lundi 30 septembre 2013

Détecter la pollution à distance et en temps réel passe par l’infrarouge

A lire sur:  http://www.atelier.net/trends/articles/detecter-pollution-distance-temps-reel-passe-infrarouge_424118

Par 23 septembre 2013 car pollution

Grâce à la modification d’une caméra à infrarouge, un prototype mesure en temps réel la pollution émise notamment sur les autoroutes à 3 voies.
Jusqu’alors, la détection de la pollution s’effectuait par des relevés aériens. Son analyse ajoutée à la température ainsi qu’aux projections de circulation permettaient d’émettre ou non des alertes de pollution à l’ozone, notamment. Cependant, ce système disposait plus d’une valeur empirique que d’une valeur exacte à un moment donné et à un point donné. Un groupe de recherche travaillant dans le cadre du projet INNPACTO, dirigé par Technet et associant les chercheurs du CIEMAT , de Tevaseñal et de l’ UC3M a mis au point un objectif sur une caméra à infrarouge permettant d’effectuer des tests en temps réel sur les émissions automobiles. En effet, le prototype est capable d’effectuer des mesures intelligentes de la circulation routière par la collecte immédiate de données tant sur la densité du trafic que sur les émissions et la consommation propres à chaque véhicule. L’objectif de ce projet est double : analyser l’impact de la circulation sur l’environnement et améliorer la sécurité routière.

L’infrarouge pour détecter les polluants excédentaires de chaque véhicule.

Le prototype mis au point modifie l’image multispectrale d’une caméra infrarouge grâce à des filtres interférentiels. « Ces filtres sont situés dans une roue qui tourne à une vitesse élevée en face du détecteur. Ils fournissent des images consécutives de la même scène sur des bandes différentes, ce qui permet une détection à distance de certains gaz imbrûlés (CO2, CO et HC) » a expliqué Fernando López, chef du laboratoire infrarouge de l’ UC3M. Selon lui, le dispositif est le seul prototype sur le marché capable de mesurer les émissions de chaque véhicule. Alerter les propriétaires de ces voitures serait également appréciable pour ces derniers car qui dit grande émission, dit aussi grosse consommation.

Aiguiller la politique environnementale du gouvernement.

Environ 5% des véhicules seraient responsables de plus de 90% des émissions toxiques selon l’étude.  Les chercheurs espèrent donc de nombreuses applications pour cette technologie à des fins environnementales. Des variations des limites de vitesse sur les routes à grande capacité aux abords des villes pourraient ainsi être préconisées. Un autre exemple type serait de retirer de la circulation les véhicules les plus polluants grâce à des données réelles. De plus, le système apparaît comme une solution logistique complète pour les entreprises de transport notamment. Plusieurs entreprises ibères auraient déjà montré leur intérêt pour l’adopter.

Fiscalité du numérique : Fleur Pellerin remet le couvert

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/fiscalite-du-numerique-fleur-pellerin-remet-le-couvert-39794235.htm

