mercredi 4 juin 2014

Des routes en verre équipées de capteurs solaires

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Publié le 28 mai 2014, à 15h08

Des routes en verre équipées de capteurs solaires
Des ingénieurs américains ont mis au point une technologie dont le but est de remplacer le bitume de nos chaussées. Ce revêtement du futur est en verre, incorpore des cellules solaires et des LED, fait fondre la neige et le verglas et possède des marquages au sol dynamiques.
Le projet Solar Roadways est un système de pavement modulaire constitué de blocs de verre hexagonaux extrêmement résistants contenant des panneaux solaires. Ceux-ci peuvent supporter même les véhicules les plus lourds (plus de 113 tonnes), par exemple dans le cas de transports spéciaux, et peuvent être installés sur les routes, parkings, trottoirs, pistes cyclables, aires de jeux, etc. Ce projet déjà bien avancé est actuellement actif sur le site de financement participatif Indiegogo jusqu'au 31 mai à minuit. Il a déjà récolté plus d'un million de dollars de promesses de dons. Le projet est né [...]

Apple et Google partent à la conquête du marché juteux de la domotique

A lire sur: http://www.usine-digitale.fr/article/apple-et-google-partent-a-la-conquete-du-marche-juteux-de-la-domotique.N265176#xtor=EPR-4

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Apple et Google partent à la conquête du marché juteux de la domotique © nest
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Apple aurait développé un système d'exploitation pour les objets connectés de la maison, Google se lancerait sur le marché de la sécurité domestique intelligente… Pas de doute possible, les géants de la high-tech veulent se tailler la part du lion dans le secteur de la domotique, en pleine croissance.
Après s'être attaqués au marché appétissant du véhicule connecté, les géants du net veulent conquérir le secteur de la domotique, Apple et Google en tête. La firme à la pomme souhaite que son iPhone devienne la clef de voûte de la maison intelligente. Selon le Financial Times, le groupe devrait dévoiler, lors de sa conférence mondiale pour les développeurs le 2 juin 2014, un nouveau logiciel développé pour son smartphone.
Conçu comme un véritable système d'exploitation central des objets connectés, le programme permettrait à ses utilisateurs de contrôler à distance la lumière et le système de sécurité de leur habitation (entre autres). Apple pourrait autoriser des entreprises tierces à créer des produits fonctionnant avec ce nouvel outil de gestion. Elle devrait imposer à ses partenaires un certain niveau de qualité et des restrictions, notamment en termes de respect de la vie privée des clients.
DE NOMBREUX ACTEURS SE POSITIONNENT
Les iPhone équipés du logiciel pourraient recevoir et envoyer des informations grâce à la technologie de communication en champ proche (NFC), même si rien n'est encore  sûr. Ce système permet par exemple à un lecteur d'échanger des données avec n'importe quel terminal mobile, pour payer avec son téléphone portable notamment.
Mais il n'est pas dit que le programme d'Apple parvienne à s'imposer comme la référence du système d'exploitation domotique. De nombreux acteurs privés se positionnent pour capter une part de ce marché naissant. Les institutions publiques s'intéressent également de près au sujet, comme l'Inria et les universités de Hambourg et de Berlin. Elles ont développé ensemble RIOT, un système d'exploitation open source capable, lui aussi, de gérer différents objets connectés.
DES STANDARDS MONDIAUX
Google s'intéresse aussi de près à la domotique. Mais le groupe de Mountain View a choisi une autre stratégie : il rachète des spécialistes du secteur, comme Nest. En janvier 2014, il a déboursé 3,2 milliards de dollars pour mettre la main sur la jeune pousse, qui fabrique notamment des thermostats connectés, fraîchement débarqués en Europe.
SÉCURITÉ INTÉRIEURE CONNECTÉE
Selon The Information, la nouvelle filiale du géant du net discuterait avec une start-up spécialisée dans les caméras connectées baptisée Dropcam, pour un éventuel rachat. La jeune pousse vend une caméra capable de sauvegarder dans le cloud les images qu'elle enregistre. Ses utilisateurs peuvent visionner les enregistrements où et quand ils le souhaitent.
Les discussions en seraient pour le moment à un stade très préliminaire. Mais il ne semble pas incohérent que Google souhaite développer une offre plus complète sur le marché plein de promesses de la sécurité intérieure connectée, via Nest qui dispose déjà en catalogue d'une alarme incendie intelligente.
Lélia de Matharel

Samsung prépare un bracelet connecté dédié à la santé, Simband

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Publié le 30 mai 2014, à 07h23

