut de libéral) de conseil, dans ce département au tout début 2008. Naturellement, et avec un clin d’œil à  mon patronyme, je  présente mes activités sous la marque « LEBON-Conseil » :-)
Après un passage chez un opérateur local Wifi intervenant sur les zones blanches de l'ADSL en Midi-Pyrénées, je me suis « immergé » dans la problématique du Très Haut Débit sous ses aspects réglementaires, législatifs, économiques... en capitalisant sur mon approche des territoires ruraux du grand sud-ouest et des constats que j'avais pu faire sur le terrain : quasi-abandon de certains territoires par l'opérateur historique, dégroupage balbutiant, mauvais niveau de service des offres haut-débit pouvant aller jusqu'à une dégradation inacceptable du service téléphonique … et des lignes de cuivre support de celui-ci !
Ma fréquentation des colloques et autres Assises, dont RURALiTIC, le suivi attentif de la « montée en charge » de l'ARCEP en terme de production de documents supports, recommandations, décisions sur des sujets comme le FTTH, la Montée en Débit sur le cuivre, m'ont permis d'exprimer sur mon blog mes « prises de positions liées » et de « recouper » mon constat avec celui effectué par d'autres sur d'autres territoires que le Sud-Ouest...
L'installation du concept de SDAN (devenu SDTAN) c'est à dire de Schéma Directeur d'Aménagement du Territoire par la Loi dite Pintat « contre la fracture numérique » du 17 décembre 2009 a contribué à démultiplier mes missions de conseil, jusque là menées de façon autonome auprès de Communes et Communautés de Communes, notamment en position de « partenaire local » du groupement  de cabinets de conseils parisien E-RESO / Stratégic-Scout dans le cadre de schémas directeurs du Très Haut-Débit.
C'est ainsi que je suis intervenu et interviens encore, sur les SDTAN du Lot et de l'Aveyron, initiés par leurs Conseil Général et Fédération d’électricité respectifs, la Stratégie de Cohérence (SCoRAN) de la Région Languedoc-Roussillon puis son SDTAN.
Et, je tiens à le préciser, dans ces missions de conseil et assistance, les besoins de mes clients et le cadre en place (réglementaire, législatif) sont prioritaires par rapport à mes « états d’âmes et réflexions » au sujet de ce qui pourrait être fait différemment ou mieux, PNTHD en premier !

