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dimanche 24 février 2013

Une tablette qui diagnostique les commotions cérébrales

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/une-tablette-diagnostique-commotions-cerebrales

Par L'Atelier - San Francisco 22 février 2013 doctor with an ipad
Les médecins examinent les patients sur base de différents critères de coordination, mais de nombreux facteurs peuvent biaiser le diagnostic. Un appareil mobile capable d'analyser et de traiter les réactions en contexte pourrait accroître la fiabilité et l'efficacité du diagnostic.

Des chercheurs du Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering de l'Université d'Harvard, du Bed Israel Deaconess Medical Center et de l'Hebrew SeniorLife, Boston (BIDMC) ont développé un appareil qui mesure la coordination main – œil pour identifier des défauts neuromusculaires causés par un accident, l'âge ou d'autres conditions. La première étude clinique d'un « nouvel appareil d'évaluation neurologique rapide », au cours de laquelle les sujets suivaient sur une tablette, à l'aide d'un stylet, une cible mobile, a pris fin récemment. L'analyse des résultats des sujets en fonction de leur âge, de leur sexe et de leur latéralité a débouché sur des statistiques sur les différences de réaction, entre individus, aux exercices réalisés sur l'appareil.
Evaluer la performance neuro-musculaire
La plateforme mobile apporte au diagnostic médical les avantages habituels (portabilité, facilité et connectivité) mais le nouvel appareil, actuellement baptisé NeuroAssess, apporte d'autres avantages. Il accélère le processus de diagnostic en mesurant les réflexes et le statut cognitif du patient sans la subjectivité d'une évaluation humaine. Le suivi plus nuancé du NeuroAssess pourrait également servir à identifier un plus large éventail d'affections ayant un impact sur la performance cognitive. « Nous avons prouvé, dans des études précédentes, qu'une perte de complexité peut être associée à un éventail de problèmes de santé chez l'homme, de l'insuffisance cardiaque congestive à l'apnée pendant le sommeil et à l'âge », déclare le membre de la Faculté de Wyss Core Faculty, Ary L. Goldberger, M.D.
Le suivi sur tablette peut trouver sa place dans le processus médical quotidien
Pour l'équipe de recherches, la technologie trouvera sa place à côté du thermomètre et du tensiomètre, comme un outil d'analyse médicale standard. Leia Stirling, Ph.D, Wyss Senior Staff Engineer, estime que « comme la tension est prise lors de chaque visite, le résultat neuromusculaire pourrait être suivi dans le temps pour évaluer l'évolution du rétablissement et de la rééducation. » L'annonce du WYSS Institute suggère que l'appareil pourrait également servir à mesurer les effets neurologiques secondaires dans les essais cliniques sur les humains, et on pourrait facilement imaginer une utilisation routinière, en dehors des cas de traumatisme, pour suivre la performance de base et fournir au praticien les signes précurseurs de développement d'une affection. L'appareil pourrait également permettre de diagnostiquer les affections neurologiques plus tôt et déboucher sur de nouveaux types de traitement ou de prévention.

lundi 23 juillet 2012

France : une culture de l'innovation qui peine encore à émerger

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/france-une-culture-de-innovation-peine-emerger

Par Aurore Geraud 23 juillet 2012 innovation in France har
L'innovation en France, encore douloureuse ? Pour beaucoup, oui. Les responsabilités sont nombreuses, mais les projets et initiatives à venir pour tenter de changer la donne également.
La France n'aurait pas produit d'entreprises véritablement innovantes depuis plus de 40 ans. C'est le constat plutôt dur effectué récemment par Terra Nova, un think tank dédié à la réflexion sur des solutions politiques innovantes, dans son rapport intitulé "L'innovation en France : un système en échec". Un constat d'ailleurs partagé par Pascal Morand, directeur général de l'ESCP Europe et intervenant à l'Institut pour l’Innovation et la Compétitivité, un autre think tank consacrée cette fois à l'innovation en Europe. Selon celui-ci, "le sujet n'est pas nouveau, car il manque à la France une véritable culture d'innovation qui nécessiterait, en fait, une innovation sociétale". Qui pourrait avoir lieu, selon les analystes de Terra Nova, si, dans un premier temps, les chiffres de l'investissement en recherche et développement et en innovation en France se rapprochaient un peu plus des autres pays.

Un retard conséquent dans les dépenses en R&D

Car en effet, l'étude montre que la moyenne de la Dépense Intérieure en Recherche et Développement rapportée au PIB pour l'OCDE en 2008 se situait autour de 2,3%, alors que la France n'atteignait alors que 2%. Elle se plaçait ainsi en dessous de l'Allemagne qui atteignait 2,6% et bien loin derrière les États-Unis et le Japon qui pour leur part comptabilisaient respectivement 2,8% et 3,4%. A ces chiffres s'ajoute une donnée inquiétante, la France se positionne parmi les très rares pays ayant vu leur ratio de recherche et développement diminuer sur les dix dernières années. Des chiffres donc alarmants mais qui n'expliquent pas tout, selon Pascal Morand : "évidemment plus il y a de R&D, plus il y a d'innovation, mais je regrette que de nombreuses études ne s'appuient que sur ces données économiques pour justifier le retard". Car pour celui-ci, il est très réducteur de ne pas prendre en compte
d'autres facteurs comme le design, la démarche globale des entreprises ou même la diversification des équipes.

Des initiatives qui devraient changer la situation à l'avenir

Alors comment faire émerger l'innovation dans un pays qui ne possède pas une telle culture de croissance ? "Tout n'est pas actuellement négatif en France mais il est nécessaire de se poser la question de qui apporte des idées nouvelles, et proposer des initiatives en accord", explique-t-il. Comme c'est le cas des pôles de compétitivité, qui sont actuellement un véritable facteur de mobilisation. Et par le biais d'un changement dans l'enseignement supérieur.
Ce que prodigue également le rapport de Terra Nova qui, encore une fois, compare la France aux États-Unis. Rappelant qu'à la différence d'Harvard, Yale ou du MIT, les établissements et universités françaises ne sont pas reconnues internationalement. De plus, alors qu'en moyenne les universités américaines emploient 1100 post-doctorants, en France le chiffre tombe à un chiffre entre 50 et 120. "Il faut donc accorder plus de confiance aux étudiants,
leur permettre de se diversifier, d'effectuer un développement personnel, leur donner les outils pour être partie prenante
", conclut-il.