Samsung prépare un bracelet connecté dédié à la santé, Simband © Samsung
Le sud-coréen Samsung veut renforcer ses positions sur le marché de la technologie portable avec le lancement d'un bracelet connecté capable de donner en temps réel des éléments de mesure, notamment en matière de santé et de forme physique.
Samsung dévoile ses ambitions en matière de santé. Le numéro un mondial des smartphones a présenté à la presse le 28 mai à San Francisco un nouveau bracelet connecté, le Simband, qui peut notamment informer l'utilisateur de sa température, de son taux de globules rouges ou de la distance parcourue, grâce à une connexion Bluetooth ou WiFi. Ce prototype n'est pas destiné à être vendu en l'état mais doit servir de plate-forme à des développeurs externes qui pourront y intégrer des capteurs optiques, acoustiques ou électroniques. Le terminal, encorre à l'état de prototype, sera associé à une plate-forme dans le cloud, baptisée Sami, qui permettra de stocker et d'exploiter les données.
APPEL AUX DÉVELOPPEURS ET PARTENAIRES
"Nous voulons faire venir du talent de l'extérieur", a expliqué Young Sohn, président et directeur de la stratégie de Samsung Electronics Device Solutions.
Le Simband, mis au point avec l'aide de chercheurs de l'institut belge de micro-électronique Imec et de l'Université de Californie-San Francisco, devrait bientôt avoir de la concurrence puisque Apple travaillerait sur un projet similaire, avec une possible iWatch et un carnet de santé numérique, Healthbook.
Avec Reuters (Christina Farr, Patrick Vignal, Benoît Van Overstraeten)

"Le marché des objets connectés, un véritable potentiel industriel pour la France", affirme Fred Potter

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Objets connectés : le casse-tête du made in France

Après avoir remporté deux prix au CES de Las Vegas, le bracelet connecté pour surveiller son exposition au soleil, June de Netatmo, est présenté officiellement à Paris, ce 27 mai. L’occasion pour le fondateur et PDG de Netatmo, Fred Potter de revenir sur  l’état du marché des objets connectés, les OS dédiés ou encore la compétitivité des entreprises françaises du numérique.
L’Usine Digitale - Après la station météo connectée et le thermostat pour smartphone, vous lancez votre bracelet connecté, June, le 15 juin prochain. Pourquoi avez-vous décidé de le produire en Chine ?
Fred Potter - Tous nos objets sont produits dans le détroit de la rivière des Perles, en Chine. C’est là-bas que se trouve l’écosystème nécessaire à notre production. En Chine, le tissu industriel de PME est très développé, il n’existe pas en France.
Et puis, pour être compétitif, il faut trouver le juste coût de production et surtout avoir la meilleure R&D possible. Netatmo vient de recruter une vingtaine d’ingénieurs, venus du monde entier, c’est notre force pour les années à venir.
Le marché des objets connectés pourrait peser jusqu’à 19 000 milliards de dollars en 2020, pensez-vous que ce marché peut constituer un nouveau vivier d’emplois en France ?
Oui mais pas forcément comme on l’entend aujourd’hui. Tout le monde parle de relocalisation de la production, or, comment relocaliser une production qui n’a jamais existé en France ? Moi, quand j’ai un euro qui dépasse, j’ai deux possibilités qui s’offrent à moi : soit j’utilise cet euro pour "relocaliser", soit je recrute un ingénieur, qui va travailler sur l’objet suivant et le rendre le plus performant possible. Je choisis l’ingénieur et je crée un emploi. Le marché des objets connectés est un véritable potentiel industriel pour la France, à condition de bien l’aborder.
Justement, comment doit-elle l’aborder ?
La clé, c’est l’innovation. Il n’y a pas de secret, pour innover : il faut former. On ne forme pas assez d’ingénieurs en France, c’est dommageable. C’est ça le vrai sujet et non pas la question de la relocalisation.
Pour June, avez-vous utilisé un système d'exploitation (OS) particulier ?
Pour notre bracelet connecté, nous n’utilisons pas d’OS, c’est un petit objet. Pour les objets un peu plus gros, nous utilisons Free RTOS, VX Works ou Ecos. Et pour les gros objets, nous recourons aux OS classiques de Google, Microsoft ou Linux.
Êtes-vous favorable à un OS universel ?
Non. Ça ne marchera jamais. Imaginez une voiture universelle, ça n’existe pas, chacun a le droit de choisir celle qu’il préfère, et bien là aussi.