Pour vous qui êtes sur le terrain, quelles sont aujourd'hui les préoccupations des collectivités locales quant au déploiement d'Internet sur les territoires ?
Globalement, les préoccupations des Collectivités se placent sur différents plans :
  • « service » : disponibilité, cohérence, qualité de l'accès à Internet, ie en Haut-Débit aujourd'hui, à Très Haut Débit demain... et pour ce dernier, rares encore sont les collectivités que je rencontre, dans les « ruralités » où j'interviens, de niveau inférieur au Conseil Général (communautés de communes, communes) qui expriment des besoins forts de THD pour leurs entreprises, points de Service Public et résidentiels... Le plus souvent, ce sont des préoccupations de « Montée en Débit » sur leur territoire qui sont exprimées, même si de temps en temps on trouve un « visionnaire » qui comprend ou a intuité les avantages de la fibre (symétrie des débits, QoS, faible latence, « scalabilité »
  • « financement » : les collectivités territoriales ont souvent des budgets restreints ou soumis à des incertitudes, du moins l'affirment elles, en relation avec la crise, la réforme territoriale, la suppression de la Taxe Professionnelle, etc. Elles estiment que la part de l'état (via le FSN) est insuffisante au regard des montants à investir pour déployer le très haut débit, en FTTH, sur leurs territoires. Elles déplorent de ne pas avoir de certitudes sur le financement de leurs projets, au delà de la phase 1 de lancement (via le FSN), et focalisent sur l'absence d'information sur les modalités d'abondement du FANT qui en prendra le relais.
  • « économique » :au sens de la  préservation de l'économie de leurs territoires, de son développement.
  • « sociétal » : au sens de ne pas laisser se développer une fracture numérique :
    • entre ceux qui disposent et maîtrisent l'accès à Internet et ceux qui, déjà, ne peuvent pas y accéder soit parce que cela coûte trop cher, soit parce qu'Internet n'est pas accessible pour eux du fait de leur "distance au NRA"  ou parce qu'ils refusent telle ou telle technologie d'accès (radio, satellite, ...)
    • entre ceux qui vont disposer à l'horizon ~2015 d'un accès THD, et ceux qui resteront une décennie encore à Haut-Débit/
  • la « ligne conductrice » étant de ne pas fragmenter un peu plus leurs populations d' administrés sur des critères arbitraires : géographiques, techniques, financiers e de garantir une péréquation optimale de l'accès à Internet...
  • « existentiel » : versus la priorité octroyé aux opérateurs privés pour préempter leurs territoires, de fait sur les fractions les  plus rentables de ceux-ci, avec la sensation de ne plus être maître chez elles... en étant considérés comme des « supplétifs ». Le débat entre le président de l'ARCEP et celui de la région Aquitaine a d'ailleurs été très vif, avec des mots lourds lors des Assises du Numérique, en une forme d'affrontement entre Jacobins et... Girondins !
Remarque au passage : rares encore (la Gironde fait justement exception) sont les collectivités locales ayant la préoccupation de développer pro-activement les usages « résidentiels et service public » du Très Haut-Débit (au delà de comptabiliser et géoréférencer les sites publics et privés potentiellement consommateurs de Mbits/s dans la phase d'expression des besoins de leur SDTAN). Des programmes nationaux et régionaux existent, sur les thématiques Télétravail, Espaces de Médiations numériques (EPN, Cyberbases, PIMMs), mais restent pour l'instant encore au stade des intentions sur la télé-médecine, l'aide au maintien au domicile, la e-education...  Le THD est encore par trop assimilé à un accélérateur de consommation (et production pour les plus geeks) de flux vidéos, Haute Définition autant que possible...
Quelle est la situation dans votre département du Lot ?
Avec une densité de population de 33 habitants par hectare et 175.000 habitants, un « taux de ruralité » (au sens de la DATAR) qui amène le taux de subvention à la prise FTTH à 385 € (pour un maximum de 435 € - seule la Creuse fait mieux), et 5 centraux dégroupés parmi 126 (dont 2 seulement par 2 opérateurs), 61 sous-répartitions rendues non éligibles à l'ADSL, pour cause de gros MUX en transport... le département du Lot « part de loin »...
Certes, au vu du passif de « zones blanches », une majorité d'entre elles ont été traitées en Wifi dans le cadre des appels à projets de la Région Midi Pyrénées (marchés de travaux suivis de DSP en affermage, pour des communes, groupements de communes et/ou EPCI... avec subvention jusqu'à 60% du budget global des travaux).
Certes, l'opérateur historique a entrepris de travailler sur la résorption des « gros MUX » (8 ont déjà été neutralisés), et poursuit son effort d'opticalisation des petits NRA et de rénovation de portions de boucle locale en mauvais état : cuivre, protections surtensions, mises à la terre...
Par ailleurs, avant de décider de lancer son SDTAN, le département  avait engagé environ 9 M€ pour créer un réseau de fourreaux (2 axes nord-sud, 1 axe ouest-est), infrastructure support d'un futur réseau de collecte, dont seul celui allant de Cahors au sud de Brive est aujourd'hui équipée de fibres optiques (faisant appel à des IRU - location sur 20 ans de fibres prises chez E-Tera, Arteria, ASF). Objectif : apporter du Très Haut-Débit dans les principales zones d'activité et contribuer à accélérer le dégroupage.
Mais trop de communes sont encore desservies par un ADSL à faible débit, quand il ne s'agit pas de Re-ADSL, avec un débit descendant entre 380/420 Kbits/s et 2 Mbits/s... pas toujours disponible, « les jours de pluie et de vent » (sic) pour certains ! (voir mon blog).
Orange et SFR on signé récemment un « traité de Yalta du Très Haut Débit », se répartissant à 3/4 – 1/4  le raccordement de près de 10 millions de foyers. Est-ce une bonne nouvelle ?
Oui, pour les communes retenues (majoritairement celles des communautés de communes ou agglomérations « phares » de leur département (en dehors des éventuelles communes classées parmi les 148 laissées en pâture aux privés). Enfin, oui et non, parce que apprendre qu'on fait partie des zones d'AMII - Appel à manifestations d'intentions d'investissement - et découvrir qu'il faudra attendre 2016 pour voir se commencer le déploiement du THD ça refroidit quelque peu.Certes, cela va alléger leur « budget déploiement » d'autant, mais avec quelles garanties de « bon achèvement » ?!
Bref, les Collectivités auraient bien aimé avoir un rôle « plus égal » intégrant leurs priorités en terme d'Aménagement Numérique Territorial, dans ce processus de concertation « à venir » dans  le cadre des  Commissions Consultatives Régionales d'ANT... où elles vont partir pour négocier des aménagements et obtenir des garanties... et en direct pour celles qui disposent des ressources, humaines, financières nécessaires à conduire une négociation elles même avec leur Assistant Maître d'Ouvrage, afin de boucler leur SDTAN au plus vite et surtout déposer leur projet dans la foulée.
Par ailleurs, il importe de « décliner » l'accord, territoire par territoire... le « poids » en populations concernées par cet accord de co-investissement étant bien plus fort dans les départements les plus denses (ou les moins ruraux)… des zones moins denses ! Pour exemple à peine 23% des foyers lotois sont concernés par cet accord... On est loin du communiqué de satisfaction de l'ARCEP qui parle de 60% des foyers !! Le président de l'ARCEP vient certes, par 2 fois donc, devant les Sénateurs et lors du dernier GRACO, d'affirmer que les collectivités territoriales pouvaient toujours tenter l'option SIEG étendu aux zones d'AMII, permise par les directives de l'UE relatives aux aides d'état, mais il reste de mon point de vue à « homogénéiser leur cadre d'action» entre ce que dit l'UE, ce que la réglementation de l'ARCEP permet, et ce que l'état accepte de financer dans le cadre du Plan National THD.
En tout état de cause, ceci ne fait que rajouter une couche supplémentaire de « concertation » lourde, au périmètre des SDTAN, que les collectivités n'avaient pu anticiper lorsqu'elles se sont lancées et retenus leurs AMO, dans l'élaboration de ceux-ci.
Que pensez-vous de la réalisation de Patrick Darlot, maire de Saint Bresson, et des difficultés qu'il a rencontrées ?
D'abord je dis : chapeau !