Réglementation : La ministre déléguée à l'Economie numérique entend relancer le débat sur la fiscalité des géants du numérique. Malgré l'avis défavorable du CNNum, elle penche pour une taxe, qu'elle devrait défendre au niveau européen.
Dans une interview à France Info, la ministre de l'Economie numérique revient sur ses déclarations à Libération en fin de semaine dernière (article désormais gratuit). Rien de bien neuf sur le fond, si ce n'est un polissage intéressant des éléments de langage de la ministre.
Fleur Pellerin, qui ne relevait pas, dans l'interview accordée à Libération, le terme de "guerre" employé par le journaliste du quotidien, reprend avec prudence celui de France Info, insistant sur le fait qu'il n'est "pas question de partir en guerre" mais de "créer les conditions en Europe pour que des champions européens puissent émerger".
Un Airbus du numérique ?
Recréer les Airbus et compagnie du numérique en somme, même si "on peut considérer que dans l'économie numérique c'est plus difficile de créer ce type d'entreprises". La ministre, convaincue que "nous avons un peu raté l'Internet 1.0 et 2.0 [le web 1.0 et 2.0, NDLR] et qu'il faut se mettre en ordre de bataille pour essayer de créer les champions du numérique de demain et l'écosystème européen de demain".
Idem, les vils "conglomérats du XXIè siècle" cités dans Libération ne semblent plus autant montrés du doigt. Alors que l'expression semblait laisser à penser que les conglomérats, trust, chaebol et autres keiretsu auraient pu disparaître pour revenir en force avec l'ère de l'économie numérique, la ministre affirme sur France Info qu'elle ne "pense pas que ce soit la faute des géants américains".
La responsabilité en reviendrait aux Européens, tout d'abord. C'est donc à l'Europe d'y remédier. Fleur Pellerin cite à nouveau "une autorité qui serait responsable de la régulation" et "qui pourrait édicter un certain nombre de règles qui s'imposeraient aux acteurs européens mais aussi à un certain nombre d'acteurs qui viennent faire du chiffre d'affaires (...) sur le marché européen".
"L'arme fiscale", une "conséquence"
Rien de neuf, disions-nous, comme "l'arme fiscale", "conséquence" de cette situation. Là encore, la ministre repasse en revue les taux d'imposition globaux certes ridicules des géants du numérique, et la nécessité "que tous les acteurs jouent avec les mêmes règles".
Si la ministre n'est pas particulièrement diserte sur les moyens qu'elle proposera au mini-sommet européen de demain, elle passe en revue l'habituelle cohorte de choses à mettre en oeuvre : fiscalité harmonisée, promotion de l'innovation, du capital risque, définition des normes et standards... On attendra donc les conclusions de ce sommet pour en savoir plus.
Voir la vidéo en entier - et noter avec gourmandise que Fleur Pellerin ne se laisse pas piéger, à la fin, sur la "Silicon Valley à la française" :

Fleur Pellerin veut "réguler les plateformes... par FranceInfo

Aménagement du territoire : le rapport Lebreton prône le développement des usages numériques

A lire sur:  http://www.zdnet.fr/actualites/amenagement-du-territoire-le-rapport-lebreton-prone-le-developpement-des-usages-numeriques-39794240.htm

Ils proposent : Le rapport sur "les territoires numériques de la France de demain" souligne qu'au-delà de l'accès physique à Internet, il faut pousser l'utilisation du numérique pour que les périphéries des villes et les campagnes en tirent parti.
Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, a reçu un rapport de Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements de France (ADF), consacré aux territoires numériques (PDF). Pour lui, "le déploiement du haut débit est un aspect primordial de l’égalité d’accès au numérique", mais il ne faut pas oublier les inégalités existantes en matière d’usages.
Le rapport souligne "l’importance de développer les pratiques que peut permettre une connexion à internet, quel que soit le milieu générationnel, social ou culturel" pour lutter contre une "e-exclusion" (définie comme l’impossibilité d’accès aux réseaux, l’incapacité à bénéficier d’un accès à internet, et surtout la méconnaissance des usages qu’il permet).
Télétravail en hausse et EPN à usages élargis
Le développement du numérique et de son potentiel "permettra de renforcer le lien social, de développer le télétravail, mais aussi d’assurer un meilleur accès aux services et aux droits".
Dans les zones périurbaines et rurales, le développement du télétravail permettra de rapprocher les lieux d’activité des lieux de vie. "Une réflexion sera engagée sur l’évolution des modes d’organisation du travail qu’induit le télétravail, ainsi que sur les infrastructures d’accueil qu’il nécessite, envisagées sous la forme d’espaces publics du numérique" (EPN).
Le rapport propose de "densifier le maillage territorial" des EPN et d'élargir leur champ "à la culture et à la formation, au travail et aux solidarités, à l’expression citoyenne et aux télé-services, à la création et à l’innovation, etc."
Le texte énumère 22 propositions, comme mutualiser les investissements entre les collectivités locales, "conserver les données dans les territoires" en mettant en œuvre "une stratégie interterritoriale mutualisée de stockage et d'archivage des données", "développer massivement le télétravail", "territorialiser l'e-santé", etc.
Le ministère de l’Egalité des Territoire indique que les propositions du rapport "serviront d’orientation pour la politique numérique portée par le ministère, notamment à l’occasion de la loi de mobilisation des régions pour la croissance et l’emploi, et la loi promotion de l’égalité des territoires".

Mais au fait comment a-t-on construit internet?