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Google voudrait utiliser les objets connectés comme supports de publicités, êtes-vous favorable à cette extension ?
Google vit de la publicité mais la question ne se pose pas pour Netatmo. Je crois surtout que ce marché n’est pas extensible à souhait. Les détenteurs de nos produits n’ont pas besoin de voir apparaître de la publicité lorsqu’ils ouvrent les applications mobiles dédiées.
Vous n'envisagez pas de tirer de revenus de la publicité... mais quel est votre business model ?
Il est très classique. Tous nos revenus sont basés sur la vente de nos produits avec une petite marge pour financer les objets connectés et la R&D. C’est un business model calqué sur celui des industriels, finalement.
Pour June, quelles sont vos prévisions de ventes ?
C’est assez difficile de faire des projections pour un objet connecté, c’est un nouveau marché mais comme pour la station météo ou le thermostat, je pense qu’on en vendra plusieurs centaines de milliers. Le 15 juin, nous faisons un lancement international.
Propos recueillis par Wassinia Zirar

Comment IBM veut utiliser les big data pour révolutionner la santé et les services

A lire sur: http://www.usine-digitale.fr/article/comment-ibm-veut-utiliser-les-big-data-pour-revolutionner-la-sante-et-les-services.N264909#xtor=EPR-192

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Comment IBM veut utiliser les big data pour révolutionner la santé et les services © crédit photo
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Le super-ordinateur Watson d’IBM va travailler à Wall Street

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IBM mise sur son super-ordinateur Watson pour analyser les big data pour divers secteurs comme la santé, la banque, l'assurance. L'Usine Digitale a rencontré Rob High, CTO du groupe Watson Solutions, lors de la conférence DataBeat à San Francisco, afin de discuter de ces applications industrielles et de la stratégie du groupe.
Watson va révolutionner l'industrie de la santé ! C'est en tout cas ce que Rob High, le directeur de la technologie de Watson Solutions, a martelé lors de la conférence DataBeat. Interrogé par L'Usine Digitale, il a affirmé que les travaux sur ce programme informatique d'intelligence artificielle permettront de révolutionner l'industrie de la santé. En effet, le groupe est en train de préparer de nouvelles solutions pour les médecins et les hôpitaux.
Un exemple : "nous travaillons sur les 'autorisations pré-traitement'. Aux Etats-Unis, les infirmiers et docteurs doivent faire approuver des documents avant de donner un traitement, et ils doivent lire tous les textes concernés pour être dans les règles, ça prend énormément de temps, c'est beaucoup de lecture. Or, s'il y a une chose que Watson sait faire, c'est lire. Il lit l'information lié au patient, les règlementations, et détermine si le traitement devrait être approuvé ou non" explique-t-il. Cependant, "ça ne marche pas pour tout, certains cas sont très compliqués".
De plus, Watson pourra être utilisé pour aider les cliniques à proposer des traitements sur-mesure notamment pour les patients atteints du cancer. "Nous regardons l'historique d'un patient, comparons les similarités entre des millions de patients, observons les micro-segmentations, toutes les 50 000 autres variables qui font que vous êtes qui vous êtes. Nous identifions ensuite des thérapies qui sont spécifiques à chacun. Les cliniques pourront utiliser ce service pour proposer des traitements personnalisés. Nous ciblons actuellement les grands instituts du cancer", ajoute-t-il.
AMÉLIORER LES SERVICES AUX UTILISATEURS
Selon Rob High, Watson permettra aussi aux entreprises de mieux répondre aux attentes des utilisateurs. En effet, "quand les clients ont des questions sur des produits ou des services, au lieu de lire ces informations, ils pourront utiliser la technologie de Watson pour y accéder. Par exemple, quand un individu souhaite se renseigner sur l'hypothèque d'une banque [pour acheter une maison], il recherchera aussi des informations sur le marché immobilier, sur les écoles du quartier, sur les transports..."
En plus des banques, Rob High estime que l'industrie du retail et des assurances pourront aussi bénéficier de cette technologie. "Nous sommes en train de tester un programme pilote actuellement dans une organisation dont nous dévoilerons bientôt le nom", ajoute-t-il.
STIMULER LA CRÉATIVITÉ HUMAINE
Enfin, malgré toutes ces opportunités business pour IBM, Rob High aime rappeler que la technologie Watson doit avant tout faire progresser l'espèce humaine. C'est pourquoi il a testé au sein de ses équipes la "cuisine créative". Après analyse de toutes les recettes possibles et imaginables, "Watson analyse les 6 quintillions [un million à la puissance cinq ou le nombre 10 puissance 30] de combinaisons d'ingrédients possibles, et évalue les différents goûts. C'est une expérimentation et une démonstration de la manière dont les systèmes cognitifs créent des choses que les humains ne pourraient imaginer. Nous pensons ainsi stimuler la créativité humaine", explique-t-il.
Les ordinateurs pourront-ils un jour remplacer l'intelligence humaine ? "Watson ne remplace pas la créativité humaine. Watson n'est pas artistique, il est analytique.", admet toutefois Rob High. "Les êtres humains ont 200 millions d'années d'évolution d'avance, c'est très difficile de recréer cela (...) Je prédis qu'il faudra encore très longtemps avant que les ordinateurs puissent penser comme des humains. Le cerveau est très compliqué et nous ne le comprenons pas encore. Cela fait d'ailleurs 6 décennies que tout le monde prédit l'arrivée des ordinateurs humains."
Preuve qu'IBM veut investir le plus possible dans ce domaine, l'équipe du groupe Watson dirigée par Rob High est passée de 250 personnes à la fin de 2013, à 1 000 actuellement, et devrait compter 1 500 employés d'ici la fin de l'année. "Nous voulons créer un écosystème entier", ajoute-t-il. La bataille des big data a bien commencé.
Nora Poggi