Nous sommes typiquement là dans le schéma de la rencontre sur un territoire « sinistré de l'ADSL » entre un leader entouré d'une équipe de bénévoles avec le soutien d'un opérateur local « très agile », soutenu par une communauté de Wifistes ruraux (cherchez sur Google le concept de Rural Area Network …) qui fournit une réponse quasi immédiate en Do It Yourself aux attentes d'une commune...  et qui plus est à la hauteur du budget, forcément modeste de ce village.

Au delà de faire la genèse de cette situation, et d'en  rechercher les coupables... les deux questions qui se posent sont
  1. la pérennité de cette réalisation, conditionnée à mon humble avis à la longévité de l'équipe,
  2. la reproduction du modèle dans d'autres situations, sur d'autres sites !
On aura noté de plus à la lecture de votre billet l’engagement à garder un comportement responsable, auto-régulé, de chacun de la petite vingtaine d'abonnés de ce réseau... Qu'un  loup « netgoinfre » arrive dans cette bergerie... et c'est la « cata » ! Certes on peut le virer, résilier,  en espérant qu'il n'ait pas en plus un bon avocat...  C'est du vécu, et c'est d'ailleurs la stratégie qu'utilise un autre élu local du côté du Lauraguais !

Mais finalement si cela leur permet d'attendre les 5, 10 à 15 ans qui les séparent d'une hypothétique arrivée d'un conduit de collecte adapté, fibré, à une distance acceptable de Saint Bresson, ou d'un RIP gardois FTTH...
Car comme le dit P. Darlot, je les imagine capables de fibrer leur village comme des grands, de se constituer un PM (Point de mutualisation) activé avec un bon switch installé à la Mairie, et de replonger pour quelques années de plus avec un beau réseau AON (Active Optical Network) et leur AS (Autonomous System) et le « range d'adresses IP »  qui va avec, leur routeur BGP... etc etc... bien à eux !!! Le tout en priant que l'équipe reste en place, sinon se renouvelle... et en leur disant au passage qu'il ne leur faut pas rêver que Orange, Free, SFR viennent délivrer leurs services sur cette poche ! Mais comme ils en sont bien conscients...

Avez-vous connaissance d'exemples similaires et si oui lesquels ?
Saint Bresson n'est pas un « cas » isolé... Un tour sur la « liste RAN-Group » vous permettra de découvrir d'autres initiatives Wifi-libristes en Dordogne, en Bretagne (« Le Net du Kermeur »), ou plus près dans le Tarn avec « Carbodebit » à Carbes à proximité de Castres, ou encore à Ferrières où le réseau « déserté » par un opérateur local défaillant, a été repris en « régie municipale » avec une exploitation confiée à une compétence locale experte des solutions WIFI 2,4 GHz et 5,4 Ghz (avec la chance de l'avoir « à la maison »). Tous ont pour « point commun » un leader local, élu ou technicien, qui porte le projet !
Et la liste n'est pas exhaustive !! Il en existe d'autres … dont un en Lozère (Lafage Saint Julien et environs), dans la Saône et Loire et certainement plein d'autres qui ont répliqué les solutions documentées et partagées sur le net dans leur coin, sans bruit...