A lire sur:  http://www.rslnmag.fr/post/2013/08/21/Mais-comment-a-t-on-construit-Internet.aspx

Mais au fait, comment a-t-on construit Internet ? Blog
ANTISECHE - Internet est loin de n’être qu’un espace virtuel. C’est aussi et d’abord du concret, du solide : des tonnes et des kilomètres de matériel répandus un peu partout sur la planète, entre ciel, terre et mer. Un immense bazar, que RSLN vous propose de rendre un peu moins bizarre.
Si vous surfez tous les jours, ou presque, pour vous comme pour la plupart des utilisateurs, Internet est avant tout une formidable fenêtre sur le monde : on y travaille, découvre et s’y amuse. L’idée est certes juste, mais elle occulte le reste. Car à force d’avoir la tête dans le nuage, on en oublie parfois que le réseau des réseaux est avant tout là, sous nos pieds !
Alors, de quoi est-il fait ? Quelles sont ses mensurations ? Continue-t-il de grandir? On vous propose une petite géographie de ces tubes qui, mis bout à bout, exaucent comme par magie n’importe laquelle de vos requêtes...

> Internet, cet immense espace “verre”

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’unité de base d’Internet n’est pas le bit, mais le verre. Des tonnes de verre. Pourquoi ? Parce que le verre est un excellent conducteur pour la lumière, qui transporte les précieuses informations faites de 0 et de 1. Sans lui, Internet ne pourrait donc pas apporter “ses lumières” partout où il se répand...
Le verre utilisé par les ingénieurs est le plus pur possible pour éviter un maximum toute déperdition du signal lumineux. Chauffé à très haute température - plus de 2000 degrés - le verre est fondu pour mieux l’étirer sous la forme d’un fil plus fin qu’un cheveux. Et voilà comment un tube massif et translucide se transforme en une bobine de plusieurs centaines de kilomètres de fibres optiques. Rien de sorcier, donc, comme le rappelle le journaliste Andrew Blum, auteur du livre “Tubes : A Journey to the Center of the Internet”, et qui a enquêté pendant deux ans sur la structure du réseau :
“Pour faire simple, Internet est fait d’impulsion de lumière. Ces impulsions peuvent sembler miraculeuses, mais il n’y rien de magique. Elles sont le fruit de puissants lasers disposés dans des coffres en acier, eux-mêmes abrités dans des bâtiments la plupart du temps banalisés. Ces lasers existent. Ces coffres existent. Ces bâtiments existent. Internet existe : il a une réalité physique, une infrastructure essentielle.”
Voilà de quoi démystifier un peu notre quotidien ! Même si le défi technique n’en reste pas moins impressionnant. Les câbles de fibre optique sont les “autoroutes” d’Internet et en forment l’épine dorsale. Gainés de jaune et noir, de la grosseur d’un bras, ils traversent les océans et relient les continents entre eux. Ils sont près de 250 à parcourir ainsi les océans, et s’étalent sur au moins un million de kilomètres. Vingt fois le tour de la Terre.



Tout cela a bien entendu un coût, supporté par des consortiums qui mêlent plusieurs acteurs privés - souvent des opérateurs télécoms, ceux qui possèdent les “tuyaux” -. Sur France Culture, Marie-Noëlle Laveissière, directrice des réseaux internationaux chez Orange, explique par exemple que “Ace” - chacun a son nom - est un des derniers câbles dans lequel son groupe a investi. Il relie la France à l’Afrique du Sud, et dessert plusieurs pays africains au passage. Facture totale ? 700 millions d’euros.
Ces sommes, souvent colossales, sont à relativiser au regard des bénéfices évidents que Internet apporte. Un seul exemple : la première dépêche envoyée par télégramme depuis les États-Unis, à la fin du 19ème siècle, coûtait environ 100 dollars. Un montant à comparer avec le prix de l’envoi d’un e-mail aujourd’hui : quasiment rien.

> Attention, fragile ?