Un smartphone peut servir de générateur quantique de nombres aléatoires

A lire sur: http://www.usine-digitale.fr/article/un-smartphone-peut-servir-de-generateur-quantique-de-nombres-aleatoires.N264654#xtor=EPR-192

Publié le 26 mai 2014, à 14h07

Un smartphone peut servir de générateur quantique de nombres aléatoires © Bytearray render - C.C.
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Une équipe de chercheurs a découvert qu'il était possible d'utiliser l'appareil photo d'un smartphone afin de générer des nombres aléatoires utilisables pour faire de la cryptographie, y compris quantique.
Les générateurs de nombres pseudo-aléatoires sont un élément essentiel de la cryptographie, qu’elle soit classique ou quantique. Ils permettent de sécuriser des transactions bancaires et de transmettre des messages secrets entre des États ou des armées. Toutefois, comme leur nom l’indique, les générateurs de nombres pseudo-aléatoires ne produisent pas vraiment des suites de nombres tirés au hasard car ces nombres dérivent de processus mathématiques et déterministes. Il existe donc une certaine vulnérabilité des codes secrets basés sur l’emploi de ces suites qui ne sont en réalité pas aléatoires au sens exact du terme.
La solution est connue, au lieu d’utiliser les mathématiques on recourt à la physique. Les fluctuations statistiques des désintégrations radioactives en mécanique quantique ou les fluctuations statistiques thermiques des courants d’électrons dans un dispositif électronique produisent un signal bruité que l’on peut considérer comme vraiment aléatoire. Malheureusement, il peut être difficile de mettre en pratique ces générateurs et surtout, bien souvent, ils ne permettent pas de produire la quantité de nombres aléatoires demandée. Des chercheurs de l’université de Genève, viennent d’avoir une brillante idée, pour contourner cet obstacle. Ils se sont aperçus qu’ils pouvaient créer un générateur quantique de nombres aléatoires (quantum random-number generator ou QRNG) simplement en utilisant l’appareil photo à 8 mégapixels du smartphone Nokia N9.

Le Big Data, matière première de toute innovation pour le comparateur de voyages Kayak

A lire sur: http://www.usine-digitale.fr/article/le-big-data-matiere-premiere-de-toute-innovation-pour-le-comparateur-de-voyages-kayak.N265326#xtor=EPR-192

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John-Lee Saez, directeur France, Autriche, Bénélux et Espagne de Kayak © Kayak
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A l'occasion de la Mêlée numérique, à Toulouse, nous avons rencontré le directeur France, Bénélux, Autriche, Espagne du comparateur de voyages Kayak John-Lee Saez. Il nous a expliqué comment le Big Data permet d'améliorer sa plate-forme en continu, afin d'asseoir son modèle économique basé sur la performance.
Pas franchement innovant, le secteur des comparateurs de voyage sur le web ? En apparence, peut-être, l'interface des grands sites n'ayant pas fondamentalement évolué ces dernières années. Mais en souterrain, dans le secrets des algorithmes, ça bouillonne, grâce au Big Data. John-Lee Saez, directeur France, Autriche, Bénélux et Espagne du site américain, a expliqué à la Mêlée numérique comment cette lame de fond modifiait le business en profondeur.
"Ce n'est peut-être pas visible pour le client, et difficile à expliquer dans un spot de pub de 30 secondes, mais nous sommes une entreprise technologique et nous innovons en permanence, raconte le jeune dirigeant, qui a fondé le site CheckFelix, racheté en 2011 par Kayak. 80% de notre staff est dédié à la R&D. Ce sont des développeurs, des programmateurs, des analystes, des statisticiens, des mathématiciens, qui travaillent sur la donnée".
DES DONNÉES SANS INTERMÉDIAIRE
Avant de s'atteler au traitement de la data, il faut sécuriser son approvisionnement. La matière première que vont chercher les clients sur un site comme Kayak, ce sont les informations sur les vols d'avions, les tarifs de chambres d'hôtels, de locations de voiture.
Kayak, c'est quoi ?

