mardi 29 avril 2014

Le Human Brain Project, piloté par l'EPFL, s'installe à Genève

A lire sur: http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/75721.htm
La Commission Européenne (CE) a annoncé en janvier 2013 son soutien au Human Brain Project (HBP) par le biais de son nouveau programme FET Flagship (Future and emerging technologies) qui soutient deux projets phares. Ayant pour but de modéliser la structure et le fonctionnement du cerveau humain et d'en construire une réplique numérique, le coût total du projet est estimé à 1,19 milliard d'euros répartis sur dix ans [1].

Crédits : agsandrew

Le HBP, piloté par l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et codirigé par l'Université de Heidelberg en Allemagne, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et l'Université de Lausanne (UNIL) [1], s'installe à Genève. En effet le choix a été fait de ne pas construire le nouveau bâtiment Neuropolis initialement prévu à Lausanne mais d'utiliser les bâtiments de l'ancien site Merck Serono de Genève. L'utilisation de ces bâtiments d'une surface totale de 40.000 m2 permet de ne pas attendre 3 à 4 ans avant de s'installer dans les locaux définitifs. Ces locaux ont été rachetés courant 2013 par la famille Bertarelli, ancienne héritière de Serono, et la fondation Wyss afin de créer le Campus Biotech, centre de recherche en biotechnologie et sciences de la vie qui prévoyait déjà de réunir des pôles de recherches suisses lausannois et genevois sur un site. Ainsi l'ancien site pharmaceutique accueillera dans le Campus Biotech, dirigé par Benoît Dubuis : le centre Wyss pour la bio- et neuro-ingénierie, le Blue Brain Project, lancé en 2008 par le professeur Henry Markham, à l'origine et responsable du HBP, le centre biomédical commun entre l'EPFL et l'Université de Genève (UNIGE), le Human Brain Project et des start-ups et entreprises du secteur. Le HBP permettra donc une collaboration internationale entre une centaine de partenaires de pays différents principalement européens mais aussi israéliens, nord-américains et japonais, dans un environnement multidisciplinaire associant acteurs publics et privés suisses.

Le HBP est financé principalement par la Commission européenne (500 millions d'euros sur dix ans), et, entre autres, par le Conseil d'Etat genevois (35 millions de francs suisses - 28,8 millions d'euros - pour les frais de location : 1 million/an pendant 30 ans et 5 millions répartis sur plusieurs exercices) [2] et la Confédération par le biais du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales (73 millions de francs suisses - 60 millions d'euros - pour la période 2013-2016 sous réserve de validation par le Conseil Fédéral) [3]. La première phase, d'une durée de 30 mois a été lancée par la Commission européenne en octobre 2013 avec un financement à hauteur de 54 millions d'euros provenant du 7e programme-cadre européen [4] et devrait permettre, d'ici à mars 2016 de finaliser l'installation des équipes de recherches à Genève et de lancer et tester les six plateformes techniques qui portent sur : la neuroinformatique, la simulation du cerveau, le calcul à haute performance, l'informatique médicale, l'informatique neuromorphique et la neurorobotique [5].

Tous les acteurs internationaux et nationaux réunis autour du Campus Biotech et du Human Brain Project, actifs du point de vue financier et organisationnel, montrent une volonté de créer un centre européen sur l'étude des biotechnologies et du cerveau humain appelé à perdurer au-delà des dix années annoncées.

Le résultat de la votation du 9 février 2014 en faveur de l'initiative "Contre l'immigration de masse" provoque des incertitudes sur l'avenir du projet. La Suisse perd son statut de membre associé de l'Union européenne (UE) pour revenir à celui de pays tiers. Le financement de la première phase est assuré jusqu'en 2016, le contrat ayant été signé, mais l'avenir du financement par l'UE n'est pas garanti pour la deuxième phase du projet [6]. Celui-ci devrait être assuré par le 8e programme-cadre, Horizon 2020. Le fait que de nombreux partenaires européens participent au projet joue en sa faveur mais en ce qui concerne sa direction par l'EPFL, les projets Flagship étant normalement pilotés par un pays membre de l'UE ou associé, celle-ci pourrait être remise en cause par l'UE [7].

Pour en savoir plus, contacts :
Le site du Human Brain Project (HBP) (en anglais) - https://www.humanbrainproject.eu/
Code brève, ADIT : 75721
Sources :
- [1] "Le Human Brain Project consacré par la Commission européenne" - EPFL Actualités Mediacom - 28/01/2013 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/at4Ji
- [2] "La région lémanique des neurosciences prend forme" - Communiqué de presse commun et Annexes - 29/10/2013 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/oWOQV
- [3] "Financement du projet phare européen Human Brain" - Curia Vista - Objets parlementaires, Question 13.1029 au parlement - Conseil Fédéral - Réponse du 14/08/2013 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/BeKju
- [4] "Competitive Calls Programme" - site du Human Brain Project (en anglais) - consulté le 15/03/2014 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/eDCv0
- [5] "Le Human Brain Project passe à l'action" - Actualités Promotion des études EPFL - POUSAZ Lionel - 08/10/2013 - http://actu.epfl.ch/news/le-human-brain-project-passe-a-l-action-3/
- [6] "Un campus quasi vide, des millions déjà payés - Un cerveau informatisé en sursis" - Tribune de Genève - MOULIN Marc - 13/02/2014
- [7] "Dans la crise avec l'UE, les recteurs implorent le Conseil fédéral" - Le Temps - DUFOUR Nicolas - 19/02/2014 - http://www.letemps.ch
Rédacteurs : Eloïse Capéran - eloise(point)caperan(arobase)diplomatie(point)gouv(point)fr

Origine : BE Suisse numéro 34 (17/04/2014) - Ambassade de France en Suisse / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/75721.htm

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