Qui dit réseau physique, câbles, fils et fibres, dit donc failles potentielles. On pourrait donc “couper” Internet, au sens propre ? Oui, et les accidents ne sont pas rares : travaux malencontreux, catastrophe météorologique, filet de pêche qui racle le fond des mers, voire une simple grand-mère armée d’une pelle, tous ces exemples existent. Cependant, il faut savoir que les câbles maritimes comme terrestres peuvent avoir leur jumeau. Ensuite, les interventions en urgence pour “réparer l’Internet” sont rapides - en moins de 48h, même en pleine mer - puisqu’il est possible de localiser la faille au kilomètre près.



Enfin, il ne faut pas oublier que la structure réticulaire d’Internet constitue dans ces cas là un immense atout. Les routeurs, ces machines qui scindent l’information en différents paquets, peuvent trouver un autre chemin quand il y a un “incident” sur la voie principale. Cela vaut bien sûr pour les zones les plus densément reliées, comme l’Europe ou l’Amérique du Nord. Ailleurs, dans les endroits plus isolés, comme en Polynésie française où un seul câble est relié l’archipel, un incident serait plus préoccupant.
En tout état de cause, il y a donc moins à craindre d’un crash physique d’Internet que d’une réelle volonté politique de couper l’accès du réseau de tout un pays. Par exemple, en faisant pression directement sur les fournisseurs d’accès, comme cela s’est vu lors des révolutions des Printemps arabes.

> Des besoins en débit toujours plus grands

Si les câbles maritimes sont des autoroutes, cela veut aussi dire qu’Internet est fait de routes nationales, voire des départementales. En France, encore aujourd’hui, le réseau terrestre n’est pas en fibre optique mais reste encore largement cuivré. C’est tout simplement le même qui nous servait à passer un bon vieux coup de fil. Il a certes fait beaucoup de progrès, par des mises à jour d’ordre logicielle, comme avec l’apparition de l’ADSL et son développement fulgurant au début des années 2000.
Mais pour passer du haut débit au très haut débit (THD), il faudrait donc aménager de nouvelles portions d’autoroutes optiques sur le territoire. Aujourd’hui, le THD concerne pour l’instant moins 400 000  des foyers en France en 2013, sur un total de 25 millions. Le gouvernement a d’ailleurs prévu de dépenser 20 milliards d’euros pour démultiplier ce chiffre en 2020, pour atteindre (très idéalement) 100% des foyers d’ici là.

Quels que soient les moyens mis en oeuvre, il est évident que l’investissement en vaut la chandelle quand on voit le nombre toujours plus vertigineux de données échangées. D’après l’institut d’études en télécommunication TeleGeography, le besoin en bande passante des échanges numériques ont crû de 40% en 2012 dans le monde. En août 2013, il existait plus de 716 millions de sites Internet enregistrés : c’est vingt fois plus qu’il y a dix ans.
La croissance des serveurs de données, qui constituent une autre des facettes de l’Internet “physique”, sont le reflet de cette demande galopante. Certaines fermes de serveurs s’étalent ainsi sur l’équivalent de trois stades de foot. Et d’ores et déjà, on estime qu’ils consomment près de 2% de l’électricité mondiale pour satisfaire les requêtes des internautes.

> Bientôt à la conquête de l’espace ?

Nous avons évoqué l’Internet des mers et des terres, qu’en est-il des airs ? De plus en plus les connexions sont “mobiles”, et l’apparition progressive de la norme 4G en France devrait permettre d’avoir du haut débit sur son smartphone un peu partout. Les réseaux télécoms mobiles sont d’ailleurs une chance pour les territoires dépouillés de réseau filaires, comme en Afrique. Là-bas, Internet passe d’abord par le ciel.
Autre solution : les satellites. Ce moyen était déjà utilisé pour raccorder des endroits éloignés de tout, comme les îles. Aujourd’hui, des projets comme O3b, ambitionne d’envoyer plusieurs engins en orbite moyenne autour de la Terre, pour couvrir les zones laissé de côté par les réseaux filaires. Des initiatives louables, qui jouent la complémentarité avec le reste des infrastructures. Cependant, cette technologie reste dans l’absolu plus coûteuse et moins fiable que les câbles.
Mais mieux vaut un peu de connexion que pas du tout. Début 2013, environ 2,5 milliards d’êtres humaines disposaient d’une connexion Internet, mais les 4,5 milliards restants attendent toujours d’en voir la couleur.

Le web 3.0, c'est pour quand ?