Est-il imaginable qu'un petit village s'occupe seul de son raccordement à Très Haut Débit en fibre optique ? Si oui, quelle serait pour vous la meilleure démarche ?
Question de fond à rajouter, de mon point  de vue à la « liste de courses » des points à intégrer au Plan National THD pour en sortir une Version 2. Ce modèle DIY, plus ou moins, est-il réplicable aux déploiements de « poches FTTH » à plus ou moins grande échelle comme d'autres l'ont fait à l'étranger (ville de Nuenen en Hollande... voir mon blog et celui de JM Billaut). Le concept de « barning »  étendu au FTTH et siglé B4RN (Barn for Rural Network) chez nos amis de l'autre côté de la Manche a-t-il un avenir chez nous ? L'idée est à creuser, avec un jeu de mot à peine voilé...

Personnellement je pousse les groupes de réflexion où je m'active pour que cette possibilité soit approfondie et accompagnée (professionnalisation des intervenants, formation, coopératives pour l'achat de matériel, normalisation de processus, règles d’ingénierie). Mais il est encore un peu tôt pour en parler...
Jean-Michel Billaut, que vous connaissez, participe au projet de raccordement en très haut débit de son village de Villiers le Mahieu, à 45 km à l'ouest de Paris. Connaissez-vous ce projet, et qu'en pensez-vous ?
Oui, je le connais. Mais le projet semble un peu s'engluer et se dénaturer par l'intervention de personnes qui n'étaient pas au démarrage du projet... Mais bon, cela peut se débloquer !

Il existe un petit opérateur, Wibox, positionné sur le haut débit en zones rurales : est-ce une alternative au « do it yourself » ? A-t-il selon vous  les moyens de ses ambitions ? 
Je connais bien son directeur, Thomas Gassilloud, également issu, au tout début, de la mouvance RANiste, avec un réseau du côté de Pomeys, dans les Monts du Lyonnais... et nous avons même fait un court chemin ensemble fin 2007/2008.

Wibox est multi-technologies (au sens des réseaux supports : WiMax, Wifi, DSL, FTTH) et s'appuie sur des infrastructures déployées par des tiers (à l'exception de la partie interconnexion Internet, pour laquelle j'ai cru comprendre qu'elle faisait appel à des partenaires, comme Lasotel) dont sa maison mère Altitude Infrastructure. Wibox a une politique commerciale très « active » sur le réseau FttH SIEA de l'AIN (où d'ailleurs Luxinet avait déployé ses premiers réseaux WIFI, en propre pour ce coup), sur les plaques expérimentales FTTH d'Aumont-Aubrac, Chevry-Cossigny..., sur des réseaux WIMAX déployés par Altitude Infrastructure I et d'autres « opérateurs aménageurs ».

Altitude Infrastructure est-elle prête à investir en dehors du cadre de délégations de service public ? Il faudrait interroger leurs dirigeants ! Serait-elle prête à accompagner/encadrer des initiatives locales en mode DIY ? Même réponse... Il y a un risque financier certain pour une entreprise ! A moins que ce risque soit « délégué » à Wibox directement ?

Un autre point est à considérer également : celui de la concentration, inévitable, des acteurs « FAI Locaux » Cet été par exemple Nomotech a racheté Numéo, et c'est aujourd'hui sous la marque Ozone que Nomotech intervient en position de FAI. Il y a un cap à dépasser de « seuil d'abonnés » pour que toute la chaîne de relation client et de déploiement / maintenance ne constitue pas un risque lourd, déjà de dégradation de la qualité du support client, ensuite financier. pour l'entreprise ! Surtout avec une vocation « nationale » affichée d'opérateur de la « ruralité ». Bref, à la question sur les « moyens de son ambition », je préfère répondre « joker » !

Vous avez participé à la consultation sur le plan « France Numérique 2020 » : quelles sont les grandes lignes de vos préconisations ?
Ma contribution a été essentiellement centrée sur l'axe 1, ie la thématique « Permettre à tous les français d'accéder aux réseaux numériques ».
En premier, j'ai voulu insister sur la composante « territoriale » de cette action, en rappelant que derrière les mots « France » et « tous les Français », il y a, au moins, deux grandes notions :
  • l'approche « population » :quel % de la population toutes catégories (d'âge, de culture, de formation, de niveau social...) confondues, ayant accès aux « réseaux numériques »,
  • l'approche « territoriale » : celle qui distingue les zones urbanisées et industrielles à forte densité de population des zones à faible densité de population d'une économie plus tirée par l'agriculture et le tourisme...
Sur cette base, en alternative à la ré-industrialisation, j'ai affirmé que le « numérique » permettrait d'envisager un certain rééquilibrage de ces deux niveaux de « fracture », par le potentiel de développement économique des territoires ruraux (repopulation, développement du « tertiaire ») par les activités de télétravail, de e-commerce et de façon connexe de services de proximité (distribution, commerce local, …). Et en guise de clin d’œil à mon ami Pierre Ygrié, j'ai cité une de ses interventions auprès d'élus :
« ce n'est pas l'attrait au Très Haut Débit des Lozériens (ou des Lotois pour ce qui me concerne) d'aujourd'hui qui me préoccupe, mais bien celui des Lozériens de demain » !!

Sinon, en premier, j'ai formulé 8 propositions, en deux documents (le premier est le seul en ligne sur le site France Numérique) dont certaines d'ailleurs recoupent le projet de loi Maurey / Leroy déposé au Sénat..., pour tenter de « tenir l'objectif 2025 »  d'une France à Très Haut Débit, propositions visant à la définition d'une Version 2 de ce PNTHD qui fait tant débat dans les colloques et milieux politiques :
  1. un choix clair, régionalisé et cadencé d'un seuil de « switch-off » Cuivre → Fibre Optique , intégré dans les SDTAN, rendus opposables, avec en corollaire un travail à mener  avec les acteurs du service universel de téléphonie, pour qu'il soit décliné dès que possible SUR la fibre !
  2. des modalités d’abondement du FANT enfin déterminées, et conséquence du point précédent, une taxe sur le cuivre, directement prélevée sur les revenus du « dégroupage » (les 9 €, avec une modulation fonction de l'avancée des déploiements fibre optique)
  3. la Compétence A.N.T. reconnue pour les C.T., introduite par la loi dans le C.G.C.T (L1425-2 ou 1425-3 à créer) et le C.P.C.E. avec description des droits et devoirs associés, dont le statut d'opérateur d'opérateur... et d'opérateur d'immeuble à l'échelon communal et EPCI,
  4. la « parité de priorité » reconnue aux C.T. versus les opérateurs privés sur les territoires « zones denses et zones d'AMII dans le cade de projets intégrés ou de SIEG, permettant ab initio de lancer des projets de RIP péréqués...
  5. un travail de normalisation portant sur les matériels et process industriels encadrés permettant d'envisager un déploiement des réseaux FTTH « par le bas » à l'initiative des communes dans le cadre de leurs PLU élargis ANT, dans une optique de réduction des coûts,
  6. un cadre de Montée en Débit sur le cuivre, strictement régulé, ne laissant pas la place comme aujourd'hui, à l'oligopole de l'ADSL pour  faire perdurer plus longtemps que de raison, le cuivre sur certains territoires, y compris des communes déclarées FTTH dans les  réponses à l'AMII, par substitution en THD cuivre, basé VDSL2 par exemple...
  7. en corollaire, un cadre de Montée en Débit sur le cuivre vraiment adapté à la ruralité, ciblée sur les sous-répartiteurs de petites tailles (< 150 lignes, y compris les sous-répartiteurs secondaires), pour éviter un recours « plus que de raison » aux technologies radio, ou pire satellitaires...
  8. à l'autre extrémité, la mise en œuvre des moyens ad hoc (législation, réglementation, régulation) permettant de garantir un « tarif de péréquation » de l'IP collecté, quelque soit le territoire.
A ces préconisations fortement orientées « infrastructures », j'ai recommandé de porter l'effort sur la « médiation numérique dans les territoires » (accompagnement des acteurs et de la profession, renforcement des infrastructures intégrant l'apport du THD) qui est/sera  de plus une solution pour la réduction de la fracture numérique sociale ET territoriale !

Avez-vous un message à faire passer à l'ARCEP, qui régule le secteur des télécoms, ou au ministre Eric Besson, en charge de ces dossiers ?
Le premier message est que l'on veuille bien dépasser le seuil de l'écoute polie des acteurs de la « société civile » porteurs d'une vision décalée par rapport à celle des grands acteurs ! Nous étions 3 de ce « profil », aux côtés des représentants des « grands » industriels, lors du tour de table organisé le 27/9 au Ministère, et la phase de concertation nous a oubliés ! Pour l'ARCEP cela veut dire être plus transparent dans les synthèses de « consultation des acteurs » et faire remonter les divergences d'opinion de façon claire. Le rapport au Parlement sur les coûts de la boucle cuivre est un contre-exemple de transparence alors que des réponses (Caisse des Dépôts, AVICCA, Numéricable…) avaient formulé des avis divergents de la position « jacobine » autorisée, en recommandant des solutions pour l’alimentation du FANT !
Ainsi, j'ai noté dans les 4 pages du document de synthèse France Numérique 2020, que seuls les points 10 à 13 traitent en moins de 10 lignes des aspects infrastructures et ANT... J'attends de voir si  un « How To », un document plus détaillé sera publié pour y découvrir l'ébauche du PNTHD v2 que nous sommes nombreux à réclamer, et qu'on ne vienne pas me sortir l'histoire du « train en marche qu'on n'arrête pas » ! J'ai noté aussi que les mots « médiation numérique » sont absents du document, l'axe  « réduction de la fracture numérique sociale » ayant même disparu ?!

