jeudi 13 mars 2014

Mobile : l'Arcep justifie sa politique consumériste et rejette toute idée de concentration

A lire sur: http://www.zdnet.fr/actualites/mobile-l-arcep-justifie-sa-politique-consumeriste-et-rejette-toute-idee-de-concentration-39797422.htm

Réglementation : Lors de ses voeux, Jean-Ludovic Silicani, président de l'Autorité, a souligné la pertinence de la mutualisation des réseaux et les dangers d'un retour à trois opérateurs nationaux.

Dans la longue liste des lamentations exprimées régulièrement par les opérateurs mobiles, on trouve évidemment Free Mobile accusé d'avoir dévasté leurs marges confortables et son complice l'Arcep, épinglé pour avoir joué le jeu du trublion en menant une politique exclusivement tournée vers le consommateur et les baisses de prix.
Une chose est sûre, la concurrence a bien joué son rôle avec un repli très sensible de la facture moyenne des Français mais a en effet entraîné une baisse toute aussi sensible des revenus des opérateurs à l'heure où les usages et les investissements explosent.
Reste que l'Arcep reste convaincue que ses choix sont les bons. Dans ses voeux 2014Jean-Ludovic Silicani, président de l'Autorité souligne : "pour les ménages, notamment modestes, c'est une bonne nouvelle, dans cette période difficile, et l'Arcep, je le dis clairement, n'a pas de remords à avoir facilité cette évolution qui est préférable à la hausse des prix constatée dans d'autres secteurs, pour des services ou des biens nécessaires à la vie quotidienne de nos concitoyens".
Et de poursuivre : "Dans le secteur des télécoms, le Gouvernement et le Parlement n'ont pas besoin de mettre en place de coûteux et complexes dispositifs d'offres sociales. Mais ce que l'on oublie souvent, c'est que ces prix raisonnables sont importants non seulement pour les particuliers mais aussi pour de nombreuses entreprises de tous les secteurs qui cherchent à restaurer leurs marges et à dégager des moyens d'investir. Ainsi il n'y a pas de raison d'opposer consommateur et producteur."
Le régulateur estime ainsi que les craintes des opérateurs quant à leurs finances sont infondées, pariant sur une stabilisation de leurs chiffres d'affaires cette année.
Concentration = hausses des prix 
"Nous sommes évidemment conscients des difficultés des opérateurs dont les revenus baissent depuis 2010, comme dans la plupart des autres pays d'Europe. (...) Après deux années, 2012 et 2013, agitées et difficiles, comme tout processus de profonde mutation, on peut raisonnablement penser que l'année 2014 sera marquée par la poursuite de la forte croissance en volume de la demande, par le maintien de l'investissement au haut niveau qui a pu être atteint en 2012 et 2013 et par l'arrêt de la baisse du chiffre d'affaires du secteur"
"(Cela) grâce à la conjugaison des gains de productivité, qui commencent à être importants, des retours sur les investissements dans les nouveaux réseaux et de la quasi-stabilité des terminaisons d'appel. Le retour de la croissance de l'économie française dans son ensemble, que l'on peut espérer en 2014, y contribuera évidemment", affirme le responsable.
Quant à la concentration du secteur réclamée par certains comme Stéphane Richard, patron d'Orange, l'Arcep se range àl'opinion du gouvernement. C'est niet.
"Il y a eu, ces derniers mois, de nombreuses rumeurs de rapprochement ou de rachat. Nous ne sommes pas ici pour les commenter. Je rappellerai seulement que nous disposons aujourd'hui de 4 opérateurs de réseaux nationaux et d'un câblo-opérateur. Ils sont tous français, ce qui est unique en Europe. Ils sont tous fixe-mobile, à l'exception de Numericable qui a indiqué publiquement son souhait de se rapprocher d'un autre opérateur. Si tel ou tel projet de concentration devait se dessiner, il serait soumis à l'accord préalable des autorités de concurrence."
"Si une concentration devait toutefois avoir lieu, elle conduirait sans doute à une hausse des prix rapide, comme c'est le cas en Autriche après le passage de 4 à 3 opérateurs : presqu'instantanément en un trimestre, fin 2013, les prix ont augmenté de près de 10 % ! Une concentration s'accompagnerait aussi de suppressions d'emplois. C'est la face cachée du " modèle " américain : en 10 ans, et après de multiples concentrations, 500 000 emplois y ont été détruits dans le secteur ! La mutualisation des réseaux constitue, selon nous, une voie beaucoup plus appropriée que la concentration des opérateurs, pour améliorer l'efficacité d'ensemble du marché".
Concernant la mutualisation justement, Jean-Ludovic Silicani juge que ces accords "sont non seulement possibles mais même souhaitables, en dehors des zones très denses, afin de limiter la duplication de l'investissement. Ces projets doivent cependant respecter deux conditions : ne pas remettre en cause la structure concurrentielle du marché mobile et conduire ainsi à une amélioration des services aux utilisateurs. Nous y veillerons bien sûr." 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire