mardi 15 avril 2014

"Nos deux premiers satellites tout-électrique seront prêts à être lancés début 2015", affirme le DG de Boeing Satellite Systems

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Craig Cooning, DG de Boeing Satellite Systems 
© Boeing
  Craig Cooning, le directeur général de Boeing Satellite Systems International fait le point sur les ambitions de son groupe sur le segment des satellites de télécommunications et sa stratégie sur la technologie de la propulsion électrique.
L’Usine Nouvelle : Quelles parts de marché le groupe Boeing revendique-t-il sur le marché des satellites de télécommunication ? Comment s’explique ce retour réussi sur le marché commercial après plusieurs années d’absence ? 
Craig Cooning : De manière générale, nous ne commentons pas nos parts de marché, mais nous pouvons toutefois indiquer que pendant deux années consécutives, Morgan Stanley nous a classés au premier rang des fournisseurs de satellites commerciaux en termes de chiffre d’affaires, et que le secteur commercial représente aujourd’hui environ 30 % de nos activités dans le domaine des satellites. Nous continuons à nous développer grâce à notre large gamme de satellites, de 0,5 kW à plus de 18 kW, mais aussi grâce à notre expertise dans la production de charges utiles et notre capacité à opérer dans toutes les bandes de fréquences.
Boeing a été le premier constructeur à vendre des satellites 100% électrique (propulsion et maintien à poste). Pourquoi croyez-vous autant à cette révolution technologique ?
Nous utilisons la propulsion électrique depuis 1993, mais le 702SP sera le premier satellite à utiliser exclusivement ce type de propulsion. Les avantages sont liés à l’utilisation du xénon, un gaz beaucoup plus léger que les autres propergols liquides et qui permet de réaliser des satellites plus légers pouvant être emportés dans le cadre de lancements par paire sur un lanceur Falcon 9. Par conséquent, ces satellites sont sensiblement moins coûteux à lancer tout en développant une puissance de 8 kW. C’est un critère important et nous sommes convaincus que cette technologie suscitera un très vif intérêt dès que le premier satellite sera en orbite. Nous sommes également convaincus que notre approche est la bonne, dans la mesure où beaucoup de nos concurrents s’intéressent de près aux satellites tout électriques.
Au-delà des deux premières annoncées en 2013, Boeing a-t-il de nouvelles commandes pour les satellites à propulsion électrique ? Quand le groupe livrera-t-il ses premiers satellites 100% électrique ?
En plus des quatre satellites commandés par SatMex et Asia Broadcast Satellites, nous avons enregistré une troisième commande commerciale qui est sur le point d’être annoncée. Les deux premiers 702SP seront prêts à être lancés début 2015.
Depuis quand le groupe travaille–t-il sur cette nouvelle plateforme électrique ? Peut-on estimer l’effort de R&D qui a été nécessaire ?
Notre premier système de propulsion ionique au xénon (XIPS) a volé en 1993 et nous avons accumulé depuis l’équivalent de 200 000 heures sur orbite. Nous sommes très confiants quant aux possibilités de la technologie XIPS. Nous ne dévoilons pas le montant de nos investissements en R&D.
Le temps de mise à poste d’un satellite électrique, plusieurs mois contre quelques jours pour les satellites classiques, est pénalisant pour les opérateurs commerciaux. Comment Boeing envisage-t-il de lever cette contrainte ?
Le critère-clé n’est pas tant le temps de mise à poste, que le délai qui s’écoule entre l’attribution d’un contrat et la mise sur orbite finale. Le satellite 702SP a été conçu pour être produit en 24 mois en moyenne, comprenant la construction, l’assemblage et les tests. Nous travaillons actuellement à raccourcir ce cycle de production. En l’associant au délai de mise en orbite, on atteint 30 à 32 mois, ce qui est comparable au cycle de production et de déploiement d’un satellite standard. De plus certains lanceurs permettent de réduire considérablement la durée de mise à poste.
L’ESA (l’agence spatiale européenne) prévoit une riposte. Elle va consacrer 260 millions d’euros pour lancer une nouvelle plateforme de satellites de télécommunications Neosat nativement électrique et 30% moins cher que l'offre actuelle. Boeing envisage-t-il un effort aussi considérable ?
Nous nous distinguons grâce à un vaste portefeuille de produits et à des années d’expérience dans la conception et la fourniture de satellites très fiables et performants - plus de 285 en fait, sans compter les satellites classifiés. Nous continuons à investir non seulement dans des systèmes d’énergie, systèmes de propulsion et systèmes électroniques, mais également dans nos charges utiles numériques à haut débit, et des systèmes à balayage électronique. Nous proposons maintenant un petit satellite de la classe des 1000 kg, le 502 Phoenix, dont le premier client devrait être annoncé cette année.
Propos recueillis par Hassan Meddah

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