A lire sur:  http://www.rslnmag.fr/post/2013/08/22/Le-web-30-cest-pour-quand.aspx

Le web 3.0, c'est pour quand ? Blog
ANTISECHE - On l'imagine beau et intelligent, sachant tout de nous et capable de prévoir nos moindres désirs. Le web 3.0 serait aux données ce que le 2.0 était à nos amis et à notre vie sociale. Mais pour que la chimère devienne réalité, il faut que les développeurs avancent pas à pas, en pragmatiques et sachent raison garder : c'est ce que nous a expliqué Robin Berjon, le consultant en standards web et frenchie au W3C que nous vous avions déjà présenté. Petit point sur la situation.

RSLN : on dit que le web 3.0 sera "sémantique". Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Robin Berjon : L'idée de base du web sémantique, c'est de mettre en réseau des données qui soient traitables de façon automatique par des ordinateurs. Actuellement le contenu des pages web est orienté vers l'utilisateur, il est fait pour les humains, avec des éléments ergonomiques qui ne sont pas facilement traitables par des machines.
Automatiser tout cela, c'est fabriquer un web de données. On parle d'ailleurs de moins en moins de web sémantique, mais plus de web des données, de linked data. Quant au "web 3.0", il ne correspond tout simplement à rien : c'est peut-être un concept marketing mais ça n'a aucun fondement technique. On ne fait pas des versions du web ! 
 

Quand on pense à ce web du futur, on imagine tout un tas de chose formidables... qu'est-ce que ça représente pour toi ?
R.B : La vision classique, c'est que tu dis à ton ordinateur "commande-moi une pizza". Il sait qui tu es, il peut retrouver tes préférences, toutes les pizzerias alentour où que tu sois, retrouver les notes de gens que tu connais et en qui tu as confiance, trouver le restaurant dont la pizza qui a la meilleure note en fonction de tes goûts, la commander et la faire livrer à ton adresse. Un monde où les données sont tellement partout et si accessibles que tu n'as pas de question à te poser.
Ce scénario est inenvisageable dans un futur proche, car il y a encore beaucoup de chemin à faire pour en arriver là. D'abord il faut aller au-delà des données "bêtes". Il faut pouvoir obtenir le contexte de chaque donnée : les données et leur interprétation doivent aller ensemble. Si tu donnes un nom, par exemple celui de Jaurès, la machine doit pouvoir savoir si tu veux parler de l'homme politique, de la station de métro ou du titre d'un livre. Si tu donnes un nombre, il faut savoir à quoi il se réfère. Sur la base de ces informations, on doit pouvoir faire des formes d'inférence ou de recherche. Par exemple, pour trouver toutes les personnes nées le 15 mars dans une liste donnée. Tout ça implique un tas de techniques et de mécaniques.

Justement, où en est-on dans ce processus ?
R.B : Il y a eu beaucoup de fantasmes. Une bonne partie des développeurs qui bossent en ce moment sur le web sémantique se tirent une balle dans le pied, car il travaillent sur des trucs qui demandent de repartir de zéro. Ils manquent de contact avec la réalité : pour que ça fonctionne il faudrait partir de ce qui existe déjà, en l'augmentant avec des modèles tout simples. Aujourd'hui une grosse partie de la communauté sémantique comprend ça, même si certains - les "ontologistes" - veulent mener le débat très loin avec la description de méta-méta-données.
Tout le système d'ontologies complexes dont on a parlé pendant des années - qui consiste, en gros, à créer un nouveau web plus structuré en parallèle de celui que l'on connaît - va à mon avis disparaître, ou sera utilisé dans des cas particuliers. Par exemple pour des données d'entreprise : ces nouvelles règles d'inférences, c'est intéressant surtout pour des systèmes d'entreprises très complexes.

Le web 3.0 serait alors celui que l'on connaît, mais augmenté ?
Oui. Aujourd'hui on a des données, on a simplement besoin de les traiter de manière plus automatisée. On commence à voir comment faire, mais ça ne va pas être une révolution. Il faudra demander le minimum de changements infrastructurels pour que ça fonctionne.
En fait, c'est plus facile d'obtenir le scénario que j'ai décrit avec des données bien exploitables dans le système existant. Pour moi, l'objectif pragmatique du web sémantique serait de faciliter l'exploitation de données réutilisables. C'est déjà la direction que prennent naturellement les choses. Le web de base est lui-même devenu plus sémantique : il y a beaucoup de données qu'on peut extraire d'une page web de façon automatique.
A l'avenir, on peut imaginer que chacun pourra manipuler des données complexes sans avoir besoin de grandes connaissances en informatique. Si on en arrive là, on aura tellement facilité la tâche des développeurs qu'on y aura déjà gagné quelque chose.