Le second, c'est que l'on veuille bien descendre d'un cran, dans l'observation des territoires, en allant jusqu'au niveau de statistiques régionalisées (voire départementalisées) pour prendre en compte les disparités de couverture, services, classes de débit... en fixe comme en mobile ! Et ça, je l'ai dit en aparté au président Silicani lors du GRACO ! Ce serait une garantie de discours, avec un référentiel non contestable,  moins en écart avec ce que vivent au quotidien certains territoires comme l'a affirmé le sénateur Maurey dans son dernier rapport. Je note que le cahier des charges des licences 800 Mhz LT est une avancée sur ce point... nous verrons bien la régulation qui s'exercera !
Le troisième message, dédié à l'ARCEP, est de réfléchir, au delà des données statistiques déconcentrées (tiens au fait, j'ai posé la question de l'open-data et des télécoms au GRACO !), à ce que l'ARCEP fasse descendre ses équipes dans les CCRANT ou les préfectures de région voire des collectivités de niveau conseil généralou communautés d'agglomération, au démarrage de leur carrière, pour une bonne prise de conscience initiale que « tout n'est pas comme à Paris » ... Je pense que cela serait formateur et éviterait bien des blocages dogmatiques que je rencontre : la montée en débit est un dossier remarquable de ce point de vue.

Au delà, j'ai plein de « Mind the Gaps » mais mon blog en est le recueil et reflet !

http://www.zdnet.fr/blogs/infra-net/deploiement-du-tres-haut-debit-en-zones-rurales-le-point-de-vue-d-un-expert-39766404.htm#xtor=EPR-100

samedi 17 septembre 2011

Licences 4G : Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR candidats sans surprise

par Olivier Chicheportiche, ZDNet France. Publié le jeudi 15 septembre 2011

Licences 4G : Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR candidats sans surpriseBusiness - Pas de surprises pour ce premier appel à candidatures qui concerne l'attribution de fréquences dans les bandes 2,6 GHz.

C'est aujourd'hui à midi que les candidats à une licence de téléphonie mobile 4G devaient déposer leurs dossiers à l'Arcep, le régulateur des télécoms. Et il n'y pas eu de surprises puisque les 4 opérateurs de réseau français sont bel et bien présents. Aucun autre acteur, notamment étranger, n'a fait acte de candidature.

Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR ont donc déposé leurs dossiers pour l’attribution de fréquences dans les bandes 2,6 GHz, celles concernant les zones denses.

"L'Autorité va désormais procéder à l'examen de ces dossiers, notamment de leur recevabilité, selon la procédure prévue par l'appel à candidatures. L’annonce des résultats de la procédure devrait intervenir avant la mi-octobre 2011", explique l'Arcep dans un communiqué.

Quant à la bande 800 MHz, issue du dividende numérique, son attribution fait l’objet d’une procédure distincte, pour laquelle la date limite de candidature est fixée au 15 décembre 2011.

Contestations

Le prix de réserve - soit le niveau minimum pour les enchères - de ces licences est finalement fixé à 2,5 milliards d'euros (700 millions pour le 2,6 Ghz, 1,8 milliard pour le 800 Mhz), contre 2 milliards évoqués précédemment.

Le dispositif est complexe. Les fréquences de la bande 2,6 gigahertz - fréquences hautes - seront découpées en quatre lots. La bande 800 megahertz - fréquences basses - fera l'objet de quatorze lots, qui devraient être attribués début 2012.

Le cahier des charges pour les futurs candidats, établi par le régulateur des télécoms (Arcep), stipule notamment l'obligation de couvrir 98% de la population française d'ici 12 ans et 99,6% d'ici 15 ans pour le 800 MHz, et de couvrir 75% d'ici 12 ans pour le 2,6 GHz. Il doit également permettre un meilleur accueil des opérateurs mobiles virtuels.

Rappelons néanmoins que ce dispositif est contesté par plusieurs acteurs comme Bouygues Telecom et Free. Ce dernier a déposé un recours devant le Conseil d'Etat qui a été rejeté. Bouygues de son côté met en avant le risque de brouillage de la 4G sur la TNT et ne veut pas payer la note.

Reste que l'enjeu est important puisque la 4G à la sauce LTE (Long Term Evolution) est censée régler en partie les difficultés de saturation des réseaux mobiles à l'heure où le trafic explose grâce à un débit pratique qui se situera autour des 40 Mb/s.

