A lire sur: http://www.pcinpact.com/dossier/724-dans-l%E2%80%99%C5%93il-de-la-videoverbalisation/1.htm
Xavier Berne le 04 novembre 2013
« Vidéoverbalisation ». Le mot fleurit
dans la bouche de plus en plus de villes, et fut même nominé cette
année afin de recevoir un Big Brother Award
dans la catégorie « Novlang ». Mais de quoi s’agit-il concrètement ?
Contrairement à la vidéosurveillance (ou « vidéoprotection », depuis la
LOPPSI 2 de 2011), la vidéoverbalisation permet à un agent de police de
verbaliser un contrevenant à distance, à partir des images qui lui sont
retransmises depuis une caméra installée sur la voie publique. La
personne prise la main dans le sac reçoit alors son PV par voie postale,
quelques jours plus tard, de la même manière que si elle recevait une
amende après avoir été flashée par un radar automatique.
Si ce genre de dispositif est utilisé
par plusieurs villes telles que Nice ou Aix-en-Provence depuis plusieurs
années, la liste des communes se laissant séduire par la
vidéoverbalisation s'allonge progressivement. Cette année, Paris,
Marseille ou Puteaux ont ainsi décidé de l’expérimenter, de même que la
ville de Saint-Étienne. Mais comment fonctionne précisément la
vidéoverbalisation ? Uniquement appliquée aux infractions relatives aux
règles de la circulation (stationnement gênant, utilisation des voies de
bus, non-respect des stops...), cette technique pourrait-elle être
étendue à davantage d’infractions, comme le souhaitaient récemment
plusieurs parlementaires UMP au travers d’une proposition de loi
? Pour avoir des éléments de réponse à ces questions, la ville de
Saint-Étienne a accepté d’ouvrir ses portes à PC INpact, qui a ainsi pu
découvrir les coulisses de ce type de dispositif, au moins tel que mis
en place au sein de cette ville depuis le mois d’avril 2013.

De la vidéosurveillance à la vidéoverbalisation
« Les premières caméras ont été implantées en 2001,
commence par expliquer Joseph Ferrara, adjoint au maire de
Saint-Étienne, en charge de la sécurité et de la tranquillité publique. Dix-neuf
caméras ont été installées dans un premier temps, puis déployées
progressivement, au fur et à mesure du ressenti des besoins ». D’après lui, « il
s’agissait à la fois de "vidéosurveiller" - maintenant de
"vidéoprotéger" - et à la fois de dissuader, de gérer les problèmes de
crues, d’enneigement, d’amener les services de la voirie à aller là où
faut, par exemple en cas d’inondations, etc. » Petit à petit, le
parc de caméras s’est développé, tant et si bien que la ville de
Saint-Étienne dispose aujourd’hui de 87 caméras de vidéosurveillance.
Mais depuis plusieurs mois, quatre de
ces caméras sont également exploitées pour faire de la
vidéoverbalisation : deux caméras situées dans la rue dans laquelle se
trouve la Préfecture, et deux dans la zone dite « cœur de ville », vers
la place Dorian. « Aujourd’hui, contrairement à d’autres villes
ayant déjà franchi le pas, on en n’est pas encore à se dire qu’on va
mettre des caméras spécialement pour la vidéoverbalisation. Notre
démarche, c’est d’utiliser les outils de vidéoprotection existants pour
vidéoverbaliser » aime ainsi souligner François Driol, directeur de la police municipale de Saint-Étienne
Quatre caméras de vidéosurveillance servent pour la vidéoverbalisation
Mais pourquoi compléter la
vidéosurveillance par de la vidéoverbalisation ? Joseph Ferrara et
François Driol expliquent que les deux zones en question étaient connues
de longue date pour être des points noirs, sur lesquels les difficultés
de circulation étaient récurrentes. L’idée était ainsi de se servir de
la vidéoverbalisation comme d’un outil de dissuasion. À la clé,
l’opportunité de résorber ces zones de stationnement anarchique ayant
une incidence fâcheuse sur la fluidité de la circulation, et parfois
même de nature à créer des dangers (une poussette obligée de passer sur
la route à cause d’une voiture garée sur le trottoir, etc.).
Pour François Driol, la vidéoverbalisation correspond de ce point de vue à « une recherche d’efficacité et de fluidité de la circulation ». Cela permet également « de casser les mauvaises habitudes », lesquelles sont liées d’après lui à « un sentiment d’impunité ». D’ailleurs, il n’hésite pas à prévenir : « Avec la vidéoverbalisation, quelqu’un qui nous fait le coup trois fois par jour, on peut le verbaliser trois fois par jour ! ». Au-delà de ça, le chef de la police stéphanoise reconnaît qu’il s’agit également « de rentabiliser »
le matériel et les effectifs. Direction justement la salle de contrôle
des caméras, afin de suivre le processus de vidéoverbalisation dans ses
moindres détails.
De la rue, l'on peut apercevoir les écrans du CSU à travers la fenêtre de droite du premier étage.
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