Est-ce que le mouvement open data participe de la création de ce web sémantique ?
Le mouvement open data pourrait être parfait pour le web sémantique, mais le problème est que les données ne sont pas au bon format : ce sont en majorité des fichiers Excel, souvent de mauvaise qualité. Pourtant elles sont là, publiées en masse partout dans le monde - et il va bien falloir en faire quelque chose. On ne peut pas demander aux institutions de les convertir elles-mêmes vers de nouveaux formats adaptés au web sémantique : ce serait bien trop cher ! Mais on peut les encourager à continuer de publier leurs données au format CSV, et demander aux développeurs qui souhaitent les utiliser d'ajouter eux-mêmes et de partager les métadonnées qui permettront de mieux les traiter. Ce ne serait pas si difficile car ce travail est crowdsourçable.
Pour que l'open data contribue efficacement au web sémantique, il faudra enfin encourager la publication de données de qualité. Le W3C participe de cette normalisation avec ses standards : les données ouvertes se classent par exemple de 1 à 5 étoiles qui permettent d'évaluer la facilité de leur réutilisation.
Mais le web sémantique ne se nourrit pas que de données ouvertes : nos données personnelles participent énormément au système. De ce côté, il faudra s'occuper d'un problème qui n'a pas été soulevé au moment où l'utopie du web sémantique a été formulée : c'est la question de la confidentialité des données.

Les éditeurs français ont le moral

A lire sur:  http://www.lemagit.fr/actualites/2240205798/Les-editeurs-francais-ont-le-moral

Cyrille Chausson Publié: 20 sept. 2013

Les éditeurs de logiciels français n’ont jamais eu autant le moral, révèle le dernier baromètre BVA - Syntec Numérique. Selon lui, 68% des entreprises du secteur du logiciel ont confiance «dans l’avenir de la situation économique». Une bouffée d’air dans un contexte économique encore sclérosé par la crise. Syntec parle même de record depuis septembre 2011, où l’indice de confiance avait atteint 60%. Depuis juin dernier, l’indice aurait progressé de 13 points, ajoute encore le baromètre.
Ainsi, la majorité des éditeurs sondés, 58%, se disent aujourd’hui en ligne ou au dessus de leurs objectifs pour 2013. Le secteur semble donc avoir le sourire. D’ailleurs, les investissements vont même repartir sur le dernier trimestre de l’année, pour 67% des éditeurs interrogés.
Pourtant, si le moral plafonne, les éditeurs avancent toutefois avec beaucoup de prudence. Côté embauche, Syntec note encore une «frilosité des entreprises», avec seulement 50% des répondants ayant l’intention de recruter cette année - un niveau équivalent à celui de juin, le plus bas enregistré depuis juin dernier.
«Reste à savoir si ces signaux positifs ne sont pas liés à un effet psychologique de rentrée. Ils doivent être confirmés dans le temps afin de pouvoir affirmer que les éditeurs connaissent à nouveau une accélération de leur croissance», indique Bruno Vanryb, Président du collège Editeurs Syntec Numérique, dans un communiqué.

Propulsion électrique des satellites : un des 34 projets pour la France

A lire sur:  http://www.futura-sciences.com/magazines/espace/infos/actu/d/astronautique-propulsion-electrique-satellites-34-projets-france-48928/#xtor=EPR-42-[HEBDO]-20130923-[ACTU-Propulsion-electrique-des-satellites-:-un-des-34-projets-pour-la-France]

La propulsion électrique pour les satellites est considérée comme une solution d'avenir pour maintenir la compétitivité du secteur spatial de l'industrie française. Elle est l’un des 34 projets d'avenir de la politique industrielle que compte mettre en œuvre le gouvernement pour réindustrialiser le pays ces prochaines années.