Pour autant, son déploiement prendra du temps, notamment à cause des finances serrées des opérateurs. "On ne veut pas répéter l'erreur de la 3G lancée trop tôt avec des terminaux inexistants. Le risque semble moins élevé avec la 4G puisqu'un écosystème semble se mettre en place, notamment aux Etats-Unis mais nous pensons que le décollage aura lieu entre 2012 et 2013", nous explique Pierre-Alain Allemand, directeur général réseaux de SFR.

Et de poursuivre : "Par ailleurs, la 3G en a encore sous le pied. Sur notre réseau, 12 grandes villes sont couvertes en 21 Mb/s théorique. Et d'ici la fin de l'année, Paris, Lyon et Marseille seront couverts en 42 Mb/s notamment grâce à la généralisation des liaisons en fibre optique. Quant à la 4G, nous misons plus sur le LTE Advanced qui permettra un vrai gain, mais nous ne tablons pas dessus avant 2015."

http://www.zdnet.fr/actualites/licences-4g-bouygues-telecom-free-orange-et-sfr-candidats-sans-surprise-39763941.htm#xtor=EPR-100

lundi 12 septembre 2011

eCall : Bruxelles presse les Etats de l'UE à adopter le système d'appel d'urgence

eCall : Bruxelles presse les Etats de l'UE à adopter le système d'appel d'urgenceRéglementation - La Commission européenne a adopté une recommandation pour inciter les Etats de l'UE à mettre en place eCall, le système d'appel automatique des secours en cas d'accidents routiers d'ici 2015. Objectif: sauver 2 500 vies par an.

La Commission européenne a adopté jeudi 8 septembre « la première mesure visant à garantir que d’ici à 2015 la voiture d’un particulier pourra composer un numéro d’urgence à sa place en cas d’accident grave ». eCall appellera automatiquement les secours en cas d’accident, en transmettant les données géographiques du véhicule. Il pourra aussi être déclenché manuellement.

La Commission souhaite que le système eCall équipe tous les nouveaux modèles de voitures et de véhicules légers dès 2015. En cas d’accident grave, ce système compose automatiquement le 112, le numéro d’appel d’urgence unique européen et transmet aux services d’urgence la localisation du véhicule.

http://www.zdnet.fr/actualites/ecall-bruxelles-presse-les-etats-de-l-ue-a-adopter-le-systeme-d-appel-d-urgence-39763727.htm#xtor=EPR-100

mardi 6 septembre 2011

Licences 4G et brouillage : les opérateurs devront payer, dit Eric Besson

Licences 4G et brouillage : les opérateurs devront payer, dit Eric Besson Réglementation - Le ministre en charge de l'Economie numérique a également une nouvelle fois rejeté les critiques de Free quant au prix des licences mises en vente.

Le gouvernement ne cèdera pas. Face aux critiques des opérateurs mobiles concernant le dossier d'attribution des licences 4G, Eric Besson, ministre en charge de l'Economie numérique, reste inflexible dans les colonnes du Figaro.

Premier point : le brouillage possible de la TNT par les ondes de la 4G, un point soulevé depuis plusieurs mois par Bouygues Telecom et confirmé par l'Arcep, le régulateur des télécoms.

Pour Eric Besson, le problème reste marginal. "Nous évaluons ce risque à moins de 2 % des foyers", explique-t-il, ce qui représente néanmoins une masse importante de Français concernés.

Et d'ajouter : "Afin de faciliter le traitement de ces éventuels brouillages, le gouvernement va mettre en place un numéro de téléphone unique, avec un petit centre d'appels, pour que les particuliers puissent signaler ces éventuelles interférences sur leur téléviseur et obtenir la mise en relation avec l'opérateur responsable. Ce dispositif sera financé par l'ensemble des opérateurs, à raison de 2 millions d'euros par an pendant cinq ans".

Recours

Rappelons que le gouvernement a modifié « in extremis » son projet d'ordonnance de transposition du Paquet Télécoms. Une modification, via l’introduction de l’article 44, qui lui permet de reporter sur les opérateurs la gestion des problèmes liés aux interférences.

Un joli cadeau de rentrée pour les opérateurs... Or, pour Bouygues Telecom, le coût se situerait entre 500 millions et 1,7 milliard d’euros et le brouillage concernerait 20% des foyers. Un budget qui s’ajouterait au prix d’obtention d’une licence 4G. La firme de Martin Bouygues juge ces dispositions illégales.

"Il en résulte un niveau d'incertitude et d'indétermination qui ne permet pas aux opérateurs de faire acte de candidature à l'attribution des fréquences dans des conditions raisonnables de sécurité juridique" critique la société dans sa lettre au Conseil d’Etat.