Le site Kayak a été créé en 2004 aux Etats-Unis par les cofondateurs d’Expedia, d’Orbitz et de Travelocity. L'entreprise est depuis 2012 une filiale du groupe Priceline. Le comparateur de voyages est présent dans 35 pays et 17 langues. Son siège social européen est situé à Zurich, en Suisse, mais l'essentiel de ses salariés se trouve aux Etats-Unis, à Stanford pour les activités business et stratégie et à Concord (à côté de Boston) pour les activités technologies.
Contrairement à la plupart de ses concurrents, qui récupèrent ces informations auprès des agences de voyage, Kayak les obtient directement à la source, en ayant accès aux GDS, les systèmes de réservation informatiques, bases de données de référence du secteur (grâce à un partenariat avec Amadeus). Avec ces données de première main, Kayak dit posséder un avantage stratégique sur ses concurrents et pouvoir proposer une offre plus importante, répercutant notamment les réductions faites par les compagnies.
LE TAUX DE CONVERSION, UNE PRIORITÉ
Une fois la vanne des données ouvertes, l'enjeu est de se différencier sur leur traitement. Chaque site a sa particularité. Kayak a adopté un positionnement différent de ses adversaires, et revendique un modèle économique basé sur la performance. Il est rémunéré (en pourcentage ou par une commission fixe) par les compagnies et agences de voyages uniquement lorsque les clients réservent leur séjour. La plupart des autres sites sont payés "au clic", à chaque fois qu'un client est expédié vers une plate-forme partenaire – qu'ils réservent ou pas. "Nous ne sommes pas à la recherche du volume, mais de la qualité, résume John-Lee Saez. C'est le modèle qui nous semble le plus durable". Kayak ne pèse donc qu'environ 10% du marché en France mais se dit imbattable sur le taux de conversion de ses clients.
UN MILLIARD DE "POINTS DE RÉFÉRENCE"
La plate-forme mise beaucoup sur l'expérience client et l'amélioration continue de celle-ci. Là encore, le Big Data est une arme redoutable. Un milliard de "points de référence" (des sortes de capteurs virtuels, qui monitorent le comportement des internautes), sont suivis en permanence et permettent de savoir ce qui marche ou ne marche pas. Au-delà de ce suivi, Kayak utilise un panel varié de techniques, comme l'eye tracking technology : dans son laboratoire de Concord (près de Boston aux Etats-Unis), l'entreprise analyse où se porte le regard de ses testeurs pour améliorer l'ergonomie. Le positionnement d'un élément dans la page peut avoir des conséquences importantes sur le sacro-saint taux de conversion.
ANALYSES PRÉDICTIVES
Autre utilisation de l'analyse de données : la création de services prédictifs. Kayak a créé un "graph", une météo des prix, qui détermine un taux de confiance dans l'évolution des tarifs. "On est capables de dire s'ils vont augmenter ou baisser dans les sept prochains jours", explique le patron français. L'outil est en permanente amélioration. "Nous étions fiables à 70% au départ, aujourd'hui on est plus proches de 85%", confie John-Lee Saez. Kayak développe aussi un "moteur d'inspiration" baptisé "Explore" qui permet de trouver un séjour de façon plus intuitive : "L'utilisateur indique juste l'aéroport de départ, puis il ajoute des critères comme la saison, son budget, le nombre maximum d'heures de vol qu'il veut effectuer... et on lui propose une destination".
LE DÉFI DU MOBILE
Prochain défi, pour le comparateur : continuer à optimiser son application mobile, dont l'utilisation monte en flèche (30% de l'activité environ aujourd'hui, deux fois plus qu'il y a un an). "On permet désormais aux clients de booker directement sur notre site, plutôt que sur celui du partenaire, avec un parcours simplifié. En supprimant tous les 'bruits parasites', on est passé d'un booking en 9 minutes en moyenne à 3 minutes. Ça aussi, ça améliore le taux de conversion". Et là aussi le Big Data s'est avèré un allié pour l'amélioration de l'expérience utilisateur.
Sylvain Arnulf