dimanche 16 mars 2014

Traque aux internautes venus du futur

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Traque aux internautes venus du futur
Si des voyageurs venus du futur sont passés récemment parmi nous, ils ont peut-être laissé des traces numériques sur Internet. Deux chercheurs de l’université du Michigan (Département de physique) ont mené scientifiquement l’enquête.
Pour les deux chercheurs américains, cela valait la peine de tenter l’expérience, étant donné que :
- Peu d’efforts ont été faits jusqu’ici pour détecter des voyageurs dans le temps
- Internet, par l’ampleur de sa diffusion, est le meilleur outil pour mener cette enquête
Rares sont les scientifiques de haut niveau qui se sont intéressés, jusqu’à aujourd’hui, aux voyageurs dans le temps, regrettent les auteurs. Récemment, en 2005, un chercheur du MIT avait organisé un colloque de voyageurs temporels. Quant au célèbre astrophysicien Stephen Hawking, il a même organisé en 2012 une "party" qui leur était destinée, en envoyant les invitations APRÈS la date de la fête. Dans les deux cas, échec : personne ne s’est présenté.
L’expérimentation des deux chercheurs du Michigan a une autre dimension, et repose sur des méthodes plus sophistiquées.
Le principe est simple : l’idée est de détecter sur Internet des informations dûment datées, mais qui n’étaient pas encore disponibles à leur date de publication. Une telle information viendrait forcément d’un internaute venu du futur.
Mais quid des voyageurs venus du passé ? Les chercheurs ont décidé de laisser tomber cette partie de problème, pour au moins une bonne raison : quelle méthode permettrait de détecter qu’une information postée sur Internet vient d’un voyageur du passé ?
Mais même en se limitant aux exilés du futur, leur quête sur Internet s’est révélée plus difficile que prévue.
Ils sont partis à la recherche des expressions "Pope Francis" (Pape François) et "Comet ISON" (Comète ISON), mentionnées sur Internet respectivement AVANT l’élection du nouveau Pape le 16 mars 2013, et AVANT la découverte de la comète ISON, le 21 septembre 2012.
Pour ratisser le plus large possible, ils ont exploré GoogleFacebook et Twitter, soit les applications Internet les plus populaires "dans les temps où cet article est écrit ", précisent les auteurs, soucieux de ne pas être pris en défaut par un lecteur venu d’un futur où ces géants auraient fait faillite depuis belle lurette.
Résultats ? Sur Google : décevant, tant prolifèrent les informations antidatées. Facebook ? Même problème. Avec Twitter, pas d’anti datation possible. Mais les centaines de millions de comptes n’ont rien livré de probant.
Pas découragés, les chercheurs ont utilisé Google Trends pour examiner les requêtes posées au moteur de recherche, afin de voir si certaines donnaient des signes de prescience. Rien non plus, mais Google Trends ne rend compte que des requêtes correspondant à un volume significatif : aucune chance, donc, de trouver la trace d’un malheureux voyageur temporel isolé.
Enfin, en désespoir de cause, les physiciens américains ont lancé un appel direct aux éventuels voyageurs, pour voir s’ils daigneraient se manifester activement. Silence radio.
Conclusion des auteurs : tout cela ne prouve rien, et surtout pas qu’il n’existe pas de voyageurs dans le temps.
Thierry Lucas

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