Interrogé par ZDNet.fr, Frédéric Ruciak, Directeur Général Adjoint, Marché Grand Public de Bouygues Telecom répète : "On achète une fréquence pour un usage mais on ne peut pas investir s’il y a incertitude sur cette question du brouillage. Un brouillage de la TNT à cause la 4G nous ferait porter une lourde responsabilité juridique et financière. Il y a donc un enjeu financier induit par ce risque et nous demandons donc une clarification. L’Etat doit prendre ses responsabilités par rapport à un bien qu’il vend".

Second point de contentieux, le mode de paiement des licences. Free a déposé un recours devant le Conseil d'Etat estimant que le "paiement immédiat des licences" constitue une "discrimination", car "les modalités de paiement retenues favoriseraient les groupes aux poches profondes par rapport aux acteurs plus petits".

Réponse du ministre : "Le gouvernement met en vente des fréquences rares de très grande qualité, dont tous les pays disent qu'elles sont stratégiques. Nous le faisons avec le double objectif de couverture du territoire et de stimulation de la concurrence, au bénéfice du consommateur. Un opérateur craignait qu'un monopole ou un duopole ne se recrée. Or cet appel à candidature est le premier à comporter des critères aussi favorables à la concurrence : création de quatre lots afin que tous les opérateurs actuels puissent espérer trouver leur place, création d'un critère favorisant les offres d'accueil d'opérateurs virtuels".

Et de poursuivre : "Nous avons été aussi loin que possible pour favoriser la concurrence. Mais nous avons aussi besoin d'opérateurs solides, capables de réaliser les investissements très importants des années à venir, tant pour le déploiement du très haut débit mobile que pour celui de la fibre optique".

http://www.zdnet.fr/actualites/licences-4g-et-brouillage-les-operateurs-devront-payer-dit-eric-besson-39763566.htm#xtor=EPR-100

mardi 30 août 2011

Licences 4G : le gouvernement rejette les critiques de Free

Licences 4G : le gouvernement rejette les critiques de FreeRéglementation - Free conteste les modalités de paiement retenues pour l'attribution de ces licences, qui avantage selon lui les opérateurs les plus puissants et saisit le Conseil d'Etat.

Le torchon brûle à nouveau entre Free et le gouvernement autour du dossier des licences 4G. On le sait l'opérateur a plusieurs fois contesté les modalités d'attribution qui ont été fixées, et a même déposé un recours devant le Conseil d'Etat.

Le trublion s'oppose au "paiement immédiat des licences" au motif que cela constitue une "discrimination", dont "les modalités de paiement retenues favoriseraient les groupes aux poches profondes par rapport aux acteurs plus petits", selon Le Figaro qui s'est procuré la saisine.

Ce lundi, le gouvernement est revenu sur ce recours et rejette les critiques de Free. Eric Besson, ministre en charge de l'économie numérique indique qu'il est impossible de décaler le paiement des licences.

Brouillage

"Je ne peux pas (accepter) parce que la loi ne le permet pas, a déclaré le ministre sur France 2. La loi de Finances dit très clairement que pour la quatrième génération (...) ces fréquences doivent être payées cette année".

Selon le décret du gouvernement, l'attribution des licences 4G doit se faire dès cet automne. L'État espère retirer au minimum 2,5 milliards d'euros de cette opération. Bouygues Telecom ainsi que le syndicat CFE-CGC d'Orange ont également saisi le Conseil d'État.

Bouygues Telecom affirme que la 4G va brouiller la réception de la TNT dans 20% des foyers et créer des gros problèmes si aucune mesure préventive n'est prise.

Interrogé par ZDNet.fr, Frédéric Ruciak, Directeur Général Adjoint, Marché Grand Public de Bouygues Telecom explique : "On achète une fréquence pour un usage mais on ne peut pas investir s’il y a incertitude sur cette question du brouillage. Un brouillage de la TNT à cause la 4G nous ferait porter une lourde responsabilité juridique et financière. Il y a donc un enjeu financier induit par ce risque et nous demandons donc une clarification. L’Etat doit prendre ses responsabilités par rapport à un bien qu’il vend".

De son côté, le syndicat d'Orange attaque sur le sujet de l'emploi et réclame notamment que ce soit posé le principe d'une localisation des emplois en France. Là encore, Eric Besson rejette cette demande.

"L'Union européenne nous l'interdirait et nous nous tirerions une balle dans le pied", a-t-il affirmé. "Ca veut dire que nous interdirions à France Télécom par exemple d'aller remporter des marchés dans l'UE".
http://www.zdnet.fr/actualites/licences-4g-le-gouvernement-rejette-les-critiques-de-free-39763353.htm#xtor=EREC-103