Si la propulsion électrique des satellites fait son entrée dans les plans de l'Élysée, elle est au programme des industriels européens depuis plusieurs années. © P. Carril, Esa

Le président de la République et le ministre Arnaud Montebourg ont dévoilé une liste de 34 projets dits d’avenir pour aider l’industrie. De nombreux secteurs sont concernés, notamment ceux des technologies de l’information et du transport, où l’on imagine des voitures sans pilote ou à faible consommation, des TGV de nouvelle génération, des dirigeables pour les charges lourdes, ou encore des avions et des satellites à propulsion électrique. Dans ce contexte, le Cnes (Centre national d’études spatiales) a été nommé chef de projet des satellites à propulsion électrique.
L’idée de cette liste, préparée par le cabinet d'audit McKinsey (et non pas par le gouvernement), est de soutenir les filières identifiées comme les plus porteuses dans l'économie mondiale et s’appuyant sur des technologies que la France maîtrise. Il s’agit également de défendre et pérenniser les secteurs d’activité d’avenir qui occupent aujourd’hui une position forte sur leurs marchés respectifs. C’est le cas du secteur de l’industrie spatiale, dans lequel la France est numéro un européen : si elle ne veut pas perdre sa place de leader, elle se doit de suivre l'évolution du marché et de la demande. Et la propulsion électrique est particulièrement attendue des opérateurs de satellites, notamment pour les satellites utilisés depuis l'orbite géostationnaire.

La France parie sur la propulsion électrique pour les satellites

L’intérêt de la propulsion électrique pour un satellite de télécommunications est qu’elle optimise la masse du satellite au profit de la charge utile, en réduisant la masse d’ergols chimiques embarqués. Principal inconvénient, le délai de la mise à poste est allongé. Alors qu’il faut quelques jours pour qu’un satellite classique (en propulsion chimique) rejoigne sa position géostationnaire, c’est plusieurs mois qui sont nécessaires à un satellite mû par la seule propulsion électrique.
Le module de service d'Alphabus, ici vu dans les locaux cannois de Thales Alenia Space, utilise la propulsion électrique afin d’optimiser la masse du satellite au profit de la charge utile, en réduisant la masse d’ergols chimiques embarqués.
Le module de service d'Alphabus, ici vu dans les locaux cannois de Thales Alenia Space, utilise la propulsion électrique afin d’optimiser la masse du satellite au profit de la charge utile, en réduisant la masse d’ergols chimiques embarqués. © Thales Alenia Space
L’industrie spatiale française, l’Agence spatiale européenne (Esa) et le Cnes n’ont évidemment pas attendu le gouvernement français pour prendre le virage de la propulsion électrique et répondre à ces besoins futurs clairement identifiés. Nos deux grands champions, Astrium et Thales Alenia Space, ont chacun des produits en cours de développement. On citera en exemple la plateforme Alphabus de nouvelle génération qui comprend une alimentation électrique : le premier satellite qui l’utilise, Alphasat, a été lancé cet été par une Ariane 5. Et que dire du projet de l'Esa de la plateforme électrique Neosat auquel participe le Cnes. Cette future installation, destinées à des satellites de 3 à 6 t, devrait amener un gain de compétitivité de l'ordre de 30 % en s'appuyant notamment sur la propulsion électrique. Cependant, si la propulsion électrique est une des solutions d’avenir, elle n’est pas une fin en soi. Comme le souligne Eric Béranger, le patron de la branche satellites d’Astrium, les satellites du futur ne seront pas tous « uniquement électriques mais plutôt “plus électriques” ».
Enfin, on citera le projet d’avion électrique, un vrai pari sur l’avenir – lointain –, tant cette technologie n’est pas suffisamment mûre pour envisager à court et moyen terme (une dizaine d’années) la mise sur le marché d’un avion de transport de passagers. Dans ce domaine, les initiatives les plus visibles sont celles d’EADS qui, lors du Salon du Bourget 2013, a présenté l'E-fan, un concept d’avion de tourisme électrique après son Cri-Cri, le premier quadrimoteur de voltige tout électrique au monde dévoilé lors du Salon de 2011. La présentation générale des 34 projets est accessible sur le portail du gouvernement, et le détail sur le site du ministère du Redressement productif.